Aller vers la Lumière

Textes bibliques : Lire

La première lecture nous rapporte la joie du prophète : « Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. » Cette parole adressée à la ville sainte nous appelle, nous aussi, à nous lever. Aujourd’hui comme autrefois, le prophète nous recommande de sortir de nos enfermements. Il nous montre la lumière qui vient illuminer notre existence. Cette lumière c’est la gloire du Seigneur.

L’Église ne doit pas croire qu’elle brille de sa propre lumière. C’est ce qu’écrivait saint Ambroise : « L’Église est véritablement comme la lune : elle ne brille pas de sa propre lumière mais de celle du Christ. Elle tire sa propre splendeur du Soleil de justice. » L’Église ne peut éclairer le monde que si elle est éclairée par le Christ. C’est lui-même qui nous le dit : « Je suis la Lumière du monde : Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres ». (Jean 12, 8)

Nous avons tous besoin de cette lumière qui vient d’en haut. Elle nous est nécessaire pour répondre de manière cohérente à l’appel que nous avons reçu : nous sommes tous appelés et envoyés pour annoncer l’Évangile du Christ. Il ne s’agit pas de faire du prosélytisme en obligeant les gens à se convertir. Être missionnaire c’est d’abord être illuminés par Dieu et réfléchir sa lumière. Notre mission c’est de faire resplendir la Lumière du Christ. Le monde attend de nous cet engagement missionnaire. Il l’attend parce qu’il a besoin de connaître le Christ ; il a besoin de connaître le visage du Père.

C’est cette lumière qui a complètement bouleversé la vie de Paul sur le chemin de Damas. Il a compris que « toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile. » Le salut est offert à tous. C’est cette lumière qu’il faut transmettre à toutes les nations. Paul était imprégné de la présence et de l’amour du Christ ; il en a témoigné dans ses lettres, ses discours et ses voyages. Un jour, il a même pu dire : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. »

La prophétie d’Isaïe nous parlait d’une grande procession vers la Lumière. Les mages venus d’Orient sont les premiers de cette procession qui ne s’interrompt plus. À toutes les époques, des hommes, des femmes et des enfants ont suivi l’étoile ; ils ont trouvé l’enfant qui indique la tendresse de Dieu. Les mages représentent des hommes et des femmes de toutes les religions du monde entier. Les uns et les autres sont en recherche.

Ces mages nous indiquent la route sur laquelle nous sommes tous invités à marcher. Ils ont longtemps cherché la lumière véritable. Après avoir vu le signe de l’étoile, ils se sont mis en marche, ils ont fait un long voyage. C’est l’Esprit Saint qui les a appelés et qui les a poussés à se mettre en chemin. Et c’est sur ce chemin qu’aura lieu la rencontre avec le vrai Dieu.

Sur leur route, les mages ont dû faire face à de nombreuses difficultés. Arrivés à Jérusalem, ils se rendent au palais du roi Hérode. Pour eux, il était évident que le nouveau roi devait naître dans un palais royal. Or c’est là qu’ils ont perdu de vue l’étoile. Ce qu’ils ont vu, c’est un roi orgueilleux, avide de pouvoir qui ne pense qu’à éliminer tous ceux qu’il considère comme des rivaux. Dans ce palais, les mages ont traversé un moment d’obscurité et de désolation. Dans un tel milieu, l’étoile ne peut pas briller. Il leur a fallu l’éclairage des prophètes pour se remettre en route vers la Lumière.

Arrivés à Bethléem, ils trouvent « l’enfant avec Marie sa mère ». Ils auraient pu sombrer dans la tentation de refuser la petitesse de ce roi. Or c’est le contraire qui arrive : tombant à ses pieds, ils se prosternent devant lui. C’est l’Esprit Saint qui les a aidés. C’est lui qui les a fait entrer dans ce grand mystère. Guidés par l’Esprit Saint, ils arrivent à reconnaître que Dieu ne se manifeste pas par la puissance de ce monde. Il vient à nous dans l’humilité de son amour. Cet amour de Dieu est grand et puissant mais il est humble.

