« Dieu avec nous… »

Textes bibliques : Lire

En ce 4ème dimanche de l’Avent, la liturgie nous propose deux récits de l’Annonciation ; nous avons tout d’abord celui de la 1ère lecture : nous sommes au 4ème siècle avant Jésus Christ ; la situation du peuple d’Israël est vraiment dramatique : il est menacé de partout par les armées étrangères. Face à ce danger, le jeune roi d’Israël n’a pas fait le bon choix. Il a abandonné le vrai Dieu pour se tourner vers les dieux païens et s’attirer leurs faveurs.

Mas ces dieux païens ne sont rien. C’est également vrai pour nous aujourd’hui. Nous pensons à ces dieux qui occupent une grande place dans notre vie et notre monde : ils s’appellent argent, richesses, recherche du profit, de la belle situation… Aujourd’hui, le prophète Isaïe invite le roi Acaz et chacun de nous à se tourner vers le seul vrai Dieu. C’est sur lui qu’il nous faut compter. En ce temps de l’Avent, nous sommes invités à retrouver le vrai sens de Noël. Il ne s’agit pas de courir après toujours plus de consommation mais d’accueillir Celui qui vient nous sauver.

Cette annonce de la venue du Sauveur, nous la retrouvons dans l’Évangile de ce dimanche : c’est le message de l’ange à Joseph ; il est invité à prendre chez lui Marie son épouse : « L’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ». Ces paroles nous disent la mission que Dieu confie à Joseph : il est appelé à être le gardien de Marie et de Jésus ; le pape François ajoute que cette garde concerne aussi toute l’Église. Saint Joseph est désormais le protecteur mystique de toute l’Église.

Cette garde, joseph l’exerce avec discrétion et humilité, dans le silence. Les Évangiles ne nous rapportent aucune parole de lui. Mais ils témoignent de sa présence constante et de sa fidélité totale, même quand il ne comprend pas. Il accompagne chaque moment avec prévenance et avec amour. Il est auprès de Marie dans les moments sereins et dans les moments difficiles.

Joseph est donc le gardien de Marie, de Jésus et de toute l’Église. Tout cela n’est devenu possible que grâce à sa constante attention à Dieu : il est ouvert à ses signes et disponible à son projet. Joseph est le gardien parce qu’il sait écouter Dieu, il se laisse guider par sa volonté, il est attentif à ce qui l’entoure ; il sait prendre les décisions les plus sages. Comme lui, nous sommes tous appelés à garder le Christ dans notre vie.*

Nous ne pourrons vivre un vrai Noël que si nous prenons chez nous Marie, notre Mère. Avec elle, nous accueillons Jésus qui est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. C’est dans la prière et le recueillement que nous pourrons, nous aussi, nous ajuster à la volonté de Dieu et participer à son projet. Comme Joseph, nous apprenons à nous faire les serviteurs d’un projet qui nous dépasse. Comme lui, le Seigneur nous conduit sur des chemins que nous n’avions pas prévus. Mais les paroles qu’il nous adresse sont celles de la vie éternelle.

Dans la seconde lecture, saint Paul nous annonce précisément l’accomplissement de ce salut en Jésus. Il nous décrit toute la richesse du mystère déployé depuis sa naissance jusqu’à sa mort et sa résurrection. Lui-même a été choisi par le Christ pour être apôtre : sa mission a été d’annoncer le salut en Jésus Christ au milieu des nations païennes. Comme le prophète Isaïe, il a été affronté à l’incrédulité et à la persécution. Mais rien ni personne ne peut empêcher Dieu de vouloir sauver le monde. La fête de Noël nous rappelle que nous attendons la venue de celui qui unifiera en lui Dieu et l’homme. Ce temps de l’Avent nous est donné pour nous mettre en route vers Celui qui ne cesse de venir à nous.

Beaucoup ne connaissent pas et ne veulent pas entendre parler du vrai sens de Noël, de Jésus, de Marie, de la crèche. Mais le message de l’Évangile doit être annoncé partout dans le monde. Notre mission ‘est pas de faire croire mais de dire et de témoigner. Le Seigneur nous assure que l’Esprit Saint agit dans le cœur ce ceux et celles qu’il met sur notre route. Le cardinal Eyt, ancien archevêque de Bordeaux, disait que « nous ne sommes pas deux mille ans après Jésus Christ mais deux mille ans avec lui ». Aujourd’hui comme autrefois, nous pouvons toujours compter sur lui.

