« Combien de temps ? »

Textes bibliques : Lire

La liturgie de ce dimanche commence par un cri de révolte : « Combien de temps, Seigneur, vais-je appeler, sans que tu entendes ? » Ce cri de souffrance était celui du prophète Habacuc. Nous l’avons entendu s’adresser à Dieu : « Pourquoi me fais-tu voir le mal et regarder la misère ? Devant moi, pillage et violence ; dispute et discorde se déchaînent. » Ce cri du prophète est bien souvent le nôtre. Tous les jours, les médias nous rappellent à quel point ce mal et cette violence sont bien présents dans notre monde. Comme le prophète, nous crions vers le Seigneur : Combien de temps ? Pourquoi ? Pourquoi Dieu reste-t-il silencieux devant la violence, le harcèlement, les prises d’otage et le mépris ?

Mais la suite de cette lecture nous montre que le mal et la violence ne viennent pas de Dieu. Bien au contraire, il ne cherche qu’à nous en libérer et nous sauver. L’insolent n’aura pas le dernier mot. Cette bonne nouvelle, il faut l’écrire pour qu’elle puisse être lue par tous. Il est urgent que chacun se mette dans une attitude d’accueil : « Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur. » Le psaume 94 nous invite précisément à venir, entrer, écouter. Notre Dieu reste fidèle à son alliance ; il est notre rocher, notre salut. Nous sommes son bien le plus précieux.

Notre réponse c’est celle de la foi. Bien souvent, nous avons l’impression que le salut promis paraît tarder. Il faut toute l’énergie de l’espérance pour le croire possible. C’est pour cette raison que l’apôtre Paul recommande à Timothée et à chacun de nous de réveiller le don de Dieu ; il veut nous aider à de vaincre la peur pour témoigner avec courage de l’espérance qui nous anime. Nous ne devons pas craindre de rendre témoignage à notre Seigneur. L’évangile du Christ doit être reçu et proclamé dans le monde entier de génération en génération.

Mais comme les apôtres, nous avons besoin de nous tourner vers Jésus pour lui adresser cette prière : « Augmente en nous la foi ! » Car c’est vrai, il faut beaucoup de foi pour continuer à annoncer le Salut comme une bonne nouvelle. Il y a tant d’imprévus qui tendent à nous détourner de cette mission. L’évangile nous parle de la foi comme d’une petite graine. Mais celle-ci est si minuscule qu’elle finit parfois par se perdre. Il n’est pas facile de vivre en disciple du Christ dans un monde hostile ou indifférent. Comment témoigner de l’évangile quand on ne voit que ce qui va mal dans nos communautés paroissiales ? Comment parler d’un Dieu amour à des hommes, des femmes et des enfants qui vivent dans la misère et qui sont victimes de l’exclusion et du mépris ?

La réponse, c’est Jésus lui-même qui nous la donne par ses paroles mais surtout par toute sa vie. Tout l’Évangile nous le montre en parfaite communion avec son Père. C’est cette foi qu’il veut nous inculquer, une foi qui est confiance totale, y compris sur la croix. Rien n’est impossible avec une telle foi : elle transporte les montagnes. Elle fait surmonter tous les plus grands obstacles. Bien sûr, il n’est pas question de pouvoirs magiques. Avoir la foi, c’est donner toute sa confiance à Jésus malgré les apparences. Jésus nous parle de l’arbre qui se jette dans la mer. Dans la Bible, l’arbre est symbole de vie et la mer symbole de mort. Qu’un arbre aille se planter dans la mer, c’est bien ce que Jésus a fait : il a planté la vie dans la mort, et la mort a été vaincue. Par sa mort et sa résurrection, il nous a ouvert un passage vers la vraie vie. Nous pouvons vraiment lui donner toute notre confiance car rien ne peut nous séparer de son amour.

L’Évangile insiste aujourd’hui sur la puissance extraordinaire de la foi ; mais en même temps, il nous rappelle que nous n’avons pas à nous en glorifier. Nous avons tout reçu de Dieu sans mérite de notre part. Si notre témoignage porte du fruit c’est parce que Dieu est là. Sans lui, rien ne serait possible. L’évangile nous dit que nous sommes « des serviteurs quelconques. » On pourrait traduire : « Nous ne sommes que des serviteurs. » C’est vrai, cette responsabilité ne repose pas d’abord sur nous mais sur Dieu lui-même. Et pour nous, c’est un véritable soulagement.

