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Journée de prière pour les défunts

2 Novembre 2019

« Restez en tenue de service »

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (12, 35-40)

Jésus disait à ses disciples: «Restez en tenue de service, et gardez vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller.
« Amen, je vous le dis: il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour. S’il revient vers minuit, ou plus tard encore, et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils! Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »

Homélie

Cet Évangile est souvent choisi pour les célébrations de sépultures. En l’écoutant, nous pensons à ce que nos défunts ont vécu. Nous les avons connus « en tenue de service » à l’intérieur de leur famille, sur leur lieu de travail, dans les associations et leurs divers lieux de vie. En nous rassemblant à l’église, nous voulons nous tourner vers le Seigneur. Nous lui demandons d’accueillir tout ce qu’il y a eu de grand et de beau dans leur vie.

Nous chrétiens, nous croyons que tous ces services qu’ils ont rendus prennent valeur d’éternité. L’Évangile que nous venons d’écouter nous parle précisément de la récompense promise au serviteur fidèle. Le Seigneur nous dit qu’il est présent chaque fois que nous faisons quelque chose pour celui qui est dans le besoin. Un jour il a dit : « chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25, 40)

« Restez en tenue de service » nous dit Jésus. Ces paroles sont aussi pour nous qui sommes en chemin. Être en tenue de service c’est nous mettre humblement au service les uns des autres dans nos familles, nos villages, nos quartiers et nos divers lieux de vie. Beaucoup le font en s’engageant dans une association pour aider les plus pauvres à sortir de leur précarité. Ce qui fait la valeur d’une vie c’est notre amour de tous les jours pour tous ceux et celles qui nous entourent. C’est à cela que nous serons jugés.

Mais quand le Seigneur demande aux siens de rester « en tenue de service », cela concerne aussi la mission qu’il se prépare à leur confier. C’est toute l’Église qui est appelée au service de l’annonce de l’Évangile. Bien sûr, nous pensons tous à ces missionnaires qui ont quitté leur famille et leur pays pour porter l’Évangile sur d’autres continents. Et actuellement, nos diocèses accueillent des prêtres venus d’ailleurs pour nous évangéliser. Mais ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que la mission nous concerne tous. En tant que chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes tous envoyés pour témoigner de l’espérance qui nous anime.

« Gardez vos lampes allumées », nous dit encore Jésus. Cette lampe c’est celle de notre conscience. Le pape Jean-Paul II nous rappelait que c’est « celle de la foi, celle de l’espérance, celle de la prière ». Cette lampe c’est celle de l’amour que nous recevons de Dieu. C’est chaque jour que nous sommes appelés à nous ouvrir au Christ qui ne cesse de frapper à la porte de notre cœur. Il veut entrer dans notre vie et y faire sa demeure. C’est avec lui que nous pourrons rester en tenue de service et rayonner l’amour qu’il met en nous.

Il peut arriver qu’à l’occasion des tempêtes de la vie, cette lampe s’éteigne. Mais le Seigneur s’arrange toujours pour mettre sur notre route les personnes qu’il faut pour raviver en nous cette lumière qui vient de lui. Et nous-mêmes, nous pouvons la communiquer à ceux qui la cherchent. C’est ensemble, les uns avec les autres que le Seigneur nous appelle et nous envoie.

« Veillez » nous dit encore le Seigneur. Cette vigilance c’est celle de l’amour qui cherche toujours à grandir et qui s’ouvre davantage aux autres. Cet amour nous empêche de nous replier sur nous-mêmes et de nous endormir sur nos soucis, grands ou petits. Être vigilants c’est creuser toujours plus en nous le désir de la présence de l’Esprit de Jésus, c’est rester attentifs à sa Parole, c’est apprendre à aimer toujours mieux parce que nous sommes infiniment aimés.

Pour mieux comprendre cet Évangile, c’est vers le Christ qu’il nous faut regarder. Au soir du jeudi saint, il s’est agenouillé devant ses disciples. Lui, le « Maître et Seigneur » s’est fait le serviteur de ceux qui étaient sous ses ordres. Demandons au Seigneur de nous ajuster à cet amour qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Qu’il nous donne la grâce d’être prêts lorsqu’il reviendra.

L’Eucharistie est vraiment le moment où Dieu est là pour nous servir, pour nous faire « passer à table ». C’est l’heure où le Fils de l’Homme est glorifié. Seigneur Jésus, tu nous promets un avenir de joie et de lumière auprès de toi. Garde-nous vigilants dans l’espérance, ouverts et accueillants aux signes de l’Esprit Saint. Alors ta venue, loin de nous surprendre, sera notre bonheur pour les siècles des siècles. Amen.

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Une foule immense…

Fête de tous le saints

 

Textes bibliques : Lire

En ce jour de Toussaint, comme le jour de Pâques, nos églises accueillent plus de gens que les autres dimanches. Ils sont nombreux ceux et celles qui ont choisi de revenir sur leur paroisse d’origine. Ce qui nous motive tous, c’est le souvenir de nos défunts. Mais en cette fête de tous les saints, nous devons réentendre cette parole de l’Évangile : « Ne cherchez pas parmi les morts celui qui est vivant. » Et nous n’oublions pas cette réponse du Christ : « Dieu n’est pas le Dieu des morts mais des vivants ».

