« Vanité des vanités… »

Textes bibliques : Lire

En cette période de vacances d’été, les textes liturgiques nous proposent de réfléchir sur les biens matériels. Oui, bien sûr, nous en avons besoin pour assurer notre quotidien. Mais le vrai problème est ailleurs : on se donne beaucoup de peine pour accumuler les richesses, on fait preuve d’ingéniosité, on s’impose des fatigues qui ruinent la santé, l’union des foyers, l’éducation des enfants. Le confort matériel c’est bien, mais si notre vie n’est pas remplie d’amour, il manque l’essentiel.

Dans une de ses homélies, le pape François nous dit que « la cupidité est une idolâtrie. » Il nous recommande de la combattre avec la capacité de partager, de donner et de se donner aux autres. Un homme vient demander à Jésus de se faire l’arbitre dans ses problèmes d’héritage. Jésus refuse d’être juge dans cette affaire. Il en profite pour dire qu’il y a des richesses que nous n’emporterons pas au paradis.

Pour mieux se faire comprendre, il raconte une parabole. Il nous parle d’un homme riche « dont le domaine avait bien rapporté » ; son grand souci, c’est qu’il n’a pas assez de place pour entreposer toute cette récolte. Ce que Jésus dénonce dans cette histoire, ce n’est pas les richesses mais l’attachement aux richesses. Ailleurs, il nous dit qu’il est très difficile à un homme attaché aux richesses d’entrer dans le Royaume des cieux. Le pape François précise que cet attachement immodéré aux richesses est une idolâtrie ; nous sommes en face de deux dieux : « Dieu le vivant… et de dieu d’or dans lequel je mets ma sécurité ».

Il ne faut jamais oublier que la terre et ses richesses ont été créées par Dieu. Elles continuent à lui appartenir. Il nous les a confiées pour que nous les fassions fructifier au bénéfice de tous ses enfants. Nous avons le droit d’en user mais pas d’en abuser. Par la bouche de Jésus, Dieu traite de fous ceux qui s’y laissent enfermer. Ils s’enferment devant le veau d’or ; ils oublient d’aimer Dieu et le prochain. En cette période d’été et de dépenses, cela vaut la peine de réfléchir sur le vrai sens de la vie. C’est important car nous savons bien que les richesses, petites ou grandes, risquent de nous empêcher de prendre l’Évangile au sérieux.

Pour Jésus, le seul bonheur qui dure, c’est la rencontre avec Dieu, c’est d’être « riche en vue de Dieu ». Nous sommes tous riches des richesses de Dieu, de sa joie, son amour, son pardon. Ces richesses-là, on peut même les offrir aux autres. Nous connaissons tous des hommes, des femmes et même des enfants qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour aider les autres à avoir une vie meilleure.

Ce qui fait la valeur d’une vie c’est précisément notre amour de tous les jours pour tous ceux et celles qui nous entourent. Pour comprendre cela, c’est vers la croix du Christ qu’il nous faut regarder : il s’est donné jusqu’au bout. Il nous a aimés « comme on n’a jamais aimé ». Lui-même nous recommande de nous aimer les uns les autres « comme il nous a aimés » (autant qu’il nous a aimés). Nous voyons bien que nous, pauvres pécheurs, nous sommes loin du compte. Mais l’important c’est d’accueillir cet amour qui vient de lui ; c’est une richesse qu’il nous faut communiquer au monde.

Cet Évangile est une très belle réponse au regard désabusé de Quohelet (1ère lecture). On se donne beaucoup de peine, puis un jour, il faut tout laisser. Saint Paul (2ème lecture) nous invite à faire mourir « tout ce qui n’appartient qu’à la terre… en particulier cette soif de posséder qui n’est qu’idolâtrie ». Si nous voulons trouver le Christ, nous devons rechercher « les réalités d’en haut ». Ces réalités s’appellent justice, amour, charité. N’oublions jamais qu’au jour de notre baptême, nous avons été plongés dans cet océan d’amour qui est en Dieu, Père, Fils et Saint Esprit. Avec lui, plus rien ne peut être comme avant. C’est une vie entièrement renouvelée qui s’ouvre devant nous. Pour Paul, l’homme accompli c’est Jésus Christ. C’est vers lui que nous devons orienter notre existence.

Nous sommes donc tous invités à édifier le monde des hommes non sur la fortune de quelques-uns mais sur la justice qu’inspire l’amour. Alors, plus que jamais, nous accueillons cet appel à la conversion : « Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur mais écoutons la voix du Seigneur. »

Sources : Revue Feu Nouveau, Missel communautaire, pour la célébration Eucharistique (Feder et Gorius), lectures bibliques des dimanches (A. Vanhoye), François selon saint Luc.

Apprendre à prier

 Textes bibliques : Lire

L’Évangile de ce dimanche nous parle de Jésus qui prie seul à l’écart. « Quand il eut terminé, un de ses disciples lui demanda : Seigneur, apprends-nous à prier comme Jean Baptiste l’a appris à ses disciples. » Et il répond : « Lorsque vous priez, dites : Père. » Ce mot est le secret de la prière de Jésus. Il est la clé qu’il nous donne lui-même. C’est ainsi que nous pourrons, nous aussi, entrer en dialogue confidentiel avec le Père qui l’a accompagné toute sa vie.

