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« Aimer c’est tout donner ».

Textes bibliques : Lire

Les trois textes bibliques de ce dimanche nous parlent du don généreux. Dans la première lecture et l’Évangile, nous avons entendu le témoignage de deux pauvres veuves, une païenne et une fille d’Israël. Elles ont donné tout ce qu’elles avaient pour vivre. Ces témoignages nous rejoignent : en ce jour anniversaire de l’armistice, nous pensons à ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie pour que nous puissions vivre dans un pays libre. À leur manière, ils ont tout donné. Continuer la lecture de

« Aimer c’est tout donner ».

Un pouvoir, un service

Textes bibliques : Lire

Ce dimanche, nous clôturons la semaine missionnaire mondiale. Nous n’oublions pas que la mission de l’Église c’est d’annoncer la bonne nouvelle jusqu’aux extrémités de la terre. Notre horizon et notre cœur doivent s’élargir aux dimensions du monde. Nous pensons à tous ces prêtres, religieux, religieuses et laïcs qui ont quitté leur famille et leur pays pour être les messagers de l’Évangile dans des pays qu’ils ne connaissaient pas. Et actuellement, nous accueillons des prêtres, religieux et religieuses qui viennent de l’Afrique, de l’Inde ou d’ailleurs pour nous évangéliser.

Cette réponse à l’appel de Dieu n’a jamais été facile. C’est ce que nous comprenons en écoutant la 1ère lecture. Le prophète s’adresse à un peuple qui souffre de la persécution. Il fait comprendre à tous ces gens que leur souffrance n’est pas inutile ; Dieu ne les abandonne pas ; il se penche sur eux avec amour et prédilection. C’est en lui que chacun trouvera la force pour tenir le coup. L’important c’est de chercher cette force là où elle se trouve.

En lisant ce texte, nous pensons aux chrétiens qui sont persécutés ou tournés en dérision à cause de leur foi au Christ. C’est en lui qu’ils trouvent la force et le courage dont ils ont besoin pour rester fidèles jusqu’au bout. Face aux souffrances infligées par les persécuteurs, ils nous apprennent l’amour et le pardon. Ils nous font comprendre que la volonté de Dieu c’est le salut de tous, y compris des persécuteurs. Seul le pardon accordé par la victime peut convertir son bourreau.

La lettre aux Hébreux (2ème lecture) nous renvoie à Celui qui est vraiment au cœur de tout engagement missionnaire. En Jésus mort et ressuscité, les hommes ont trouvé le salut que l’humanité attend. Il est celui qui nous fait grâce et nous obtient la miséricorde. Il fait le lien entre la terre et le ciel. Le pape Jean-Paul II disait qu’il a donné Dieu aux hommes et les hommes à Dieu. Nous, chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes tous appelés à participer à ce sacerdoce du Christ. Comme lui, nous sommes envoyés vers nos frères et sœurs, en particulier ceux et celles qui sont éprouvés par la maladie, la souffrance et les épreuves de toutes sortes. La bonne nouvelle doit être annoncée à tous, y compris à ceux et celles qui sont loin de Dieu. Cette mission n’est pas d’abord notre affaire mais celle du Christ qui nous a appelés et envoyés.

L’Évangile nous parle d’un Messie qui est venu donner sa vie « en rançon pour la multitude ». Le danger de ce mot « rançon » c’est de comprendre le contraire de ce qu’il veut dire. Dans notre langage, ce mot désigne le montant à verser lors d’une prise d’otage. À l’époque du Christ, il désignait la libération. Ce mot « rançon » est dérivé d’un verbe qui signifie « délier, détacher, libérer ». Toute la Bible nous raconte la longue entreprise de Dieu pour délier son peuple puis l’humanité de ses esclavages. Cette libération passe par la conversion du cœur de l’homme. C’est de cela que nous avons à témoigner dans notre monde qui en a bien besoin.

