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Hosanna

Textes bibliques : Lire

En ce dimanche des Rameaux, nous ne pouvons pas nous rassembler dans les églises. À cause de la pandémie du coronavirus, chacun est invité à rester chez lui. Mais cela ne doit pas nous empêcher de célébrer le jour du Seigneur. Nous pourrons suivre la messe à la télévision, sur les radios catholiques ou encore sur un site Internet. Nous aurons notre rameau en main pour accueillir la bénédiction donnée par le célébrant. Puis nous chanterons : « Béni-soit Celui qui vient au nom du Seigneur ». Ce rameau, nous le mettrons en bonne place pour nous rappeler à cette prière. Que ce rameau soit le signe de notre engagement auprès du Seigneur. Tout au long de cette semaine sainte, nous sommes invités à plonger avec lui dans la prière.

Le même Jésus veut nous rejoindre au cœur de nos vies. Il se présente à nous comme le seul qui peut nous délivrer de tous nos esclavages. Lui seul peut nous rendre acteurs d’une vie plus humaine et plus solidaire. Son visage n’est pas celui d’un homme puissant et fort. C’est celui d’un homme doux et humble. Quelques jours plus tard, ce sera celui d’un crucifié. La seule couronne qui sera posée sur la tête de ce roi sera une couronne d’épine. Aux yeux du plus grand nombre, sa mort sera considérée comme une défaite. En réalité, ce sera une victoire, la victoire de l’amour sur le péché.

Le prophète Isaïe et saint Paul nous présentent Jésus comme le « serviteur » qui se laisse instruire. Lui, qui est la Parole de Dieu faite chair, a accepté de se taire. Il n’a pas résisté aux cris de ses ennemis. Lui, le Fils de Dieu, ne s’est pas dérobé aux outrages qui lui étaient destinés comme à un esclave.

L’humiliation de la Passion l’a rendu plus proche de tous les malheureux qui n’en peuvent plus. Nous pensons à tous ceux et celles qui sont réduits à la misère, ceux et celles qui souffrent de la maladie et de la solitude. Et bien sûr, nous n’oublions pas les très nombreux chrétiens qui témoignent de leur foi jusqu’au martyre. Sur la croix, les bras étendus de Jésus rassemblent tous les humiliés de la terre.

Les premiers chrétiens ont reconnu en Jésus un martyr, un témoin de l’amour de Dieu plus fort que la mort. Défiguré par la violence des hommes, il est déjà transfiguré par le Père ; il est élevé dans la gloire. Désormais toute langue pourra proclamer : « Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. »

Nous allons vivre cette semaine sainte en communion avec tous les chrétiens du monde entier. Nous suivrons Jésus sur le chemin du Calvaire. Sa mort, le vendredi saint, n’est pas un point final. Elle est un « passage » de ce monde vers le Père. C’est ainsi que Jésus est venu nous ouvrir un chemin qui permet à toute l’humanité d’entrer dans la gloire du Père. Les uns avec les autres nous chanterons et nous proclamerons : « Souviens-toi de Jésus Christ ressuscité d’entre les morts. Il est notre salut, notre gloire éternelle. »

Télécharger : Dimanche des Rameaux et de la Passion

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Le Dieu des vivants

Textes bibliques : Lire

« Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. » Voilà une parole qui sonne comme un reproche. Elle ressemble beaucoup à d’autres que l’on retrouve dans la Bible, en particulier dans certains psaumes ; on y reproche à Dieu son silence et son absence. Faire des reproches à Dieu, cela ne nous paraît pas correct. Dans ce cas, nous oublions que notre Dieu c’est celui à qui on peut tout dire, même des paroles de reproches et d’incompréhension. Nous vivons dans un monde qui souffre de toutes sortes à cause du coronavirus et des peurs qui en découlent. Et nous nous posons la question : « où est-t-il notre Dieu ? que fait-t-il ? »

Ce cri de révolte c’est déjà une prière. Notre Dieu c’est quelqu’un vers qui nous pouvons crier notre souffrance. Il n’est pas un Dieu lointain et absent auquel on cache certaines choses. Nous pouvons toujours lui dire les peurs et les interrogations qui nous tracassent. Quand tout va mal, nous pouvons toujours nous adresser à lui ; et si nous ne savons pas prier, nous pouvons toujours « crier » vers le Seigneur. La liturgie de ce dimanche nous propose le psaume 129 : « Des profondeurs, je crie vers toi, Seigneur, Seigneur écoute mon appel ; que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière. »

Aujourd’hui, nous voyons Marthe et Marie reprocher à Jésus de ne pas avoir été là pour empêcher la mort de leur frère Lazare. Et pourtant, il avait été averti depuis plusieurs jours de la mort de son ami. Arrivé devant le tombeau, Jésus est bouleversé d’une émotion profonde. Comme nous, il ressent douloureusement la mort d’un ami ou d’un parent. Mais à travers Lazare, c’est aussi la détresse de toute l’humanité qu’il voit, celle de tous ces hommes, femmes et enfants qui se trouvent enfoncés dans la misère et qui n’ont plus le minimum pour survivre. En ce jour, nous nous tournons vers lui et nous lui demandons qu’il nous donne un cœur semblable au sien, sensible à la peine des autres.

Si nous voulons comprendre quelque chose à cet évangile, il nous faut prendre en compte toutes nos interrogations face à la souffrance et à la mort. Nous sommes peut-être trop habitués à cet évangile. Nous l’avons entendu des centaines de fois, en particulier lors des célébrations de sépultures. Nous connaissons la fin de l’histoire. Nous savons que Jésus va faire quelque chose et tout va rentrer dans l’ordre. Lazare sera « relevé » ; il pourra reprendre ses occupations, retrouver ses sœurs, ses amis. Mais un jour, il connaîtra de nouveau la mort.

