Notre Sauveur est né

Textes bibliques :  Lire

En cette fête de Noël, nos églises accueillent des personnes d’origines différentes, de milieux différents, l’âge et même des gens qui ne partagent pas la même foi. Certains fréquentent nos églises régulièrement, d’autres de façon épisodique, d’autres très rarement ; que personne ici ne se sente étranger. Qu’aucun d’entre nous ne se sente jugé pour son passé ou son présent. Le message de Noël c’est justement cela: Dieu nous aime tous qui que nous soyons.

Tout au long de sa vie terrestre, celui que nous fêtons aujourd’hui montrera qu’il accueille tous ceux qui viennent à lui, ceux qui prient beaucoup, tous les jours, comme ceux qui se tournent vers lui au dernier moment. L’enfant que nous fêtons aujourd’hui est né dans une étable. Les premiers qui l’ont vu étaient des bergers. Au temps de Jésus les bergers n’étaient pas bien considérés. En effet, à cause de leur métier, ils ne fréquentaient guère les offices religieux. Ce sont eux, pourtant, les premiers cités dans l’évangile pour s’être mis en marche vers Jésus.

Celui que nous fêtons aujourd’hui comme notre Dieu a pris la condition humaine. Il a vécu la plus grande partie de sa vie non pas comme un prince mais comme l’humble artisan d’un petit village. Il a travaillé de ses mains. Sa naissance sera celle d’un pauvre. Comme tous les gens de leur temps, ses parents se sont déplacés pour obéir aux ordres de l’empereur. Tout au long de sa vie publique, on verra Jésus accueillir les enfants, les méprisés, les malheureux. On causera même sur lui.. On lui reprochera de manger avec les publicains, des gens qui ne mettent pas en pratique la loi dans toute sa rigueur.

Mais celui que nous fêtons aujourd’hui n’est pas un enfant comme les autres. Bien sûr, il a réalisé des choses extraordinaires. Mais surtout, il est le seul dont les disciples disent qu’après être mort volontairement pour nous, il est redevenu vivant. Fêtant la naissance du Christ aujourd’hui, c’est notre naissance à la vie que nous fêtons aussi. Nous chrétiens, nous croyons que Jésus est toujours vivant, d’une vie qui ne finit pas et qui dure même après notre mort.

Aujourd’hui, nous fêtons la naissance du Christ, de celui qui a dit : « Je suis la résurrection et la vie, celui qui croit en moi fut-il mort, vivra ». Le sauveur que les hommes attendaient, nous apprend par sa naissance que la condition humaine est respectable: Dieu en effet, n’a pas rougi de prendre notre condition humaine. Mais le sauveur nous apprend aussi que nous sommes appelés à vivre avec lui pour toujours. La Bonne nouvelle que nous célébrons aujourd’hui est une nouvelle actuelle, une nouvelle pour nous.

Fêter Noël, c’est accepter d’entrer dans ce mouvement de paix, de joie, de réconciliation : « Gloire à Dieu et paix sur terre aux hommes de bonne volonté ». Dire cela nous est facile mais peut-être pourrions-nous essayer de le vivre. Fêter Noël aujourd’hui, c’est aussi faire des cadeaux. Mais qu’importeraient les cadeaux s’ils n’étaient pas signe d’amour fraternel, d’amour conjugal ? Un cadeau n’a de sens que parce qu’il représente l’amour. Fêter Noël aujourd’hui, c’est donc accepter d’essayer tous les jours d’aimer ceux et celles qui nous entourent, au travail et en famille. C’est vouloir être instrument de justice, c’est accepter d’avoir moins pour que les autres aient plus. C’est vouloir être instrument de paix et de réconciliation : Au lieu de mettre la discorde dans le village ou le quartier, c’est vouloir mettre un peu de paix.
Bon Noël à tous. Gardons le cœur ouvert et faisons en sorte que personne ne reste seul en ce jour de Noël. À l’écoute de ce que dit Jésus, sachons vivre l’amour, le véritable amour qui est don de soi. Nous nous disons catholiques, ce qui veut dire « universel ». Pensons aussi aux différents points du monde où sévit toujours la guerre. Demandons à Dieu la paix et qu’il nous aide à être, là où nous vivons des artisans de paix.

En cette fête de Noël, nous nous tournons vers ce petit enfant de la crèche. En lui, c’est Dieu qui fait le premier pas vers nous. Il fait de nous des messagers de sa paix et de son amour. Nous le supplions : « Toi qui es Lumière, toi qui es l’Amour, mets en nos ténèbres ton Esprit d’Amour. Amen

Dieu avec nous

Textes bibliques : Lire

Nous célébrons ce matin la messe du 4ème dimanche de l’Avent. Tout au long de cette période, nous avons entendu un mot important : c’est le verbe « VENIR« . Le temps de l’Avent nous rappelle que Jésus est venu lors du premier Noël. Ce même Jésus est celui qui vient dans notre vie de tous les jours. Lui-même nous l’a promis : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». Il est également celui qui reviendra ; nous attendons son grand retour à la fin des temps.

Cette venue du Seigneur était déjà annoncée dans le 2ème livre de Samuel (1ère lecture). À l’époque, l’Arche de l’Alliance était le symbole de la présence de Dieu au milieu de son peuple. Alors le roi David vient trouver le prophète Nathan : « Regarde ! J’habite dans une maison de cèdre, et l’arche de Dieu habite sous un abri de toile ! » Pour lui, ce n’est pas normal ; il voudrait pour son Dieu un temple grandiose. Mais par l’intermédiaire du prophète, Dieu lui fait comprendre qu’il n’a pas besoin d’un temple de pierres. À la lumière des Évangiles, les chrétiens comprendront que le seul vrai temple c’est Jésus. En lui, c’est Dieu qui se rend présent au monde.