En célébrant cette Eucharistie, nous nous tournons vers celui qui vient à nous. À chaque messe, il rejoint les communautés réunies en son nom. Il est « Emmanuel », Dieu avec nous. Il est Celui qui nous fait entrer dans l’alliance définitive entre Dieu et l’homme. Et il nous confie cette mission : faire triompher l’amour sur la haine, la tendresse sur l’indifférence. Alors, plus que jamais, nous le prions ensemble : « O Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre ! » Amen

Télécharger : 4 avent (A)

Sources : Revues Feu Nouveau, les Cahiers de Prions en Église – Missel des dimanches et fêtes – Vivre la messe du dimanche – Pape François – Dossiers personnels…

 

Soyez dans la joie

Textes bibliques : Lire

Ce 3ème dimanche de l’Avent est celui de la joie. Pour nous chrétiens, c’est la joie de Noël, c’est la naissance de Jésus, sa venue dans notre vie et notre monde. Avec lui, c’est la bonne nouvelle qui est annoncée aux petits, aux pauvres et aux exclus de notre monde ; c’est ce message d’espérance que nous trouvons dans les lectures bibliques de ce jour.

Pour comprendre la première lecture, il faut se mettre à la place de tous ces gens qui viennent de vivre quarante ans en terre d’exil. Le prophète leur annonce qu’ils vont être libérés ; ils vont pouvoir revenir sur la terre de leurs ancêtres ; c’est un monde nouveau qui se prépare : tous sont invités au retour, y compris les aveugles, les sourds, les boiteux, les muets ; tous ces gens étaient exclus des lieux saints à cause de leurs infirmités. Désormais, ils vont pouvoir y retrouver toute leur place

Mais le prophète s’adresse à un peuple qui a trop longtemps été sourd à la Parole de Dieu ; il a été incapable de percevoir l’intervention du Seigneur en sa faveur. Cet appel du prophète s’adresse aussi à chacun de nous : c’est le moment de nous convertir, d’ouvrir nos oreilles à la Parole de Dieu et de sortir de l’obscurité des ténèbres et du péché. Nous sommes tous appelés à une joie débordante.

Le prophète Isaïe nous dit encore que cette joie fait fleurir le désert. Ce désert c’est quand notre vie est aride, quand elle est sans l’eau de la Parole de Dieu et de son amour. Mais face à toutes ces difficultés, nous ne devons pas nous décourager : Dieu nous montre toujours la grandeur de sa miséricorde ; il nous donne la force pour avancer ; il est toujours là pour nous aider à aller de l’avant. Avec lui, il n’y a pas de situation désespérée. Il n’a jamais cessé de nous aimer. Cette bonne nouvelle nous comble de joie.

Cette entrée du peuple d’Israël en terre promise en préfigure une autre, bien plus importante. Saint Jacques nous en parle dans la 2ème lecture. Il nous annonce la venue glorieuse du Seigneur et notre entrée définitive dans le monde de Dieu. Mais l’apôtre nous dit que ce n’est pas pour tout de suite ; il nous invite à la patience. Pour mieux se faire comprendre, il nous donne l’exemple du cultivateur : quand ce dernier a semé, il attend la bonne saison pour la récolte ; de même, c’est tout au long de notre vie que nous nous préparons à cette rencontre joyeuse et définitive avec lui.

Avec l’Évangile, nous assistons au cheminement de Jean Baptiste ; il vient d’être incarcéré car il gênait les autorités en place ; cela ne l’empêche pas d’être tenu au courant par ses disciples de la manière dont se déroule la mission de Jésus. Nous nous rappelons qu’il avait annoncé le jugement imminent et l’épuration des pécheurs. Ce qu’il entend dire ne correspond pas à ce qu’il avait annoncé ; il envoie donc ses disciples pour lui poser la question la plus importante : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? »

Jésus répond en énumérant les signes qui caractérisent son ministère : guérisons multiples, purification des lépreux, résurrection des morts et surtout la bonne nouvelle annoncée aux pauvres. Ces pauvres à qui Jésus s’adresse, ce sont les petites gens, doux et humbles de cœur, affligés, artisans de paix. À la différence des sages et des savants, les tout petits accueillent les secrets du Royaume.