C’est cette bonne nouvelle que nous trouvons dans le livre de l’Apocalypse (1ère lecture). Il nous parle d’une foule immense que nul ne peut dénombrer. Tous ces gens viennent de divers horizons, du monde juif mais aussi du monde païen. Au-delà des épreuves et des persécutions qu’ils ont subies, ils découvrent le Christ, l’Agneau de Dieu, « qui enlève le péché du monde ». Il est celui qui nous recrée à son image et à sa ressemblance. C’est une manière de rappeler aux chrétiens persécutés que le mal n’aura pas le dernier mot. L’amour est plus fort que tout. Nous attendons le triomphe définitif du Christ sur le mal.

Dans la seconde lecture, saint Jean vient renforcer ce message. Il nous rappelle que nous sommes « les enfants bien-aimés de Dieu ». Nous sommes tous appelés à partager sa gloire. Cette sainteté n’est pas quelque chose que nous pouvons acquérir par nos seules forces ni en accomplissant des performances spirituelles ; c’est Dieu qui nous la communique, même à nous, pauvres pécheurs. Ce qui nous est demandé, c’est d’avoir le cœur et les mains ouverts pour accueillir ce don qui est en Dieu. Nous vivons des situations difficiles mais si nous nous attachons au Christ, rien ne peut nous séparer de son amour.

Dans l’Évangile, nous entendons le Christ qui nous appelle tous au vrai bonheur. Il nous montre la route à atteindre, la vraie béatitude, la route qui conduit au ciel. C’est un chemin difficile à comprendre parce qu’il va à contre-courant de celui que propose le monde. Pour beaucoup, le vrai bonheur c’est d’être riche et en bonne santé plutôt que pauvre et malade. Et pourtant, nous voyons bien que les richesses du monde ne suffisent pas à nous combler. Le seul qui peut vraiment nous combler et nous rendre heureux, c’est le Seigneur. En allant à lui et en le suivant, nous choisissons la meilleure part. Mais ce ne sera possible que si nous ne sommes pas accaparés par nos richesses.

Aujourd’hui, Jésus nous parle du bonheur de ceux qui sont « pauvres de cœur… ceux qui sont persécutés pour la justice… ceux qui ont un cœur pur et qui sont miséricordieux ». Ces béatitudes sont la charte du Royaume. Elles nous montrent que le Christ est venu nous ouvrir un chemin. Ce passage est rude et étroit. Mais nous ne sommes pas seuls ; le Seigneur est là pour nous guider. Il nous conduit vers la Lumière de la Vie. Ses paroles sont celles de la Vie éternelle.

Chacune de ces béatitudes est comme une lumière sur notre chemin. Elle nous garantit que nous ne nous trompons pas, que nous sommes en marche vers la sainteté. C’est ce chemin qui a été suivi par les saints que nous fêtons en ce jour. L’Église est fière de nous montrer ceux et celles qui ont vécu au mieux les béatitudes. Nous pensons à tous ceux et celles qui ont marqué l’histoire humaine et chrétienne, les apôtres, les martyrs, ceux d’hier et ceux d’aujourd’hui. Mais la sainteté n’est pas offerte à quelques élites : elle est pour tous. Pour y parvenir, il suffit de laisser le Seigneur agir en nous. Il est « le Chemin, la Vérité et la Vie » ; c’est par lui que nous allons au Père.

La fête de Toussaint, tout comme celle de Pâques, nous appelle à la joie et à l’espérance. Le mal qui accable notre vie et notre monde n’aura pas le dernier mot. Le Christ ressuscité veut nous associer tous à sa victoire sur la mort et le péché. Cette bonne nouvelle est pour tous, même pour les plus grands pécheurs. Pensons à Pierre qui avait renié le Christ, Paul qui avait persécuté les chrétiens, saint Augustin qui avait passé toute une partie de sa vie dans la débauche… Leur rencontre avec le Christ a complètement bouleversé leur vie. C’est ce qu’il veut aussi pour chacun de nous : il est capable de venir nous chercher très loin et très bas.

En communion avec tous les chrétiens du monde et avec tous les saints, nous rendons grâce au Seigneur pour cet amour qu’il nous donne sans compter. Et nous lui demandons qu’il fasse de toute notre vie une marche vers ce Royaume auquel nous sommes tous appelés.

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Sources : Revue Feu Nouveau – Fiches dominicales – Commentaires de Marie-Noëlle Thabut et de Claire Patier…

 

Le feu sur terre…

 20ème dimanche du temps ordinaire ©

Textes bibliques : Lire

En lisant l’Évangile de ce dimanche, nous risquons de comprendre le contraire de ce qu’il veut dire. Ce feu que Jésus est venu apporter sur terre, ce n’est pas le feu destructeur. Il n’a rien à voir avec les bombes qui détruisent des villes entières. Dans le livre de l’Exode, nous lisons l’épisode du buisson ardent : il nous dit l’amour passionné de Dieu qui a vu la misère de son peuple et qui veut le sauver. C’est ce même feu dévorant qui animait le prophète Jérémie lorsqu’il s’adressait à son peuple de la part de Dieu.