Dans la seconde lecture, l’apôtre Paul rend grâce à Dieu qui a enfin révélé son secret. Cette venue du Sauveur était prévue depuis toujours. Les croyants ont dû apprendre à faire confiance. C’est ainsi qu’il les a fait pénétrer dans le cœur de son secret : Dieu lui-même s’est fait homme. Cette bonne nouvelle a été « portée à la connaissance des peuples païens pour les conduire à l’obéissance de la foi ». En Jésus, c’est Dieu qui vient à eux pour les sortir de la vie sans but qui était la leur jusque-là. À la suite de Paul et de toute l’Église, nous rendons grâce à Dieu pour cette merveille.

Dans l’Évangile de ce jour, nous avons entendu le récit de l’Annonciation ou plutôt celui de la vocation de Marie. L’ange Gabriel se rend chez elle pour lui annoncer qu’elle a été choisie par Dieu pour être la mère de son Fils. Et Marie répond librement : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ». Cet Évangile est une réponse à la première lecture. Dieu ne veut pas habiter une maison grandiose. Son grand désir c’est d’habiter le cœur des hommes. Il est « Emmanuel », Dieu avec nous. Il veut que nous devenions familiers de sa présence et que nous cheminions ensemble vers son Royaume d’éternité.

Noël c’est d’abord Jésus qui vient : il frappe discrètement à notre porte et il attend notre réponse. Il faut le dire et le redire à ceux qui ne le savent pas : le plus beau cadeau de Noël c’est Jésus qui vient habiter en nous. Accueillir Dieu et le donner au monde c’est quelque chose d’extraordinaire. Nous y trouvons une joie que personne ne peut nous enlever.

Ce cadeau que Dieu nous fait, nous ne pouvons pas le garder pour nous. À la suite de Marie, nous sommes choisis et appelés par Dieu pour incarner sa bonté, sa tendresse et sa justice. Il a besoin de nos mains pour continuer les siennes. Il a besoin de nos yeux pour voir la souffrance humaine et la soulager. Quelle que soit la question qu’il nous pose, il nous invite à lui dire OUI.

Comme la Vierge Marie, Dieu nous confie une mission. Le synode de notre diocèse nous l’a rappelé : « Que chaque personne, quel que soit son âge, puisse se poser la question de son devenir devant Dieu… et de son rôle au service de la communauté paroissiale. » Le Seigneur compte sur nous tous pour témoigner de sa présence et de son amour auprès de tous ceux et celles qui ne le connaissent pas.

En nous rassemblant à l’église, nous avons répondu à l’appel du Seigneur. Chaque dimanche, il rejoint les communautés réunies en son nom. En nous nourrissant de sa Parole et de son Corps, il vient habiter en nous. Il veut être avec nous et en nous pour nous conduire vers le Royaume qu’il est venu annoncer. En ce jour, nous pouvons lui adresser cette prière : « Dieu qui veux habiter les cœurs droits et sincères, donne-nous de vivre selon ta grâce. Alors, tu pourras venir en nous pour y faire ta demeure. Amen

Télécharger : 4 avent

Sources : Revue Feu Nouveau, Guide Emmaüs des dimanches et Fêtes (JP Bagot), Homélies pour l’année B (Amédée Brunot), Missel Communautaire (Michonneau)

Réjouissez-vous

Textes bibliques : Lire

En ce 3ème dimanche de l’Avent, nous sommes invités à nous réjouir. C’est l’appel que nous adresse Isaïe dans la première lecture : « Je tressaille de joie et mon âme exulte en mon Dieu ». Ces paroles concernent un peuple qui vient de vivre environ 50 ans en terre d’exil. Revenu dans son pays d’origine, il se trouve en situation de détresse. C’est là que le prophète intervient ; il se présente comme le messager du Seigneur : non Dieu n’abandonne pas son peuple ; la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres ; les cœurs brisés sont réconfortés ; c’est vraiment un temps de grâce pour tous ceux qui mettent leur foi dans le Seigneur.

Cette bonne nouvelle est toujours d’actualité dans le monde tourmenté qui est le nôtre : le Seigneur est là, au cœur de nos vies. Il est la bonne nouvelle annoncée aux pauvres, aux exclus et à tous ceux et celles qui souffrent. Il est venu rendre à tous les hommes leur liberté et leur dignité d’enfants de Dieu. Comme disait le pape Jean-Paul II, « il est celui qui a donné Dieu aux hommes et les hommes à Dieu ». C’est un don que lui seul peut nous faire.

Le cantique de Marie (qui suit la première lecture) va dans le même sens. C’est la même bonne nouvelle : Dieu est sauveur. Il comble de biens les affamés. Il relève Israël son serviteur. D’ailleurs, le nom donné à Jésus signifie « Le Seigneur sauve ». Sa venue est une bonne nouvelle pour le monde de son époque mais aussi pour nous aujourd’hui. C’est pour cela qu’en ce temps de l’Avent, il est si important de se mettre dans une attitude d’accueil et de joie. Marie est là pour nous y aider. Avec elle, nous chantons les louanges du Seigneur qui continue à faire des merveilles.

« Soyez dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance… » Ces paroles sont de saint Paul (2ème lecture). Il invite les chrétiens de son temps et ceux d’aujourd’hui à puiser aux sources de la joie qui est en Dieu, Père Fils et Saint Esprit. Pour l’obtenir, il faut prier sans cesse car elle est un don de Dieu. En ce temps de l’Avent, nous célébrons Celui qui vient à nous. Mais pour que cette rencontre soit possible, il importe que nous allions à lui. C’est dans ce contact régulier avec lui que nous trouverons la vraie joie.