Dans cet Évangile, nous voyons que les disciples n’ont rien compris. Jésus vient de leur annoncer sa Passion, sa mort et sa résurrection. Les Douze suivent sans empressement car ils ont peur. Ils savent ce qui les attend à Jérusalem. De ce groupe, deux hommes se détachent, Jacques et Jean. Pour être rassurés, ils demandent à Jésus de siéger à sa droite et à sa gauche dans son Royaume. Les autres disciples s’indignent : « Pourquoi pas nous ? » Mais Jésus ne s’indigne pas. Il sait ce qu’il y a dans le cœur de l’homme. S’il intervient, c’est pour les amener et nous amener à changer de perspective. Il dénonce les rapports de force et de supériorité. Le pouvoir comme écrasement des autres ne doit pas avoir sa place parmi les disciples.

La gloire du Christ se manifestera sur la croix. À sa droite et à sa gauche, nous trouverons deux bandits. La coupe qu’il boira sera celle de sa Passion qui l’introduira dans le Royaume. Là, toutes les relations seront transformées. Chacun y découvrira que sa place est un don de Dieu. C’est ainsi que Jésus a aboli la loi du plus fort. Il l’a remplacée par celle du plus aimant. C’est une conversion de tous les jours que nous obtiendrons en contemplant et un accueillant « Jésus serviteur ». Il est celui qui « nous a aimés comme on n’a jamais aimé. »

C’est très important pour nous aujourd’hui. Notre monde juge le christianisme à travers ceux qui le pratiquent, donc à travers nous. Notre première tâche c’est de nous laisser imprégner par l’Esprit Saint pour ne pas déformer le message de l’Évangile. Notre travail c’est de poursuivre la mission du Christ ; c’est d’annoncer une bonne nouvelle, celle de l’amour de Dieu pour chacun de ses enfants. Mais dans notre monde, deux hommes sur trois ne le connaissent pas. C’est une raison de plus pour témoigner à temps et à contretemps de la bonne nouvelle de l’Évangile.

En conclusion nous faisons nôtre les paroles de ce chant :
« Allez-vous en sur les places et sur les parvis !
Allez-vous en sur les places, y chercher tous mes amis,
tous mes enfants de lumière qui vivent dans la nuit.
Allez-vous en sur les places
Et soyez mes témoins chaque jour. » Amen

Télécharger : 29ème dimanche du Temps ordinaire

Sources : Revue Feu Nouveau, Commentaires de Marie Noëlle Thabut, dossiers personnels

« Un tournant manqué… »

Textes bibliques : Lire
Nous entrons aujourd’hui dans la semaine missionnaire mondiale. Les textes bibliques de ce dimanche nous invitent à faire le bon choix. Dans la première lecture, nous avons le témoignage de Salomon ; dans sa prière, il a demandé le don nécessaire à un roi : « Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal. » Le roi demande donc la Sagesse parce qu’elle est ce qu’il y a de plus précieux pour l’homme. Elle l’emporte sur tous les biens de la création.

Cette recherche de la Sagesse est fondamentale. Pour l’acquérir, il faut être prêt à vendre tout. Il ne s’agit pas d’une conquête de la raison mais d’un don de Dieu. Il ne cesse d’être présent et agissant dans la vie des hommes. Il n’attend qu’une chose, c’est que nous lui ouvrions la porte de notre cœur. Il se présente à nous comme la Lumière qui vient éclairer nos ténèbres.

La lettre aux Hébreux (2ème lecture) nous apporte un éclairage nouveau : La vraie sagesse, nous ne pourrons l’acquérir qu’en accueillant la Parole de Dieu. Cette parole ne se contente pas de nous instruire, elle agit au plus profond de nous-mêmes. Le chrétien est un homme que la Parole de Dieu a traversé. En nous transperçant comme une épée à deux tranchants, Dieu nous libère de la peur et de la honte. Seul celui qui se laisse transpercer par la Parole de Dieu en deviendra le témoin. Lui résister c’est refuser le Christ et s’enfermer en soi-même. Si nous l’accueillons, elle illumine notre vie, elle nous donne le courage de progresser sur le chemin du bien et de l’amour.