L’évangile de ce dimanche ne nous présente pas ce geste de Jésus comme un miracle mais comme un signe. Au-delà du relèvement de Lazare, il nous parle de nous ; le message qu’il nous adresse est un message d’espérance. En lui, c’est le Dieu des vivants qui se révèle au monde. En ce jour, il nous fait entendre son appel : « Lazare, viens dehors ! » Aujourd’hui, c’est aussi à chacun de nous qu’il s’adresse : « Viens dehors ! » Il nous appelle tous par notre prénom pour nous renouveler cet appel : « Viens dehors… » Je te libère de tes bandelettes… je te fais respirer un air nouveau… Ce n’est plus l’air des tombeaux et des cadavres, mais un air pur, celui où vivent les hommes.

Cette promesse d’une vie nouvelle, ce n’est pas seulement pour après notre mort mais pour aujourd’hui. C’est aujourd’hui que Lazare est réveillé et qu’il va reprendre vie avec les autres. Mais le Seigneur compte sur nous pour enlever la pierre. Cette pierre, c’est celle de notre égoïsme et de tout ce qui nous ferme à Dieu et aux autres. Le Christ compte sur nous pour participer à cette œuvre de libération. Nous pensons à tous ceux qui sont opprimés, sans travail, affamés ; en ces jours, notre attention va vers tous les malades les plus éprouvés. Nous croyons que le Seigneur peut ouvrir ces tombeaux-là. Mais nous savons aussi que sa parole et son action passent par nos engagements.

Le Seigneur est toujours là. Il veut nous remettre debout chaque jour. Il vient faire sauter toutes nos bandelettes, celles de la peur, du désespoir et de la discorde. Il est le Dieu libérateur. Avec lui, nous sommes entrés dans l’ère de la résurrection. Désormais, tout redevient possible car il nous fait partager sa vie. C’est pour cela qu’il se donne à nous dans l’Eucharistie.

C’est vrai, Seigneur, tu ne laisses pas mourir en nous la vie que tu nous offres. À l’appel de ton Fils, fais-nous sortir des tombeaux où tu enfermes nos péchés. Rends-nous la lumière éclatante, toi Dieu vivant pour les siècles des siècles. Amen

Télécharger : 5ème dimanche du Carême

 

Dimanche de la joie

 Textes bibliques : Lire

En ce 4ème dimanche du Carême, l’Église nous invite à la joie. C’est la joie de ceux qui se préparent au baptême la nuit de Pâques. Pour les premiers chrétiens, ce sacrement était le point de départ d’une rupture avec l’existence qu’ils avaient connue jusque-là. Ils venaient d’un monde sans Dieu dont la vie n’avait pas de sens. Ils avaient le sentiment que c’est seulement par le baptême qu’ils commençaient à vivre vraiment. Le baptême nous arrache à une vie sans issue. Il nous offre de participer à la vie divine. Nous avons tous besoin de retrouver cette force et cette joie des premiers chrétiens.

Ce temps du Carême est une chance qui nous ouvre un chemin de conversion. La première lecture nous invite à nous ajuster au regard de Dieu sur les personnes et les événements : « Dieu ne regarde pas comme les hommes. » Les hommes regardent les apparences. Dieu voit la grandeur de celui qui est petit, faible et méprisé. Au moment de choisir un roi dans la famille de Jessé, personne n’avait pensé au petit David qui était aux champs en train de garder les troupeaux. Dieu ne voit pas comme nous; Il se sert des petits et des humbles pour réaliser de grandes choses. À travers ce message, Dieu voudrait nous apprendre à avoir le même regard que lui.

Dans la seconde lecture, Dieu nous parle de la lumière spirituelle : c’est elle qui nous permet d’avoir le regard de Dieu sur le monde. S’adressant aux chrétiens d’Éphèse et à chacun de nous, il dit : « Autrefois, vous étiez dans les ténèbres. Maintenant, dans le Seigneur, vous êtes devenus lumières. » Vivre en « enfant de lumière » c’est arrêter de voir et de raisonner à la manière du monde, c’est se laisser guider par la lumière qui est en Jésus, c’est avoir, comme lui, un regard plein de miséricorde.

Dans l’Évangile, nous voyons précisément des disciples qui raisonnaient à la manière du monde. Face à un homme aveugle de naissance, ils posent la question qui les préoccupe : « Qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » Cette question rejoint les nôtres : « D’où viennent les souffrances, les épidémies, les catastrophes qui accablent de plus ne plus de personnes aujourd’hui ? Est-ce une punition de Dieu pour nos péchés ? Aujourd’hui, Jésus nous apporte une réponse : ces malheurs ne viennent pas de Dieu. Dieu est un Père qui aime chacun de ses enfants. Il nous a envoyé son Fils Jésus pour « chercher et sauver ceux qui étaient perdus. »

Cet aveugle sur la route, c’est toute l’humanité. Elle est plongée dans les ténèbres de l’ignorance religieuse et du péché. Jésus a vu toute cette détresse. Et il continue à venir pour nous apporter la véritable libération. Ils sont nombreux ceux et celles qui s’égarent sur des chemins de perdition. Beaucoup sont aveuglés par leurs certitudes, leur orgueil. Beaucoup se détournent du vrai Dieu pour s’attacher à l’argent, aux richesses et aux petits bonheurs qui ne peuvent vraiment les combler ; c’est de cet aveuglement que Jésus veut nous guérir.

Dans l’Évangile, nous voyons Jésus qui guérit un mendiant aveugle de naissance. Il lui ouvre les yeux deux fois. Il commence par lui rendre la vue qui lui permettra de voir les personnes et le monde qui l’entoure. Il lui ouvre aussi les yeux de la foi. Tout cela se fait progressivement. Dans un premier temps, l’homme guéri parle de « l’homme qu’on appelle Jésus » ; ensuite il voit en lui un prophète ; puis quand il se trouve devant lui, il se prosterne en disant : « Je crois, Seigneur. »

Comme cet homme, nous sommes appelés à passer des ténèbres à la foi. Nous aussi, nous sommes souvent aveugles ou malvoyants. Cet aveugle-né est le symbole de l’humanité plongée dans les ténèbres. Mais par le baptême, elle découvre la Lumière du Christ. Pour ces nouveaux convertis, c’est une illumination. C’est la Parole de l’Évangile de saint qui s’accomplit : « Le Verbe était la Lumière, qui, en venant en ce monde, illumine tout homme. »

Face à cet homme guéri et sauvé, il y a tous ceux qui sont aveugles dans leur esprit et dans leur cœur ; il y a ceux qui s’enfoncent dans leur aveuglement qui est celui du péché. Comme le hibou ou la chouette, ils sont aveuglés par la lumière du jour. La Lumière de Dieu, la Lumière de la Vérité leur fait peur. Mais nous ne devons pas avoir peur de la Lumière de Jésus Christ ; il se présente à nous comme le soleil qui rendra lumineuse notre vie.