Cette bonne nouvelle nous rejoint dans notre monde : nous voyons autour de nous des guerres, des injustices, des tortures, des trafics d’armes, la traite des personnes… Ce sont les petits et les faibles qui sont les premières victimes. Si nous cherchons Jésus, c’est vers eux qu’il nous faut nous tourner. La crèche nous présente un chemin différent de celui dont rêve la mentalité mondaine : c’est le chemin de l’abaissement de Dieu.

Les mages sont entrés dans ce mystère. Ils sont passés des calculs hautains à l’humilité de la crèche. Nous pouvons demander au Seigneur qu’il nous guide sur ce chemin de conversion, qu’il nous libère des tentations qui cachent l’étoile. Il peut arriver qu’au milieu des tromperies mondaines, nous la perdions de vue. Mais comme les mages, n’hésitons pas à poser la question : « Où est l’étoile ? » En la cherchant et en la suivant, nous trouverons le « nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ».

Marie, notre Mère est toujours là pour nous montrer Celui qui est la Lumière du monde. Comme aux noces de Cana, elle nous redit : « Faites tout ce qu’il vous dira. »

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Sources : Revue Feu Nouveau – Guide Emmaüs des dimanches et Fêtes – Pape François : Joyeux Noël

Fête de la Sainte Famille

Textes bibliques : Lire

En ce dimanche après Noël, nous fêtons la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. Cette famille nous est présentée comme modèle pour toutes les familles. Chaque année, nous entendons des lectures qui mettent l’accent sur les vertus familiales. Les textes bibliques de ce dimanche mettent en valeur la foi. Ils nous rappellent que la foi est une valeur essentielle de la vie familiale. Elle tisse des liens très forts entre des personnes que tant de choses séparent.

La première lecture et la lettre aux Hébreux nous parlent de la foi d’Abraham. Voilà un homme qui s’est mis en route pour aller vers le pays que Dieu lui destinait. Il est parti sans savoir où il allait. Il a cru à la Parole de Dieu qui lui promettait une descendance issue de son sang. Nous comprenons que la foi ce n’est pas seulement adhérer à des idées, des croyances ; c’est d’abord se mettre en route, c’est s’engager sur le chemin que Dieu nous montre.

Il faut le dire : la foi façonne des existences solides. Elle nous aide à faire face aux problèmes de la vie. La lettre aux Hébreux a été écrite pour des chrétiens persécutés. L’auteur de cette lettre a voulu les édifier et les encourager à tenir bon. Il leur montre Abraham comme modèle de la foi en Dieu. « Grâce à la foi », le projet de Dieu a pu s’accomplir. La lettre aux Hébreux nous invite à une relecture des événements anciens. L’aventure d’Abraham s’accomplit en Jésus ; il est le meilleur témoin de la foi. Il en est l’initiateur et l’aboutissement.

C’est vrai, tout l’Évangile nous présente Jésus qui vient éclairer notre vie. Cela change tout dans notre façon de regarder et d’écouter les autres. Nous vivons dans un monde qui accuse et qui condamne. Le regard de la foi nous invite à regarder le meilleur en eux. Il les aide à grandir et à s’assumer. Avec lui, les familles deviennent des lieux d’éducation et d’amour véritable ; elles trouvent la joie de prier et de louer Dieu. En ce jour, nous n’oublions pas toutes celles qui sont douloureusement éprouvées par le deuil, la maladie d’un proche, la mésentente. Nous demandons au Seigneur qu’elles rencontrent des témoins de l’amour qui est en Dieu.

L’Évangile nous donne le témoignage de Marie et Joseph. Quarante jours après la naissance de Jésus, ils se rendent au temple de Jérusalem. Ils obéissent à la loi de Moïse qui prescrit d’offrir au Seigneur tout fils premier né. Nous pouvons imaginer cette humble famille que rien ne distingue des autres. Et pourtant, elle ne passe pas inaperçue : Siméon et Anne s’approchent de l’enfant. Animés par l’Esprit Saint, ils se mettent à louer Dieu. Ils reconnaissent « la Lumière des nations et le Salut d’Israël. Encore une fois ce qui a été caché « aux sages et aux savants » a été « révélé aux tout-petits ».

Voilà cette rencontre extraordinaire entre deux jeunes époux et deux personnes âgées. Ils sont remplis de joie et d’action de grâce. C’est Jésus qui les fait se rencontrer. Et c’est toujours vrai dans notre monde d’aujourd’hui : c’est Jésus qui rapproche les générations. Il est la source de cet amour qui unit les familles. En lisant cet Évangile d’aujourd’hui, notre pape François nous invite à penser aux grands-parents. Leur rôle est absolument précieux pour la transmission de la foi aux jeunes générations.

