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Textes bibliques : Lire

Les jours et les semaines passent et notre marche vers Pâques se fait plus précise. Les textes de ce dimanche nous invitent à accueillir Dieu qui veut libérer son peuple. Cette libération doit passer par un engagement résolu sur le chemin de la conversion. Pour nous faire comprendre combien c’est important, Jésus part des événements qui ont frappé les esprits.

L’Évangile nous parle des gens qui viennent à Jésus pour lui parler des Galiléens que Pilate avait fait massacrer pendant qu’ils offraient un sacrifice. Leur sang avait été mêlé à celui des animaux, ce qui était l’injure suprême ; alors on s’interroge : comment expliquer un sort si horrible ? Beaucoup pensent que c’est un châtiment d Dieu. Ils en déduisent que s’ils sont épargnés, c’est qu’ils sont irréprochables.

Aujourd’hui, Jésus réagit très fermement contre cette manière de voir. Il rappelle que les malheurs qui s’abattent sur le monde et sur les hommes ne viennent pas de Dieu. Il n’y a aucun lien entre la souffrance et le péché. Un autre jour, on posera à Jésus la même question au sujet de l’aveugle-né : « Qui a péché pour qu’il soit né ainsi, lui ou ses parents? » Et Jésus répondra : « Ni lui, ni ses parents. » Tout l’Évangile nous dit et nous redit inlassablement que Dieu est amour. Il n’est surtout pas un justicier sans cœur.

Mais aujourd’hui, Jésus nous met en garde : « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même ». Ce n’est pas notre péché qui entraîne notre condamnation mais notre refus de nous convertir. Ce n’est pas Dieu qui va nous faire périr, c’est nous qui allons à notre perte. C’est pour cela que le Christ nous recommande de ne pas remettre notre conversion à demain. La mort peut arriver d’une manière imprévue. Le danger le plus grave, c’est celui de la mort éternelle qui sépare définitivement l’homme de Dieu.

Chacun de nous est donc invité à se convertir, à changer de comportement et à se détourner de ses péchés. Tout au long de ce carême, nous entendons cet appel à revenir vers le Seigneur. Cette conversion passe aussi par une plus grande attention aux autres, en particulier aux plus démunis. Le CCFD Terre Solidaire nous invite devenir des « semeurs de justice ». Ce temps du Carême nous est donné pour nous libérer de tous nos égoïsmes. Ce qui fait la valeur d’une vie, ce n’est pas ce que nous possédons mais ce que nous sommes, c’est notre accueil, notre partage, notre amour. À travers le plus petit de nos frères, c’est Jésus qui est là.

Dans la seconde lecture, l’apôtre Paul nous présente un autre aspect de cette conversion que Dieu attend de nous : il nous invite à une relecture des événements de l’Exode ; Dieu était là pour libérer son peuple de l’esclavage du péché. Beaucoup sont morts parce qu’ils s’étaient écartés de Dieu. Cette lecture vient nous rappeler une fois de plus que le Carême est un temps de conversion, un temps qui nous invite à rester bien accrochés à ce rocher qu’est le Christ.

Le livre de l’Exode (1ère lecture) nous annonce une bonne nouvelle. Il nous parle la rencontre de Moïse avec Dieu. Moïse se trouve devant ce buisson qui brule mais qui ne se consume pas. Ce buisson c’est le symbole de Dieu. Moïse découvre que Dieu est un feu ardent. Plus tard, saint Jean dira que « Dieu est amour ». Cet amour est un feu qui ne se consume pas car il est éternel. Il va en priorité vers les pauvres, ceux qui sont opprimés et exploités : « J’ai vu la misère de mon peuple… Je connais ses souffrances. » Le vrai Dieu est avec tous ceux qui sont opprimés et réduits à la misère. Il est avec eux pour les délivrer. Mais il ne veut pas le faire sans nous.

Le CCFD Terre Solidaire nous donne l’occasion de concrétiser ce chemin de conversion. Aujourd’hui comme autrefois, Dieu voit la misère de son peuple. La spéculation affame les plus pauvres. L’accaparement des terres est phénomène très fort dans de nombreux pays et il y fait de nombreuses victimes. Tout cela, Dieu le voit. Et comme pour Moïse, il voit aussi notre capacité à réagir contre l’injustice et l’esclavage. La conversion à laquelle Jésus nous appelle suppose un retournement profond. C’est à ce prix que ns nous pourrons « donner du fruit à l’avenir, un avenir plus juste ».

Tout au long de ce Carême, nous accueillons cet appel à nous convertir. Nous faisons nôtre la prière du psaume 94 : « Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur. »

Télécharger : 3ème dimanche du Carême

Sources : Revue Feu Nouveau – Missel des dimanches 2019 – Homélies pour l’année C (Amédée Brunot) – Documents du CCFD Terre Solidaire.

Le Dieu de l’alliance

Textes bibliques : Lire

Quand nous parlons du Carême, nous pensons souvent sacrifices, renoncements, privations. En fait, les lectures bibliques de ce dimanche nous invitent à regarder plus loin et plus haut ; c’est toute notre destinée éternelle qui nous est rappelée en ce jour ; c’est ce qui apparaît dans la promesse faite à Abraham (1ère lecture), dans les encouragements de saint Paul aux chrétiens de Philippe (2ème lecture) et dans l’Évangile de la Transfiguration.