Dans l’Évangile, c’est Jean Baptiste qui intervient, le dernier prophète de l’Ancien Testament ; à la suite d’Isaïe, il se présente comme « la voix qui crie dans la désert ». Il déçoit les chefs religieux qui viennent l’interroger : Non, il n’est pas le Messie, ni Élie, ni le prophète annoncé ; il n’est que le témoin de Celui qui est la Lumière du monde. Sa mission c’est de la montrer à tous : « Au milieu de vous, se tient Celui que vous ne connaissez pas. » C’est toujours vrai dans notre monde d’aujourd’hui. Jésus est toujours là au milieu de nous et beaucoup ne le savent pas. Notre synode diocésain nous a rappelé qu’il est venu parmi nous « pour que les hommes aient la vie. »

Mais pour que le Seigneur puisse venir chez nous, il nous faut redresser son chemin, éliminer tout ce qui est tordu en nous. Nous avons tous à nous convertir, éradiquer de notre vie tout ce qui est orgueil, paroles blessantes, accusations injustes. Nous vivons dans un monde qui souffre de la violence, de l’injustice, de l’égoïsme. Dans ce cas, il n’y a pas de place pour Dieu dans notre vie. Le pape François nous dit que « même les croyants courent ce risque… Beaucoup succombent et se transforment en personnes vexées, mécontentes et sans vie. »

Nous sommes à une semaine de Noël. Tout est prévu pour un Noël de fête, les cadeaux bien colorés et bien enrubannés, le réveillon, les illuminations dans nos rues et nos maisons. Mais le risque est grand d’oublier Celui qui est à la source de cette fête. Les crèches sont là pour nous le rappeler, mais en de nombreux endroits, on n’en veut plus : « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu. »

La question nous est posée : Sommes-nous disposés à accueillir Celui qui vient nous sauver ? C’est le moment de redonner toute sa place à la prière et à tout ce qui peut nous aider à réorienter toute notre vie vers le Seigneur ; par le sacrement du pardon, nous pourrons redresser tout ce qui est tortueux en nous. Le Christ ne demande qu’à nous combler de son amour. Ses paroles sont celles de la Vie Éternelle.

Nous allons célébrer l’Eucharistie : nous chanterons « Béni-soit Celui qui vient au nom du Seigneur ». Oui, l’Avent c’est Jésus qui vient et nous ne pouvons que le chanter et lui rendre grâce. Les plus beaux cadeaux, les réveillons les plus fastueux ne sont rien auprès de ce petit enfant né dans des conditions misérables. C’est auprès de lui que nous trouvons la vraie joie. Lui seul peut nous aider à évangéliser Noël car il en est le principal acteur. Il nous invite et nous attend tous à la crèche. Qu’il nous donne de répondre joyeusement à son appel.

Sources : « La joie de l’Évangile (Pape François), Revues Feu Nouveau, Fiches dominicales, Lectures bibliques des dimanches (Albert Vanhoye) – Commentaires de Claire Patier, Guide Emmaüs des dimanches et fêtes (JP Bagot), Homélies pour l’année B (Amédée Brunot), Homélies du dimanche année B (Mgr Léon Soulier)

Le Seigneur vient

Textes bibliques : Lire

Sur notre route vers Noël, nous trouvons le prophète Isaïe. Aujourd’hui, nous le voyons s’adresser aux Juifs déportés à Babylone. Depuis des années, ils sont prisonniers, écrasés, en terre d’exil. Isaïe leur annonce le retour en Terre sainte. Le message est clair : « Voici votre Dieu qui doit venir… Préparez-vous… Redressez les passages tortueux… comblez les ravins… » Cela signifie : « Que votre cœur se purifie, soyez droits et juste, n’ayez pas des attitudes tortueuses ».

En ce temps de l’Avent, chacun est invité à se redresser et à se reprendre vigoureusement en main. Il s’agit de collaborer ensemble au projet de Dieu qui veut sauver son peuple et lui manifester sa gloire. L’Église reprend avec force le cri des prophètes : « Voici votre Dieu qui ne cesse de vous aimer. »

Dans sa lettre, l’apôtre Pierre nous parle précisément de cette venue du Seigneur. Il s’adresse à des chrétiens qui l’attendent avec impatience. Mais ces derniers finissent par se poser des questions : Ils constatent que rien ne semble bouger. Alors l’apôtre leur explique que Dieu ne mesure pas le temps comme nous : il est éternel ; pour lui, il n’y a pas d’avant ni d’après. De plus, il donne à chacun le temps qu’il faut pour se convertir. Un jour, la fin du monde viendra : il y aura des cieux nouveaux et une terre nouvelle. L’important c’est que nous soyons tendus vers la pleine réalisation de ce grand projet de Dieu.

Sur notre route de l’Avent, nous trouvons également Jean Baptiste, le dernier prophète de l’Ancien Testament ; ce qui frappe, c’est son humilité, son effacement. Il avait tout pour réussir, pour jouer au Messie dont les foules rêvaient. Il s’est obstiné à rester dans l’ombre, dans l’oubli de soi. Il vient accomplir ce qui avait été annoncé par le prophète Isaïe. Il est la voix qui crie dans le désert : « Préparez les chemins du Seigneur, aplanissez sa route. »

« Tout ravin sera comblé… » Ces ravins, ce sont nos vides, nos manquements devant Dieu, nos péchés, nos omissions. Un des grands vides de notre vie, c’est que nous ne prions pas ou que nous prions trop peu. Il nous faut réparer une telle omission. C’est maintenant le moment de prier avec intensité. Il est urgent de réserver à notre vie spirituelle la place qu’elle mérite. Un des grands vides c’est aussi le fossé que nous creusons entre nous et les autres. Nous ne pourrons le combler qu’en nous montrant attentifs et généreux.