Le message qui provient de la Sainte Famille est d’abord un message de foi. Dans la vie familiale de Marie et Joseph, Dieu est au centre ; il l’est en la personne de Jésus. La famille de Nazareth est sainte parce qu’elle est centrée sur la personne de Jésus. Voilà cet idéal qui est proposé aujourd’hui à toutes nos familles, parents et enfants.

Les textes bibliques de ce dimanche nous adressent une invitation à approfondir notre foi pour qu’elle soit plus vivante et plus forte. Jésus nous est présenté comme la Lumière des nations. Vivre Noël, c’est accueillir cette lumière dans nos vies, dans nos familles. C’est avec lui que nous pourrons grandir dans la foi. Elle va nous pousser au témoignage joyeux, serein et convaincu. La foi est une amitié avec le Christ, le Fils de Dieu et unique sauveur du monde.

Confions à Marie, Reine et Mère de la famille, toutes les familles du monde. Qu’elles puissent vivre dans la foi, dans la concorde, dans l’aide réciproque. Que Marie nous aide à accueillir la Parole de son Fils et à faire « tout ce qu’il nous dira ». Qu’elle soit toujours avec nous pour nous garder fidèles à son amour.

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Sources : Revues Feu Nouveau, Lectures bibliques des Dimanches (B), Commentaire ADAP (Nouvelle Calédonie), « Joyeux Noël » (Pape François)

 

 

Notre Sauveur est né

Textes bibliques :  Lire

En cette fête de Noël, nos églises accueillent des personnes d’origines différentes, de milieux différents, l’âge et même des gens qui ne partagent pas la même foi. Certains fréquentent nos églises régulièrement, d’autres de façon épisodique, d’autres très rarement ; que personne ici ne se sente étranger. Qu’aucun d’entre nous ne se sente jugé pour son passé ou son présent. Le message de Noël c’est justement cela: Dieu nous aime tous qui que nous soyons.

Tout au long de sa vie terrestre, celui que nous fêtons aujourd’hui montrera qu’il accueille tous ceux qui viennent à lui, ceux qui prient beaucoup, tous les jours, comme ceux qui se tournent vers lui au dernier moment. L’enfant que nous fêtons aujourd’hui est né dans une étable. Les premiers qui l’ont vu étaient des bergers. Au temps de Jésus les bergers n’étaient pas bien considérés. En effet, à cause de leur métier, ils ne fréquentaient guère les offices religieux. Ce sont eux, pourtant, les premiers cités dans l’évangile pour s’être mis en marche vers Jésus.

Celui que nous fêtons aujourd’hui comme notre Dieu a pris la condition humaine. Il a vécu la plus grande partie de sa vie non pas comme un prince mais comme l’humble artisan d’un petit village. Il a travaillé de ses mains. Sa naissance sera celle d’un pauvre. Comme tous les gens de leur temps, ses parents se sont déplacés pour obéir aux ordres de l’empereur. Tout au long de sa vie publique, on verra Jésus accueillir les enfants, les méprisés, les malheureux. On causera même sur lui.. On lui reprochera de manger avec les publicains, des gens qui ne mettent pas en pratique la loi dans toute sa rigueur.

Mais celui que nous fêtons aujourd’hui n’est pas un enfant comme les autres. Bien sûr, il a réalisé des choses extraordinaires. Mais surtout, il est le seul dont les disciples disent qu’après être mort volontairement pour nous, il est redevenu vivant. Fêtant la naissance du Christ aujourd’hui, c’est notre naissance à la vie que nous fêtons aussi. Nous chrétiens, nous croyons que Jésus est toujours vivant, d’une vie qui ne finit pas et qui dure même après notre mort.

Aujourd’hui, nous fêtons la naissance du Christ, de celui qui a dit : « Je suis la résurrection et la vie, celui qui croit en moi fut-il mort, vivra ». Le sauveur que les hommes attendaient, nous apprend par sa naissance que la condition humaine est respectable: Dieu en effet, n’a pas rougi de prendre notre condition humaine. Mais le sauveur nous apprend aussi que nous sommes appelés à vivre avec lui pour toujours. La Bonne nouvelle que nous célébrons aujourd’hui est une nouvelle actuelle, une nouvelle pour nous.