Vivre le Carême, c’est accueillir cette lumière qui vient de Jésus. Cette lumière c’est celle de la foi. Elle nous aide à voir les personnes et les événements avec le regard de Dieu. Comme l’aveugle guéri, nous deviendrons des témoins du Christ. Nous pourrons proclamer notre foi avec fierté : « Je crois en Dieu qui est lumière, Je crois en Dieu, il est mon Père. » Amen

Télécharger : 4ème dimanche du Carême

Sources : Revues Feu Nouveau, Les cahiers Prions en Église – « C’est dimanche (Emmanuel Oré) – Homélies de l’année liturgique A (Simon Faivre) -Dossiers personnels

Une nouvelle page a été créée sur le site https://puiseralasource.org/ ; elle propose chaque jour la messe du pape François : Lire et visionner

 

Puiser à la Source

Textes bibliques : Lire

Les textes bibliques de ce dimanche nous parlent de l’eau plutôt de ce qui se passe quand elle vient à manquer. La première lecture nous rapporte un événement qui a beaucoup marqué l’histoire des hébreux. Ils venaient de quitter une terre d’esclavage en Égypte pour se rendre vers la Terre promise. Mais pour y parvenir, il faut traverser le désert. Cela n’est possible qu’en allant d’un point d’eau à un autre. Mais à l’étape de Réphidim, il n’y a plus d’eau. Cela peut devenir très grave ; c’est une question de vie ou de mort.

Alors que faire. Le texte nous dit qu’ils ont récriminé contre Moïse : « Pourquoi nous as-tu fait monter d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir de soif avec nos fils et nos troupeaux ? » C’est bien beau de nous avoir fait sortir d’Égypte pour conquérir notre liberté ; mais si c’est pour mourir dans le désert, à quoi bon ? Il vaut mieux être esclaves et vivants que libres et morts.

À travers Moïse, c’est contre Dieu que les Hébreux se révoltent ; ils le mettent au défi d’accomplir sa promesse. Pourtant le Seigneur n’a jamais cessé de nourrir et d’abreuver son peuple rebelle : il lui a donné l’eau et la nourriture dont il a besoin pour reprendre des forces. Grâce à cela, le peuple pourra marcher jusqu’au Sinaï pour recevoir une autre nourriture, la Parole de Dieu.

Ce texte biblique nous rejoint dans ce que nous vivons : nous voyons bien que notre vie est souvent une traversée du désert. Quand tout va mal, nous nous révoltons contre Dieu ; mais cette révolte est déjà une prière que Dieu écoute ; il nous fait comprendre qu’il n’a jamais cessé de nous aimer. Ce temps du Carême nous est donné pour puiser à la source de l’amour qui est en lui. Aujourd’hui comme autrefois, il ne demande qu’à nous combler.

Dans la seconde lecture, Saint Paul insiste sur la force de cet amour indéfectible : nous pouvons toujours compter sur lui, même dans les pires moments de notre vie. Cette certitude ne s’appuie pas sur des mots mais sur des gestes de Dieu à notre égard. En lisant l’Évangile, nous découvrons que le Christ s’est livré pour nous et pour le monde entier. Il nous donne accès au cœur de Dieu. L’Esprit Saint nous est donné comme gage de l’amour du Père pour nous. Notre Dieu est l’unique et inépuisable source. Lui seul peut nous combler.

L’Évangile nous invite à faire un pas de plus. Il part de l’eau dont nous avons tous besoin pour vivre. Cela se passe en Samarie, au puits de Jacob. C’est là que Jésus s’est arrêté car il est fatigué par la route. Et c’est là qu’il rencontre la samaritaine. Normalement, cette rencontre n’aurait pas dû avoir lieu ; les juifs et les samaritains évitaient de se rencontrer. Des rivalités très anciennes les opposaient.

Mais à travers cette rencontre, nous découvrons que le Christ n’est pas venu pour le seul peuple juif. Il est venu appeler au salut tous les hommes, y compris les païens. Cette femme venue puiser est le symbole de notre humanité blessée. Dieu nous voit nous précipiter dans le péché et il fait tout pour nous en sortir. Il envoie son Fils « chercher et sauver ceux qui étaient perdus » Quand il demande à la Samaritaine « donne-moi à boire, nous comprenons qu’il a soif de la sauver. Il a soif de son affection et de la nôtre. Et la Samaritaine sera progressivement amenée à reconnaître en Jésus la Source de l’eau vive.

Cette source dont parle Jésus est le symbole de la vie de Dieu à laquelle on s’abreuve. Aujourd’hui, Jésus se présente comme l’eau vive qui donne la vie. C’est auprès de lui que nous sommes tous invités à nous désaltérer, même les plus grands pécheurs. C’est important pour nous. En effet, notre marche chrétienne est souvent fatiguée par les doutes, les échecs, les aspirations non satisfaites. On croit trouver le bonheur dans les objets de consommation, mais au bout d compte, on est déçu.

Alors, comme la Samaritaine, nous sommes invités à venir au puits et à nous asseoir près de Jésus qui nous attend. C’est cette démarche que nous faisons chaque fois que nous allons rencontrer un prêtre pour le sacrement du pardon. Et bien sûr, cette rencontre personnelle avec le Christ se fait dans la prière, la méditation des textes bibliques et surtout l’Eucharistie. Le Carême est un temps favorable pour nous désaltérer auprès du Christ et puiser à la Source de la vraie Vie.

