» Dieu l’a suscité »

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En lisant l’Évangile de ce dimanche, nous avons pu constater que les gens se trompent beaucoup sur l’identité de Jésus : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » Face à toutes ces réponses, Jésus veut s’assurer que ses disciples le connaissent vraiment. Inspiré par Dieu, Pierre a compris qui est Jésus : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »

En réponse à cette belle profession de foi, Pierre se voir confier une mission : « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Église ». Remarquons bien qu’il dit « mon Église ». Quelquefois, nous entendons des gens qui disent : « j’ai mal à mon Église » ; non, ce n’est pas « notre Église » mais celle de Jésus Christ. Et il affirme même que la puissance de la mort ne l’emportera pas sur elle. C’est donc un appel pour nous à vivre dans l’espérance. Le Christ vainqueur de la mort et du péché est toujours présent et agissant dans son Église.

Le même Seigneur fait aussi appel à notre foi : la question nous est posée à tous : qui est Jésus pour nous ? Est-il vraiment au centre de tout ce qui est important pour nous ? Est-il notre chemin, notre vérité et notre vie ? Quand on l’a rencontré, on prend conscience de son amour sans mesure et on a envie de le faire connaître. La bonne nouvelle de l’Évangile doit être annoncée à tous. Pour beaucoup, c’est un changement radical dans leur vie. Autrefois, ils étaient très loin de la foi. Puis ils ont découvert un amour qui dépasse tout ce qu’ils pouvaient imaginer.

C’est aussi cet amour du Seigneur que nous sommes invités à accueillir dans notre vie pour pouvoir mieux le rayonner autour de nous. Le Seigneur nous engage pour participer à la construction de son Église. Quand on visite un chantier, on ne juge pas sur le désordre qu’on y trouve. Notre regard doit se porter vers l’avenir. Les divisions, les violences et les scandales n’auront pas le dernier mot contre l’Église de Jésus Christ. C’est dans cette espérance que nous nous engageons comme Pierre et ses compagnons à la suite de notre Sauveur.

Cet appel du Seigneur, nous le trouvons déjà dans la 1ère lecture. Le livre du prophète Isaïe nous parle d’Éliakim qui est appelé par Dieu pour prendre soin de son peuple. Il reçoit l’investiture pour remplacer un serviteur royal devenu trop ambitieux. Nous ne savons rien d’Éliakim. Son nom signifie  » Dieu l’a suscité ». Il fait désormais partie de ceux que Dieu a choisis pour conduire son peuple. C’est Dieu qui choisit et qui appelle.

L’apôtre Paul a lui aussi été suscité par Dieu. Au départ, c’était un pharisien qui persécutait les chrétiens ; en agissant ainsi, il croyait sauver l’honneur de Dieu. Mais un jour, il a rencontré Jésus sur le chemin de Damas. Cette rencontre a été pour lui le point de départ d’un véritable bouleversement. Le persécuteur acharné a été appelé à devenir un grand témoin de la foi dans le monde païen. Dans le texte d’aujourd’hui, nous le voyons proclamer avec enthousiasme les merveilles de Dieu tout au long des siècles. Tous les hommes, juifs et païens sont appelés “fils de Dieu”. Si Dieu a suscité le peuple d’Israël, c’est pour partager avec l’humanité entière ce bonheur d’être aimé par Dieu.

Nous aussi, nous sommes suscités par le Seigneur pour travailler à son chantier. Il compte sur nous pour témoigner de l’espérance qui nous anime. Il nous envoie vers les autres, vers tous ceux qui souffrent à cause du chômage, de l’exclusion, la violence, tous ceux pour qui la vie n’a plus aucun sens parce qu’ils se sentent inutiles. C’est dans ce monde-là que nous avons à témoigner de la foi qui nous anime. Mais au bout du compte, nous découvrons qu’il nous précède dans le cœur de ceux qu’il met sur notre route. Nous ne devons pas bâtir sans lui. Nous ne sommes pas à notre compte. Le Seigneur est présent avec nous, tous les jours et jusqu’à la fin du monde. Si nous croyons vraiment en lui, nous ne nous laisserons pas aller au découragement. Nous croirons à l’avenir de son Église et à l’avenir de l’homme aimé de Dieu.

C’est pour mieux répondre à cet appel du Seigneur que nous nous réunissons le dimanche pour célébrer l’Eucharistie. C’est là que nous nous nourrissons de la Parole et du Corps du Christ. Puis, à la fin de la messe, c’est l’envoi vers tous ceux et celles qu’il mettra sur notre route. Prions-le par l’intercession de la Vierge Marie pour qu’il nous aide à être de vrais témoins de son amour.

21ème dimanche du Temps ordinaire

Sources : Revue Liturgiques – L’Intelligence des Écritures (MN Thabut) – Guide Emmaüs des dimanches et fêtes – commentaires du missel communautaire (Père André Rebré) –