Soyez dans la joie

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Ce 4ème dimanche du Carême est appelé « dimanche de la joie ». Toute la liturgie de ce jour nous invite à nous réjouir et à exulter. La raison de cette joie c’est la découverte émerveillée du monde de Dieu dans lequel nous sommes tous appelés à vivre. Cette joie c’est avant tout celle de celui qui reçoit la miséricorde de Dieu.

La première lecture nous dit la joie du peuple d’Israël qui a été libéré de l’esclavage d’Égypte. Après une longue traversée du désert, il entre dans la Terre promise. Cette entrée donne lieu à une grande fête. Ce texte du livre de Josué nous révèle un Dieu libérateur et sauveur. Il veut que nous soyons libres et heureux. C’est aussi ce que nous rappelle la campagne du CCFD Terre Solidaire : « Devenons des acteurs du justice et de fraternité ».

Ce bonheur auquel nous sommes tous appelés passe par la réconciliation. C’est saint Paul qui nous le rappelle dans la 2ème lecture : « Laissez-vous réconcilier avec Dieu. » C’est le monde entier qui a besoin d’être réconcilié. Mais Dieu ne nous a pas abandonnés : il a pris l’initiative d’envoyer son Fils pour « chercher et sauver ceux qui étaient perdus ». Si nous prenons le temps de l’accueillir, ce sera la joie retrouvée. Alors oui, laissons-nous réconcilier avec Dieu et entre nous.

L’Évangile nous invite à faire un pas de plus dans la découverte du vrai visage de Dieu. Cette parabole du fils prodigue, nous la connaissons bien parce que nous l’avons entendue souvent. C’est l’histoire d’un garçon qui réclame sa part d’héritage et s’en va loin de sa famille. Après avoir tout dépensé dans une vie de débauche, il finit par se trouver dans la misère. Cet Évangile nous parle de Dieu et de nous. Il nous dit que c’est ainsi que Dieu agit avec nous ; il nous laisse libres. En nous créant, il nous a fait le don de la liberté. C’est à nous d’en faire un bon usage.

Mais quand nous nous éloignons de lui, quand nous courons à notre perte, Dieu nous porte toujours dans son cœur ; il attend notre retour confiant. Il est comme ce père qui scrute la route dans l’espoir de voir revenir son enfant. Et un jour, il le voit apparaître ; il est tout ému en le voyant, il court à sa rencontre, il le serre dans ses bras et l’embrasse. Malgré les nombreuses bêtises de ce fils, son père est très heureux de l’accueillir.

Quand on se sent pécheur, on se sent vraiment peu de chose, on se sent sale ; c’est alors que nous sommes invités à aller vers le Père. Et nous découvrons que sa grande joie c’est de nous accueillir et de nous guérir. Il est incapable d’en vouloir à ses enfants quoi qu’ils aient fait ; il n’est que miséricorde pour tous, même pour celui qui a commis le pire. Nous sommes tous aimés de Dieu ; son Royaume est offert à tous. Il nous appartient de le dire et de le redire à ceux qui ne le savent pas.

Mais dans l’Évangile de ce jour, il y a un problème : le fils aîné rejette son frère au lieu de l’accueillir. Au premier abord, il a raison : ce frère a gravement fauté ; il a déshonoré sa famille ; il doit assumer les conséquences de ses actes. Ce fils aîné se considère comme juste et irréprochable. Mais il oublie que son orgueil le coupe de l’amour de son père. Nous ne pouvons pas accueillir Dieu si nous ne sommes pas fraternels avec ceux et celles qui nous entourent.

Ce père dont nous parle l’Évangile nous révèle le cœur de Dieu. Nous découvrons que notre Dieu est le Père miséricordieux qui nous aime au-delà de toute mesure. Il attend toujours notre conversion chaque fois que nous nous détournons de lui. Il est toujours prêt à nous accueillir à bras ouverts quoi qu’il arrive. Comme ce père dont nous parle l’Évangile, il continue à nous considérer comme ses enfants alors que nous nous sommes égarés. Il vient à notre rencontre quand nous revenons à lui. Et il nous parle avec beaucoup de bonté, même quand nous nous croyons justes.

Il est urgent pour nous d’entrer dans ce monde de Dieu, monde de la miséricorde, de la gratuité et du pardon. En ce temps du Carême qui nous prépare à Pâques, nous sommes tous appelés à intensifier ce chemin intérieur de conversion. Laissons-nous toucher par ce regard plein d’amour du Père et retournons à lui de tout notre cœur, en rejetant tout compromis avec le péché. L’Eucharistie que nous célébrons rassemble des pécheurs pardonnés. Ensemble, nous rendons grâce à Dieu notre Père pour ce passage de la mort à la vie.

Télécharger : 4ème dimanche du Carême

Sources : Missel des dimanches 2019 – Missel des dimanches et fêtes (Bayard) – Au service de la Parole (Bernard Prévost) – Pape François.