Ce matin, le Seigneur nous a convoqués pour puiser et recevoir à pleines mains l’eau vive, l’eau qui comble toutes les soifs. Il vient « demeurer » en nous. Qu’il nous donne d’être, comme la Samaritaine, des messagers de son amour. Amen

Télécharger pour imprimer : 3ème dimanche du Carême

Sources : Revue Feu Nouveau, Missel des dimanches 2020, Missel des dimanches et fêtes de trois années (Bayard), les Cahiers de prions en Église, Dossiers personnels.

 

Suivre Jésus sur la montagne

Textes bibliques : Lire

En ce 2ème dimanche du Carême, l’Église nous recommande moins un effort de jeûne qu’un effort de marche. Quand nous lisons la Bible, nous trouvons beaucoup de gens qui se mettent en marche. Mais à chaque fois, c’est vers un but bien précis. C’est ce qui s’est passé pour Abraham (1ère lecture) : il a dû quitter son pays, sa parenté et la maison de son père ; il s’est mis en marche vers le pays que Dieu lui destinait ; c’est un défi extraordinaire pour nous qui sommes si souvent attachés à nos sécurités, à notre confort, à nos certitudes. Abraham nous est présenté comme le modèle des croyants qui met toute sa confiance en Dieu et qui accepte de répondre à son appel.

L’apôtre Paul a, lui aussi, beaucoup marché. Il a parcouru différents pays pour annoncer l’Évangile au monde païen. Sa grande préoccupation était que la bonne nouvelle soit connue de tous. Aujourd’hui, il s’adresse à Timothée qui est affronté à ses persécuteurs. Il l’encourage à tenir bon malgré les souffrances et les persécutions. Le mal et la mort n’auront pas le dernier mot. Alors oui, n’ayons pas peur de marcher à la suite du Christ qui veut nous associer à sa victoire.

L’Évangile que nous venons d’écouter nous ramène à un moment crucial de la vie de Jésus ; il est en chemin vers Jérusalem ; il vient d’annoncer à ses disciples qu’il y sera arrêté, condamné et mis à mort sur une croix. Pour eux, c’est insupportable. L’événement qui nous est rapporté aujourd’hui va les aider à s’ajuster au plan de Dieu : c’est Jésus qui amène trois d’entre eux « à l’écart, sur une haute montagne ». Dans le monde de la Bible, la montagne représente la proximité de Dieu et la rencontre avec lui ; c’est un lieu de prière. On y est vraiment en présence du Seigneur.

C’est sur cette montagne qu’a lieu l’événement de la Transfiguration de Jésus. C’est comme un phare lumineux qui nous montre le point d’arrivée de notre vie humaine et chrétienne. En laissant entrevoir à ses disciples la beauté de sa divinité, il leur révèle le but de son voyage sauveur. Cette lumière mystérieuse est une fenêtre ouverte sur la résurrection et la vie auprès du Père. Nous ne sommes pas comme des gens perdus dans le désert. Nous avons un guide, c’est Jésus lui-même. Il est le « chemin, la Vérité et la Vie », c’est par lui et avec lui que nous allons vers le Père.

Pierre est ébloui par cette vision extraordinaire. Il voudrait prolonger cet instant de bonheur et s’y installer. Mais la voix du Père le ramène à la réalité : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve toute ma joie : écoutez-le. » Cette voix donne l’explication de la grande lumière qui enveloppe Jésus : aujourd’hui, ils voient son visage transfiguré ; plus tard, au jardin des Oliviers, ils le verront défiguré. Le Messie qu’il nous faut écouter est un Messie crucifié, un Messie qui veut nous associer à sa victoire sur la mort et le péché.

Cet Évangile de la Transfiguration nous décrit ce qui se passe chaque dimanche à la messe : après six jours de travail, Jésus nous conduit vers un lieu « élevé » ; c’est important pour nous : nous avons tous besoin de nous élever ; il ne s’agit pas de fuir le monde ni de nous évader. Si le Christ nous appelle à lui, c’est pour nous faire contempler « les choses du ciel ». Ce rendez-vous avec lui chaque semaine est un événement qu’il ne faut surtout pas manquer.

Puis c’est le retour vers le quotidien moins brillant. La splendeur de Dieu, nous aurons toute l’éternité pour la contempler. Le Seigneur nous renvoie vers ce monde où la gloire divine n’est pas toujours éclatante. Il nous propose de travailler à rendre ce monde meilleur. Le pape François nous parle souvent des « périphéries », tous ceux et celles qui souffrent à cause de la maladie, des injustices, de la pauvreté matérielle et spirituelle. C’est dans ce monde tel qu’il est que nous sommes envoyés pour témoigner de l’espérance qui nous anime.

Tout au long de ce Carême, nous sommes tous appelés à sortir de notre vie tranquille et à gravir la montagne pour aller à la rencontre du Seigneur. Rappelons-nous que ses paroles sont celles « de la Vie éternelle ». Nous sommes attirés par l’espérance de la transfiguration finale. Alors comme Abraham, Paul et bien d’autres, mettons-nous en route pour suivre le Seigneur. Qu’il soit toujours avec nous et nous toujours avec lui pour que toute notre vie témoigne de l’amour qu’il nous porte.

Télécharger : 2ème dimanche du Carême

Sources : Revues Feu Nouveau, Fiches dominicales, François selon Saint Matthieu, Célébrons dimanche, Mon compagnon vers Pâques (Magnificat), Dossiers personnels

 

« Le diable a joué sa dernière carte »

Textes bibliques : Lire

Depuis mercredi dernier, nous sommes entrés dans le temps du Carême. Ils sont nombreux ceux et celles qui ne savent plus très bien ce que c’est. Beaucoup pensent d’abord aux privations : on jeûne… on ne mange pas de viande… Les enfants ajoutent qu’on ne mange pas de bonbons…

Oui, bien sûr, tout cela peut faire partie du Carême. Mais ces privations ne sont que des moyens. Le véritable but de ces quarante jours c’est de nous débarrasser. Notre seule priorité c’est Jésus mort et ressuscité. Quand on a compris cela, tout le reste est accessoire. Nous sommes invités à nous éloigner des bruits du monde et à nous libérer des bagages qui encombrent. Le Carême n’est pas une période de manque mais un temps de retrouvaille avec le Seigneur qui n’a jamais cessé de nous aimer.