La 1ère lecture a pu nous paraître un peu déroutante ; en fait, elle évoque des pratiques très connues dans le Proche Orient : quand deux hommes ou deux groupes faisaient alliance, ils utilisaient ce rituel. Ici, c’est Dieu qui fait alliance avec Abraham : « Tu as répondu à mon appel, tu as quitté ton pays, ton confort, tu m’as fait confiance… » Et Dieu lui promet une nombreuse descendance ; il lui promet d’être toujours avec lui. Comme Abraham, nous sommes tous invités à regarder plus loin que notre petit horizon. Dieu veut nous conduire vers son Royaume. Et il attend de nous que nous devenions des semeurs de fraternité.

C’est cette bonne nouvelle que l’apôtre saint Paul nous rappelle dans sa lettre aux Philippiens. Le but de notre vie n’est pas sur cette terre. Nous sommes « citoyens du ciel ». Nos pauvres corps sont destinés à être transformés à l’image du « Corps glorieux » de Jésus. Le Carême nous donne l’occasion de nous détourner de nos préoccupations mondaines et de nous attacher au Christ. Aujourd’hui, l’apôtre dénonce « ceux qui se conduisent en ennemis de la croix du Christ. Nous chrétiens, nous savons que nous sommes sauvés par le Christ seul. Nous attendons de partager sa résurrection. C’est en ce sens que nous sommes « citoyens du ciel.

L’Évangile nous montre Jésus qui prend trois de ses disciples sur la montagne pour prier. « Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante. Ainsi, les disciples de Jésus découvrent que sa prière devient « transfigurante » ; c’est aussi vrai pour chacun de nous. Elle nous aide à sortir de nous-mêmes et à nous ajuster à Dieu. Ce contact permanent avec lui ne peut que nous transformer. Il s’agit pour nous d’accueillir l’amour qui est en Dieu pour qu’il rayonne et soit communiqué autour de nous.

Sur la montagne, Jésus n’est pas seul : deux hommes s’entretiennent avec lui, Moïse et Élie qui ont été les grands acteurs de l’alliance de Dieu avec les hommes. Tous trois « parlaient ensemble de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem ». C’est là que Jésus sera arrêté, condamné et mis à mort sur une croix. Pour les disciples, ce sera une épreuve très douloureuse.

Mais pour raviver leur foi, Jésus leur laisse entrevoir la gloire qui sera la sienne lors de sa résurrection. Au-delà de nos souffrances et de nos épreuves, c’est à cette gloire que nous sommes tous appelés par Dieu lui-même. En ce dimanche et tout au long du Carême la voix du Père est là : « Celui-ci st mon Fils, écoutez-le ». Aujourd’hui, vous voyez son visage transfiguré ; un jour, vous le verrez défiguré par la haine, la violence et les scandales de toutes sortes. Mais le mal n’aura pas le dernier mot. C’est l’amour qui triomphera. Nous sommes tous appelés à participer à la victoire du Christ ressuscité.

Voilà cet appel du Père. La réponse que nous donnerons nous transfigurera si elle répond au désir de Dieu. Toutes nos actions du Carême participent à ce vaste mouvement de transfiguration. Cela peut se manifester par de nouvelles formes de jeûne, de partage et de solidarité. En ce temps du Carême, le CCFD Terre Solidaire nous rappelle que 821 millions de personnes ne mangent pas à leur faim. À travers eux, c’est le Seigneur qui est là et qui nous interpelle. Comme Abraham, comme Paul et comme les disciples, nous sommes invités à sortir de nous-mêmes et à ÉCOUTER la voix du Père. C’est la condition requise pour notre transfiguration.

Mais n’oublions pas que pour nous comme pour Jésus, tout doit commencer dans la prière. L’Eucharistie que nous célébrons est « source et sommet de toute vie chrétienne ». Qu’elle nous envoie vers une transfiguration de la vie concrète que nous allons trouver « en descendant de la montagne ».

Télécharger : 2ème dimanche du Carême

Sources : Revue Feu Nouveau – Homélies Année C (Amédée Brunot) – Missel communautaire des dimanches et fêtes – Ta Parole est ma joie (Joseph Proux) – Documents du CCFD Terre Solidaire.

 

« Aller au désert avec le Christ »

Textes bibliques : Lire

Depuis mercredi dernier, nous sommes entrés dans le temps du Carême. Cette période qui dure quarante jours nous prépare à la grande fête de Pâques. Ce sera pour nous l’occasion de retrouver les vraies priorités de notre vie chrétienne. Nous reconnaissons que bien souvent, nous nous sommes détournés du Seigneur et qu’il n’est pas toujours notre priorité. Nous avons trop souvent organisé notre vie en dehors de lui. Alors il est là pour nous dire et nous redire : « Revenez à moi de tout votre cœur ! » Le Carême c’est précisément ce temps privilégié qui nous est donné pour revenir vers le Seigneur ; il est urgent de le remettre au centre de notre vie. Continuer la lecture de

« Aller au désert avec le Christ »

Discernement et humilité

Textes bibliques : Lire

Les textes bibliques de ce dimanche nous invitent au discernement et à l’humilité. La première lecture nous parle du tamis qui filtre les déchets. Nous aussi, nous avons un tri à faire dans notre vie. Pensons à tous ces bavardages futiles, ces publicités tapageuses, ces slogans que nous entendons à longueur de journée. Tout cela nous empêche d’y voir clair dans notre vie. Certaines paroles révèlent l’étroitesse d’esprit de celui qui les prononce. La première lecture nous recommande de ne pas faire l’éloge de quelqu’un avant qu’il ait parlé. Ses propos peuvent révéler le meilleur ou le pire.

Dans l’Évangile de ce jour, le Christ nous invite à faire un pas de plus. Il nous rappelle que nous risquons d’être disqualifiés si nous ne mettons pas notre vie en accord avec l’Évangile. Ceux qui ont la charge de guider les autres doivent impérativement imiter leur Maître ; ils doivent se laisser former par lui. S’ils ne le font pas, ils seront comme des aveugles qui prétendent guider d’autres aveugles. C’est un appel pour nous à nous mettre chaque jour à l’écoute de l’Évangile et à nous en imprégner.