« Toute montagne et toute colline seront abaissées… »  À travers cette parole, Jean Baptiste désigne notre orgueil, notre superbe. C’est ce qui se passe quand notre vie reste centrée sur nous-mêmes. Tous ces obstacles qui nous éloignent de Dieu doivent être éliminés : avec lui, « les passages tortueux deviendront droits, les escarpements seront changés en plaine. Alors la gloire de Dieu se révèlera à tous.

La consigne est claire : il ne s’agit pas de dérouler « le tapis rouge » sous les pas du Christ. Ce qu’il nous faut construire, c’est une gigantesque autoroute (sans péage) pour que tous les hommes puissent bondir à la rencontre du Bien-aimé. Et pour cela, il nous faut raboter certains préjugés que nous avons contre les autres, contre l’Église, les évêques, les prêtres, contre les chrétiens qui ne pensent pas comme nous et même contre Dieu. Le désert de nos vies c’est celui de tous les combats. Notre vie chrétienne est un combat de tous les jours, une lutte contre les forces du mal. Mais n’oublions jamais qu’avec le Christ ressuscité, c’est l’amour qui triomphera.

C’est de cette espérance que nous avons à témoigner dans notre monde d’aujourd’hui. Cela commence en donnant la première place au Christ dans notre vie. Noël c’est Jésus qui vient ; il est là présent au cœur de nos vies. Il n’est pas possible de l’annoncer si nous ne l’accueillons pas en nous. Aujourd’hui, Jean Baptiste nous apprend à nous effacer devant lui pour lui donner toute sa place. Le temps de l’Avent est un temps de préparation. Il s’agit d’ouvrir la voie pour que Dieu puisse passer.

Cette voie d’accès à Dieu n’est pas réservée aux seuls chrétiens. Nous ne devons pas oublier que Jésus a livré son Corps et versé son sang pour nous et pour la multitude. C’est donc pour toute l’humanité que nous sommes mobilisés quand nous « préparons le chemin du Seigneur. » Le synode de notre diocèse nous l’a rappelé : Pour que les hommes aient la vie, tout baptisé doit devenir « disciple-missionnaire ». N’en doutons pas : avec le Christ présent au cœur de nos vies, le désert refleurira. » (Is. 32, 15)

Sources : Homélies du Dimanche (Mgr Léon Soulier) – Ta Parole est ma joie (Joseph Proux) – L’Évangile au présent (Denis Sonet) – Homélie pour l’année B (Amédée Brunot).

Le Seigneur vient…

Textes bibliques : Lire

En ce premier dimanche de l’Avent, nous commençons une nouvelle année liturgique. Cette période nous rappelle que nous sommes en marche vers Noël. Avec toute l’Église, nous nous réjouirons de la naissance du Christ Sauveur. Mais la liturgie d’aujourd’hui vient nous rappeler que Noël ce n’est pas seulement un événement du passé. C’est aujourd’hui que le Christ continue à venir dans notre vie. Et l’Évangile de ce dimanche nous annonce qu’il est aussi celui qui reviendra. En ce jour, nous recevons des appels à veiller et à préparer activement ce grand retour.

Cette annonce du retour du Seigneur est une réponse à la prière d’Isaïe (1ère lecture) : « Reviens, Seigneur, pour l’amour de tes serviteurs ». Cette supplication est celle d’un peuple humilié, écrasé, dispersé. Mais quand tout semble désespéré, il y toujours des hommes et des femmes pour rallumer le feu de l’espérance. C’est important pour nous qui vivons dans un monde où le désespoir est plus mortel que jamais. C’est dans ce monde-là que nous sommes envoyés comme messagers de l’espérance.

Celui qui nous fait tenir fermes c’est Jésus lui-même. C’est cette bonne nouvelle que nous annonce l’apôtre Paul. Il nous fait comprendre que l’espérance est pour lui « la mémoire de l’avenir ». Il sait en effet avec certitude que notre avenir c’est le Christ glorieux. Au jour fixé par le Père, il nous introduira dans son Royaume. C’est ce grand retour du Christ que nous attendons dans la foi. Pour communier à la gloire de cette fête, saint Paul nous recommande d’être irréprochables. Nous sommes invités à vivre en communion permanente avec le Christ. Il est là, au cœur de nos vies pour nous accompagner et nous affermir dans la foi.

Dans l’Évangile Jésus insiste très fortement sur cet appel à rester éveillés. Il ne nous demande pas d’être des insomniaques ni de passer des nuits blanches en luttant contre le sommeil. Nous avons le droit de dormir et même de prendre des somnifères si nous en avons besoin. La nuit dont parle Jésus, ce n’est pas celle des horloges. Cette nuit, c’est celle de la désespérance, c’est celle d’un monde qui part à la dérive. C’est quand l’indifférence, l’égoïsme et la violence l’emportent sur l’amour.

C’est dans cette nuit que Jésus nous demande de veiller. Il ne veut pas que nous nous laissions emporter par tous ces tourbillons. Notre horizon c’est celui de Pâques, c’est celui de la victoire du Christ sur la mort et le péché. Ce retour du Seigneur, nous le préparons comme une grande fête. Nous sommes comme des serviteurs qui attendent leur maître en pleine nuit. Il nous faut absolument être prêt à l’accueillir.