Les textes bibliques de ce dimanche nous apportent un éclairage lumineux. Le récit de la Genèse (1ère lecture) nous dit que l’homme a été créé pour le bonheur, la paix et la joie. Dieu veut notre bien et celui de notre monde. Mais le tentateur cherche à nous détourner de Dieu. Il veut nous faire croire que Dieu a de mauvaises intentions sur nous. Ce n’est là que mensonge. Au désert, le peuple d’Israël a fait l’expérience de serpents venimeux. Le soupçon porté sur Dieu est un poison mortel qui empoisonne nos vies.

Aujourd’hui comme autrefois, le Seigneur nous voit nous enfoncer dans le péché et nous détourner de lui. En ce début du Carême, il nous adresse un appel solennel : « Revenez à moi de tout votre cœur… » C’est une supplication pressante de notre Dieu. Il ne veut que notre bonheur. Toute la bible nous dit qu’il est « tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment ». Dieu n’est pas là pour nous punir mais pour nous sauver et nous combler de ses bienfaits. C’est avec lui que nous trouvons la joie d’être pardonnés. Et du coup, nous retrouvons l’intimité avec notre Dieu. Et nous pourrons rendre grâce pour cette merveille qu’il réalise dans notre vie.

Voilà ce chemin qui nous est proposé. Mais sur ce chemin, nous rencontrons la tentation. L’Évangile de ce jour nous dit que Jésus y a été affronté. Derrière ces tentations, il y a quelqu’un : La bible le nomme « le diable ». Il est celui qui cherche à faire tomber l’homme. Il est présent dans toutes les luttes de notre vie et n’en démord pas. Jésus a été tenaillé par la faim. Mais il a refusé de céder à la tentation de posséder et de consommer. Il est le Fils bien-aimé du Père et il veut lui rester fidèle jusqu’au bout. Il répond par un rappel de la Parole de Dieu : « L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu… »

Jésus sait très bien qu’avec Satan, on ne peut pas dialoguer. Il choisit de se réfugier dans la Parole de Dieu. Nous l’avons entendu : Ce n’est pas seulement de pain que vit l’homme. Manger c’est vital. Être en accord avec Dieu est encore plus vital : « Tu ne tenteras pas le Seigneur ». Ne le provoque pas. À Dieu seul, tu rendras un culte… Ne te prosterne pas devant les idoles, devant les personnes et encore moins devant le diable. Ces tentations sont aussi appétissantes que le fruit défendu de la Genèse. À nous de choisir si nous voulons vivre en enfants de Dieu et être en relation de fraternité entre nous. Si nous choisissons de marcher à la suite du Christ, nous vivrons ; sinon c’est la jungle.

Jésus a résisté au tentateur et celui-ci a fini par le quitter. Le Seigneur nous montre comment faire face à toutes ses attaques. Il nous invite à nous réfugier, comme lui, dans la Parole de Dieu ; les Écritures nous ouvrent le cœur de Dieu. Leur méditation, leur mise en pratique auprès de nos frères nous rapprochent de Dieu. C’est avec lui que nous trouverons force et courage dans notre lutte contre le mal. Avec le Christ, nous apprendrons à rejeter toutes les publicités mensongères qui courent à travers le monde et nous détournent de l’Évangile. La Lumière de la Parole de Dieu nous est offerte pour éclairer notre vie.

Si nous approfondissons un peu plus les Évangiles, nous découvrons une bonne nouvelle : Tout ce que le diable lui promet, Jésus l’obtiendra de son Père : ce sera l’événement de la multiplication des pains, puis la résurrection d’entre les morts au matin de Pâques. Mais tandis que le diable lui offre de posséder tout cela immédiatement, Jésus ne veut le recevoir que de son Père, en acceptant la voie douloureuse qui l’établira en Messie glorieux.

À chaque Eucharistie, le Seigneur ne demande qu’à nous nourrir du « Pain vivant descendu du ciel ». Il nourrit la foi ; il fait grandir l’espérance et nous donne la force d’aimer. Puissions-nous, tout au long de ce Carême à avoir toujours faim du Christ, seul Pain vivant, et de toute parole qui sort de sa bouche.

Télécharger : 1er dimanche du Carême

Sources : Revue Feu Nouveau, Pensées sur l’Évangile de Matthieu (Christoph Schonborn), François selon saint Matthieu, Vivre la messe du dimanche 2020, plaquettes du Carême, dossiers personnels…

« Retire-toi… ferme ta porte… »

Textes bibliques : Lire

Chaque année, le mercredi des Cendres marque le début du Carême. Pour les plus anciens, cette période évoque le temps des légumes à l’eau. Ils gardent le souvenir des liturgies quelque peu austères et des homélies parfois moroses. Pour les générations actuelles, le Carême évoque le bol de riz, l’action de solidarité, le souci du Tiers-monde. Il est heureux que nos paroisses s’engagent dans cette voie.

Oui, bien sûr, tout cela fait partie du Carême. Mais ce ne sont que des moyens. Le but du Carême est à chercher ailleurs. Le but de ces quarante jours c’est de nous débarrasser de tout ce qui nous encombre, à l’extérieur comme à l’intérieur de nous. Nous nous en libérons pour n’avoir plus dans le cœur que l’essentiel : Jésus mort et ressuscité.

Parmi les moyens qui conduisent à ce but, l’Évangile nous en donne un qui est décisif. Tout d’abord celui de l’isolement : « Retire-toi… ferme ta porte… » Pour se rendre plus proche de Dieu, il faut s’éloigner de bruits extérieurs. Nous ne pourrons vraiment rencontrer et contempler Dieu que dans l’intimité. C’est ce qui se passe dans un couple : pour se retrouver en vérité, il a parfois besoin de s’isoler de ses enfants et de ses amis.

Pendant ce Carême et tout au long de notre vie, c’est le Seigneur lui-même qui nous appelle : « Revenez à moi de tout votre cœur… » Il voit bien que trop souvent, nous sommes loin de lui. C’est ce qui se passe quand nous organisons notre vie en dehors de lui, sans tenir compte de lui. Dieu voit tout cela et il en souffre. Il souffre de nous voir nous engager sur des chemins de perdition. Il ne pense qu’à chercher et sauver ceux qui vont à leur perte.