Mais ne disons pas que nous sommes inutiles. Si le serviteur était vraiment inutile, son maître ne le garderait pas. Et si Dieu nous prend comme serviteurs, c’est qu’il compte sur nous. Nous sommes quelconques, mais avec notre petit travail quelconque, il fait sa moisson. Tout cela devrait nous remplir de fierté. Nous n’avons pas à nous inquiéter. Contentons-nous d’être des serviteurs. Lui, il fera le reste. Quand le Seigneur, nous appelle, il nous fait comprendre que le principal travail, c’est lui qui le fait.

En ce dimanche, c’est le Christ qui nous rassemble. En participant à cette Eucharistie, nous le laissons déposer en nous sa puissance de résurrection : nous le prions : Augmente notre foi dans la puissance de ton Esprit. Avec toi, nous devenons capables de transformer le monde dans lequel nous vivons et d’y annoncer ton Royaume d’amour et de justice. Amen

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Sources : Revue Feu Nouveau – Pour célébrer l’Eucharistie (Feder et Gorius) – Semainier chrétien – Missel communautaire – Lectures bibliques des dimanches (A Vanhoye) – L’intelligence des Écritures (Marie-Noëlle Thabut) – Vidéo commentaire de Claire Patier – Dossiers personnels

Il n’avait pas vu…

Textes bibliques : Lire

La liturgie de ce dimanche nous fait entendre la voix du prophète Amos. Le prophète c’est quelqu’un qui parle de la part de Dieu. Sa mission n’est pas d’enfoncer le pécheur dans son mal mais de l’appeler à se convertir. Amos se montre implacable envers la société corrompue de son temps. Il critique d’une manière virulente l’exploitation des pauvres par les riches et les puissants. Quand le droit et la justice sont bafoués, le pays court à sa perte.

Ces paroles très dures sont pourtant celles d’un amour qui ne veut que le bonheur de son peuple. Mais quand on aime, on se met parfois en colère. Dieu ne supporte pas qu’une petite minorité s’enrichisse au détriment des plus pauvres. Si Amos revenait, il dénoncerait tout ce gaspillage qui est une gifle tous ceux et celles qui n’ont pas de quoi survivre. Dans son encyclique « Laudato si », le pape François nous invite tous à une véritable conversion.

C’est aussi l’appel que nous retrouvons dans l’Évangile de ce dimanche : il nous montre un homme riche qui fait bombance tous les jours. Cet homme ignore le pauvre Lazare qui reste couché devant son portail. Dieu ne peut pas tolérer cette situation dramatique. Il a créé le monde pour que tous les hommes y vivent ensemble en frères. Il nous invite à partager les biens qu’il a créés en abondance. Il ne supporte pas qu’une infime minorité possède plus de la moitié des richesses globales.

Entendons-nous bien : la richesse n’est pas nécessairement mauvaise. Mais elle peut nous entrainer au péché quand elle nous rend sourds et aveugles. Les nouveaux pauvres sont de plus en plus nombreux dans nos villes mais aussi dans nos campagnes. Ils ont besoin d’une aide matérielle, oui, bien sûr. Mais ils attendent surtout que nous les regardions et que nous leur parlions.

Le péché du riche c’est qu’il n’a pas vu. Ses richesses lui ont fermé les yeux, bouché les oreilles et fermé le cœur. C’est absolument dramatique parce que c’est son avenir éternel qui est en jeu : il n’y aura pas de séance de rattrapage ; il verra plus clair parce que la mort lui aura enlevé toutes les richesses qui l’aveuglaient ; ce jour-là, il ne pourra plus repartir à zéro. L’Évangile nous parle d’un grand abîme entre lui et Lazare ; cet abîme infranchissable, c’est lui, le riche, qui l’a creusé. Cette solitude dans laquelle il se trouve, c’est lui qui l’a organisée. Il s’y est complètement enfermé. Maintenant, personne ne peut rien pour lui.