Aujourd’hui, le Christ insiste sur le regard que nous portons sur les autres, en particulier sur nos frères. Nous voyons plus facilement leurs défauts que leurs qualités. Ces défauts, il faut vivre avec, et ce n’est pas drôle. Nous voudrions aider notre frère à se corriger. Mais nous oublions que nous sommes mal placés pour le faire. Car nous aussi, nous avons nos défauts. Nous sommes souvent comme cet homme qui voudrait enlever la paille qui est dans l’œil de son frère. Mais il ne remarque pas qu’il y a une poutre dans le sien. Nous avons trop tendance à juger sévèrement les autres et à être conciliants envers nous-mêmes. Les torts des autres, leurs faux pas, leurs mensonges, nous les voyons facilement.

Mais le Christ nous met en garde. Il se pourrait que nous voyions mal et que notre jugement soit faussé. C’est vrai, il y a des défauts dans celui ou celle que nous jugeons. Mais nous oublions qu’il y en a tout autant en nous-mêmes. Mais ces défauts qui sont en nous, nous ne les voyons pas, nous ne voulons pas les voir, nous n’avons pas le courage de les voir. Nous pensons que ce n’est qu’une paille alors que c’est une belle et grosse poutre.

Cet Évangile nous invite à changer notre regard sur les autres et sur nous-mêmes. Juger les autres, c’est de l’hypocrisie, c’est vouloir se mettre à la place de Dieu. Nous sommes trop mal placés pour le faire. Le jugement appartient à Dieu seul. À notre jugement, il manque la miséricorde.

Pour comprendre cet Évangile, c’est vers le Christ qu’il nous faut regarder. Tout au long de sa vie, il a accueilli les publicains, les pécheurs et les infréquentables de toutes sortes. Il aurait pu leur reprocher leur mauvaise vie et les rejeter. Mais lui-même nous dit qu’il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Et quand l’un d’entre eux revient vers le Père, Jésus nous dit que c’est jour de fête chez les anges de Dieu.

Cet Évangile rejoint notre Église dans ce qu’elle vit actuellement. Tout au long des siècles, elle a connu des crises très graves, des hérésies, des abus, des contre-témoignages de toutes sortes. Mais le Seigneur a toujours mis sur sa route les personnes qu’il fallait pour l’aider à se remettre en accord avec l’Évangile. Dans les moments dramatiques, des grands témoins de la foi ont donné le meilleur d’eux-mêmes. À travers eux, c’est l’appel du Seigneur qui retentissait : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile ! » Nous chrétiens d’aujourd’hui, nous sommes envoyés non pour dénoncer ou accuser mais pour être les témoins et les messagers de l’Évangile auprès de tous ceux et celles qui nous entourent. Le Seigneur nous assure de sa présence. Nous pouvons toujours compter sur lui, même dans les situations les plus désespérées.

Dans sa lettre aux Corinthiens, saint Paul nous parle précisément de la victoire du Christ sur la mort et le péché. Cette victoire est double : Premièrement, par sa mort qui nous sauve, il nous réconcilie avec Dieu : grâce à lui, la mort peut devenir entre nos mains un acte de total abandon à l’amour du Père ; tout l’Évangile nous dit et nous redit que cet amour est bien plus grand que tous nos péchés. Deuxièmement, par sa résurrection, le Christ est le gage de notre propre résurrection. C’est à cette victoire sur la mort et le péché qu’il veut nous associer.

En nous rassemblant pour l’Eucharistie, nous nous tournons vers Celui qui est la Lumière du monde. C’est cette lumière de l’Évangile que nous voulons accueillir en nous. Le Christ veut qu’elle brille aux yeux du monde afin que les hommes rendent gloire à Dieu. Nous lui demandons qu’il soit toujours avec nous et nous toujours avec lui pour cette mission qu’il nous confie.

Télécharger : 8ème dimanche tu temps ordinaire

Sources : Revue Feu Nouveau – Pape François – Missel des dimanches et fêtes (Bayard) – Paroles pour la route (Jean-Yves Garneau) – Ta Parole est ma joie (Joseph Proux)

Mercredi des Cendres : Lire

« Humaniser le monde »

Textes bibliques : Lire

Les textes bibliques de ce dimanche nous montrent un chemin de conversion. Nous vivons dans un monde où beaucoup ne pensent qu’à se faire justice. Aujourd’hui, nous recevons des appels à refuser la vengeance et à faire miséricorde. C’est ce témoignage que nous trouvons dans la 1ère lecture. C’était au cours d’une guerre entre Saül et son concurrent David. Saül était devenu très jaloux et cherchait à l’éliminer. David aurait pu se venger mais il s’y est refusé. Il n’a pas voulu porter la main sur « celui qui a reçu l’onction du Seigneur ».

On ne peut qu’admirer cette noblesse de David. Alors qu’il ne connaissait pas la loi d’amour du Christ, il a eu le respect de son ennemi sans défense. Ce récit nous interpelle. Il nous montre qu’en refusant la vengeance, on brise le cycle de la violence. Et quand on parle de vengeance, il est important d’en voir les divers aspects : le mépris, l’ironie, la calomnie, l’indifférence. Tout commence par le regard que nous portons sur ceux et celles qui nous entourent. Si nous voulons un monde plus juste et plus fraternel, c’est par nous qu’il faut commencer.