À l’approche de Noël, le risque est grand de nous laisser endormir par toutes les publicités, toutes les propagandes qui déferlent sur nous et sur notre monde. Il faut le dire et le redire : Noël c’est d’abord Jésus qui vient. Toutes les crèches sont là pour nous parler de cette venue. Elles nous rappellent que Dieu nous rejoint dans notre nuit. Il se fait « Emmanuel », Dieu avec nous. Avec lui, c’est la bonne nouvelle qui est annoncée à tous ceux et celles qui n’en peuvent plus de souffrir de l’exclusion et de la solitude.

Noël c’est Jésus qui vient à notre rencontre. Il est urgent de le remettre au centre de notre vie. La prière, l’accueil de la Parole de Dieu et l’Eucharistie sont là pour nous aider à rester en état de veille. En nous tournant vers le Seigneur, nous apprenons à avoir le même regard que lui sur notre vie et notre monde. Nous savons que nous sommes en marche à la suite de Celui qui est la Lumière du monde. C’est de cela que nous avons à témoigner. Notre synode diocésain nous a invités à être des « signes de l’amour et de la tendresse de Dieu pour tous ».

Vivre le temps de l’Avent c’est accueillir le Sauveur qui vient faire naître en nous une grande espérance. Restons éveillés pour ne pas manquer ce grand rendez-vous. Sur ce chemin de l’Avent, le Seigneur est là. Il se fait notre compagnon de route et notre nourriture. Il est Celui qui nous annonce notre délivrance. C’est pour cette raison qu’il nous recommande de rester éveillés et de prier. Chaque matin est une retrouvaille de Jésus Christ et de son Évangile. On reprend la résolution d’être attentifs à Dieu, à notre tâche et aux personnes que nous allons rencontrer. Et surtout, ne lâchons jamais la prière. Grâce à elle, nous pourrons rester éveillés pour ne pas manquer ce rendez-vous.

En ce monde assoupi dans l’injustice et l’indifférence, Seigneur notre Dieu, ne laisse pas le sommeil nous gagner. Dirige nos regards vers Celui qui vient faire fleurir la paix et la vie. Aide-nous à devenir les veilleurs de notre humanité. C’est là, au cœur de notre vie de tous les jours, que nous voulons t’accueillir.

Sources : Revue Feu Nouveau – Les Cahiers Prions en Église – Homélies pour l’Année B (Amédée Brunot) – Homélies du dimanche Année B (Monseigneur Léon Soulier)

Télécharger : Immaculée Conception

Le Christ Roi de l’univers

Textes bibliques : Lire

En ce dernier dimanche du Temps ordinaire, nous fêtons le Christ Roi de l’univers. Mais les textes liturgiques de ce jour nous disent qu’il n’est pas un roi à la manière des grands de ce monde. Il nous est présenté comme le berger qui rassemble. C’est cette bonne nouvelle que nous lisons dès la première lecture dans le livre d’Ézéchiel ; Dieu promet d’aller chercher la brebis perdue et d’en prendre soin : « C’est moi qui ferai paitre mon troupeau et qui le ferai reposer ». C’est ainsi que Dieu manifeste toute sa bonté. Cette bonté qu’il promet devient réalité avec la venue de Jésus dans le monde. Tout l’Évangile nous montre qu’il se reconnaît à travers les plus humbles. Il accomplit sa promesse en leur manifestant sa sollicitude.

Dans la seconde lecture, saint Paul rappelle que le Christ ressuscité est présent au cœur de nos vies. Il est vainqueur de toutes les puissances du mal et de la mort. Il veut nous associer tous à sa victoire. Il marche à la tête de cette immense foule qui monte vers Dieu. Il fera entrer dans son Royaume tous ceux et celles qui l’auront suivi. Le monde sera arraché à la mort. Dieu sera tout en tous. Voilà cette bonne nouvelle qui doit raviver notre espérance.

L’Évangile s’ouvre avec une perspective grandiose : Jésus annonce que « le Fils de l’homme reviendra dans la gloire ». Tous les anges seront avec lui ; il siègera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui. Ces nations vont disparaître pour former un nouveau peuple selon le cœur de Dieu.

Dans cet Évangile, nous retrouvons l’image du berger qui rassemble. Par sa puissance, il comble les fossés, il renverse les barrières, il réconcilie ceux et celles qui s’étaient éloignés. Tout au long de l’histoire, Dieu manifeste son désir de rassembler et de réconcilier. Reconnaître la royauté du Christ c’est bâtir des ponts plutôt que des murs, c’est lutter contre toutes les formes de discrimination et de rejet. Comme nous l’a rappelé le synode diocésain (de Rodez), c’est construire des communautés fraternelles. Notre monde en a bien besoin.

L’Évangile de ce jour nous rappelle donc que la proximité et la tendresse doivent être notre règle de vie. C’est à l’amour que nous serons jugés. Ce sont les paroles mêmes du Christ : « Venez les bénis de mon Père car j’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’avais soif et vous m’avez donné à boire, j’étais étranger et vous m’avez accueilli… » Il faut se rappeler que ces paroles sont pour toutes les nations. Beaucoup sont surpris car ils ne se souviendront pas d’avoir eu ces gestes de bonté à son égard. Ils découvriront que ce qu’ils ont fait pour le plus petit de ses frères, c’est à lui qu’ils l’ont fait.

Le pape François nous rappelle que « le salut ne commence pas par la confession de la Royauté du Christ mais par l’imitation des œuvres de miséricorde par lesquelles il a réalisé son Royaume ; celui qui les accomplit montre qu’il a accueilli la Royauté de Jésus, car il fait place dans son sœur à la charité de Dieu. Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour, sur la proximité et la tendresse envers nos frères ». Ce qui fait la valeur d’une vie, c’est notre amour de tous les jours pour tous ceux qui nous entourent. Le synode de notre diocèse nous invite à « promouvoir le service du frère » en luttant contre la pauvreté et ses causes.