Fêter Noël, c’est accepter d’entrer dans ce mouvement de paix, de joie, de réconciliation : « Gloire à Dieu et paix sur terre aux hommes de bonne volonté ». Dire cela nous est facile mais peut-être pourrions-nous essayer de le vivre. Fêter Noël aujourd’hui, c’est aussi faire des cadeaux. Mais qu’importeraient les cadeaux s’ils n’étaient pas signe d’amour fraternel, d’amour conjugal ? Un cadeau n’a de sens que parce qu’il représente l’amour. Fêter Noël aujourd’hui, c’est donc accepter d’essayer tous les jours d’aimer ceux et celles qui nous entourent, au travail et en famille. C’est vouloir être instrument de justice, c’est accepter d’avoir moins pour que les autres aient plus. C’est vouloir être instrument de paix et de réconciliation : Au lieu de mettre la discorde dans le village ou le quartier, c’est vouloir mettre un peu de paix.
Bon Noël à tous. Gardons le cœur ouvert et faisons en sorte que personne ne reste seul en ce jour de Noël. À l’écoute de ce que dit Jésus, sachons vivre l’amour, le véritable amour qui est don de soi. Nous nous disons catholiques, ce qui veut dire « universel ». Pensons aussi aux différents points du monde où sévit toujours la guerre. Demandons à Dieu la paix et qu’il nous aide à être, là où nous vivons des artisans de paix.

En cette fête de Noël, nous nous tournons vers ce petit enfant de la crèche. En lui, c’est Dieu qui fait le premier pas vers nous. Il fait de nous des messagers de sa paix et de son amour. Nous le supplions : « Toi qui es Lumière, toi qui es l’Amour, mets en nos ténèbres ton Esprit d’Amour. Amen

Dieu avec nous

Textes bibliques : Lire

Nous célébrons ce matin la messe du 4ème dimanche de l’Avent. Tout au long de cette période, nous avons entendu un mot important : c’est le verbe « VENIR« . Le temps de l’Avent nous rappelle que Jésus est venu lors du premier Noël. Ce même Jésus est celui qui vient dans notre vie de tous les jours. Lui-même nous l’a promis : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». Il est également celui qui reviendra ; nous attendons son grand retour à la fin des temps.

Cette venue du Seigneur était déjà annoncée dans le 2ème livre de Samuel (1ère lecture). À l’époque, l’Arche de l’Alliance était le symbole de la présence de Dieu au milieu de son peuple. Alors le roi David vient trouver le prophète Nathan : « Regarde ! J’habite dans une maison de cèdre, et l’arche de Dieu habite sous un abri de toile ! » Pour lui, ce n’est pas normal ; il voudrait pour son Dieu un temple grandiose. Mais par l’intermédiaire du prophète, Dieu lui fait comprendre qu’il n’a pas besoin d’un temple de pierres. À la lumière des Évangiles, les chrétiens comprendront que le seul vrai temple c’est Jésus. En lui, c’est Dieu qui se rend présent au monde.

Dans la seconde lecture, l’apôtre Paul rend grâce à Dieu qui a enfin révélé son secret. Cette venue du Sauveur était prévue depuis toujours. Les croyants ont dû apprendre à faire confiance. C’est ainsi qu’il les a fait pénétrer dans le cœur de son secret : Dieu lui-même s’est fait homme. Cette bonne nouvelle a été « portée à la connaissance des peuples païens pour les conduire à l’obéissance de la foi ». En Jésus, c’est Dieu qui vient à eux pour les sortir de la vie sans but qui était la leur jusque-là. À la suite de Paul et de toute l’Église, nous rendons grâce à Dieu pour cette merveille.

Dans l’Évangile de ce jour, nous avons entendu le récit de l’Annonciation ou plutôt celui de la vocation de Marie. L’ange Gabriel se rend chez elle pour lui annoncer qu’elle a été choisie par Dieu pour être la mère de son Fils. Et Marie répond librement : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ». Cet Évangile est une réponse à la première lecture. Dieu ne veut pas habiter une maison grandiose. Son grand désir c’est d’habiter le cœur des hommes. Il est « Emmanuel », Dieu avec nous. Il veut que nous devenions familiers de sa présence et que nous cheminions ensemble vers son Royaume d’éternité.