C’est important pour nous aujourd’hui : nous ne pourrons être en communion avec Jésus que si nous nous ajustons à son regard sur les petits, les pauvres et les exclus. C’est vers eux qu’il nous envoie. À travers eux, c’est lui qui nous attend. Nous avons besoin qu’il ouvre nos yeux, nos oreilles et surtout notre cœur à leurs détresses. C’est avec Jésus que la joie de l’Évangile est annoncée aux pauvres. Si nous avons compris cela, ce dimanche sera vraiment celui de la joie.

Cet Évangile se termine par l’éloge de Jean Baptiste. Jésus dit aux foules qu’il est bien plus qu’un prophète : il est le messager annoncé par Malachie pour préparer la venue du Seigneur dans son temple. Mais Jésus ajoute que le plus petit dans Royaume des cieux est plus grand que lui. Il ne s’agit pas d’une comparaison entre deux personnes mais d’une évaluation de deux temps. Avec Jean Baptiste, c’est la fin de l’Ancien Testament. Avec Jésus, c’est le commencement du nouveau. Nous passons de l’attente à la réalisation ; c’est l’irruption radicale du Royaume.

Noël est proche : cette fête nous invite à accueillir le Seigneur qui frappe à notre porte. Sa venue nous remplit de joie. Cette joie, nous sommes appelés à la partager aux autres en apportant réconfort et espérance aux pauvres, aux malades, aux personnes seules et malheureuses. Que la Vierge Marie « servante du Seigneur » nous aide à écouter la voix du Seigneur dans la prière. À travers nos frères, c’est lui que nous servons. C’est en lui que nous trouvons la source de notre joie. Qu’il nous donne de nous ouvrir au salut qui vient, au vrai sens de Noël.

Sources : Revues Feu Nouveau, les Cahiers Prions en Église – Pape François – Missel communautaire – Dossiers personnels…

Télécharger : 3ème dimanche Avent

 

Messagers du Seigneur

Textes bibliques du 2ème dimanche de l’Avent : Lire

Depuis dimanche dernier, nous sommes entrés dans le temps de l’Avent. Ce mot signifie « avènement ». Cette période qui nous prépare à Noël nous rappelle aussi que le Seigneur reviendra à la fin des temps. Nous attendons cette venue et nous sommes invités à nous y préparer. En ce 2ème dimanche de l’Avent, nous faisons un pas de plus : ce Jésus qui reviendra est aussi celui qui vient. Il nous rejoint tous les jours au cœur de nos vies et de nos épreuves. Il compte sur notre accueil. Son grand projet, c’est de nous ramener à lui.

La première lecture nous adresse un message d’espérance. Il rejoint des croyants qui vivent une époque troublée par des invasions étrangères. La population a beaucoup souffert à cause des guerres avec les pays voisins. Elle a été humiliée par de nombreuses défaites. Mais le prophète annonce des jours meilleurs. Il utilise l’image de l’arbre qui meurt. Quand ça arrive, des rejetons surgissent tout autour ; c’est une manière de dire que le mal et la mort n’auront pas le dernier mot.

« Un bourgeon naîtra du trône de Jessé ». Un bourgeon, c’est tout petit. Cette petitesse, nous la voyons à Noël : un enfant, une étable, une maman, un papa… Mais sur ce bourgeon, reposera l’Esprit du Seigneur. Les petits comprennent qu’ils sont un petit bourgeon sur un très grand tronc, un bourgeon sur lequel vient l’Esprit du Seigneur. La seule attitude qui convient c’est de marcher humblement en présence du Seigneur. Cette humilité est un don de l’Esprit Saint.

Dans la seconde lecture, saint Paul nous montre quels comportements adopter face à cette initiative gratuite du don de Dieu. Il désigne trois impératifs fondamentaux : méditer les Écritures, vivre dans l’humilité et pratiquer l’accueil mutuel. Cette unité ne doit pas se construire autour de nos idées et de nos certitudes mais autour de Dieu. Pour servir cette unité, il importe que nous sachions nous accueillir les uns les autres comme lui-même a accueilli tous les hommes. Nous ne serons vraiment crédibles que si nous sommes accueillants.