L’Évangile que nous venons d’écouter nous montre le chemin. Il nous parle de miséricorde. C’est facile de juger et de critiquer. Mais si nous regardons notre vie, nous voyons bien que nous aussi, nous sommes des « pauvres pécheurs ». Nous sommes bien mal placés pour regarder ce qu’ont fait les autres. Nous ne devons jamais oublier que la mesure que nous utilisons pour eux servira aussi pour nous.

Pour comprendre ces recommandations de l’Évangile, c’est vers la croix du Christ qu’il nous faut regarder. Et il faut toujours se rappeler que l’Évangile c’est d’abord le livre de la miséricorde de Dieu. C’est en le lisant et en le relisant régulièrement, nous découvrons cette révélation : tout ce que Jésus a dit et accompli est une expression de cette miséricorde du Père. Il a accueilli les exclus, il a pardonné ; il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Il est venu nous combler de la surabondance de son amour, et tout cela sans mérite de notre part.

Mais tout n’a pas été écrit dans ce livre. L’Évangile de la miséricorde reste un livre ouvert ; il doit être rempli de tous les signes d’amour du Christ. Ces gestes concrets d’amour que nous sommes appelés à donner sont le meilleur témoignage de la miséricorde. C’est ainsi que nous deviendrons des témoins vivants de l’Évangile, des porteurs de la bonne nouvelle. C’est à notre amour que nous serons reconnus comme disciples du Christ. Comment parler de la miséricorde de Dieu si nous-mêmes nous ne pardonnons pas ?

« Son amour est de toujours à toujours » (psaume 117/118). C’est vrai, la miséricorde de Dieu est éternelle. Elle ne finit pas ; elle ne s’épuise pas ; elle ne se fatigue jamais ; elle nous apporte force et espérance dans les moments d’épreuves. Nous sommes certains que Dieu ne nous abandonne jamais. Nous devons le remercier pour ce si grand amour qu’il nous est impossible de comprendre : Dieu a oublié nos péchés, il les a pardonnés ; et aujourd’hui, il nous invite à en tirer les conséquences.

Pour cela, deux attitudes sont nécessaires : reconnaître nos propres torts et oublier les offenses des autres. Tout au long de sa vie et surtout au moment de sa Passion, Jésus n’a eu d’autre attitude que celle de l’amour et de la miséricorde. Avant de mourir, il a eu cette prière : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23, 34). Nous ne devons pas recevoir cet Évangile comme une simple leçon de morale. Ce que Jésus nous dit, il l’a vécu. Il attend de nous que nous ayons le même regard que lui, les mêmes sentiments et les mêmes gestes que lui à l’égard des bons et des méchants.

En lien avec cet Évangile, la liturgie nous propose un extrait de la 2ème lettre aux Corinthiens : Saint Paul nous y parle du premier et du dernier Adam. Le premier est pétri de terre ; il est charnel. Le second vient du ciel, il est spirituel. Entre les deux, la tension est grande. Devant un ennemi, le premier réagit avec force et violence : « œil pour œil, dent pour dent… » Mais nous sommes aussi frères et sœurs du second Adam, frères et sœurs du Christ ; Il fait habiter en nous son Esprit. C’est cet Esprit qui nous pousse à l’amour et nous et nous rend capables d’en vivre. Rendons-lui gloire et supplions-le pour nous et pour le monde entier. Nous faisons nôtre prière de ce chant : « Fais paraître ton jour et le temps de ta grâce ! Fais paraître ton jour, que l’homme soit sauvé ! »

Télécharger : 7ème dimanche du Temps ordinaire

Sources : Revues Feu nouveau et cahiers de prions en Église – Pape François – Missel des dimanches 2019 – Paroles pour la route (Jean Yves Garneau)

« Soif de bonheur »

Textes bibliques : Lire

Les textes bibliques de ce dimanche résument ce qu’il y a de plus important dans le christianisme. Toute repose sur la confiance que nous mettons en Jésus. Être chrétien c’est s’engager derrière lui. C’était déjà, bien avant Jésus, le message du prophète Jérémie : « Heureux l’homme qui met sa confiance dans le Seigneur ». En dehors de lui, nous tombons sur des chemins de perdition. Il nous faut recevoir cet appel du prophète comme un avertissement et un appel urgent à la conversion. C’est en nous appuyant sur Dieu que nous trouverons le vrai bonheur.

Avec l’apôtre Paul, nous faisons un pas de plus. Ce bonheur, nous le recevons de Jésus mort et ressuscité. Ils sont nombreux ceux qui refusent d’y croire ; et pourtant, c’est le fondement de notre foi : « Le Christ est, parmi les morts, le premier ressuscité, pour que le suivent tous ses frères humains » Il veut nous associer tous à sa victoire sur la mort et le péché.

Dans l’Évangile, Jésus nous montre le chemin du vrai bonheur. Son message n’est pas adressé à quelques personnes seulement mais à un auditoire extrêmement large. Il y avait là les « douze apôtres » mais aussi un grand nombre de ses disciples. Il y avait également une foule de gens venus de différentes régions. C’est une manière de rappeler que le message du Christ est offert à tous ceux et celles qui veulent être ses disciples. C’est aussi à chacun de nous qu’il est personnellement adressé.

En écoutant cet Évangile, nous avons pu remarquer que ce message du Christ se présente en deux volets : « Heureux vous les pauvres… Malheureux vous les riches… Heureux vous qui avez faim… Malheureux vous qui êtes repus… Heureux vous qui pleurez… Malheureux vous qui riez ». D’un côté, ceux à qui le bonheur est promis, de l’autre, ceux sur lesquels Jésus s’apitoie. Pauvres de vous qui êtes repus ; un jour viendra où vous manquerez des biens essentiels, de ce qui rassasie vraiment pour toujours.