Il nous faut recevoir cet Évangile comme un appel pressant à nous convertir. Le Seigneur compte sur nous pour que nous ouvrions nos yeux, nos oreilles et surtout notre cœur à tous ceux et celles qui souffrent de la précarité, du mépris et de l’exclusion. Nous ne devons pas attendre qu’une apparition vienne nous dire qui est Lazare et où le trouver : il est à notre porte, même s’il habite au bout du monde. Si nous ne le voyons pas, c’est que nous sommes aveuglés. Il devient urgent de combler les ravins d’indifférence, de raboter les montagnes de préjugés et d’abattre les murs d’égoïsme.

La grande priorité c’est de construire des ponts, de tracer des routes et d’aller à la rencontre des autres. Le Christ est là pour nous accompagner car il sait bien que c’est au-dessus de nos forces personnelles. Sa grande mission a été de réconcilier les hommes avec le Père mais aussi entre eux. Il nous veut unis à lui et entre nous. C’est le grand commandement qu’il nous laisse : « Aimez-vous les uns les autres COMME je vous ai aimés » (autant que je vous ai aimés). Nous n’aurons jamais fini de nous ajuster à son regard d’amour sur les personnes qui nous entourent. C’est pour tous que le Christ a livré son corps et versé son sang.

Dans la seconde lecture, saint Paul nous dit que nous serons jugés sur nos actes. À travers son disciple Timothée, c’est aussi à chacun de nous qu’il s’adresse. Il nous invite à garder le commandement du Seigneur. Il s’agit pour nous de vivre « dans la foi et dans l’amour, la persévérance et la douceur ». Les disciples sont appelés à mener « le bon combat » et à « s’emparer de la Vie Éternelle ». Le Royaume divin à venir est déjà dans ce combat.

L’Eucharistie qui nous rassemble nous annonce un monde où il n’y aura plus de pauvres. Dans ce monde nouveau, tous, riches et pauvres se retrouveront à la même table ; ils partageront ce qu’ils possèdent. Personne n’y manquera du nécessaire. Tous auront assez pour entrer dans la fête. Le monde que l’Eucharistie annonce c’est celui-là même que le Christ est venu instaurer. Rendons-lui grâce et ÉCOUTONS-LE.

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Sources : Revue Feu Nouveau – Célébrons dimanche (Assemblée de la Parole année C) – Paroles pour la route (Jean Yves Garneau) – Heureuse faiblesse (André Louf) – Dossiers personnel.

 

 

Danger des richesses

Textes bibliques : Lire

Aujourd’hui, Jésus nous invite à réfléchir sérieusement sur deux styles de vie qui sont opposés : le style mondain et le style de l’Évangile, l’esprit du monde et l’esprit de Jésus. Pour nous aider à mieux comprendre son message, Jésus nous raconte la parabole du gérant infidèle et corrompu : ce dernier va être licencié pour faute grave ; désormais, il va se retrouver à la rue, les poches vides. Il réfléchit très vite à la meilleure solution. Il pense s’attirer la bienveillance des débiteurs de son maître en abaissant leur dette. C’est de cette manière qu’il choisit d’assurer son avenir.

Il est bien sûr hors de question d’approuver cette fourberie. Ce qui est mis en valeur, c’est l’habileté des « fils de ce monde ». Quand il s’agit de leurs intérêts personnels, ils savent trouver des solutions. Le Christ voudrait bien que les « fils de lumière » soient aussi habiles pour que l’argent serve à tous. Le pape François nous invite « à répondre à cette ruse mondaine par la ruse chrétienne, qui est un don de l’Esprit Saint ». Il s’agit de s’éloigner des valeurs du monde pour vivre selon l’Évangile.

À travers cet enseignement, le Christ nous appelle à choisir entre l’esprit du monde et lui, entre la logique de la corruption et de l’avidité et celle de la rectitude, de la douceur et du partage ». « Faites-vous des amis avec le malhonnête argent, afin que le jour où il ne sera plus là, ces amis vous reçoivent dans les demeures éternelles ». Sainte Teresa de Calcutta avait bien compris ce message : Ces amis, ce sont les plus pauvres parmi les pauvres, les miséreux, les exclus. À travers eux, c’est Jésus qui est là. Chaque fois que nous nous mettons à leur service, c’est lui que nous servons. La principale amitié qu’il nous faut chercher c’est celle de Dieu. Il est notre richesse suprême qui nous permettra d’être accueillis « dans les demeures éternelles ».