Dans l’Évangile, nous trouvons Jean Baptiste qui s’adresse aux foules dans le désert. Il leur annonce que le règne de Dieu est tout proche. L’urgence c’est de préparer la venue du Seigneur et d’aplanir sa route. L’Avent nous rappelle que Jésus vient aujourd’hui. La meilleure manière de l’accueillir c’est de nous retirer loin des bruits de ce monde, loin des sollicitations publicitaires qui ont tendance à prendre une place de plus en plus envahissante dans notre vie. La véritable conversion passe par le dépouillement de notre cœur et de notre esprit.

Cet appel à nous convertir s’exprime à travers des choix très concrets : « Aplanissez la route pour Dieu », nous recommande Jean Baptiste. Cela signifie qu’il nous faut faire sauter tous les obstacles qui nous éloignent de lui, l’indifférence ambiante, la peur de la critique, l’impression que le mal est toujours triomphant. Quand nous lisons les journaux ou quand nous regardons la télévision, nous ne voyons souvent que ce qui va mal, la violence, le racisme, la crise économique. Ce temps de l’Avent nous invite à revenir à l’évangile pour réapprendre à voir le monde avec le regard de Dieu, un regard plein d’amour et d’espérance. Avec le Christ, nous pouvons être sûrs que le mal n’aura pas le dernier mot. C’est l’amour qui vaincra.

« Produisez un fruit qui exprime votre conversion » nous dit encore Jean Baptiste. Prier tous les jours et aller à la messe c’est bien. C’est même indispensable. Mais les fruits que Dieu attend de nous, c’est aussi le respect des autres, c’est le partage avec celui qui a faim et froid, c’est aussi le courage de pardonner à celui qui nous a blessé ; c’est aussi lutter contre tout ce qui détruit une personne, un groupe ou une société. Nous pensons à l’égoïsme, l’indifférence, l’injustice sociale, les scandales financiers qui plongent les plus pauvres dans la misère. Préparer la venue du Seigneur dans notre vie et notre monde, cela passe par des gestes d’accueil, de partage et de réconciliation.

C’est en regardant vers sa croix que nous comprenons ce qu’il attend de nous. Devant cet amour passionné de celui qui a donné sa vie pour le salut du monde, nous découvrons que nous sommes loin du compte. Il nous faudra bien toute notre vie pour vraiment nous convertir à Jésus Christ. Il ne cesse de nous appeler à marcher à sa suite, mais de notre part, c’est souvent un pas en avant et deux en arrière. Il nous arrive de tomber mais le Seigneur est toujours là pour nous relever et nous aider à nous remettre en route. Son amour nous est offert une fois pour toutes et rien ni personne ne peut nous en séparer.

En ce jour, Jean Baptiste nous oriente vers Celui qui doit baptiser dans l’Esprit Saint et le feu. Par ce baptême, il nous donne une force extraordinaire de renouvellement et de recréation capable de saisir les plus grands pécheurs pour en faire des saints. Ce feu dont parle l’évangile c’est celui de l’amour qui est en Dieu. En suivant le Seigneur Jésus, nous sommes plongés dans cet amour de Dieu. Que cette Eucharistie nous permette de partager ce bonheur avec tous ceux qui nous entourent. AMEN

Sources : Revues Feu nouveau, Les Cahiers Prions en Église, Année chrétienne, Pape François, l’intelligence des Écritures (Marie Noëlle Thabut) Missel Bayard, missel du dimanche…

Télécharger : 2ème dimanche Avent (A)

Préparons dimanche

Fête de l’Immaculée Conception

Nous attendons ta venue, Seigneur Jésus

Textes bibliques : Lire

En ce premier dimanche de l’Avent, nous pensons tous à la magie de Noël. Tout le monde en parle déjà en famille, entre amis et surtout dans les magasins. Chaque année, des grandes réjouissances sont prévues. On invite au réveillon, on offre des cadeaux. Le problème c’est que, trop souvent, on oublie Celui qui est à l’origine de cette fête.

Mais en ce jour, la liturgie met entre parenthèse le souvenir de la crèche. Les textes bibliques qui nous sont proposés viennent nous rappeler que ce Jésus qui est venu au premier Noël est aussi celui qui continue à venir et qui reviendra. En ce jour, nous sommes renvoyés vers l’avenir. Jésus reviendra ; nous attendons sa venue et nous nous y préparons activement tout au long de notre vie.

