Archives de catégorie : Jeudi Saint

Semaine Sainte 2020

Comme vous avez pu le constater, nous ne pouvons plus nous rassembler pour aller à l’église. Mais c’est l’Église qui entre dans nos maisons. Nous devons un très grand merci à KTO, aux radios chrétiennes et aux sites Internet qui nous accompagnent durant cette période difficile. Et nous avons la chance de disposer de moyens pour publier ces vidéos sur nos sites. C’est ainsi que nous pouvons suivre en direct ou en différé la messe célébrée par le pape. Cela nous permet d’être en communion avec lui et avec tous ceux et celles qui le suivent.

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Jeudi Saint

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Pâques

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« Il les aima jusqu’au bout »

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En cette soirée du Jeudi Saint, nous célébrons un événement absolument essentiel dans l’histoire du salut. Il nous est rapporté par les Évangiles de Saint Matthieu, Marc et Luc ainsi que par Saint Paul que nous venons d’écouter. La veille de sa mort, Jésus a réuni ses disciples pour son dernier repas. Il prit du pain et du vin et dit : « Prenez et mangez, ceci est mon corps…Prenez et buvez, ceci est mon sang versé pour vous et pour la multitude… » C’est ce soir-là que Jésus a institué l’Eucharistie et le sacerdoce.

Ce Jeudi Saint nous rappelle donc que Jésus se donne comme nourriture et comme boisson. Dans l’Évangile de saint Jean (chapitre 6), nous lisons : « Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. » Au moment de la communion, quand le prêtre dit « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde », il ne s’adresse pas seulement à la communauté qui est devant lui ; le Christ Pain de vie ne demande qu’à se donner au monde entier.

Le Concile Vatican II nous a dit que « l’Eucharistie est source et sommet de toute vie chrétienne et de toute évangélisation ». Il est absolument essentiel pour tout chrétien de puiser à cette source et de gravir ce sommet. C’est là que nous recevons la force dont nous avons besoin pour continuer notre route à la suite du Christ. C’est Jésus qui se donne en nourriture. Il veut faire de nous ses amis intimes. Il se donne à nous pour nous communiquer sa vie et son amour. Malheureusement, beaucoup ne sont pas convaincus. Pensons à la facilité avec laquelle on se dispense de la messe parce qu’on a un repas de famille ou pour toute autre raison.

Cela montre bien que beaucoup n’ont pas vraiment compris l’importance de l’Eucharistie. Le Pain partagé est le symbole de la vie offerte par Jésus. « Ceci est mon Corps livré pour vous ». Dans cette expression, nous sommes tous inclus. Cette coupe est celle de « mon sang, le sang de l’alliance nouvelle et éternelle qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés ». C’est donc la nouvelle alliance entre Dieu et le monde. Cette veillée du jeudi saint nous révèle cet amour extraordinaire de Dieu pour le monde. Nous n’aurons jamais fini de méditer sur cette générosité qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. C’est par ce sacrifice suprême du Christ que tous les hommes peuvent accéder au salut.

Le problème, c’est qu’on a trop tendance à réduire l’Eucharistie au memento des défunts. Comprenons bien, c’est important de prier pour eux et de faire célébrer des messes à leur intention. C’est même le plus beau cadeau qu’on peut leur faire. Mais si nous nous rassemblons à l’église le dimanche, ce n’est pas seulement pour un défunt ; c’est pour une raison bien plus importante : à chaque messe, c’est Jésus qui se donne pour nous et pour la multitude, vivants et défunts. C’est par son sacrifice suprême que tous les hommes peuvent accéder au salut.

Cet amour que nous recevons du Christ doit aussi nous unir les uns aux autres. Des chrétiens divisés ne peuvent que donner un contre-témoignage. Sans la charité, la communion n’est qu’une hypocrisie. L’Évangile insiste sur le lien très fort entre l’Eucharistie et la charité. Le partage du pain n’a donc pas suffi. Il a fallu que le « Maitre et Seigneur » se lève et se mette à genoux. Et cela non plus n’a pas suffi : il s’est mis à laver les pieds de ses disciples. Il s’est abaissé devant chacun sans dire un mot. À travers ce geste, c’est Dieu qui s’avance vers nous : il s’agenouille pour laver nos souillures.

Aujourd’hui comme autrefois Jésus nous rejoint dans une humanité blessée. Beaucoup y souffrent de la haine, de la violence et de la précarité. C’est dans ce contexte que nous devons faire preuve d’inventivité pour célébrer ce « mémorial » institué par le Seigneur. Le pain partagé et l’abaissement de Jésus nous convoquent au service et à l’humilité.

Nous sommes là pour reconnaître tout ce que le Seigneur a fait pour nous et pour le monde entier. Nous voulons l’accueillir et nous émerveiller. Mais cela ne sera possible qu’ensemble, les uns avec les autres, jamais les uns sans les autres. Tout au long de cette semaine sainte, nous prenons conscience de l’Amour qui se manifeste en actes. C’est un amour toujours à l’œuvre aujourd’hui et chaque jour.

Oui, Seigneur, donne-nous de t’aimer en toute humilité. Donne-nous de t’aimer et de te suivre dans ton amour pour chacun. Donne-nous de les aimer, proches et lointains, comme tu les aimes, un amour qui s’éprouve et se prouve.