« Revenez à moi de tout votre cœur… » C’est une supplication pressante de Dieu. Il est encore temps de nous engager, de faire un retournement à 180 degrés. Nous prenons conscience de notre péché et de nos responsabilités. Il ne s’agit pas de nous y complaire ni de nous enfoncer dans la culpabilité. L’essentiel c’est de poser notre regard sur Dieu « car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment ». Dieu n’est pas là pour nous punir mais pour nous sauver et nous combler de ses bienfaits.

Le Carême n’est donc pas le temps du manque. C’est au contraire celui des retrouvailles ; on s’écarte du superflu qui encombre ; on délaisse les bagages qui embarrassent ; on se retrouve tel qu’on est devant le Christ tel qu’il est. Il est là pour nous combler de son amour. Ce temps du Carême nous est donné pour redécouvrir cette tendresse et cette miséricorde de Dieu. « Là où le péché a abondé, la grâce (l’amour a surabondé… »(Rm 5, 20)

Plusieurs moyens nous sont proposés pour nous aider à revenir vers Dieu : Tout d’abord revenir à la Parole de Dieu ; nous découvrirons des textes d’Évangile, les tentations de Jésus au désert, la Transfigurations. Le Carême est là pour nous rappeler que « l’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». N’oublions jamais que les paroles du Christ sont celles « de la vie éternelle ».

Le Carême est un temps pour ensoleiller notre relation à notre Père et à nos frères. Concrètement, si nous jeûnons, si nous prions, si nous faisons l’aumône, ce n’est pas pour être vus des hommes ; c’est parce que nous avons découvert un trésor bien plus grand. Ce trésor, c’est Dieu lui-même, c’est son amour gratuit. Ce qui fait la valeur de la prière, de l’aumône et du jeûne, c’est l’amour que nous y mettons. « L’aumône ouvre le cœur et les mains vers l’autre ; la prière dirige le cœur et les mains vers Dieu ; le jeûne nous aide à ne penser qu’à Dieu et à tendre nos mains vers nos frères. » (Extrait de Prions en Eglise) L’idéal serait que, durant ce carême, nous posions chaque jour un acte que seul notre Père du ciel connaîtra.

Vivons ce carême comme une marche joyeuse vers la vie et vers Pâques. Car c’est vrai, il s’agit véritablement d’un temps de joie. Seul le péché est triste. Mais ces quarante jours nous sont offerts pour nous bruler au feu de l’amour de Dieu. Nous t’en prions Seigneur : que ce temps de conversion nous tourne d’avantage vers toi et vers le service des hommes. Amen

Télécharger : Mercredi des Cendres

Sources : Brèves homélies et prières d’Évangile (Michel Wackenheim) – Cinq minutes pour Dieu Carême 2020 – Dossiers personnels.

 

Être comme Dieu

Textes bibliques : Lire

Quand nous lisons la Bible, l’Ancien et le Nouveau Testament, nous découvrons un Dieu qui a vu la misère de son peuple et qui veut le sauver. Il fait sans cesse le premier pas vers nous. Dans les lectures bibliques de ce jour, il nous montre la réponse qu’il attend de nous : « Soyez saints car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. » C’est un ordre que Dieu nous donne ; nous sommes tous appelés à la sainteté. Cela signifie que nous devons rejeter toute pensée d’orgueil et de haine. En Dieu, il n’y a pas de place pour la vengeance ni pour la rancune. Notre Dieu est amour. C’est à cela que nous sommes tous appelés.

En ce qui nous concerne, nous voyons bien que nous sommes loin du compte. Nous retombons souvent dans les mêmes péchés ; nous avons du mal à faire la paix avec celui qui nous a blessés. Mais le Seigneur est là pour nous relever et nous aider à avancer. Le pape François nous dit que Dieu ne se lasse jamais de nous pardonner. Il nous appelle tous à la sainteté qui n’est qu’amour et douceur. Cela nous paraît sans doute bien difficile. Le problème c’est que nous sommes souvent des hommes de peu de foi. Mais avec des moyens très pauvres, le Seigneur est capable de réaliser des merveilles.

Dans la seconde lecture, saint Paul s’adresse à des chrétiens qui n’avaient pas compris. Si nous regardons de près, nous constatons que sa lettre est très polémique : il y avait beaucoup de divisions dans la communauté des corinthiens. C’est pour répondre à ces problèmes qu’il leur écrit cette lettre. Il leur rappelle (et nous rappelle) que nous sommes « le temple de Dieu ». Et puisque Dieu est amour, on peut dire que nous sommes le « temple de l’amour ». Si nous sommes habités par cette présence de Dieu, cela change tout dans notre vie. Cet amour que nous recevons de lui va nous rendre de plus en plus semblables à lui. Il va chasser la haine, la rancune, la violence et toutes les formes de méchanceté ; c’est un amour qui ira jusqu’au pardon. C’est à cela que nous serons reconnus comme disciples du Christ.

Dans l’Évangile, nous entendons Jésus s’adresser à des disciples rassemblés autour de lui sur la montagne. Il leur rappelle le commandement de l’ancienne alliance : « vous avez appris qu’il a été dit : Œil pour œil, dent pour dent… » À l’époque c’était déjà un progrès considérable par rapport à la vengeance sans mesure. Dieu voulait apprendre à son peuple à limiter la vengeance : une seule dent et pas toute la mâchoire. Nous vivons dans un monde qui souffre de l’escalade de la violence et de la haine. Tous les jours, on nous parle de guerres et d’attentats terroristes. Comment aimer ceux qui nous persécutent et nous font souffrir ?

Et pourtant, si nous voulons ressembler à Dieu, il y a une nouvelle étape à franchir : limiter la vengeance, c’est un progrès. Mais dans son discours sur la montagne, Jésus nous invite à faire un pas de plus : si nous voulons vraiment ressembler à notre Père des cieux, nous devons nous interdire toute riposte, toute vengeance et toute haine. E n’est pas une morale que Jésus nous enseigne, ni une leçon de savoir vivre. Le plus important c’est de découvrir qui est Dieu et de nous laisser transformer par son amour.

