Archives de catégorie : 34ème dimanche du temps ordinaire – Christ Roi de l’univers (b)

« Es-tu le roi des juifs ? »

Textes bibliques : Lire

En ce dernier dimanche de l’année liturgique, l’Église nous invite à célébrer le Christ Roi de l’univers. L’histoire du monde s’achèvera par le règne définitif et éternel du Christ. Les trois lectures de cette messe nous parlent de ce règne.

Nous avons tout d’abord un texte du prophète Ézéchiel. Il s’adresse à un peuple qui vit une situation désespérée. Le pays est détruit ; il vit sous une domination étrangère ; c’est vraiment la catastrophe ; beaucoup se posent des questions : « Où est-il notre Dieu ? Que fait-il ? » C’est en réponse à ce doute que le prophète intervient pour annoncer une bonne nouvelle : Dieu enverra un « fils d’homme » c’est-à-dire un homme pour relever son peuple et lui redonner toute sa place parmi les nations. Cet homme recevra une autorité sûre et confiante. Plus tard, les chrétiens comprendront que ce titre de « Fils de l’homme » désignait la royauté de Jésus.

La 2ème lecture est extraite de l’Apocalypse de saint Jean. Ce livre a été écrit bien après la résurrection du Christ. Il s’adresse à des chrétiens persécutés. L’empereur de Rome est très dur pour eux. C’est dans ce monde hostile et violent que saint Jean annonce le triomphe de Celui qui est l’Amour. Par sa mort et sa résurrection, il a vaincu la mort et le péché et il veut nous associer tous à sa victoire. Dans sa lettre aux Romains, saint Paul nous dit que « rien ne peut nous séparer de son amour ».

Ces deux premières lectures sont une bonne nouvelle pour notre monde d’aujourd’hui. De nombreux dictateurs y règnent en maîtres. Ils font peser leur pouvoir sur les plus faibles. Dans de nombreux pays, les chrétiens sont victimes de la haine et de la violence des hommes. Mais un jour, les dictatures finissent par tomber. Il n’est pas question de vengeance : cela ne ferait qu’ajouter de la violence à la violence. Ce n’est pas par la force des armes qu’on peut obtenir la victoire contre le mal mais par celle des paroles et surtout celle de l’amour.

C’est précisément ce que nous montre l’Évangile de ce jour : Nous sommes à un moment dramatique de la vie de Jésus. Il vient d’être arrêté. On le conduit devant Pilate pour en finir avec lui. Pour se débarrasser de lui, toutes les accusations sont bonnes. On lui reproche d’être un homme dangereux qui s’oppose à l’autorité de l’empereur. Quand Pilate lui demande s’il est le roi des Juifs, il ne cherche pas à se défendre. Pour lui, ce qui est le plus important, c’est la mission que le Père lui a confiée, c’est le salut de tous les hommes. Et il veut y être fidèle jusqu’au bout.

« Es-tu le roi des juifs ? » C’est la question de Pilate ; Jésus lui répond par une autre question : « Dis-tu cela de toi-même ou bien parce que d’autres te l’ont dit ? C’est aussi chacun de nous que Jésus interroge : la réponse apprise au catéchisme ou dans les livres sérieux ne suffit pas. En nous renvoyant à cette question, Jésus fait appel à notre foi. Si nous croyons en la royauté universelle du Christ, il nous faut le mettre au centre de notre vie. Il ne demande qu’à être le « Roi des cœurs ».

« Ma royauté ne vient pas de ce monde » nous dit encore le Christ. Elle n’a rien à voir avec un pouvoir politique. Jésus ne va pas s’opposer à l’empereur César. Il n’a pas de gardes qui se battront pour lui. Les quelques disciples qu’il avait se sont enfuis. La vraie royauté du Christ est celle du serviteur qui se met à genoux pour laver les pieds de ses disciples. Il est le bon berger qui donne sa vie pour ses brebis. Il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Il porte sur chacun un regard rempli de sa tendresse et de son amour. Son Royaume passe d’abord par une véritable conversion de ceux qui désirent y entrer. Si nous voulons que Dieu règne sur nous, nous devons entendre les appels à la conversion qu’il nous adresse. Avec lui, plus rien ne peut être comme avant.

Comme au temps de Pilate, ils sont nombreux ceux qui refusent la Royauté du Christ. On fait tout pour l’effacer. Dans notre monde sécularisé, on le relègue à l’exil, on le ridiculise de toutes les manières. Et surtout, nous ne devons pas oublier les très nombreux martyrs en Syrie et dans de nombreux pays.