Les premières demandes nous disent que nous devons nous préoccuper de règne de Dieu, de sa gloire et de sa volonté. Nous sommes invités à donner toute sa place à Dieu dans notre vie. Il ne demande qu’à y exercer sa seigneurie d’amour. C’est dans notre vie que la sainteté de Dieu doit être manifeste. A travers ces demandes, nous exprimons notre reconnaissance au Père qui nous comble de son amour.

Trois autres requêtes viennent compléter cette prière que Jésus nous enseigne. Ces trois requêtes concernent le pain, le pardon et l’aide dans les tentations. C’est absolument important car on ne peut pas vivre sans pain ; on ne peut pas vivre sans pardon ni sans l’aide de Dieu dans les tentations. Mais saint Cyprien nous dit que le pain le plus essentiel c’est celui de l’Eucharistie. Nous devons souhaiter que les chrétiens se nourrissent de ce pain pour être transformés par le Christ. C’est là qu’ils trouvent la lumière et la force de sa grâce.

Le pardon est avant tout celui que nous recevons de Dieu : il se montre Père quand il libère nos cœurs et nous fait revivre. Nous sommes tous des pécheurs pardonnés par l’infinie miséricorde du Père. Ce pardon nous rend capables de gestes concrets de réconciliation fraternelle. Si nous ne reconnaissons pas que nous sommes pécheurs pardonnés, nous ne pourrons jamais accomplir des gestes de réconciliation fraternelle. C’est en accueillant le pardon de Dieu que nous apprenons à pardonner à nos frères.

« Et ne nous laisse pas entrer en tentation… » Nous savons que nous sommes tous exposés aux pièges du mal. Cette tentation c’est celle du désespoir ; c’est quand nous pensons que Dieu nous abandonne. Jésus nous apprend à nous tourner vers le Père pour lui demander de nous libérer de ce mal qui cherche à nous détruire.

L’enseignement de Jésus se poursuit par deux paraboles. Il rend pour modèle l’attitude d’un ami à l’égard d’un autre ami puis celle d’un père à l’égard de son fils. Nous y trouvons une invitation à avoir confiance en Dieu qui est Père ; il sait mieux que nous-mêmes de quoi nous avons besoin. Mais comme pour Abraham dans la première lecture, nous devons lui présenter nos demandes avec audace et insistance. C’est notre façon de participer à son œuvre de salut.

Comprenons bien : le but n’est pas de convaincre Dieu mais de fortifier notre foi et notre patience. C’est une lutte avec Dieu pour les choses importantes de notre vie. Comme Abraham (1ère lecture), nous sommes invités à nous tenir en présence du Seigneur ; la mission des communautés chrétiennes c’est précisément d’intercéder pour ce monde que Dieu a tant aimé. La prière que nous adressons pour eux à notre Père nous aide à changer notre regard sur eux. Comme Abraham, nous avons la ferme espérance que le petit reste des fidèles peut sauver la multitude.

Dans l’Évangile de ce dimanche, Jésus précise que ce qu’il faut surtout demander c’est l’Esprit Saint. C’était la prière des apôtres qui se préparaient à la Pentecôte. En communion les uns avec les autres, nous supplions le Père : Donne-nous ton Esprit Saint. Qu’il soit avec nous pour vivre cette semaine avec sagesse et amour en faisant la volonté de Dieu.

Dans sa lettre aux Colossiens, saint Paul nous rappelle que nous sommes associés à la victoire du Christ sur la mort et le péché. C’est au nom de cette bonne nouvelle que nous pouvons nous unir à sa prière confiante pour nous et pour le monde entier. Cette prière, nous la faisons passer par Marie. Toute son existence a été entièrement animée par l’Esprit de Jésus. Qu’elle nous apprenne à nous tourner vers notre Père avec confiance et persévérance.

Télécharger : 17ème dimanche du temps ordinaire

Sources : Revue Feu Nouveau, Pour célébrer l’Eucharistie (Feder et Gorius), lectures bibliques des dimanches (A. Vahoye), missel communautaire, François selon Saint Luc

Écouter la Parole de Dieu

Je serai absent deux dimanches de suite. Pour les homélies, je vous renvoie aux archives :

15ème dimanche du temps ordinaire (14 juillet) : lire

16ème dimanche du temps ordinaire (21 juillet) : lire

Ne tenez pas compte de la date qui est en tête de ces homélies ; ce sont des archives de 2016 et 2013

Bien sûr, ce n’est qu’un point de départ qu’il faudra remodeler, adapter ou… laisser de côté.

Bon été à tous

Annoncer la joie de l’Évangile

Textes bibliques : Lire
Les textes bibliques de ce dimanche nous annoncent une bonne nouvelle. Dans la première lecture, le prophète Isaïe nous invite à la joie, une joie qui est donnée par Dieu lui-même. Il nous parle de « cieux nouveaux », de « terre nouvelle », de « Jérusalem nouvelle ». Il annonce également une paix « qui déborde comme un torrent ». Cette paix, ce n’est pas seulement une absence de guerre, c’est d’abord la plénitude de la présence de Dieu, la gloire des nations converties au Seigneur.