Mais heureux êtes-vous, vous qui, aujourd’hui, êtes pauvres. Dieu s’occupe de vous : vous êtes ses privilégiés ; son Royaume est pour vous. Heureux êtes-vous, vous qui êtes pauvres, vous qui n’êtes pas emprisonnés dans vos richesses, vous qui vous tournez vers Dieu et qui l’implorez avec confiance ; il viendra vers vous ; il vous enrichira de sa vie et de sa paix. Il est important de lire ces béatitudes en pensant aux petites gens qui sont devenues disciples du Christ. Beaucoup vivent une existence souvent difficile à supporter. Jésus les invite à ne pas perdre courage. Lui-même veille sur eux et un jour viendra où il les comblera. Ils seront rassasiés ; ils sauteront de joie.

Ce bonheur dont Jésus nous parle est pour aujourd’hui. Le Royaume de Dieu qu’il promet, il est déjà venu l’instaurer. Il a donné des signes de sa présence en consolant, en guérissant et en libérant ceux qui étaient accablés par le malheur. Et il a invité ses disciples à faire de même. C’est important car la réalisation des béatitudes n’est pas de la seule responsabilité de Dieu et du Christ ; elle est aussi la nôtre. Nous avons tous la responsabilité de veiller sur les pauvres qui sont nos voisins mais aussi sur tous ceux du monde entier. Le Carême nous en donnera l’occasion.

Il nous appartient de rendre crédible cet Évangile des béatitudes. Quand nous croisons un mendiant en ville, nous pensons sans doute à la petite pièce qu’il attend. Mais ce qui est bien plus important, c’est la manière dont nous le regardons. Il a surtout besoin d’être reconnu dans sa dignité. Ce regard que nous portons sur lui doit dire quelque chose de celui du Christ, un regard plein d’amour. À travers lui, c’est Jésus lui-même qui est là. Tout ce que nous aurons fait a plus petit d’entre les siens, c’est à lui que nous l’aurons fait.

Nous sommes invités à accueillir ces textes bibliques comme un appel à la conversion, un appel à mettre toute notre vie en accord avec l’Évangile des béatitudes. C’est à l’amour et à la miséricorde que nous serons reconnus comme disciples du Christ. Nous le supplions : qu’il nous donne force et courage pour rester fidèles au témoignage qu’il attend de nous.

Sources : Revues Feu Nouveau et les Cahiers de Prions en Église – Missel communautaire (Michonneau) – Paroles pour la route (Jean Yves Garneau)

Télécharger en PDF : 6ème dimanche du Temps ordinaire

Appelés et envoyés

Textes bibliques : Lire

Dimanche dernier, nous avons entendu le récit de la vocation de Jérémie. Aujourd’hui, deux autres nous sont proposées, celle d’Isaïe (1ère lecture) et celle de l’apôtre Pierre dans l’Évangile selon saint Luc. D’un côté, Dieu se présente comme le Dieu trois fois saint ; de l’autre, c’est Jésus qui est monté tout simplement dans la barque de Pierre mais qui va se manifester comme le maître de la création.

De part et d’autre, on réagit un peu de la même manière : Isaïe et Pierre sont saisis d’effroi. Ils se mettent à craindre la proximité de Dieu dont ils reconnaissent la sainteté. Pierre voit en Jésus quelqu’un qui n’est pas de son monde et il l’appelle « Seigneur ». C’est ainsi qu’on a l’habitude de s’adresser au Dieu d’Israël. Mais Jésus rassure ces pêcheurs et il les appelle à le suivre. Alors ces hommes laissent tout et ils se mettent à marcher à sa suite. Ils lui font confiance.

Cet Évangile nous rejoint : aujourd’hui, le Christ monte dans ma barque. Il s’invite sur mon lieu de travail, dans ma maison, là où je vis. Il est là « au cœur de nos vies » et il compte sur notre accueil et notre réponse. Cette rencontre avec lui, nous pouvons la faire dans la prière mais aussi grâce à une rencontre, un témoignage qui nous a interpellés. Dieu s’arrange toujours pour mettre sur notre route les personnes qui nous aideront à avancer.

Dans l’Évangile de ce dimanche, nous voyons Pierre qui a peiné toute une nuit sans rien prendre. Comme lui, nous avons, nous aussi l’expérience de ces nuits pénibles. Face à l’échec, nous risquons de nous décourager. Mais le Seigneur est toujours là, et il ne cesse de nous redire : « Avance au large ! » Va vers celui qui est seul, malade ou dans la peine. « Avance en eau profonde ! » Cette eau profonde c’est l’abîme de l’accident, de la maladie, du handicap. Va vers les « périphéries », vers ceux et celles qui sont marginalisés, ceux et celles qui ne comptent pas aux yeux du monde. Il est urgent de leur faire savoir qu’ils ont la première place dans le cœur de Dieu.

Pour cette mission, Jésus n’appelle pas les plus doués ni les plus méritants. C’est ce que nous voyons avec Isaïe, Pierre, Jacques, Jean mais aussi Paul. Les uns et les autres reconnaissent le décalage entre ce qu’ils sont et la mission qui leur est confiée. Ils se reconnaissent indignes de parler de Dieu et en son nom. Mais Dieu leur révèle qu’ils sont aimés, pardonnés et envoyés. L’apôtre Paul reconnaît que la réussite de sa mission ne vient pas de lui-même mais de la grâce de Dieu.