En fait, nous avons souvent la tête dure ; nous nous faisons des fausses images de Dieu ; nous avons du mal à croire qu’il n’est qu’amour. Et pourtant, Jésus nous le dit d’une manière très claire : « Dieu fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants et tomber sa pluie sur les justes et sur les injustes. » À l’époque, le soleil et la pluie étaient considérés comme des bénédictions de Dieu. Être comme Dieu c’est accueillir cet amour universel qui est en lui pour le rayonner et le communiquer autour de nous.

Cet Évangile nous rejoint dans un monde difficile : aimer nos ennemis, prier pour ceux qui nous persécutent, c’est bien ce qui nous est demandé; c’est sur ce chemin que le Christ s’est engagé ; ils sont nombreux ceux et celles qui l’ont suivi jusqu’au bout : ils ont pardonné, ils ont prié pour ceux qui les persécutaient ; ils ont été des artisans de paix et de réconciliation. En ce jour, nous prenons le temps de la prière pour puiser à la source de Celui qui est l’Amour.

Nous chantons quelquefois : « Qu’il est formidable d’aimer ! » Mais par expérience nous savons que nous pourrions tout aussi bien chanter : « Qu’il est difficile d’aimer », surtout aimer à la façon de l’Évangile. Cette Eucharistie que nous allons célébrer vient nous redire tout l’amour du Christ pour nous. Qu’elle nous aide à demeurer dans cet amour et à en vivre chaque jour. Oui, Seigneur, « fais de nous des artisans de paix, des bâtisseurs d’amour ».

Télécharger : 7ème dimanche du Temps ordinaire

Sources : Revue Feu Nouveau, Homélies de l’année A (Simon Faivre), François selon Saint Matthieu, C’est dimanche (Emmanuel Oré), Missel du dimanche, les Cahiers Prions en Église.

« Un cœur pur… »

Textes bibliques : Lire

Les textes bibliques de ce dimanche nous parlent d’un Dieu qui a vu la misère de son peuple. Cette misère c’est celle qui vient du péché, de l’égoïsme et des divisions. Le grand projet de Dieu c’est de nous en libérer. Toute la Bible nous dit qu’il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus.

Pour accomplir cette œuvre de salut, il nous propose plusieurs étapes. Dans un premier temps, il nous donne des règles, des commandements qui nous aideront à vivre en harmonie. Quand on vit en société, il est important de se respecter les uns les autres. On ne peut pas faire n’importe quoi. La première lecture nous dit que nous avons à choisir : d’un côté, la vie qui résulte de l’observation des commandements ; de l’autre, la mort qui est la sanction de l’orgueil. Le Seigneur veut nous libérer de tout ce qui détruit notre vie. Il nous invite à accueillir ses paroles qui sont celles « de la vie éternelle ».

Dans la seconde lecture, saint Paul s’adresse à des chrétiens venus du monde païen. Ils ont accueilli le message de l’Évangile. Mais aujourd’hui, il les invite à vraiment faire « le choix de Dieu ». Pour nous en parler, il n’utilise pas la prétendue « sagesse de ceux qui dirigent le monde », ceux-là même qui ont commis l’infâme injustice de crucifier « le Seigneur de gloire ». « Ce qui est folie aux yeux des hommes est sagesse aux yeux de Dieu ». C’est dans cette sagesse de Dieu que nous trouvons la vraie vie. L’Esprit Saint fait de nous des adultes dans la foi. Il nous aide à aller à contre-courant de la mentalité du monde et à vraiment entrer dans le projet de Dieu.

Dans l’Évangile, Jésus revient sur la loi qui a été transmise par Dieu aux anciens. C’était un minimum indispensable à la vie en société : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas tromper… Pour Jésus, il est hors de question de supprimer ces acquis ; bien au contraire, il invite ses disciples et chacun de nous à aller encore plus loin. C’est comme dans une famille, la pratique scrupuleuse d’un règlement interne ne suffit pas à la rendre heureuse : il lui faut de la solidarité, de l’accueil, du partage et surtout de l’amour.

Pour se faire comprendre, Jésus entre dans le concret de la vie des gens : « Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre… Eh bien, moi je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal ». Jésus nous rappelle ainsi que des paroles peuvent tuer : les calomnies, le harcèlement, les propos racistes sont un poison qui cause des dégâts importants. De même les médisances qui tuent la renommée des personnes. Aujourd’hui, Jésus nous propose la perfection de l’amour. Si nous refusons de faire la paix avec notre prochain, nous ne pouvons pas dire que nous aimons Dieu. Avant de manifester notre dévotion dans la prière, nous sommes invités à nous réconcilier avec lui.

Ce que Jésus attend de nous, c’est une vie remplie d’amour : « Soyez parfaits comme votre Père est parfait ». C’est ce que Jésus a vécu jusqu’au bout : il a pardonné à Zachée ; il n’a pas jeté la pierre à la femme adultère, mais il lui a donné la force de poursuivre sa route ; il a pardonné à Pierre qui venait de le renier. De nombreuses paraboles nous disent encore ce qu’est le véritable amour : nous connaissons celle de la brebis perdue et celle du fils prodigue. C’est cet amour qui doit transparaître dans nos vies.

Voilà ce chemin de conversion que Jésus nous propose. Le pape François nous dit qu’on ne doit pas louer Dieu avec la même langue qui insulte notre frère. Cela ne se fait pas. Si nous voulons louer Dieu, nous devons tout faire pour nous mettre d’accord entre nous. Nous demandons au Seigneur qu’il nous aide à sortir de nos rancunes et de notre rigidité. Nous ne pouvons pas vivre en enfants de Dieu sans vivre ensemble comme des frères. Ce qui fera la valeur de notre vie c’est la qualité de notre amour pour tous ceux et celles qui nous entourent. C’est à cela que nous serons jugés.