Ce feu que le Christ désire voir s’allumer, c’est celui de l’amour qui est en lui. Tout l’Évangile nous dit cet amour passionné de Jésus pour son Père et pour tous les hommes : il « nous a aimés comme on n’a jamais aimé ». Son amour pour chacun dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Nous n’aurons jamais fini d’en découvrir toute la grandeur. Ce feu qui ne demande qu’à se répandre dans le monde entier, c’est celui de la Pentecôte. Ces langues de feu qui se sont posées sur les apôtres reposent aussi sur chacun de nous et ce feu a pris. Désormais toute notre vie doit être employée à l’attiser. Il ne suffit pas d’être un bon pratiquant. Il importe que toute notre vie se transforme en feu.

Ce feu c’est aussi celui qui réchauffe. Nous pensons aux disciples d’Emmaüs lors de leur rencontre avec Jésus ressuscité. Ils ne l’ont pas reconnu à ce moment-là ; mais leur cœur était tout brulant quand il leur expliquait les Écritures. Nous aussi, nous pouvons répandre ce feu de l’Amour en réconfortant les désespérés de notre monde. Ce feu est également une lumière qui éclaire notre vie et lui donne un sens nouveau. Cette lumière nous a été transmise au jour de notre baptême. Nous sommes envoyés pour la porter et la rayonner dans ce monde qui en a bien besoin. « Il ne fait jamais nuit là où on s’aime » dit un proverbe africain.

Une autre qualité du feu, c’est de purifier. Il détruit les déchets dans les décharges. Il réduit en cendres tout ce qui est inutile. Les paroles du Christ ont cette puissance purifiante du feu. Elles viennent décaper tout ce qui est contraire à l’amour. Un chrétien ne peut pas bénir tout ce qui se fait dans le monde sous prétexte que c’est « moderne ». Il y a des lois et des pratiques que l’Église désapprouve parce qu’elles sont contraires à l’évangile.

Mais quand on est animé de cet amour passionné pour Dieu, rien n’est facile. Le prophète Jérémie en a fait la douloureuse expérience. Il a été mis en prison puis enfermé dans une citerne. Sa parole dérangeait les puissants de ce monde. Ceux qui racontent cette histoire nous disent leur foi. Jérémie ne prêchait pas la défaite mais l’écoute du Seigneur. L’unique défaite c’est l’éloignement du Seigneur et de sa loi.

La lettre aux hébreux (2ème lecture) est adressée à des chrétiens persécutés. Elle leur montre les grands témoins de la foi que l’on trouve tout au long de l’Ancien Testament : c’est une foule immense qui stimule notre espérance. Mais le plus important c’est de fixer notre regard sur le Christ vainqueur de la mort et du péché. Nous sommes tous appelés à participer à ce triomphe de l’amour de Dieu.

Les épreuves du prophète Jérémie et celles des premiers chrétiens sont toujours d’actualité. La foi au Christ entraîne des risques. Si nous choisissons de prendre ses paroles au pied de la lettre, on va nous prendre pour des fanatiques ou des intégristes. On va nous accuser d’être entrés dans une secte. Il y aura des conflits à l’intérieur des familles. Ces conflits ne sont pas voulus par le Christ. Mais de fait, dans une même famille, il y a ceux qui adhèrent à lui et ceux qui le rejettent. Sa parole nous invite à prendre position contre tout ce qui est contraire à l’amour, y compris à l’intérieur de nos familles.

Si notre foi se manifeste uniquement par notre participation à la messe, nous ne prenons pas de gros risques. Il y aura peut-être des moqueries dans certains milieux de travail et de loisir, parfois aussi dans les familles. Mais dans certains pays, ceux qui se convertissent à Jésus sont en danger de mort. Le vingtième siècle est celui qui a connu le plus de martyrs. Leur témoignage ne cesse de nous interpeller. Vis-à-vis de Jésus, il n’y a pas de compromis possible : Ou bien on se tourne vers lui et on s’efforce de le suivre, ou bien on regarde vers soi-même et vers son seul profit… et alors le feu s’éteint.

Pour remplir sa mission l’Église a besoin de chrétiens vraiment passionnés de cet amour qui est en Dieu. François Mauriac disait : « Si vous êtes un disciple du Christ, beaucoup se réchaufferont à ce feu. Mais les jours où vous ne brûlez pas d’amour, d’autres mourront de froid. » Alors oui, laissons ici-bas nos cœurs s’embraser de cet amour qui est en Dieu.

Télécharger : 20ème dimanche du Temps ordinaire

Sources : Sources : Revues Feu Nouveau, Missel communautaire, Pour la célébration Eucharistique (Feder et Glorius), lectures bibliques des dimanches (A. Vanhoye)