C’est cette bonne nouvelle que nous adresse le prophète Isaïe dans la 1ère lecture. Ce récit a été écrit à l’occasion d’un grand pèlerinage à Jérusalem. On se souvenait des cabanes du peuple Hébreu dans le Sinaï. Pendant huit jours, les pèlerins vivaient dans des cabanes, même en ville. En voyant tous ces gens venus de partout, le prophète comprend que ce grand rassemblement en préfigure un autre bien plus important.

Un jour viendra où ce pèlerinage rassemblera tous les peuples de la terre. La ville sainte deviendra le signe du salut universel ; Dieu a choisi un peuple bien précis, mais son projet concerne l’humanité toute entière. Avec Jésus, nous allons vers un monde réconcilié. Les instruments de mort y deviennent des instruments de vie. C’est vrai que les foyers de guerre sont encore bien présents dans le monde. Mais le prophète nous projette vers l’avenir. Son message n’est pas seulement une prédiction ; c’est surtout une promesse de Dieu. En ce temps de l’Avent, nous sommes invités à le remettre au centre de notre vie. Il est le seul chemin qui conduit vers la Vie éternelle.

C’est aussi cette bonne nouvelle que nous trouvons dans la lettre de saint Paul aux Romains (2ème lecture). Après l’enthousiasme du baptême, un affadissement est toujours à redouter. Aujourd’hui, l’apôtre vient nous secouer : « Réveillez-vous ! » Ne retombez pas dans les vices d’avant votre conversion. » Saint Paul nous adresse des injonctions fermes : « Rejetons… Revêtons-nous… » Rejeter, revêtir, c’est le langage de la conversion.

Il n’y a donc pas de temps à perdre pour changer de style de vie. Celui qui s’engage dans cette direction s’apercevra vite que le Dieu de la bienveillance est plus proche de lui que jamais. Saint Paul nous recommande de ne pas nous laisser submerger par les préoccupations matérielles même si elles sont nécessaires. Le chrétien doit regarder plus haut. Sa priorité doit être de rester uni au Christ et de vivre en enfant de lumière.

Dans l’Évangile, nous entendons Jésus nous adresser un appel à la vigilance. Il nous parle de la venue du Fils de l’Homme à la fin des temps. Pour se faire comprendre, il utilise les images les plus dures. C’est important car il veut que nous soyons prêts pour son retour. Cet Évangile n’a pas été écrit pour nous faire peur mais pour nous éclairer. La seule réalité qui compte, c’est la venue du Christ.

L’Avent doit donc être un temps d’intense préparation à cette venue du Sauveur. C’est le moment favorable pour réorienter notre vie vers une juste direction, celle de la générosité, de l’amour envers Dieu et envers le prochain. La venue du Christ nous prendra tels que nous sommes, avec nos consentements et nos refus d’aimer.

Pour entrer dans ce chemin de conversion, nous avons besoin de l’aide du Seigneur. Cela passe par des temps de prière. C’est la recommandation de Jésus au Mont des Oliviers juste avant sa Passion : « Veillez et priez… » Cette prière nous aidera à changer notre regard sur le monde. Elle nous aidera mieux comprendre que ce monde malade, Dieu veut le sauver. Jésus est venu pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Le contact régulier avec lui nous aide à rester plus attentif aux « réalités d’en haut ».

L’Eucharistie qui nous rassemble c’est encore et toujours le Christ qui vient. Il rejoint les communautés réunies en son nom pour les nourrir de sa Parole et de son Corps. Il veut que nous soyons avec lui pour le rejoindre dans son éternité. Nous demandons à la Vierge de l’Avent de nous accompagner tout au long de ce temps de préparation à Noël. Comme aux noces de Cana, elle nous redit : « Faites tout ce qu’il vous dira. » Nous faisons notre cette prière :

 » Marche avec nous, Marie, sur nos chemins de foi,
Ils sont chemins vers Dieu, ils sont chemins vers Dieu. »

Télécharger : 1er dimanche de l’Avent

Sources : Missel du dimanche, Missel des dimanches (Bayard), Les Cahier Prions en Église, Revue Feu Nouveau, Pape François, L’intelligence des Écritures (Marie Noëlle Thabut), Lectures bibliques du dimanche (Albert Vanhoye), Année chrétienne 2019-2020)

« Souviens-toi de nous… »

Textes bibliques : Lire

La fête du Christ Roi de l’univers marque la fin de l’année liturgique. C’est vrai que le Christ est roi. Mais comme il le dit lui-même, sa royauté n’est pas de ce monde. Elle n’est pas dans les paillettes ni dans la soif du pouvoir. Sa seule puissance est celle d’un amour sans limite qui transforme les cœurs et le monde. C’est ce message que voudraient nous faire comprendre les lectures bibliques de ce dimanche.

