Une grande lumière

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« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. » Pour nous chrétiens d’aujourd’hui, cette lumière c’est le Christ et sa Parole. C’est ce que vient nous rappeler le pape François en instituant cette journée de la Parole de Dieu. Il nous invite à remettre le Christ au centre de nos vies ; lui seul a les paroles de la Vie éternelle. Elles sont lumière et nourriture pour notre vie de tous les jours.

Cette bonne nouvelle était annoncée par le prophète Isaïe bien avant la venue de Jésus. Son message s’adresse aux Galiléens qui ont subi la déportation en terre étrangère et hostile. Pour eux c’est une période de ténèbres et de désespoir. Mais voilà qu’Isaïe leur annonce le surgissement d’une « grande lumière ». Le mal, la violence et l’humiliation ne peuvent avoir le dernier mot. Le prophète annonce l’arrivée de la lumière, de la joie. Désormais le peuple va être libéré de toute servitude.

Nous sommes ce peuple qui marche souvent dans les ténèbres. Ces ténèbres, nous les connaissons bien : ce sont celles du péché, de la haine et de la violence. Pour beaucoup, c’est la perte des repères. Dans la deuxième lecture, saint Paul dénonce les divisions entre chrétiens. Chez les Corinthiens, il y avait des oppositions et des disputes. Certains prétendaient se rattacher à Apollos, d’autres à Pierre, d’autres encore au Christ. Paul les invite à prendre de la hauteur. Le fait d’avoir été baptisé par tel ou tel n’apporte rien de plus. C’est autour du Christ crucifié et ressuscité que les disciples doivent se rassembler. Il est lui seul la vraie lumière qui nous permettra de sortir de nos ténèbres.

L’Évangile nous montre précisément l’arrivée de Jésus. Ce qui est extraordinaire c’est qu’il commence par ceux qui en ont le plus besoin : la Galilée carrefour des païens, les pays de Zabulon et de Nephtali. Il faut savoir que c’est un lieu de passage, proche des régions païennes. On y trouvait beaucoup d’immigrés qui venaient du monde païen. Les Juifs qui étaient restés dans la stricte observance les considéraient avec mépris. Or c’est précisément là que Jésus va annoncer la bonne nouvelle et choisir ses premiers disciples. Comme notre pape François nous le rappelle souvent, la première urgence c’est les périphéries.

Cet appel de l’Évangile nous interpelle. Vingt siècles plus tard, ce sont toujours les ténèbres qui dominent le monde. Nous assistons à une dictature de l’argent roi… On en veut toujours plus. La haine, la violence, les injustices sont un grand malheur qui enfonce notre monde dans les ténèbres. Et puis, il y a la nuit de ceux et celles qui sont douloureusement frappés par la maladie et le handicap. Beaucoup se demandent pourquoi c’est tombé sur eux. Pourquoi je me retrouve seul alors que les autres ont leur travail et leur vie de famille.

Mais c’est précisément là, dans ce monde tel qu’il est et dans la situation qui est la nôtre, que le Christ nous rejoint. Il est bien présent, mais trop souvent, nous ne savons pas le reconnaître. Nos yeux sont aveuglés par la tristesse et le découragement. L’Évangile nous dit qu’il vient habiter à Capharnaüm. Sa mission commence par un lieu mal famé. Il va en priorité vers ceux qui sont en difficulté et qui vivent dans le désespoir. Contrairement aux bien-pensants qui enfoncent les pécheurs dans leur mauvaise réputation, il vient les aider à se relever et à se remettre en route. Son message est porteur d’espérance car il leur ouvre une porte, celle qui permet de passer des ténèbres à la Lumière.

Cette lumière, Il nous appartient de vraiment l’accueillir dans notre vie et de la communiquer à tous ceux et celles qui nous entourent. Des prêtres, des catéchistes, des équipes d’aumôneries, des responsables pastoraux s’y emploient. Mais cette mission n’est pas seulement l’affaire de quelques-uns. Le Christ nous appelle tous pour aller avec lui vers les autres jusqu’aux périphéries. Quand Jésus appelle ses disciples, il ne choisit pas les plus intelligents ni les plus capables. La seule chose qu’il leur demande, c’est de l’accompagner et d’aller avec lui à la rencontre de gens de toutes sortes. Ils se retrouveront face à des personnes qui souffrent de toutes sortes de misères. Quand les disciples se mettent ensemble sous la conduite de Jésus, c’est le Royaume de Dieu qui se construit.

En nous rassemblant à l’église en ce dimanche, nous venons puiser à la source de l’Amour qui est en Dieu. Nous nous nourrissons de sa Parole et de son Eucharistie. « Laissons-nous rejoindre par son regard, par sa voix, et suivons-le ! Afin que la joie de l’Évangile parvienne jusqu’aux extrémités de la terre et qu’aucune périphérie ne soit privée de sa lumière » (Pape François).

Télécharger : 3ème dimanche du Temps ordinaire

Sources : revues « Prions en Église », Feu Nouveau, Pape François, dossiers personnels