 

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Textes bibliques : Lire

Les jours et les semaines passent et notre marche vers Pâques se fait plus précise. Les textes de ce dimanche nous invitent à accueillir Dieu qui veut libérer son peuple. Cette libération doit passer par un engagement résolu sur le chemin de la conversion. Pour nous faire comprendre combien c’est important, Jésus part des événements qui ont frappé les esprits.

L’Évangile nous parle des gens qui viennent à Jésus pour lui parler des Galiléens que Pilate avait fait massacrer pendant qu’ils offraient un sacrifice. Leur sang avait été mêlé à celui des animaux, ce qui était l’injure suprême ; alors on s’interroge : comment expliquer un sort si horrible ? Beaucoup pensent que c’est un châtiment d Dieu. Ils en déduisent que s’ils sont épargnés, c’est qu’ils sont irréprochables.

Aujourd’hui, Jésus réagit très fermement contre cette manière de voir. Il rappelle que les malheurs qui s’abattent sur le monde et sur les hommes ne viennent pas de Dieu. Il n’y a aucun lien entre la souffrance et le péché. Un autre jour, on posera à Jésus la même question au sujet de l’aveugle-né : « Qui a péché pour qu’il soit né ainsi, lui ou ses parents? » Et Jésus répondra : « Ni lui, ni ses parents. » Tout l’Évangile nous dit et nous redit inlassablement que Dieu est amour. Il n’est surtout pas un justicier sans cœur.

Mais aujourd’hui, Jésus nous met en garde : « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même ». Ce n’est pas notre péché qui entraîne notre condamnation mais notre refus de nous convertir. Ce n’est pas Dieu qui va nous faire périr, c’est nous qui allons à notre perte. C’est pour cela que le Christ nous recommande de ne pas remettre notre conversion à demain. La mort peut arriver d’une manière imprévue. Le danger le plus grave, c’est celui de la mort éternelle qui sépare définitivement l’homme de Dieu.

Chacun de nous est donc invité à se convertir, à changer de comportement et à se détourner de ses péchés. Tout au long de ce carême, nous entendons cet appel à revenir vers le Seigneur. Cette conversion passe aussi par une plus grande attention aux autres, en particulier aux plus démunis. Le CCFD Terre Solidaire nous invite devenir des « semeurs de justice ». Ce temps du Carême nous est donné pour nous libérer de tous nos égoïsmes. Ce qui fait la valeur d’une vie, ce n’est pas ce que nous possédons mais ce que nous sommes, c’est notre accueil, notre partage, notre amour. À travers le plus petit de nos frères, c’est Jésus qui est là.

Dans la seconde lecture, l’apôtre Paul nous présente un autre aspect de cette conversion que Dieu attend de nous : il nous invite à une relecture des événements de l’Exode ; Dieu était là pour libérer son peuple de l’esclavage du péché. Beaucoup sont morts parce qu’ils s’étaient écartés de Dieu. Cette lecture vient nous rappeler une fois de plus que le Carême est un temps de conversion, un temps qui nous invite à rester bien accrochés à ce rocher qu’est le Christ.

Le livre de l’Exode (1ère lecture) nous annonce une bonne nouvelle. Il nous parle la rencontre de Moïse avec Dieu. Moïse se trouve devant ce buisson qui brule mais qui ne se consume pas. Ce buisson c’est le symbole de Dieu. Moïse découvre que Dieu est un feu ardent. Plus tard, saint Jean dira que « Dieu est amour ». Cet amour est un feu qui ne se consume pas car il est éternel. Il va en priorité vers les pauvres, ceux qui sont opprimés et exploités : « J’ai vu la misère de mon peuple… Je connais ses souffrances. » Le vrai Dieu est avec tous ceux qui sont opprimés et réduits à la misère. Il est avec eux pour les délivrer. Mais il ne veut pas le faire sans nous.

Le CCFD Terre Solidaire nous donne l’occasion de concrétiser ce chemin de conversion. Aujourd’hui comme autrefois, Dieu voit la misère de son peuple. La spéculation affame les plus pauvres. L’accaparement des terres est phénomène très fort dans de nombreux pays et il y fait de nombreuses victimes. Tout cela, Dieu le voit. Et comme pour Moïse, il voit aussi notre capacité à réagir contre l’injustice et l’esclavage. La conversion à laquelle Jésus nous appelle suppose un retournement profond. C’est à ce prix que ns nous pourrons « donner du fruit à l’avenir, un avenir plus juste ».

Tout au long de ce Carême, nous accueillons cet appel à nous convertir. Nous faisons nôtre la prière du psaume 94 : « Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur. »

Télécharger : 3ème dimanche du Carême

Sources : Revue Feu Nouveau – Missel des dimanches 2019 – Homélies pour l’année C (Amédée Brunot) – Documents du CCFD Terre Solidaire.

Le Dieu de l’alliance

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Quand nous parlons du Carême, nous pensons souvent sacrifices, renoncements, privations. En fait, les lectures bibliques de ce dimanche nous invitent à regarder plus loin et plus haut ; c’est toute notre destinée éternelle qui nous est rappelée en ce jour ; c’est ce qui apparaît dans la promesse faite à Abraham (1ère lecture), dans les encouragements de saint Paul aux chrétiens de Philippe (2ème lecture) et dans l’Évangile de la Transfiguration.