Noël c’est d’abord Jésus qui vient : il frappe discrètement à notre porte et il attend notre réponse. Il faut le dire et le redire à ceux qui ne le savent pas : le plus beau cadeau de Noël c’est Jésus qui vient habiter en nous. Accueillir Dieu et le donner au monde c’est quelque chose d’extraordinaire. Nous y trouvons une joie que personne ne peut nous enlever.

Ce cadeau que Dieu nous fait, nous ne pouvons pas le garder pour nous. À la suite de Marie, nous sommes choisis et appelés par Dieu pour incarner sa bonté, sa tendresse et sa justice. Il a besoin de nos mains pour continuer les siennes. Il a besoin de nos yeux pour voir la souffrance humaine et la soulager. Quelle que soit la question qu’il nous pose, il nous invite à lui dire OUI.

Comme la Vierge Marie, Dieu nous confie une mission. Le synode de notre diocèse nous l’a rappelé : « Que chaque personne, quel que soit son âge, puisse se poser la question de son devenir devant Dieu… et de son rôle au service de la communauté paroissiale. » Le Seigneur compte sur nous tous pour témoigner de sa présence et de son amour auprès de tous ceux et celles qui ne le connaissent pas.

En nous rassemblant à l’église, nous avons répondu à l’appel du Seigneur. Chaque dimanche, il rejoint les communautés réunies en son nom. En nous nourrissant de sa Parole et de son Corps, il vient habiter en nous. Il veut être avec nous et en nous pour nous conduire vers le Royaume qu’il est venu annoncer. En ce jour, nous pouvons lui adresser cette prière : « Dieu qui veux habiter les cœurs droits et sincères, donne-nous de vivre selon ta grâce. Alors, tu pourras venir en nous pour y faire ta demeure. Amen

Télécharger : 4 avent

Sources : Revue Feu Nouveau, Guide Emmaüs des dimanches et Fêtes (JP Bagot), Homélies pour l’année B (Amédée Brunot), Missel Communautaire (Michonneau)

Réjouissez-vous

Textes bibliques : Lire

En ce 3ème dimanche de l’Avent, nous sommes invités à nous réjouir. C’est l’appel que nous adresse Isaïe dans la première lecture : « Je tressaille de joie et mon âme exulte en mon Dieu ». Ces paroles concernent un peuple qui vient de vivre environ 50 ans en terre d’exil. Revenu dans son pays d’origine, il se trouve en situation de détresse. C’est là que le prophète intervient ; il se présente comme le messager du Seigneur : non Dieu n’abandonne pas son peuple ; la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres ; les cœurs brisés sont réconfortés ; c’est vraiment un temps de grâce pour tous ceux qui mettent leur foi dans le Seigneur.

Cette bonne nouvelle est toujours d’actualité dans le monde tourmenté qui est le nôtre : le Seigneur est là, au cœur de nos vies. Il est la bonne nouvelle annoncée aux pauvres, aux exclus et à tous ceux et celles qui souffrent. Il est venu rendre à tous les hommes leur liberté et leur dignité d’enfants de Dieu. Comme disait le pape Jean-Paul II, « il est celui qui a donné Dieu aux hommes et les hommes à Dieu ». C’est un don que lui seul peut nous faire.

Le cantique de Marie (qui suit la première lecture) va dans le même sens. C’est la même bonne nouvelle : Dieu est sauveur. Il comble de biens les affamés. Il relève Israël son serviteur. D’ailleurs, le nom donné à Jésus signifie « Le Seigneur sauve ». Sa venue est une bonne nouvelle pour le monde de son époque mais aussi pour nous aujourd’hui. C’est pour cela qu’en ce temps de l’Avent, il est si important de se mettre dans une attitude d’accueil et de joie. Marie est là pour nous y aider. Avec elle, nous chantons les louanges du Seigneur qui continue à faire des merveilles.