la première lecture nous adresse une proclamation percutante du prophète Amos. Il s’attaque durement aux désordres, aux inégalités et à l’exploitation des pauvres. Lui qui était éleveur de bétail s’y connaissait en ce qui concerne l’enrichissement des riches au détriment des pauvres. Il dénonce la tromperie sur les marchandises. Quand on profite de la dépendance des plus faibles pour les exploiter encore plus, ce n’est pas tolérable. Ce n’est pas pour en arriver là que Dieu a fait alliance avec son peuple. À travers les opprimés et les exploités, c’est lui-même qui est frappé.

Amos n’est plus là mais son message est plus que jamais d’actualité : il faut savoir que plus de la moitié du patrimoine mondial est détenue par un pour cent de la population. Et que dire des magouilles en tous genres, des tromperies sur la marchandise, des arnaques sur Internet ? Si Amos était là, il dénoncerait l’esclavage actuel : Des hommes, des femmes et même des enfants travaillent de longues heures pour gagner à peine de quoi manger. Quand nous achetons les produits ainsi fabriqués, nous participons à cette injustice. Il est urgent que nous entendions l’appel d’Amos à la construction d’un monde plus juste et plus fraternel.

Dans la seconde lecture, nous avons le témoignage de saint Paul. L’âpreté au gain, ce n’est vraiment pas son problème. Bien au contraire, il s’est mis au service de la foi et de la vérité. Il annonce un Dieu qui veut le salut de tous les hommes. Jésus est mort pour tous, y compris pour ceux qui exercent des responsabilités politiques. Paul demande que l’on prie pour tous les hommes et plus spécialement pour les responsables de notre société : que ces derniers facilitent le climat de paix et de dignité dont notre monde a bien besoin. La vraie prière c’est de parler à Dieu de son projet, c’est entrer dans son projet et nous en imprégner. Avec lui, nous deviendrons capables de répandre la bonne nouvelle comme une traînée de poudre. Le moment le plus important c’est la messe du dimanche. On peut la comparer à une vaste réunion de chantier. Ce chantier, c’est celui du Royaume de Dieu. Si nous voulons être fidèles au Maître d’œuvre, notre présence est indispensable.

Dans quelques jours, nous entrerons dans le mois du Rosaire : en communion avec tous les pèlerins de Lourdes et d’ailleurs, nous demandons à la Vierge Marie de nous aider à choisir le chemin juste. C’est avec elle que nous trouverons le courage d’aller à contre-courant pour suivre Jésus et son Évangile.

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Sources : Revue Feu Nouveau et Fiches dominicales – François selon saint Luc – L’intelligence des Écritures (Marie Noëlle Thabut – Assemblées du dimanche – L’Évangile de la Miséricorde (Cardinal Schönborn).

Faire miséricorde

Textes bibliques : Lire

Dans le livre de l’Exode (1ère lecture), nous trouvons l’histoire du veau d’or. Pendant que Moïse était en présence de Dieu sur la montagne, les Hébreux se sont fabriqué un dieu en forme de veau, puis ils se sont prosternés devant lui. Nous pouvons nous donner bonne conscience en disant que ce comportement est dépassé. En fait, il est bien d’actualité : on ne se prosterne plus devant le veau d’or mais devant le dieu argent ; et nous voyons bien que cette course au profit est la cause de nombreux malheurs.

Le texte biblique nous parle de la colère de Dieu qui menace d’exterminer son peuple infidèle. Plus tard, les croyants comprendront que ce n’est pas Dieu qui punit ; c’est nous qui faisons notre malheur en nous détournant de lui. Les Hébreux ont fait connaissance avec un Dieu libérateur. Il a vu la misère de son peuple esclave en Égypte. Il a fait appel à Moïse pour les sortir de cette situation de misère et les conduire vers la liberté. Il est allé jusqu’à faire alliance avec eux. Mais après cette expérience religieuse extraordinaire, les voilà retombés dans le péché.