Par sa victoire sur la mort et le péché, Jésus nous a ouvert les portes du Royaume ; mais il nous revient d’y entrer déjà à partir de cette vie en nous faisant proches du frère qui demande du pain, un vêtement, un accueil, une solidarité. À travers lui, c’est Jésus qui est là. Il nous promet de récompenser tout acte d’amour, si modeste soit-il. Tout homme qui vit dans l’amour appartient déjà à Jésus. Il est urgent que chacun de nous prenne ses responsabilités dans la construction du Royaume.

Le jugement vient nous rappeler la primauté la primauté des actes sur les paroles. Il ne suffit pas de dire, il faut agir. C’est chaque jour que nous avons à puiser à la source de Celui qui est l’Amour. C’est avec le Christ Roi de l’univers que nous apprenons à aimer comme il nous aime.

Et bien sûr, c’est en regardant vers la croix du Christ que nous commençons à comprendre : Jésus y a souffert l’emprisonnement, les blessures, la soif, le rejet. Il est allé jusqu’au bout du don. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ». En ce jour, nous sommes tous invités à mettre nos pas dans ceux du Christ pour vivre éternellement.

Télécharger : 34ème dimanche du Temps ordinaire

Sources : Revues Feu Nouveau – Fiches dominicales – François selon saint Matthieu – Lectures bibliques des dimanches (Année A) – Actes du synode diocésain de Rodez.


Des serviteurs qui ne doivent pas dormir

Textes bibliques : Lire

Les textes bibliques de ce dimanche nous disent que nous avons tous une mission à remplir. Cette mission nous a été confiée par le Seigneur. Un jour, il reviendra et nous aurons à lui rendre des comptes. C’est chaque jour que nous avons à nous préparer à cette grande rencontre. Pour cela, nous ne sommes pas seuls. Le Seigneur lui-même est là au cœur de nos vies pour nous conduire sur le chemin de la sainteté.

Le livre des Proverbes (1ère lecture) nous parle de la femme vaillante, très appréciée pour ses qualités d’épouse et de mère ; elle fait le bonheur de son mari et de ses enfants. Elle montre également ses qualités de cœur devant Dieu et devant le pauvre. Bien avant Jésus Christ, elle nous rappelle que nous avons à répondre à notre vocation présente. C’est Dieu lui-même qui nous confie cette responsabilité. Les bonnes œuvres dont nous parle cette lecture, c’est notre amour pour Dieu et notre engagement au service des autres. La journée du Secours catholique est là pour nous le rappeler.

Dans sa lettre aux Thessaloniciens, saint Paul nous recommande de rester éveillés dans l’espérance du Royaume de Dieu. Il s’adresse à des chrétiens qui spéculent beaucoup sur la date du retour du Christ ; il refuse d’entrer dans ce jeu : ce qui importe c’est de vivre continuellement en présence de Dieu, c’est d’être prêt à le recevoir à tout instant. Le chrétien doit être par excellence un homme éveillé et disponible. Au jour de notre baptême, nous sommes devenus des fils de lumière. Il faut que cela se voie dans notre vie.

La parabole des talents nous montre le chemin à suivre. Elle nous raconte l’histoire d’un homme qui se prépare à partir. Il appelle ses serviteurs et leur confie tous ses biens. En son absence, ils doivent les faire fructifier. Les deux premiers serviteurs doublent le capital de départ. Tous deux reçoivent les louanges de leur maître. Quant au troisième, il se contente de restituer l’argent reçu ; il est réprimandé et puni.

La signification de cette parabole est claire : l’homme qui part en voyage c’est Jésus ; les serviteurs c’est nous. Les talents c’est le patrimoine que le Seigneur nous confie, c’est sa Parole, son Eucharistie, c’est la foi en Dieu notre Père, c’est son pardon, c’est encore des frères et des sœurs à aimer. C’est ainsi que le Seigneur nous confie ses biens les plus précieux. Il ne nous demande pas de les conserver précieusement dans un coffre-fort mais de les faire fructifier. Il veut que nous les utilisions pour le bien des autres.

Tous ces biens que nous avons reçus c’est pour les donner aux autres. C’est ainsi qu’ils fructifient. Si le Seigneur nous donne sa miséricorde, tendresse, son pardon, c’est pour que nous en fassions un bon usage. Le pape François nous dit que c’est comme une contamination qui doit se propager partout dans le monde. Chacun peut se poser ces questions : Combien de personnes avons-nous encouragées par notre espérance ? Combien d’amour avons-nous partagé avec notre prochain ? Le témoignage que le Seigneur attend de nous doit être ouvert à tous, même à ceux et celles qui sont loin de lui.

Cette parabole des talents nous pousse donc à ne pas cacher notre foi, notre appartenance au Christ. Nous ne pouvons pas enterrer la Parole de l’Évangile. La Parole de Dieu doit circuler dans notre vie, dans nos relations, dans les situations concrètes. C’est comme une force qui interpelle, qui purifie et qui renouvelle. Le sacrement du pardon que nous avons reçu doit déployer sa force. Il doit faire tomber les murs que note égoïsme a édifiés. Il doit nous amener à faire le premier pas là où il n’y a plus de communication.

La journée du Secours catholique nous donne l’occasion de répondre à cet appel du Seigneur. Depuis 1946, cette structure s’efforce de rayonner la charité. Dans chrétiens s’organisent pour faire reculer tout ce qui déshumanise. Malheureusement, les pauvres sont trop souvent victimes de préjugés. Nous vivons dans un monde dur et violent. Un jour, la question nous sera posée : « Qu’as-tu fait de ton frère ? » N’oublions pas, ce qui donne de la valeur à notre vie, c’est notre amour de tous les jours pour tous ceux et celles qui nous entourent.