« Soyez dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance… » Ces paroles sont de saint Paul (2ème lecture). Il invite les chrétiens de son temps et ceux d’aujourd’hui à puiser aux sources de la joie qui est en Dieu, Père Fils et Saint Esprit. Pour l’obtenir, il faut prier sans cesse car elle est un don de Dieu. En ce temps de l’Avent, nous célébrons Celui qui vient à nous. Mais pour que cette rencontre soit possible, il importe que nous allions à lui. C’est dans ce contact régulier avec lui que nous trouverons la vraie joie.

Dans l’Évangile, c’est Jean Baptiste qui intervient, le dernier prophète de l’Ancien Testament ; à la suite d’Isaïe, il se présente comme « la voix qui crie dans la désert ». Il déçoit les chefs religieux qui viennent l’interroger : Non, il n’est pas le Messie, ni Élie, ni le prophète annoncé ; il n’est que le témoin de Celui qui est la Lumière du monde. Sa mission c’est de la montrer à tous : « Au milieu de vous, se tient Celui que vous ne connaissez pas. » C’est toujours vrai dans notre monde d’aujourd’hui. Jésus est toujours là au milieu de nous et beaucoup ne le savent pas. Notre synode diocésain nous a rappelé qu’il est venu parmi nous « pour que les hommes aient la vie. »

Mais pour que le Seigneur puisse venir chez nous, il nous faut redresser son chemin, éliminer tout ce qui est tordu en nous. Nous avons tous à nous convertir, éradiquer de notre vie tout ce qui est orgueil, paroles blessantes, accusations injustes. Nous vivons dans un monde qui souffre de la violence, de l’injustice, de l’égoïsme. Dans ce cas, il n’y a pas de place pour Dieu dans notre vie. Le pape François nous dit que « même les croyants courent ce risque… Beaucoup succombent et se transforment en personnes vexées, mécontentes et sans vie. »

Nous sommes à une semaine de Noël. Tout est prévu pour un Noël de fête, les cadeaux bien colorés et bien enrubannés, le réveillon, les illuminations dans nos rues et nos maisons. Mais le risque est grand d’oublier Celui qui est à la source de cette fête. Les crèches sont là pour nous le rappeler, mais en de nombreux endroits, on n’en veut plus : « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu. »

La question nous est posée : Sommes-nous disposés à accueillir Celui qui vient nous sauver ? C’est le moment de redonner toute sa place à la prière et à tout ce qui peut nous aider à réorienter toute notre vie vers le Seigneur ; par le sacrement du pardon, nous pourrons redresser tout ce qui est tortueux en nous. Le Christ ne demande qu’à nous combler de son amour. Ses paroles sont celles de la Vie Éternelle.

Nous allons célébrer l’Eucharistie : nous chanterons « Béni-soit Celui qui vient au nom du Seigneur ». Oui, l’Avent c’est Jésus qui vient et nous ne pouvons que le chanter et lui rendre grâce. Les plus beaux cadeaux, les réveillons les plus fastueux ne sont rien auprès de ce petit enfant né dans des conditions misérables. C’est auprès de lui que nous trouvons la vraie joie. Lui seul peut nous aider à évangéliser Noël car il en est le principal acteur. Il nous invite et nous attend tous à la crèche. Qu’il nous donne de répondre joyeusement à son appel.

Sources : « La joie de l’Évangile (Pape François), Revues Feu Nouveau, Fiches dominicales, Lectures bibliques des dimanches (Albert Vanhoye) – Commentaires de Claire Patier, Guide Emmaüs des dimanches et fêtes (JP Bagot), Homélies pour l’année B (Amédée Brunot), Homélies du dimanche année B (Mgr Léon Soulier)

Le Seigneur vient

Textes bibliques : Lire

Sur notre route vers Noël, nous trouvons le prophète Isaïe. Aujourd’hui, nous le voyons s’adresser aux Juifs déportés à Babylone. Depuis des années, ils sont prisonniers, écrasés, en terre d’exil. Isaïe leur annonce le retour en Terre sainte. Le message est clair : « Voici votre Dieu qui doit venir… Préparez-vous… Redressez les passages tortueux… comblez les ravins… » Cela signifie : « Que votre cœur se purifie, soyez droits et juste, n’ayez pas des attitudes tortueuses ».