Aujourd’hui, tous ceux qui sont appelés à l’annonce de l’Évangile font la même expérience que tous ces personnages, une expérience d’indignité et de peur ; et c’est tant mieux ; le contraire serait dangereux. Nous ne devons pas imaginer que c’est notre propre parole qui fait œuvre de conversion. Nous sommes envoyés pour dire et pour témoigner, mais le principal travail c’est Dieu qui le fait dans le cœur de ceux et celles qu’il met sur notre route. La foi dont nous témoignons se transmet sans que nous nous en rendions compte : c’est là l’œuvre de l’Esprit Saint.

Un dernier point sur cet Évangile : Pierre et ses compagnons ont répondu à l’appel de Jésus qui les invitait à avancer au large. Le résultat a été tellement extraordinaire qu’ils ont dû faire appel à leurs compagnons. Sans cela, la pêche miraculeuse aurait été perdue. C’est important pour ceux qui sont appelés à être « pêcheurs d’hommes ». Ils sont envoyés ensemble. Toute Évangélisation doit être communautaire. Saint Paul l’exprime très fort quand il se déclare en pleine communion avec les autres apôtres.

Nous voici donc appelés à être disciples et missionnaire, à suivre le Christ et à l’annoncer au monde. C’est ensemble, les uns avec les autres que nous avons à tirer les filets. Mais nous ne devons pas oublier que sans Jésus, ces filets resteront vides. Si nous abandonnons la prière et les sacrements, nos efforts resteront vains ; on va peiner des jours et des jours pour rien. Le Christ nous invite à nous raccrocher à lui et à accueillir la nourriture qu’il nous propose pour nourrir notre foi, notre espérance et notre amour. Lui-même nous assure de sa présence tous les jours de notre vie.

Sources : Revue Feu Nouveau – Missel des dimanches 2019 – Couleurs des dimanches et fêtes année C (Michel Souarnec)

Télécharger : 5ème dimanche du temps ordinaire

L’Esprit de Dieu repose sur moi

 Textes bibliques : Lire

Les textes bibliques de ce dimanche nous parlent de l’appel du Seigneur. La première lecture nous montre le prophète Jérémie qui est devenu son porte-parole. Il ne choisit pas le message qu’il transmet aux hommes de son temps. Il ne doit pas être un « prophète de cour » qui cherche à plaire. Sa mission c’est de transmettre les paroles de Dieu, même si elles ne plaisent pas. Il devra parler sans crainte, même au risque de sa vie. Il sera affronté à un environnement hostile. Mais Dieu lui promet de ne pas l’abandonner. Il est « Emmanuel », Dieu avec nous. C’est vrai aussi pour nous aujourd’hui. Nous pouvons toujours compter sur lui.

L’apôtre Paul a, lui aussi, été affronté à l’hostilité des gens. À plusieurs reprises, il a dû aller à contre-courant de la mentalité environnante. L’hymne à l’amour que nous lisons dans la 2ème lecture intervient dans une polémique sur les charismes. Chacun a tendance à considérer le sien comme supérieur à celui des autres. Il y a ceux qui parlent en langue, ceux qui sont prophètes, ceux qui ont la connaissance des mystères de Dieu… Mais le plus important c’est qu’ils soient animés par l’Esprit d’amour. Ce qui fait la valeur d’une vie, ce n’est pas d’accomplir des choses extraordinaires, c’est notre amour de tous les jours pour tous ceux et celles qui nous entourent. La haine, la violence, l’indifférence n’auront pas le dernier mot. C’est l’amour qui l’emportera.

Dans l’Évangile, nous retrouvons Jésus à la synagogue de Nazareth. C’est dans ce village qu’il a passé toute son enfance et qu’il a exercé son métier de charpentier. Tous le connaissent bien. C’est là qu’il va lire un extrait du livre d’Isaïe qui résume toute sa mission : « L’Esprit du Seigneur repose sur moi, il m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs la libération… annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur. » Et il ajoute : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »

Saint Luc précise que « tous lui rendaient témoignage ; et ils s’étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche. » Il arrive parfois que des homélies soient aussi remarquées ; des gens viennent dire au prêtre : « C’était une belle messe ; vous avez bien parlé ! » Mais l’admiration n’est pas la foi. Nous le voyons bien dans l’Évangile de ce jour : ce n’est pas parce qu’ils sont sous le charme de Jésus que ses auditeurs l’accueilleront dans la foi. Pour eux, il n’est que « le fils du charpentier ».

Jésus les interpelle : « Sûrement, vous allez me citer le dicton : Médecin, guéris-toi toi-même ; nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm : fais-le donc ici dans ton pays ! » Les habitants de Nazareth oublient qu’aucun miracle ne peut se faire sans la foi. Jésus n’a aucune intention de se faire passer pour un faiseur de miracle. Sa priorité est d’annoncer la bonne nouvelle aux pauvres, aux opprimés, aux prisonniers.

Cet Évangile nous invite à accueillir la révélation d’un Dieu qui est Père et qui prend soin de chacune de ses créatures. Aucune situation ne peut constituer un motif d’exclusion. Les plus petits ont la première place dans son cœur. Cette préférence ne concerne pas que les gens de son peuple. La veuve de Sarepta et Naaman le Syrien étaient des païens. Ils ont su accueillir le don de Dieu mieux que les gens de son peuple. Le vrai Dieu n’est pas celui de quelques-uns mais celui de tous. Il aime les païens, les incroyants, les pécheurs, les ingrats. Nous ne pouvons pas être en communion avec lui si nous n’entrons pas dans ce projet d’amour universel.