En lisant cet Évangile, nous reconnaissons que nous sommes tous plus ou moins coupables. Or pour entrer dans le Royaume de Dieu, il faut avoir un cœur parfaitement pur. Rien d’impur ne peut vivre en présence de Dieu. Nous ne pouvons pas parvenir à cette pureté avec nos pauvres moyens humains. Mais avec Dieu, tout est possible : Nous sommes invités à nous ouvrir à lui en priant souvent, en aimant beaucoup, en recevant le sacrement du pardon et en participant à l’Eucharistie. Si nous nous engageons sur ce chemin de conversion, Dieu nous purifiera ; alors nous serons ces cœurs purs qui voient Dieu. Dieu sera en nous et nous en lui.

Télécharger : 6ème dimanche du temps ordinaire

Sources : Revues Feu Nouveau, Fiches dominicales, Cahier Prions en Église, Parole pour chaque jour – Guide Emmaüs des dimanches et Fêtes (JP. Bagot) – Pape François – dossiers personnels

 

Dimanche de la santé

Textes bibliques : Lire

Les textes bibliques de ce dimanche nous parlent d’un Dieu qui nous guide vers la vraie lumière. Le prophète Isaïe s’adresse à des gens de bonne foi qui cherchaient à plaire à Dieu. On pensait que Dieu attend de somptueuses cérémonies et les meilleurs fruits de la terre.

Mais le vrai Dieu n’est pas ainsi. Son bonheur c’est de voir que le droit et la justice animent les relations entre nous. Sa grande joie c’est que nous vivions ensemble comme des frères. Notre attention doit se porter vers les plus faibles et les plus pauvres : « Partage ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi les pauvres sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable. » Notre Dieu nous envoie vers les autres, vers les personnes malades, celles qui vivent et meurent dans la solitude. Nous ne pouvons pas aimer Dieu sans aimer notre prochain.

C’est de cet amour passionné que témoigne l’apôtre saint Paul. Son message n’a rien à voir avec la sagesse des hommes. Il n’a rien d’un tribun éloquent. Il n’a aucun don pour manier les foules. Mais si son ministère porte du fruit, c’est grâce à l’action du Christ. C’est lui qui agit dans le cœur de ceux et celles qui entendent sa parole. Ce qui nous est demandé comme à Paul, c’est de nous effacer devant celui que nous annonçons.

Dans l’Évangile, nous voyons des disciples rassemblés autour de Jésus sur la montagne. Il leur annonce qu’ils sont « le sel de la terre… la lumière du monde ». Cela nous surprend quand nous pensons à ces pauvres gens qu’il avait devant lui quand il prononçait ces paroles. C’étaient des pécheurs, des gens simples qui ne connaissaient pas les Écritures. Mais Jésus les regarde avec les yeux de Dieu. Il vient de proclamer les béatitudes : « Heureux les pauvres en esprit… Heureux les doux… Heureux les cœurs purs… les miséricordieux… » Ils sont heureux parce qu’ils sont entièrement réceptifs au don de Dieu. C’est en nous ajustant à ces béatitudes que nous deviendrons « le sel de la terre » et « la lumière du monde ».

Comprenons bien : le sel et la lumière n’existent pas pour eux-mêmes : ils sont des révélateurs. Par sa saveur, le sel sert à donner du goût aux aliments. La lumière met en valeur les choses et les êtres. À l’image du sel et de la lumière, la vocation chrétienne consiste à révéler aux hommes la beauté et la saveur de leur vie. Il ne s’agit pas d’en mettre plein la vue. Le plus important, ce n’est pas nous mais celui que nous voulons révéler.

Pour nous, disciples du Christ, être le sel de la terre et la lumière du monde, c’est de mettre en pratique l’Évangile des béatitudes, c’est de vivre selon l’esprit des béatitudes, c’est d’accepter de vivre selon des valeurs d’humilité, de douceur, de pureté et de justice, c’est être artisan de paix dans le monde qui nous entoure, en famille, au travail et dans la société, c’est vivre en Église comme dans une communauté d’accueil et de partage.

Nous chrétiens baptisés, nous sommes engagés pour être disciples et missionnaires. Nous suivons le Christ pour nous imprégner de son amour et de sa Parole. C’est avec lui (et seulement avec lui) que nous pourrons être le sel de la terre et la lumière du monde. En donnant de la saveur aux différents milieux, nous serons comme le sel qui les défend contre la corruption, nous apporterons la Lumière du Christ par le témoignage d’une charité authentique. En ce dimanche de la santé, nous pensons à tous les soignants qui se dévouent auprès des malades et à ceux qui vont les visiter. Les aumôneries ont le souci d’assurer cette présence d’Église dans les hôpitaux et les maisons de retraite.

Notre mission à tous, c’est d’accueillir cette lumière qui est un cadeau de Dieu et de la communiquer à tous ceux et celles qui nous entourent. C’est toute la communauté qui est appelée par Jésus à devenir « Lumière des peuples ». Être le sel de la terre c’est un don de Dieu qui rend le disciple capable de redonner de la saveur à ceux et celles qui ont faim de bonheur, faim d’être aimés. Nous sommes appelés à nous engager activement dans des actions de salut, de libération et de défense des pauvres.

Tout cela ne sera possible que si nous sommes « avec » Jésus. Dans l’Évangile de ce jour, il s’adresse à des disciples rassemblés autour de lui. Et quand il appelle les Douze, c’est pour qu’ils soient avec lui. En dehors de lui, rien n’est possible. En venant à l’Eucharistie, nous sommes accueillis par Celui qui est « La Lumière du monde ».

C’est en nous laissant transformer par lui que nous pourrons être lumières auprès de ceux et celles qu’il met sur notre route. Il nous envoie pour apporter le réconfort de notre présence aimante auprès de ceux qui ont mal. Alors en ce dimanche de la santé, nous lui redisons : Ouvre nos yeux et nos cœurs, libère-nous de nos égoïsmes car c’est en aimant comme toi et avec toi que nous pourrons être fidèles à ta parole. Amen.

Télécharger : 5ème dimanche du Temps ordinaire

Sources : revue Feu Nouveau – l’intelligence des Écritures (Marie Noëlle Thabut), François selon Saint Matthieu, plaquette du dimanche de la santé