En ce temps de l’Avent, chacun est invité à se redresser et à se reprendre vigoureusement en main. Il s’agit de collaborer ensemble au projet de Dieu qui veut sauver son peuple et lui manifester sa gloire. L’Église reprend avec force le cri des prophètes : « Voici votre Dieu qui ne cesse de vous aimer. »

Dans sa lettre, l’apôtre Pierre nous parle précisément de cette venue du Seigneur. Il s’adresse à des chrétiens qui l’attendent avec impatience. Mais ces derniers finissent par se poser des questions : Ils constatent que rien ne semble bouger. Alors l’apôtre leur explique que Dieu ne mesure pas le temps comme nous : il est éternel ; pour lui, il n’y a pas d’avant ni d’après. De plus, il donne à chacun le temps qu’il faut pour se convertir. Un jour, la fin du monde viendra : il y aura des cieux nouveaux et une terre nouvelle. L’important c’est que nous soyons tendus vers la pleine réalisation de ce grand projet de Dieu.

Sur notre route de l’Avent, nous trouvons également Jean Baptiste, le dernier prophète de l’Ancien Testament ; ce qui frappe, c’est son humilité, son effacement. Il avait tout pour réussir, pour jouer au Messie dont les foules rêvaient. Il s’est obstiné à rester dans l’ombre, dans l’oubli de soi. Il vient accomplir ce qui avait été annoncé par le prophète Isaïe. Il est la voix qui crie dans le désert : « Préparez les chemins du Seigneur, aplanissez sa route. »

« Tout ravin sera comblé… » Ces ravins, ce sont nos vides, nos manquements devant Dieu, nos péchés, nos omissions. Un des grands vides de notre vie, c’est que nous ne prions pas ou que nous prions trop peu. Il nous faut réparer une telle omission. C’est maintenant le moment de prier avec intensité. Il est urgent de réserver à notre vie spirituelle la place qu’elle mérite. Un des grands vides c’est aussi le fossé que nous creusons entre nous et les autres. Nous ne pourrons le combler qu’en nous montrant attentifs et généreux.

« Toute montagne et toute colline seront abaissées… »  À travers cette parole, Jean Baptiste désigne notre orgueil, notre superbe. C’est ce qui se passe quand notre vie reste centrée sur nous-mêmes. Tous ces obstacles qui nous éloignent de Dieu doivent être éliminés : avec lui, « les passages tortueux deviendront droits, les escarpements seront changés en plaine. Alors la gloire de Dieu se révèlera à tous.

La consigne est claire : il ne s’agit pas de dérouler « le tapis rouge » sous les pas du Christ. Ce qu’il nous faut construire, c’est une gigantesque autoroute (sans péage) pour que tous les hommes puissent bondir à la rencontre du Bien-aimé. Et pour cela, il nous faut raboter certains préjugés que nous avons contre les autres, contre l’Église, les évêques, les prêtres, contre les chrétiens qui ne pensent pas comme nous et même contre Dieu. Le désert de nos vies c’est celui de tous les combats. Notre vie chrétienne est un combat de tous les jours, une lutte contre les forces du mal. Mais n’oublions jamais qu’avec le Christ ressuscité, c’est l’amour qui triomphera.

C’est de cette espérance que nous avons à témoigner dans notre monde d’aujourd’hui. Cela commence en donnant la première place au Christ dans notre vie. Noël c’est Jésus qui vient ; il est là présent au cœur de nos vies. Il n’est pas possible de l’annoncer si nous ne l’accueillons pas en nous. Aujourd’hui, Jean Baptiste nous apprend à nous effacer devant lui pour lui donner toute sa place. Le temps de l’Avent est un temps de préparation. Il s’agit d’ouvrir la voie pour que Dieu puisse passer.

Cette voie d’accès à Dieu n’est pas réservée aux seuls chrétiens. Nous ne devons pas oublier que Jésus a livré son Corps et versé son sang pour nous et pour la multitude. C’est donc pour toute l’humanité que nous sommes mobilisés quand nous « préparons le chemin du Seigneur. » Le synode de notre diocèse nous l’a rappelé : Pour que les hommes aient la vie, tout baptisé doit devenir « disciple-missionnaire ». N’en doutons pas : avec le Christ présent au cœur de nos vies, le désert refleurira. » (Is. 32, 15)

Sources : Homélies du Dimanche (Mgr Léon Soulier) – Ta Parole est ma joie (Joseph Proux) – L’Évangile au présent (Denis Sonet) – Homélie pour l’année B (Amédée Brunot).