« Aujourd’hui, s’accomplit ce passage de l’Écriture ». Cet « aujourd’hui » proclamé par le Christ vaut pour tous les hommes de tous les temps. C’est aujourd’hui que la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres, aux exclus, à ceux qui sont oubliés. Il en est de même quand des familles ou des équipes d’aumônerie viennent visiter des malades à l’hôpital ou chez eux. Je pense aussi à tous ceux qui n’ont plus la force de prier. Mais ils savent qu’ils sont portés par la prière de toute la communauté chrétienne.

À travers tous ces gestes et ces prières des uns et des autres, c’est le Seigneur qui est là. Il nous tend la main pour nous relever. Il vient nous sortir du gouffre dans lequel nous étions tombés à cause de notre orgueil. Nous sommes tous invités à accueillir la vérité réconfortante de l’Évangile. Les auditeurs de Jésus l’ont refusé. Dans notre monde d’aujourd’hui, cela n’a guère changé. Nous voyons des gens s’installer bien confortablement dans leurs traditions et leurs certitudes. Ils n’acceptent pas d’être remis en question. Pendant ce temps, des gens qui étaient loin de la foi, se convertissent et se mettent en route à la suite du Christ. Plus que jamais, nous devons faire nôtre cette prière du psaume 94 : « Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur. »

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Sources : Revue Feu Nouveau – Paroles pour la route (Jean-Yves Garneau) – Pape François Selon Saint Luc – Dossiers personnels

Une Parole qui libère

Textes bibliques : Lire

Les textes bibliques de ce dimanche insistent très fortement sur l’importance de la Parole de Dieu dans la vie des croyants. Cette parole nous rejoint dans ce que nous vivons, y compris dans les situations les plus désespérées. C’est ce que nous découvrons en écoutant le livre de Néhémie (1ère lecture). Le peuple d’Israël revient de 50 ans d’exil sur une terre étrangère ; les repaires religieux se sont effondrés ; le temple de Jérusalem a été détruit. Les nations voisines sont toute puissantes et elles le font sentir. Alors, on se pose la question : Où est-il notre Dieu ?

Mais Dieu n’abandonne pas son peuple. Le prêtre Esdras l’invite à accueillir un message d’espérance : d’accord, il n’y a plus de temple. Alors, on se rassemble sur la place et on se met à écouter la loi de Moïse que le Seigneur avait donnée à Israël. Esdras monte sur l’estrade pour en faire la lecture depuis le lever du soleil jusqu’à midi (imaginez un peu !). Toute la matinée se passe en prières, lectures, homélies et chants. Quand on découvre la Parole de Dieu, on ne compte pas. Face à cette Parole, le peuple pleure de joie mais aussi de douleur. Elle vient éclairer la vie de ceux qui l’entendent mais en même temps, elle leur révèle leur péché.

Écouter la Parole de Dieu est absolument essentiel. Quand nous lisons ou écoutons un texte de la Bible, c’est Dieu qui nous parle. Il a une bonne nouvelle pour nous. Cette rencontre avec lui est source de joie et d’espérance. C’est pour cette raison d’Esdras invite les gens à faire la fête. Après la dure période de l’exil, le peuple comprend que Dieu continue à l’aimer et à le bénir. Nous n’aurons jamais fini de redécouvrir la force de cette Parole de Dieu. Quand nous l’écoutons avec un cœur attentif, elle devient une nourriture pour la route : « L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »

En lisant l’Évangile, nous découvrons que cette Parole de Dieu est une bonne nouvelle. Jésus vient de lire un passage du livre d’Isaïe : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. » Et Jésus annonce à ses auditeurs que c’est « aujourd’hui » que cette parole s’accomplit. En lui, c’est Dieu qui agit. La parole des prophètes se réalise sous les yeux de tous. L’action du Christ apaise, guérit et redonne espérance. Et c’est aujourd’hui que tout cela se réalise.

Cette bonne nouvelle est destinée en priorité aux plus pauvres, aux prisonniers, aux aveugles. Ils sont nombreux ceux et celles qui souffrent de l’exclusion, des injustices et des violences de toutes sortes. Jésus leur annonce « une année de bienfaits accordée par le Seigneur. » En lui, c’est Dieu qui rejoint tous les hommes pour les combler de son amour et les conduire sur les chemins de la vie. Quand nous souhaitons une bonne année aux autres, nous avons l’habitude d’ajouter « et surtout une bonne santé. » Jésus va beaucoup plus loin : il nous parle d’une « année de bienfaits ». C’est avec lui que cela pourra se réaliser.

Le premier de tous ces bienfaits, c’est le rassemblement de tous les hommes en une grande famille. Saint Paul nous le dit à sa manière : nous sommes tous membres du Corps du Christ. En lui, nous pouvons devenir Parole de Dieu pour le monde. Mais cette Parole ne sera reçue que si nous sommes vraiment unis à Jésus et entre nous. Jésus lui-même a prié à cette intention : « que tous soient un pour que le monde croie. » La semaine de prière pour l’unité a été un appel très fort pour les disciples du Christ. Elle vient nous rappeler que c’est en lui que cette unité doit se construire. En nous rassemblant autour de lui, nous nous rapprochons les uns des autres.

Ces trois lectures nous adressent donc un appel de la plus haute importance. Elles nous invitent à remettre la Parole de Dieu au centre de notre vie. Aujourd’hui, le même Christ voudrait nous apprendre à prier en ouvrant la Bible avec soin et en lisant les textes proposés pour ce dimanche. Il est indispensable que toute prière, tout témoignage et toute prédication s’appuient sur la Parole de Dieu. Il est heureux de constater que l’Écriture retrouve toute sa place dans la liturgie. De plus en plus de familles prennent du temps dans la semaine pour se préparer à mieux accueillir les textes qui seront proclamés le dimanche. Cette Parole doit être accueillie avec le même respect que l’Eucharistie.