Nous avons tout d’abord l’histoire de David, le petit berger d’Israël. Quand il est devenu roi, il a rassemblé le royaume du Nord et celui du Sud. C’était une annonce de ce que le Christ réaliserait lors de sa venue. Jésus s’est présenté comme le grand rassembleur. Il est comme ce berger qui part à la recherche de la brebis perdue. Cette mission ne concerne pas le seul pays d’Israël. Elle rejoint tous les hommes du monde entier et de tous les temps. Le Christ a réconcilié tous les peuples de la terre en livrant son Corps et en versant son sang. Ce qui est extraordinaire, c’est qu’il nous appelle tous à son œuvre de rassemblement. Il nous envoie pour être des artisans d’unité, de justice et de réconciliation : « Là où est la haine, que je mette l’amour… Là où est la discorde, que je mette l’union ». (Saint François)

Dans sa lettre aux Colossiens (2ème lecture), saint Paul nous parle aussi du Christ roi de l’univers. Mais il précise que sa puissance est infiniment supérieure à toutes les forces royales d’ici-bas. Elle est unique. Elle concerne le monde d’en haut, le monde divin. Le Roi Jésus nous apporte la Rédemption, le pardon des péchés. Il est le chemin qui nous permet d’aller vers le Père. Il est l’image du Dieu invisible. Il est notre Roi parce qu’il est la tête de l’Église. En livrant son Corps et en versant son sang, il nous ouvre un passage vers le Royaume de Dieu.

Dans l’Évangile, saint Luc nous présente le visage bouleversant de Jésus entre deux malfaiteurs. Nous le voyons tourné en dérision. Une inscription était placée sur sa tête : « Celui-ci est le roi des Juifs ». C’était, bien sûr, un titre de dérision vis-à-vis de Jésus ; il était également très méprisant pour les juifs de la part de Pilate ; un peuple dont le roi est crucifié n’a pas à être fier. Et pourtant, c’est bien par son sacrifice que Jésus manifeste sa Royauté. La croix est le trône où il est monté librement pour dire son amour non seulement aux juifs mais aussi au monde entier ; car « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

L’Évangile nous montre plusieurs manières de répondre à ce sacrifice du Christ : le peuple restait là à observer, les chefs religieux se moquent de lui ainsi que les soldats ; ses amis l’ont abandonné ; l’un des malfaiteurs condamné en même temps que lui se met à l’injurier. Jésus ne répond pas à ces provocations.

En lisant cet évangile, nous pensons aux réactions souvent entendues au sujet des victimes de la souffrance, de la misère et des catastrophes en tous genre. Même dans nos quartiers, nos villages, il y a des hommes, des femmes et des enfants qui n’ont pas le minimum pour survivre. À travers eux, c’est toujours le Christ qui est bafoué et rejeté. La tentation est grande de dire : « Si tu es le Fils de Dieu, fais quelque chose. » Quelquefois, nous entendons : « S’il y avait un bon Dieu, il n’y aurait pas tout ce mal et toutes ces souffrances dans le monde. » C’est vrai que devant tant de malheurs, certains se révoltent contre Dieu et finissent par quitter l’Église.

Mais une fois de plus, Dieu n’est pas un magicien qui va résoudre nos erreurs par un coup de baguette magique. Il nous a donné le monde avec tout ce qu’il contient pour que nous puissions vivre heureux. N’oublions pas qu’à travers les exclus de notre société, c’est le Christ qui continue d’être bafoué et rejeté. Si nous voulons le rencontrer, c’est vers eux qu’il nous faut aller. Et c’est avec eux que nous devons nous engager en lien avec le Secours Catholique. À travers eux, c’est le rendez-vous le plus important de notre vie qui nous attend.

Ce qui est extraordinaire c’est qu’il accueille la prière de celui que nous appelons le « bon larron » : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » Cette attitude de confiance et d’abandon est à peine croyable de la part « d’un hors-la-loi, d’un hors-la-foi ». Dans l’Évangile de saint Luc, c’est la dernière parole de Jésus avec un confrère en humanité. Jésus lui annonce qu’en mourant ensemble, ils se retrouveront ensemble au paradis.