Voilà donc ces deux premières lectures qui nous parlent de la Sagesse et de l’amour. Avec l’Évangile, nous faisons un pas de plus : Jésus nous est présenté comme Sagesse et Parole de Dieu. Dans ce récit, nous trouvons un homme sui accourt vers Jésus. Tombant à genoux, il lui pose la question qui le préoccupe : « Que dois-je faire pour avoir en héritage la Vie éternelle ? Jésus lui répond qu’il faut observer les commandements. Sur ce point, notre homme peut se sentir en règle. Alors, Jésus lui propose beaucoup mieux : « Ne bricole plus : Une seule chose te manque : Va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, puis viens et suis-moi. » Alors cet homme est reparti tout triste car il avait de grands biens.

Comme cet homme, nous sommes attachés à nos biens. Nous avons de nombreux fils qui nous empêchent de nous envoler et de vivre pleinement. Nous trouvons plein de prétextes qui nous empêchent d’aller jusqu’au bout de l’alliance avec Jésus. En ce jour, nous pensons aux nombreux missionnaires qui, pendant des siècles, ont tout quitté pour annoncer le Christ. Et actuellement, des prêtres africains, indiens et autres ont quitté leur famille et leur pays pour venir nous évangéliser. Tout cela doit nous interpeller. Partir, ce n’est pas seulement voir du pays, c’est risquer sa vie, risquer la persécution.

Ils sont nombreux les prêtres, religieux, religieuses et laïcs qui ont fait le choix de tout abandonner pour l’unique trésor qui ne vieillit pas, qui ne pourrit pas, qui n’est pas rongé par les vers ni par les remords. Ce trésor c’est une multiplication d’amour. Choisir le Christ, c’est multiplier par cent tous nos biens, toutes nos relations ; quitter un frère, une sœur pour recevoir le centuple ! Quitter une maison pour recevoir un Royaume !

Cet Évangile nous invite à ne pas fermer notre cœur mais à l’ouvrir à l’infini de Dieu. Malheureusement notre attachement à la pacotille nous empêche d’accueillir le seul vrai trésor qui pourrait nous combler. Ce qui nous est proposé c’est de nous laisser envahir par le regard et l’amour du Christ. Au jour de notre baptême, nous avons été plongés dans cet océan d’amour qui est en lui. Si nous restons en communion avec lui, nous comprenons que ses exigences sont un appel à vivre en plénitude.

Aujourd’hui comme autrefois, le Seigneur continue à nous appeler. Il compte sur chacun de nous. Au départ, ils étaient douze à suivre Jésus. Aujourd’hui, la petite communauté s’est multipliée par 100 000 000 ; c’est l’action de l’Esprit Saint dans l’Église universelle. La Parole de Dieu s’est répandue dans le monde entier. Nous sommes tous invités à entretenir le feu pour qu’il continue à illuminer le monde. Amen

Sources : Commentaires de Marie Noëlle Thabut – livret d’animation pour la semaine missionnaire mondiale – Fiches dominicales – dossiers personnels…

Télécharger en format PDF : 28ème dimanche du Temps ordinaire

Animation liturgique : Lire

SAUVER L’AMOUR

Textes bibliques : Lire

Les lectures bibliques de ce dimanche nous adressent un enseignement de la plus haute importance sur la vie familiale et fraternelle. Elles nous donnent l’occasion de nous rappeler de vérités fondamentales qui risquent d’être oubliées dans notre société. L’évangile nous parle de la fidélité dans le mariage et de l’accueil des enfants. Sa lecture est préparée par le récit de la Genèse. Il nous dit que l’homme et la femme forment une union inséparable. La seconde lecture (lettre aux Hébreux) nous rappelle que le Christ est resté fidèle jusqu’à la mort.

Le passage de la Genèse qui nous est proposé aujourd’hui est hautement symbolique. C’est l’un des textes les plus importants de la bible. Les mots que Dieu prononce sont significatifs : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul… Je vais lui faire une aide qui lui correspondra. » L’homme n’a pas été créé pour vivre seul. S’il était seul, il ne pourrait pas vivre d’amour. Dieu est Amour. S’il a créé l’homme, c’est pour lui communiquer son amour. Il veut le rendre capable de vivre dans l’amour. Il a donc créé l’homme et la femme en même temps. Tous deux sont égaux devant lui.