En ce jour, nous pouvons reprendre l’oraison du missel : « Accorde-nous, Seigneur, de trouver notre joie dans notre fidélité car c’est un bonheur durable et profond de servir constamment le créateur de tous biens. Amen.

Télécharger : 33ème dimanche du Temps ordinaire

Sources : Lectures bibliques des dimanches (Albert Vanhoye) – Guide Emmaüs des Dimanches et fêtes (JP Bagot) – François selon saint Matthieu – Secours catholique.

Invités à des noces

Textes bibliques : Lire

Nous approchons de la fin de l’année liturgique. Les textes bibliques vont nous donner l’occasion de se tourner vers la fin des temps. Ce sera le grand passage vers ce monde nouveau que Jésus appelle le Royaume de Dieu. Dans ce monde-là, ce sera la pleine communion entre la création et son Dieu. L’Évangile de ce dimanche nous invite à veiller car nous ne connaissons pas le jour ni l’heure du retour du Christ.

Dès la première lecture, nous comprenons que la Sagesse de Dieu c’est le Christ qui vient à notre rencontre. Il apporte à tous ceux qui le cherchent lumière, joie et espérance. Il illumine notre vie et nous montre le chemin. Le Christ nous rend capables de l’accueillir lorsqu’il se présente dans notre vie. Il se présente chaque jour et nous sommes invités à l’accueillir avec amour et prévenance. Notre foi doit être une recherche, un désir de Dieu, une ouverture de nous-mêmes qui nous remet en route chaque jour.

C’est aussi ce message d’espérance que saint Paul veut transmettre à la jeune communauté de Thessalonique. Il y a eu beaucoup de deuils chez elle. Les chrétiens de cette communauté éprouvent un chagrin que l’espérance de la résurrection ne semble pas transfigurer. Aussi l’apôtre Paul entreprend de leur ouvrir les yeux sur ce qui se passe après la mort. Cela, il le fait au nom même de leur foi : « Nous croyons que Jésus est mort et qu’il est ressuscité » ; c’est le cœur de la confession de foi chrétienne.

Paul indique la conclusion qui en découle : Parce qu’il a ressuscité Jésus, Dieu ne peut pas abandonner à la mort ceux et celles pour qui son Fils a donné sa vie ; il les réunira à lui ; ils vivront dans sa communion ; nous serons pour toujours avec lui. Ce message de saint Paul se distingue des spéculations anciennes qui concernent une vague survie ou encore la réincarnation. Notre espérance en Jésus ressuscité s’enracine dans le témoignage des apôtres qui ont donné leur vie pour lui.

Dans l’Évangile, Jésus nous parle précisément de l’avènement du règne de Dieu et du retour du Messie. Dans notre parabole d’aujourd’hui, il se présente comme l’époux qui est attendu par dix jeunes filles. Celles-ci veillent pour partager la joie de la fête. Ce n’est donc pas l’heure terrible du châtiment mais bien plutôt l’heure de la joie. Mais l’époux tarde à venir ; il faut veiller, garder son cœur en état d’éveil. Cette lampe qui doit rester allumée c’est celle de notre amour. L’huile qui ne doit pas manquer c’est la Parole de Dieu et les sacrements qui nourrissent notre vie. Si nous n’avons pas cette huile, notre lampe s’éteint, notre vie ne porte aucun fruit.

L’histoire de ces jeunes filles prévoyantes et imprévoyantes nous fait penser à une autre parabole de l’Évangile : il s’agit de cet homme prévoyant qui écoute la Parole de Dieu et qui la met en pratique. Il est comparable à un homme qui a bâti sa maison sur le roc et qui ne craint ni le vent ni les torrents. Par contre, l’insensé, l’insouciant qui a construit sur le sable s’expose à la ruine. Au lieu de construire sa vie sur Dieu, il a construit sur des valeurs qui n’en sont pas. Il nous fait penser à celui qui dit : « Quand j’aurai du temps, il faudra que je remette de l’ordre dans ma vie. » Pourquoi remettre à « quand j’aurai du temps » ou à « quand je serai à la retraite ? »

Cet Évangile nous renvoie donc à notre vie : de quel côté sommes-nous ? Des prévoyants ou des insensés ? L’insensé a construit sa vie sur du sable. Il est victime de la folie de celui qui s’oppose à Dieu et qui l’a mis en dehors de sa vie. Il s’est détourné de Dieu. Les sages, les prévoyants sont ceux et celles qui ont choisi de s’installer dans la fidélité. Ils se sont nourris de la Parole de Dieu et des sacrements. Ils se sont donnés du temps pour la prière.

L’huile de cette lampe qui doit rester allumée c’est l’amour de Dieu qui doit imprégner notre vie. C’est ainsi que nous entretenons notre désir de Dieu et de son Royaume. Cette provision d’huile précieuse nous est offerte chaque dimanche à la messe. La Parole de Dieu et l’Eucharistie sont une nourriture qui nous permet de rester en état de veille. C’est chaque jour que le Seigneur vient à notre rencontre pour nous modeler à son image. En ce jour, nous le supplions : « Toi qui es Lumière, Toi qui es l’Amour, mets en nos ténèbres ton Esprit d’amour ». Amen

Télécharger :32ème dimanche du Temps ordinaire

Sources : Feu nouveau – Les cahiers Prions en Église – L’année chrétienne 2017-2018 – Saisons bibliques 2 – Lectures bibliques des dimanches À (Albert Vanhoye) – C’est Dimanche (Emmanuel Oré).