Face à la menace qui pèse sur son peuple, Moïse se met à supplier le Seigneur. C’est un exemple qu’il nous donne. Nous sommes tous plus ou moins portés à dénoncer les coupables et à les enfoncer. On ne voit que le mal chez eux. Cela crée un climat malsain. Mais le texte biblique d’aujourd’hui nous invite à rejoindre Moïse qui supplie le Seigneur. Comme lui, nous voyons tout ce qui va mal et nous le portons dans notre prière. Cette supplication nous aidera progressivement à nous ajuster à Dieu qui aime tous les hommes et qui veut leur salut.

L’Évangile de ce dimanche nous apporte un éclairage nouveau sur ce Dieu qui est Amour. Nous voyons Jésus devant tous ces gens qui viennent l’écouter. Mais les scribes et les pharisiens ne sont là que pour récriminer : « Tu te rends compte, il va chez les gens de mauvaise vie… Pourquoi s’intéresser à eux Ils ne valent pas la peine qu’on s’occupe d’eux… ils sont irrémédiablement perdus… » Jésus voit tous ces gens qui sont restés fidèles à la tradition jusque dans ses moindres détails. Malheureusement pour eux, ils confondent fidélité et raideur ; et c’est pour eux qu’il raconte les trois paraboles de la miséricorde, celle de la brebis perdue, la pièce perdue et le fils perdu.

La bonne nouvelle c’est précisément que Jésus est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Pour lui, ils sont tellement importants qu’il est allé jusqu’à donner sa vie sur une croix. Sa miséricorde est infiniment plus importante que tous les péchés du monde. Dieu veut croire à la capacité de chacun à se convertir. Comprenons bien : la conversion c’est un changement de direction, un véritable demi-tour. Nous avons tourné le dos à Dieu, nous revenons à lui. Lui-même nous prend par la main pour nous sortir des chemins de perdition et nous conduire ver la vraie vie.

Ces trois paraboles nous disent l’amour démesuré de Dieu pour nous et pour le monde entier. Il est comme ce berger qui abandonne son troupeau pour aller à la recherche de la brebis perdue. Il sait bien qu’elle ne reviendra pas toute seule. Il est surtout comme ce père qui accueille son fils retrouvé à bras grands ouverts. Il ne pose aucune question sur les motivations de ce retour. On peut même se demander si la contrition de ce garçon était vraiment parfaite. La seule chose qui compte c’est la joie extraordinaire de ce père qui retrouve son fils. Aujourd’hui, il nous invite à nous associer à cette joie et à rendre grâce.

Trop souvent, nous sommes comme le fils aîné qui récrimine et qui dénonce les coupables. Ces jeunes « qui ne valent rien », ces tricheurs qui ne pensent qu’à s’enrichir au détriment des plus pauvres… Toutes ces lamentations, nous les connaissons trop bien. C’est alors qu’il nous faut revenir à la première lecture. Comme Moïse, nous sommes invités à supplier le Seigneur pour notre monde, nos quartiers, nos familles. Nous lui confions tout ce qui ne va pas. Et nous découvrons que la véritable conversion doit commencer par nous-mêmes.

Dans la seconde lecture, nous voyons Paul qui rend grâce pour ce pardon qu’il a reçu. Nous nous rappelons qu’il a passé une partie de sa vie à persécuter les chrétiens. Mais un jour, il a fait une rencontre extraordinaire qui a complètement bouleversé sa vie. Il a compris que le Christ est venu dans le monde pour sauver ceux qui étaient perdus. Nous n’oublions pas que nous faisons tous partie du même lot. Ce que nous sommes devenus, nous le devons à la grâce du Christ. Comme Paul nous sommes tous des pécheurs pardonnés.

Et comment ne pas penser à la parole de Marie à la petite Bernadette de Lourdes : « Priez pour les pécheurs… » Demandons au Seigneur qu’il nous apprenne à les regarder comme il les voit, que nous soyons auprès d’eux des témoins de la miséricorde pour tous.

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Sources : Revue Feu nouveau – François Selon Saint Luc – L’intelligence des Écritures (Marie Noëlle Thabut) – Lectures bibliques des dimanches (A. Vanhoye)

Faire ses comptes

Textes bibliques : Lire

« Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ? Qui peut comprendre ses intentions ? » Ces questions, nous les avons entendues dans la première lecture (Livre de la Sagesse). C’est vrai, Dieu nous dépasse infiniment. Mais il intervient dans notre vie pour nous envoyer sa Sagesse. Cette « Sagesse », c’est son Esprit saint. Il nous est donné pour nous conduire vers « la Vérité tout entière ». C’est lui qui fera découvrir à Philémon qu’Onésime n’est plus seulement un esclave mais un enfant de Dieu. Et c’est toujours le même Esprit qui nous donne de nous attacher à Jésus comme lui-même s’est attaché au Père.