Mais le prophète Ézéchiel et le livre de l’Apocalypse sont là pour nous appeler à l’espérance. Le mal et la violence n’auront pas le dernier mot. Encore une fois, c’est l’Amour qui triomphera. Le Christ ressuscité n’est plus visible à notre regard, mais il est avec nous jusqu’à la fin du monde. Il compte sur nous pour témoigner inlassablement de l’amour qui est en lui. C’est avec lui que nous pourrons construire un monde plus juste et plus fraternel, un monde conforme à l’esprit des béatitudes

En ce dernier dimanche de l’année liturgique, nous nous tournons vers toi Seigneur. Donne-nous d’écouter ta voix et de faire la Vérité sous l’impulsion de ton Esprit. Amen

Sources : Revue Feu Nouveau – Lectures bibliques des dimanches B (Albert Vanhoye) – Homélies du dimanche (Mgr Léon Soulier – Reste avec nous quand vient le soir (Lorette Lepage) – Dossiers personnels…

34ème dimanche du Temps ordinaire

Le Christ Roi de l’univers

Textes bibliques : Lire

En ce dernier dimanche du Temps ordinaire, nous fêtons le Christ Roi de l’univers. Mais les textes liturgiques de ce jour nous disent qu’il n’est pas un roi à la manière des grands de ce monde. Il nous est présenté comme le berger qui rassemble. C’est cette bonne nouvelle que nous lisons dès la première lecture dans le livre d’Ézéchiel ; Dieu promet d’aller chercher la brebis perdue et d’en prendre soin : « C’est moi qui ferai paitre mon troupeau et qui le ferai reposer ». C’est ainsi que Dieu manifeste toute sa bonté. Cette bonté qu’il promet devient réalité avec la venue de Jésus dans le monde. Tout l’Évangile nous montre qu’il se reconnaît à travers les plus humbles. Il accomplit sa promesse en leur manifestant sa sollicitude.

Dans la seconde lecture, saint Paul rappelle que le Christ ressuscité est présent au cœur de nos vies. Il est vainqueur de toutes les puissances du mal et de la mort. Il veut nous associer tous à sa victoire. Il marche à la tête de cette immense foule qui monte vers Dieu. Il fera entrer dans son Royaume tous ceux et celles qui l’auront suivi. Le monde sera arraché à la mort. Dieu sera tout en tous. Voilà cette bonne nouvelle qui doit raviver notre espérance.

L’Évangile s’ouvre avec une perspective grandiose : Jésus annonce que « le Fils de l’homme reviendra dans la gloire ». Tous les anges seront avec lui ; il siègera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui. Ces nations vont disparaître pour former un nouveau peuple selon le cœur de Dieu.

Dans cet Évangile, nous retrouvons l’image du berger qui rassemble. Par sa puissance, il comble les fossés, il renverse les barrières, il réconcilie ceux et celles qui s’étaient éloignés. Tout au long de l’histoire, Dieu manifeste son désir de rassembler et de réconcilier. Reconnaître la royauté du Christ c’est bâtir des ponts plutôt que des murs, c’est lutter contre toutes les formes de discrimination et de rejet. Comme nous l’a rappelé le synode diocésain (de Rodez), c’est construire des communautés fraternelles. Notre monde en a bien besoin.

L’Évangile de ce jour nous rappelle donc que la proximité et la tendresse doivent être notre règle de vie. C’est à l’amour que nous serons jugés. Ce sont les paroles mêmes du Christ : « Venez les bénis de mon Père car j’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’avais soif et vous m’avez donné à boire, j’étais étranger et vous m’avez accueilli… » Il faut se rappeler que ces paroles sont pour toutes les nations. Beaucoup sont surpris car ils ne se souviendront pas d’avoir eu ces gestes de bonté à son égard. Ils découvriront que ce qu’ils ont fait pour le plus petit de ses frères, c’est à lui qu’ils l’ont fait.

Le pape François nous rappelle que « le salut ne commence pas par la confession de la Royauté du Christ mais par l’imitation des œuvres de miséricorde par lesquelles il a réalisé son Royaume ; celui qui les accomplit montre qu’il a accueilli la Royauté de Jésus, car il fait place dans son sœur à la charité de Dieu. Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour, sur la proximité et la tendresse envers nos frères ». Ce qui fait la valeur d’une vie, c’est notre amour de tous les jours pour tous ceux qui nous entourent. Le synode de notre diocèse nous invite à « promouvoir le service du frère » en luttant contre la pauvreté et ses causes.

Par sa victoire sur la mort et le péché, Jésus nous a ouvert les portes du Royaume ; mais il nous revient d’y entrer déjà à partir de cette vie en nous faisant proches du frère qui demande du pain, un vêtement, un accueil, une solidarité. À travers lui, c’est Jésus qui est là. Il nous promet de récompenser tout acte d’amour, si modeste soit-il. Tout homme qui vit dans l’amour appartient déjà à Jésus. Il est urgent que chacun de nous prenne ses responsabilités dans la construction du Royaume.

Le jugement vient nous rappeler la primauté la primauté des actes sur les paroles. Il ne suffit pas de dire, il faut agir. C’est chaque jour que nous avons à puiser à la source de Celui qui est l’Amour. C’est avec le Christ Roi de l’univers que nous apprenons à aimer comme il nous aime.

Et bien sûr, c’est en regardant vers la croix du Christ que nous commençons à comprendre : Jésus y a souffert l’emprisonnement, les blessures, la soif, le rejet. Il est allé jusqu’au bout du don. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ». En ce jour, nous sommes tous invités à mettre nos pas dans ceux du Christ pour vivre éternellement.

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Sources : Revues Feu Nouveau – Fiches dominicales – François selon saint Matthieu – Lectures bibliques des dimanches (Année A) – Actes du synode diocésain de Rodez.