La 1ère lecture a pu nous paraître un peu déroutante ; en fait, elle évoque des pratiques très connues dans le Proche Orient : quand deux hommes ou deux groupes faisaient alliance, ils utilisaient ce rituel. Ici, c’est Dieu qui fait alliance avec Abraham : « Tu as répondu à mon appel, tu as quitté ton pays, ton confort, tu m’as fait confiance… » Et Dieu lui promet une nombreuse descendance ; il lui promet d’être toujours avec lui. Comme Abraham, nous sommes tous invités à regarder plus loin que notre petit horizon. Dieu veut nous conduire vers son Royaume. Et il attend de nous que nous devenions des semeurs de fraternité.

C’est cette bonne nouvelle que l’apôtre saint Paul nous rappelle dans sa lettre aux Philippiens. Le but de notre vie n’est pas sur cette terre. Nous sommes « citoyens du ciel ». Nos pauvres corps sont destinés à être transformés à l’image du « Corps glorieux » de Jésus. Le Carême nous donne l’occasion de nous détourner de nos préoccupations mondaines et de nous attacher au Christ. Aujourd’hui, l’apôtre dénonce « ceux qui se conduisent en ennemis de la croix du Christ. Nous chrétiens, nous savons que nous sommes sauvés par le Christ seul. Nous attendons de partager sa résurrection. C’est en ce sens que nous sommes « citoyens du ciel.

L’Évangile nous montre Jésus qui prend trois de ses disciples sur la montagne pour prier. « Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante. Ainsi, les disciples de Jésus découvrent que sa prière devient « transfigurante » ; c’est aussi vrai pour chacun de nous. Elle nous aide à sortir de nous-mêmes et à nous ajuster à Dieu. Ce contact permanent avec lui ne peut que nous transformer. Il s’agit pour nous d’accueillir l’amour qui est en Dieu pour qu’il rayonne et soit communiqué autour de nous.

Sur la montagne, Jésus n’est pas seul : deux hommes s’entretiennent avec lui, Moïse et Élie qui ont été les grands acteurs de l’alliance de Dieu avec les hommes. Tous trois « parlaient ensemble de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem ». C’est là que Jésus sera arrêté, condamné et mis à mort sur une croix. Pour les disciples, ce sera une épreuve très douloureuse.

Mais pour raviver leur foi, Jésus leur laisse entrevoir la gloire qui sera la sienne lors de sa résurrection. Au-delà de nos souffrances et de nos épreuves, c’est à cette gloire que nous sommes tous appelés par Dieu lui-même. En ce dimanche et tout au long du Carême la voix du Père est là : « Celui-ci st mon Fils, écoutez-le ». Aujourd’hui, vous voyez son visage transfiguré ; un jour, vous le verrez défiguré par la haine, la violence et les scandales de toutes sortes. Mais le mal n’aura pas le dernier mot. C’est l’amour qui triomphera. Nous sommes tous appelés à participer à la victoire du Christ ressuscité.

Voilà cet appel du Père. La réponse que nous donnerons nous transfigurera si elle répond au désir de Dieu. Toutes nos actions du Carême participent à ce vaste mouvement de transfiguration. Cela peut se manifester par de nouvelles formes de jeûne, de partage et de solidarité. En ce temps du Carême, le CCFD Terre Solidaire nous rappelle que 821 millions de personnes ne mangent pas à leur faim. À travers eux, c’est le Seigneur qui est là et qui nous interpelle. Comme Abraham, comme Paul et comme les disciples, nous sommes invités à sortir de nous-mêmes et à ÉCOUTER la voix du Père. C’est la condition requise pour notre transfiguration.

Mais n’oublions pas que pour nous comme pour Jésus, tout doit commencer dans la prière. L’Eucharistie que nous célébrons est « source et sommet de toute vie chrétienne ». Qu’elle nous envoie vers une transfiguration de la vie concrète que nous allons trouver « en descendant de la montagne ».

Télécharger : 2ème dimanche du Carême

Sources : Revue Feu Nouveau – Homélies Année C (Amédée Brunot) – Missel communautaire des dimanches et fêtes – Ta Parole est ma joie (Joseph Proux) – Documents du CCFD Terre Solidaire.

 

« Aller au désert avec le Christ »

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Depuis mercredi dernier, nous sommes entrés dans le temps du Carême. Cette période qui dure quarante jours nous prépare à la grande fête de Pâques. Ce sera pour nous l’occasion de retrouver les vraies priorités de notre vie chrétienne. Nous reconnaissons que bien souvent, nous nous sommes détournés du Seigneur et qu’il n’est pas toujours notre priorité. Nous avons trop souvent organisé notre vie en dehors de lui. Alors il est là pour nous dire et nous redire : « Revenez à moi de tout votre cœur ! » Le Carême c’est précisément ce temps privilégié qui nous est donné pour revenir vers le Seigneur ; il est urgent de le remettre au centre de notre vie. Continuer la lecture de

« Aller au désert avec le Christ »