Le but de ce récit n’est pas de nous dire comment les choses se sont passées. D’ailleurs, en y regardant de plus prés, nous voyons qu’il s’inspire de traditions orales qui circulaient dans le Moyen Orient païen. Mais sous l’impulsion de l’Esprit Saint, il nous propose une vision très riche de Dieu, du monde et de l’homme. Le texte d’aujourd’hui nous rapporte le grand projet de Dieu : « L’homme quittera son père et sa mère… il s’attachera à sa femme » non pas avec les liens de la domination ou de la soumission mais avec celui de l’amour.

Dans l’Évangile, nous voyons les pharisiens interroger Jésus pour le mettre à l’épreuve : « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? » Jésus les renvoie à la loi de Moïse qu’ils connaissent par cœur. Ils savent qu’elle a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation. Mais Jésus les reprend : « C’est en raison de l’endurcissement de votre cœur qu’il a formulé cette loi. » Ce n’était qu’une concession pour limiter les dégâts. Cette concession peut être abolie car elle ne correspond pas à l’idée originelle de Dieu : « Au commencement de la Création, il les fit homme et femme. L’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme et tous deux ne feront qu’un. » A l’origine, Dieu souhaitait que l’homme et la femme s’unissent dans une fidélité réciproque. Il a voulu qu’ils ne forment qu’une seule chair. Et Jésus conclut : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas. »

Cet enseignement du Christ est très fort. Il défend la dignité du mariage. L’homme et la femme qui décident de se marier sont appelés à former une communauté de vie, de partage et d’amour. Tout cela ne va pas sans difficultés. Il suffit de voir le nombre de divorces. Nous voyons aussi certaines vies de famille très décevantes. Certaines se contentent d’être des familles « hôtel restaurant » ou des « familles dortoir ». Elles sont une simple juxtaposition de personnes. Il n’y a pas de vrai dialogue sur les questions essentielles.

Mais ces échecs ne doivent pas nous faire oublier ce qui a été voulu par Dieu depuis les origines. Le mariage c’est un homme et une femme qui choisissent de fonder librement une communauté de vie et d’amour. Ils s’engagent à rester fidèles l’un à l’autre toute leur vie. Leur amour doit rester ouvert aux enfants qui naîtront à leur foyer. Ces derniers ont besoin de grandir entre un papa et une maman qui les aiment. Quand un couple s’aime, l’enfant est aimé puisqu’il est le fruit de leur amour. Jésus en profite pour nous rappeler une vérité très importante. Cet amour des parents pour leur enfant vient de Dieu. C’est cela qu’il faut leur montrer.

Cet Évangile nous invite à changer notre regard sur le mariage. L’homme et la femme sont créés à l’image de Dieu. C’est beau de voir un couple aimant et uni. Cela nous dit quelque chose de l’amour qui est en Dieu. Or c’est précisément cela que Dieu a voulu depuis les origines. Il a voulu que leur amour soit un écho de celui qui est en en lui. Cela signifie aussi que les couples qui n’arrêtent pas de se déchirer ne remplissent pas cette mission que Dieu leur a confiée. Mais Dieu reste toujours fidèle à son alliance. Par le sacrement de mariage, il devient le compagnon de route des époux. Il leur offre de marcher avec eux dans l’amour et la fidélité. Il est indispensable que les époux bâtissent leur amour sur le Christ. C’est en le prenant comme guide qu’ils poursuivent ensemble leur « ascension de la montagne de l’Amour ».

La lettre aux hébreux ne parle pas spécialement du mariage. Mais elle nous révèle cet amour passionné de Jésus pour tous les hommes. C’est un amour qui est resté fidèle et qui s’est donné jusqu’au sacrifice de sa vie. Par sa Passion, sa mort et sa résurrection, il nous a ouvert le chemin de la vraie vie. Ce qu’il attend de nous, c’est que nous venions à lui comme les petits enfants dont nous parle l’Évangile. C’est autour de lui que doit se construire l’unité des familles et celle des communautés chrétiennes.

Dieu de l’alliance éternelle, « Toi qui es Lumière, toi qui es l’amour, mets en nos ténèbres ton Esprit d’amour ».

Sources : Revues Feu Nouveau et Signes, L’Evangile au présent (D. Sonnet, lectures bibliques des dimanches (A Vanhoye), Semainier chrétien, Avec saint Marc (Claire Patier)

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