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Sources : revue Feu Nouveau – lectures bibliques des dimanches (Albert Vanhoye) – Missel communautaire (André Rebré) –

 

« Il les aima jusqu’au bout… »

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« J’ai ardemment désiré manger cette pâque avec vous avant de souffrir » (Luc 22,15). Ce sont les paroles mêmes de Jésus au début de son dernier repas avec ses apôtres. En réalité, c’est son désir permanent. Aujourd’hui comme hier, il souhaite demeurer avec les siens ; il veut être avec nous. Ce soir, nous pouvons nous poser la question : avons-nous ce désir d’être avec lui, au moins un petit peu ? Saurons-nous lui offrir ce peu de compagnie et d’affection dont notre cœur est capable ?

Si nous regardons de près, il faut bien reconnaître que c’est toujours lui qui fait l’effort d’être auprès de nous. Il fait sans cesse le premier pas vers nous. Au soir du Jeudi Saint, le dernier soir de sa vie, il réunit ses disciples. Dans un suprême élan d’amour, il continue à se lier définitivement à eux.

Les textes bibliques nous enseignent que Jésus se mit à table avec les Douze. Il prit le pain et le distribua en disant : « ceci est mon Corps livré pour vous. » De même, il prit la coupe : « ceci est mon sang versé pour vous ». Ce sont ces paroles que les prêtres vont prononcer sur l’autel. Et c’est le même Seigneur qui invitera chacun de nous à se nourrir du pain et du vin consacrés. C’est ainsi que Jésus a « inventé » l’impossible pour rester à nos côtés. C’est de cette manière qu’il a choisi d’être proche de ses disciples à travers l’histoire.

En réalité, il ne veut pas seulement être proche. Il désire être au-dedans de ses disciples. Pour nous, il devient nourriture, chair de notre chair. Ce pain et ce vin sont la nourriture que Dieu nous envoie. Ils continuent à être un remède et un soutien pour notre vie. Ils nous unissent à Jésus pour nous rendre semblables à lui. C’est ainsi que nous apprenons à désirer les choses qu’il désirait. En donnant ce pain et ce vin, le Seigneur fait jaillir en nous des sentiments de bonté, d’affection, d’amour et de pardon.

C’est au nom de cet amour que Jésus va accomplir un geste très important. Il s’agenouille devant ses disciples pour leur laver les pieds. Ce geste était fréquent chez les juifs car il y avait beaucoup de poussière sur les chemins. En temps ordinaire, un serviteur se mettait à la disposition du visiteur pour accomplir cette tâche. Ce qui est nouveau dans cet évangile, c’est que Jésus lui-même se fait serviteur. Nous comprenons l’étonnement de Pierre et son refus. Mais pour être en communion d’amour avec le Christ, il doit accueillir le témoignage qu’il nous laisse.

Dans notre monde, on court beaucoup après les honneurs, le prestige, le pouvoir. On se débarrasse de ceux qui font obstacle ou qui gênent. L’Évangile du Jeudi saint nous invite à prendre le contre-pied de cette orientation. C’est un commandement de Dieu lui-même. Se laver les pieds les uns les autres c’est être au service des plus faibles, des malades, des personnes ans défense. C’est une nouvelle façon de vivre.

Voilà donc deux tables, celle du lavement des pieds et celle de l’Eucharistie. On ne peut séparer la liturgie du service fraternel. L’un et l’autre participent au même élan. Le Christ que nous accueillons en allant communier nous entraîne à nous mettre au service des autres. Lui-même nous a donné l’exemple. Son amour est allé jusqu’au don de sa vie.

Aujourd’hui, dans l’Église d’Occident, l’Eucharistie pose question. Nous assistons à une diminution drastique du nombre de messes dominicales et à une baisse du nombre de pratiquants réguliers. Ailleurs, la messe  ne peut être célébrée que dans la clandestinité.  Quand l’Eucharistie est en souffrance, les communautés chrétiennes le sont aussi. N’oublions pas ce que disait le concile Vatican II : « L’eucharistie construit l’Église. »

L’épreuve est souvent une invitation à revenir à l’essentiel. La commémoration de la dernière Cène est pour nous l’occasion de revenir à cette source. Au soir du Jeudi Saint, les apôtres n’ont pas seulement entendu un discours. Ils ont vécu un événement qui a bouleversé leur cœur. Ils ne seront plus jamais comme avant. Pour nous chrétiens, la célébration de l’Eucharistie doit être de cet ordre. C’est un événement qui transforme en profondeur celui qui se laisse laver les pieds par le Christ.

Jésus est le premier à enlever sa tunique pour revêtir l’habit du serviteur. Nous aussi, nous devons nous débarrasser de notre orgueil qui nous empêche de rejoindre le Christ en toute vérité : c’est ce que nous rappelle inlassablement le pape François : une Église pauvre au service des plus pauvres.

Demandons au Seigneur de nous placer dans cet esprit d’amour et de service afin de transformer le monde autour de nous. Ayons toujours présente en nos cœur cette parole de l’Évangile : « Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout ».

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Sources : Revues Signes, Feu Nouveau et Dimanche en Paroisse – La parole de Dieu pour chaque jour de 2014 (V. Paglia) – Lectures bibliques des dimanches (A. Vanhoye)