C’est vrai, nous sommes tous appelés à nous attacher au Christ et à le suivre. Dans l’Évangile de ce jour, Jésus insiste sur les conditions requises pour être disciples. Il nous recommande de ne rien préférer à l’amour pour lui. Il nous invite tous à porter notre croix et à le suivre. Ces recommandations, Jésus les adresse à des gens qui étaient émerveillés par les signes qu’il accomplissait. Mais aujourd’hui il cherche à les mettre face à la réalité : le chemin qu’il suit, c’est celui de la croix ; c’est celui qui l’amènera à donner sa vie pour le pardon des péchés.

Suivre Jésus, ce n’est pas seulement participer à un cortège triomphal ; c’est s’engager à partager son amour miséricordieux, c’est entrer dans sa grande œuvre de miséricorde, de pardon et d’amour pour tous les hommes. Cet amour universel, cette miséricorde, passe par la croix. Mais Jésus ne veut pas accomplir cette œuvre tout seul. Il veut nous faire participer à la mission que le Père lui a confiée. Après sa résurrection, il dira à ses disciples : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie… Ceux à qui vous remettre les péchés, il seront remis. » (Jean 20, 21-22)

Si nous voulons être fidèles aux exigences de l’Évangile, il nous faut donner la première place au Christ dans notre vie ; il faut le placer au-dessus de nos biens matériels ou de nos intérêts personnels immédiats. Si nous voulons venir à lui, toute notre vie doit être organisée en fonction de lui. Nous devons le préférer à tout le reste. « Le chrétien se détache de tout et retrouve tout, dans la logique de l’Évangile, la logique de l’amour et du service (Pape François).

Pour mieux se faire comprendre, Jésus utilise deux paraboles, celle de la tour à construire et celle du roi qui part en guerre. Mais avant de se lancer, chacun doit faire ses comptes. Celui qui bâtit une tour calcule le prix de revient ; celui qui part en guerre évalue ses forces en hommes et en munitions ; celui qui veut marcher à la suite du Christ doit aussi faire ses comptes, mais ce ne sont pas les mêmes : il renonce à ses richesses pour mieux s’engager au service du Royaume de Dieu.

C’est une guerre profonde, une guerre contre le mal, contre la haine, le mensonge et les violences de toutes sortes. Mais dans ce combat, nous ne sommes pas seuls ; le Christ ressuscité est là ; il veut nous associer à sa victoire sur la mort et le péché. Avec lui, ce n’est plus une tour que nous construisons, c’est notre vie. Il est le fondement solide sur lequel nous pouvons nous appuyer. Nous rencontrerons des épreuves mais nous gardons confiance ; rien ne peut nous séparer de son amour.

Ces trois lectures d’aujourd’hui nous révèlent la Sagesse de Dieu qui n’a rien à voir avec celle du monde. C’est en lui et avec lui que nous pourrons réussir notre vie et trouver le vrai bonheur. En ce dimanche, il nous invite à nous asseoir pour calculer la dépense. Mais la bonne nouvelle c’est que Jésus ne nous présente pas la facture : il nous offre un chèque cadeau, la vie même de Dieu.

En ce 8 septembre, nous rappelons la nativité de la vierge Marie. Nous remercions le Seigneur qui nous l’a donnée pour mère. Elle marche avec nous, elle est avec nous dans notre combat contre les forces du mal. « C’est par Marie que le salut du monde a commencé, et c’est par Marie qu’il doit être consommé » (Saint Louis Marie Grignon de Montfort). Comme aux noces de Cana, elle ne cesse de nous renvoyer au Christ : « Faites tout ce qu’il vous dira ». Les paroles du Christ sont parfois déroutantes mais ce sont « celles de la Vie éternelle ».

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Sources : Revue Feu nouveau – François Selon Saint Luc – L’intelligence des Écritures (Marie Noëlle Thabut) – Lectures bibliques des dimanches (A. Vanhoye)