« Dieu avant tout… »

 Textes bibliques : Lire

Dans la première lecture et dans l’Évangile de ce jour, chacun en prend pour son grade, les prêtres, le peuple, les scribes et les pharisiens. Le prophète Malachie reproche aux prêtres de son temps de « pervertir l’alliance ». Ils ont pour fonction de se consacrer à Dieu et de chercher sa gloire. Ils doivent enseigner la loi qui leur a été confiée par Moïse. Or voilà qu’au lieu de penser à la gloire de Dieu, ils ne font que rechercher leur seul intérêt. Mais en leur montrant leur péché, le prophète les appelle à la conversion. Il leur rappelle que Dieu est un Père qui aime chacun de ses enfants.

Ce rappel à l’ordre s’adresse aussi à nous tous, prêtres et laïcs. À travers ces paroles du prophète, c’est Dieu qui nous parle aujourd’hui. Il nous invite à accueillir son amour et à nous laisser transformer par lui. Ce qui est premier, c’est précisément cet amour de Dieu pour chacun de nous. Quand nous nous en sommes écartés, il ne cesse de nous appeler à revenir vers lui de tout notre cœur. Son amour va jusqu’au pardon. Quels que soient nos torts, il n’a jamais cessé de nous aimer. Il ne veut que notre bonheur. Nous sommes donc invités à recentrer notre vie sur Dieu et à retrouver son amour.

Dans l’Évangile, Jésus nous montre les pièges de l’autorité. S’adressant à la foule, il dénonce les comportements des scribes et des pharisiens. Mais ce qu’il dit pour eux vaut aussi pour chacun de nous. Qu’il s’agisse des autorités religieuses, politiques ou parentales, ces pièges sont les mêmes.

Premier piège : « Ils disent et ne font pas ». Nous reconnaissons tous le décalage entre nos belles paroles et notre vie de tous les jours. Il est important que chacun pratique ce qu’il enseigne. Un jour, Jésus a dit : « Il ne suffit pas de dire seigneur, Seigneur pour entrer dans le Royaume des cieux, il faut faire la volonté de mon Père. » Nous sommes envoyés pour annoncer l’Évangile du Christ, mais il importe que toute notre vie soit ajustée à cette Parole.

Deuxième piège : pratiquer l’autorité comme une domination et non comme un service. Jésus reproche aux scribes et aux pharisiens de lier « des fardeaux pesants » et d’en charger les épaules des gens ; mais eux-mêmes « ne veulent pas les remuer du doigt ». Ils ont l’avoir, le savoir et le pouvoir. Cela pourrait être un merveilleux moyen de servir les autres. Au lieu de cela, ils ne pensent qu’à dominer.

Troisième piège : vouloir paraître : « Ils agissent toujours pour être remarqués des hommes ». Nous connaissons tous cette tentation d’aimer paraître, de rechercher la considération et l’intérêt. Dans le sermon sur la montagne, Jésus nous recommande de n’agir que par amour pour Dieu et par amour pour nos frères sans chercher les louanges des hommes.

Quatrième piège : se croire important, avoir le goût des honneurs. « Ils aiment les places d’honneur dans les repas, les premiers rangs dans les synagogues, ils aiment recevoir le titre de Rabbi (Maître). L’orgueil vient les détourner de Dieu et des autres. Jésus vient leur rappeler la valeur de l’humilité. Les titres et les honneurs ne sont pas mauvais en eux-mêmes. Mais le fait de les porter implique une responsabilité, un témoignage à donner, une mission à accomplir. On ne se grandit qu’en se mettant au service des autres. Cet humble service nous grandit aux yeux de Dieu comme au regard de nos frères.

Dans la seconde lecture, l’apôtre Paul nous donne un merveilleux exemple d’une attitude authentiquement chrétienne et authentiquement apostolique. Plutôt que de se présenter comme apôtre du Christ et d’insister sur l’autorité qui lui vient de Dieu, il adresse aux chrétien un message plein de douceur et d’humilité. Il manifeste envers tous un amour plein d’affection. Sa générosité est extrême. Elle ira jusqu’à offrir sa vie pour les chrétiens. L’attitude de Paul correspond à ce que nous recommande l’Évangile de ce jour. Elle s’inspire de l’amour qui vient de Dieu.

En ce dimanche, les textes bibliques nous provoquent à une véritable remise en question. Le Seigneur nous appelle à revenir vers lui et à nous ajuster à son amour. Il est notre compagnon de route et il chemine avec nous. En célébrant cette Eucharistie, nous le remercions de remettre en l’endroit ce qui était à l’envers dans nos vies.

Télécharger cette homélie : Dieu avant tout

Sources : L’intelligence des Écritures (Marie Noëlle Thabut) – Lectures bibliques des dimanches (Albert Vahoye) – C’est dimanche (Emmanuel Oré)

« Il n’y a pas d’étranger sur cette terre »

Testes bibliques : Lire

« Il n’y a pas d’étranger sur cette terre. » Ce slogan de la CIMADE voudrait nous provoquer. Dans un langage très actuel, le livre de l’Exode (1ère lecture) nous donne des consignes très concrètes : « L’immigré, tu ne l’exploiteras pas, ainsi que la veuve et l’orphelin ; tu ne prendras pas en gage le manteau de ton prochain : il n’a que cela pour se couvrir quand il fait froid. » C’est ainsi que Dieu attire notre attention sur les personnes fragiles qui dépendent de la bienveillance des autres. Il se désolidarise des agissements coupables en déclarant qu’il répondra au cri des humbles. Continuer la lecture de « Il n’y a pas d’étranger sur cette terre »