En ce jour, nous pouvons faire nôtre la prière du psaume : « La parole du Seigneur est parfaite qui redonne vie. La charte du Seigneur est sûre qui rend sages les simples ».

Sources : Revue Feu Nouveau, Homélies pour l’année C (Amédée Brunot), Lectures bibliques des dimanches année C (Albert Vanhoye)

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« Peuple de l’alliance »

Textes bibliques : Lire

En ce dimanche, nous sortons du temps des fêtes et nous entrons dans la période dite du « Temps ordinaire ». Ce n’est pas une période moins importante, bien au contraire : c’est un temps pour accueillir le Seigneur qui n’en finit pas de nous partager sa joie. Tout au long de cette période, nous serons invités à marcher en « conduite accompagnée » à la suite du Christ. Quelle que soit la situation, nous pouvons toujours compter sur lui. Il est « le chemin, la vérité et la Vie » ; personne ne va au Père sans passer par lui.

Les textes bibliques de ce jour nous montrent vers quel but nous avançons : ils nous disent que nous sommes tous invités à un repas de noces ; ce sont les noces de Dieu qui fait alliance avec l’humanité. Notre Dieu vient apporter la joie aux délaissés : ils ont la première place dans son cœur ; c’est ce message d’espérance que nous découvrons dans la 1ère lecture ; après 50 ans d’exil à Babylone, la communauté juive est réduite à une poignée de rescapés ; le moral est bien bas. Mais le prophète les rassure : c’est avec ce petit reste que Dieu a lié sa cause. C’est vraiment par amour qu’il fait alliance avec eux. Cette bonne nouvelle doit remplir leur cœur de joie.

Nous nous reconnaissons dans cette situation. Beaucoup sont inquiets pour l’Église. Tous ces contre-témoignages, ces divisions entre chrétiens ont de quoi nous inquiéter. Mais le prophète nous fait comprendre que le mal n’aura pas le dernier mot. C’est l’amour qui triomphera. C’est de cela que nous avons à témoigner auprès de tous les délaissés de la société. Ils ont besoin d’entendre ces mots de tendresse.

Dans la seconde lecture, saint Paul nous redit que Dieu nous comble de son amour. Mais il précise que ses dons sont variés. Ceux qui en ont bénéficié ne doivent pas en tirer orgueil. Ces dons de l’Esprit sont partagés à chacun pour le bien de tous. Quel que soit le charisme des uns et des autres, c’est toujours Dieu qui agit. C’est d’abord grâce à lui que le travail missionnaire peut porter du fruit.

Cette manifestation de l’amour de Dieu, nous la retrouvons dans l’Évangile de saint Jean. C’est au cours d’une noce que nous découvrons « le commencement des signes que Jésus accomplit ». Le mariage c’est la célébration de l’alliance entre un homme et une femme qui s’aiment et qui ont décidé de se donner l’un à l’autre. Cet événement nous parle de l’amour passionné de Dieu qui veut faire alliance avec tous les hommes de tous les temps et de tous les pays. Le Christ se présente comme l’époux qui veut épouser l’humanité pècheresse. Il veut la rétablir dans sa dignité en la réconciliant avec Dieu. Cette humanité nouvelle est née au pied de la croix du Christ. Voilà une bonne nouvelle qui concerne tous les hommes, juifs et païens.

Mais à Cana, la fête a failli être gâchée : on n’a pas prévu assez de vin et c’est la catastrophe ; Marie s’en est aperçue et elle le dit à Jésus. Ce vin qui manque en évoque d’autres, bien plus graves. Marie voit tout cela, et elle le dit à Jésus : « Ils n’ont plus d’amour ; ils n’ont plus de joie ; ils n’ont plus de paix ; tous ces gens victimes de la haine, de la violence et de l’indifférence, ce n’est plus possible. Ils sont nombreux ceux et celles qui vivent des situations douloureuses.

Marie voit tout cela et elle nous renvoie à Jésus : « Faites tout ce qu’il vous dira… » Elle nous invite à lui faire confiance. Dans ce signe de l’eau changée en vin, il ne faut pas voir que le côté merveilleux : ce signe nous renvoie à l’alliance entre Dieu et son peuple. Avec lui, c’est la joie retrouvée. L’Évangile nous parle de six jarres d’environ cent litres chacune. C’est que Dieu voit grand ; il ne compte pas. Cette abondance de vin signifie la profusion de grâce. Ces noces célèbrent l’alliance de Dieu avec les hommes. C’est une joie généreuse, débordante et inépuisable. C’est cela l’amour de Dieu.

En ce dimanche, prenons le temps d’entendre l’appel de Marie qui nous est sans cesse renouvelé. Elle nous renvoie au Christ et à l’évangile. Elle intercède pour nous et pour l’humanité tout entière. Toutes ces souffrances qui accablent tant d’hommes, de femmes et d’enfants, elle nous invite à les voir. Avec elle, nous apprenons à nous en remettre à Celui qui est venu épouser notre humanité et la féconder de sa vie divine. La bonne nouvelle de ce dimanche c’est que le Christ a le pouvoir de tout changer en nous. Il désire que nous retrouvions la joie et que nous soyons dans le monde les témoins de cette espérance qui nous anime.

Nous te rendons grâce, Seigneur, pour cette joie que tu mets en nous ; avec toi, nous repartirons pleins d’espérance et de dynamisme; ainsi nous pourrons témoigner autour de nous de la Bonne Nouvelle de ton amour pour l’humanité.

Sources : Revue, Feu Nouveau et Dimanche en paroisse, Missel des dimanches et fêtes des trois années (Bayard)

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