Voilà ce message d’espérance que le prophète adresse à Jérusalem. À son époque, il pensait à la ville qui avait été dévastée par l’occupation étrangère. Nous chrétiens d’aujourd’hui, nous comprenons que ce message est aussi pour l’Église d’aujourd’hui. Nous la voyons dévastée par les persécutions mais aussi par les scandales dont elle est victime. Mais il nous faut réentendre cet appel à la joie et à l’espérance que nous adresse le prophète. Le mal n’aura pas le dernier mot. Le Seigneur est là pour nous combler de sa paix et de son amour. Notre cœur « sera dans l’allégresse ».

Cette « joie de l’Évangile » doit être annoncée à tous. C’est ce que nous fait comprendre l’Évangile de saint Luc : le Seigneur désigna 72 de ses disciples pour les envoyer deux par deux, « en avant de lui, dans toutes les villes et localités où lui-même devait se rendre ». Ce chiffre 72 symbolise l’ensemble des nations connues à l’époque de Jésus. C’est une manière de nous rappeler que la bonne nouvelle de l’Évangile doit être proclamée dans le monde entier. Elle n’est pas seulement pour ceux qui vont à l’église. Elle est aussi pour ceux qui n’y vont plus, pour les adolescents en pleine crise, pour tous ceux qui tournent en dérision la foi des chrétiens. Tous doivent pouvoir entendre et accueillir cette Bonne Nouvelle.

Nous comprenons bien que cette vaste mission dépasse toutes nos possibilités humaines. Mais saint Luc précise que Jésus envoie les 72 « en avant de lui, dans toutes les villes et localités où lui-même devait se rendre ». Nous sommes envoyés pour annoncer « la joie de l’Évangile » ; le Christ compte sur nous pour être ses messagers après de ceux et celles qui sont sur notre route. Comme disait si bien la petite Bernadette de Lourdes, nous ne sommes pas chargés de faire croire mais de dire. Le Seigneur est là pour agir dans le cœur de ceux et celles qui entendent la Parole. En dehors de lui, rien n’est possible.

Dans son envoi en mission, Jésus donne des consignes bien précises. « Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : « Paix à cette maison. » Les envoyés de Jésus ne sont pas des conquérants ; ils ne doivent pas user de la violence comme ceux qui prétendent conquérir le monde. Quand Jésus s’adresse aux hommes, il fait appel à leur liberté. Il leur dit son amour passionné, un amour que chacun est libre d’accueillir ou de refuser. Sa priorité est pour les plus grands pécheurs qu’il veut à tout prix sauver. Il est important que nous apprenions à regarder « les villes et les villages » avec le regard même de Dieu. Cette paix que le Seigneur veut nous donner, ce n’est pas seulement l’absence de conflit. C’est le pardon, la miséricorde pour tous. C’est la chance offerte à tous de se relever et de retrouver une vie nouvelle remplie de la présence et de l’amour du Christ.

Cette annonce de l’Évangile est actuellement un défi extraordinaire. Tous les ans, des chrétiens sont assassinés dans le monde, simplement parce qu’ils annoncent l’Évangile aux hommes. Mais rien ne pourra arrêter la Parole de Dieu ni l’empêcher de produire du fruit. C’est précisément en voyant le courage extraordinaire des chrétiens persécutés que des hommes et des femmes se convertissent à Jésus Christ.

L’apôtre Paul a lui aussi lui aussi rencontré des ennuis et des oppositions. Mais il a eu le courage d’aller à contre-courant de la mentalité de son milieu. Il s’est tourné vers les païens, non pour les convertir à la loi de Moïse mais pour leur annoncer Jésus Christ. Il ne cesse de dire que la croix du Christ reste son seul orgueil. Elle a ouvert aux hommes le monde nouveau de Dieu, la Création nouvelle. Dans la lecture de ce jour, Paul nous parle de la grâce et de la paix qui sont offertes à tous. La grâce, c’est l’amour de Dieu qui nous est donné par Jésus. Il nous communique aussi la paix avec Dieu mais aussi en nous et avec tous les hommes.

La mission de l’Église est une mission de paix. Elle est le fruit de la rédemption que le Christ nous a obtenue à grand prix. Nous avons été choisis « pour servir en sa présence » (PE 2). Si nous marchons avec le Christ, rien ne pourra briser notre élan. Si nous rencontrons la méchanceté, nous triompherons du mal par le bien. Nous comptons sur toi, Seigneur : Toi qui nous envoies « comme des agneaux au milieu des loups », rends-nous forts dans les épreuves et garde-nous fidèles à la mission que tu nous confies. Amen

Télécharger : 14ème dimanche du Temps ordinaire

Sources : Revue Feu Nouveau – Pour la Célébration de l’Eucharistie (Feder et Gorius) – Saisons bibliques – Lectures bibliques des dimanches (A. Vanhoye) – Pensées sur l’Évangile de Luc (Schönborn) – Missel communautaire (Michonneau)