Comme cet homme, nous nous tournons vers le Seigneur : « Souviens-toi de nous ». Souviens-toi de ce monde ; Souviens-toi des chrétiens persécutés ; souviens-toi de ceux et celles qui vont à la dérive. Souviens-toi des personnes éprouvées par la maladie, les infirmités, la précarité, l’exclusion. Souviens-toi de ceux et celles qui vivent sans espérance et sans amour. Tu es le Roi de l’univers. Tu veux rassembler tous les hommes dans ton Royaume. Nous avons la ferme espérance qu’un jour tu nous diras : « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis ». Amen

Télécharger : Christ Roi de l’univers

Sources : Revues Feu nouveau et Cahiers Prions en Église – Lectures bibliques des dimanches (A. Vanhoye), – François selon Saint Luc – missel des dimanches et fêtes –

 

« N’ayez pas peur… »

« Textes bibliques : lire

Aujourd’hui, c’est l’avant dernier dimanche de l’année liturgique. Les textes bibliques de ce jour nous annoncent le basculement vers un monde nouveau. L’arrogance et l’impiété n’y auront plus leur place. Le mal n’aura pas le dernier mot. Le prophète Malachie nous rappelle que Dieu est juste. Son projet d’instaurer la justice progresse irrésistiblement. Les croyants ne doivent pas désespérer ; le jour du Seigneur vient ; le croyant attend impatiemment sa venue. Le prophète précise que ce jour est « brulant comme une fournaise ». C’est une manière de dire l’amour passionné de Dieu pour l’humanité.

Notre réponse doit être d’accueillir cet amour de Dieu pour nous et d’en vivre. C’est ce que vient nous rappeler la journée du Secours Catholique : les petits, les pauvres, les exclus ont la première place dans le cœur de Dieu. Le pape François nous propose d’oser des actes qui rendent visible cet amour de Dieu. « Les pauvres ont besoin de nos mains pour se relever, de nos cœurs pour ressentir à nouveau la chaleur de l’affection, de notre présence pour vaincre la solitude. Ils ont simplement besoin d’amour. »

Dans l’Évangile, nous avons entendu parler de catastrophes : il y aura la ruine de Jérusalem, des guerres, des famines, des persécutions. Ces événements sont toujours d’actualité : tous les jours, nous entendons des propagandes et des informations qui nous fragilisent ; l’arrogance, la violence et les divisions sont une réelle menace pour notre planète, nos pays et os familles.

Mais aujourd’hui le Seigneur nous recommande de ne pas nous laisser décourager par les prophètes de malheur. Il ne faut pas le chercher dans ce qui dramatise l’histoire. Aucune épreuve ne peut nous séparer de l’amour qui est en lui. Quand tout va mal, il est là, au cœur de nos vies. Il est celui qui vient nous redonner force et courage pour travailler ensemble à la construction d’un monde plus juste et plus fraternel. C’est auprès de lui que nous venons puiser pour remplir cette mission. En ce jour, nous pensons à tous les bénévoles du Secours Catholique qui donnent le meilleur d’eux-mêmes pour aller à la rencontre des pauvres et des exclus. Ils sont de plus en plus nombreux ceux et celles qui souffrent de la solitude. Le Seigneur voit cette détresse ; il nous envoie pour organiser la solidarité et le partage.

C’est aussi cet appel que nous trouvons dans l’épitre de saint Paul (2ème lecture). Il vient nous ramener au « travail ». Il ne s’agit pas seulement du travail salarié mais aussi de tout ce qui relève de notre responsabilité. Un jour, Jésus recommandait à ses disciples de rester « en tenue de service ». Notre mission est de collaborer, par toute notre vie, au salut du monde. Cette mission ne sera pas facile. Jésus avertit les siens qu’ils seront détestés de tous. Mais nous ne devons pas avoir peur ; le Seigneur ne nous abandonnera jamais.

Les lectures bibliques de ce dimanche visent donc à réveiller notre foi. Trop souvent, nous ne voyons que ce qui va mal. On se lamente mais on ne bouge pas. Le Christ nous invite aujourd’hui à vivre une vie digne de l’alliance dans laquelle nous sommes engagés. Quand nous regardons vers la croix, nous comprenons qu’il s’est donné entièrement et jusqu’au bout.

C’est sur cette route que nous sommes invités à le suivre. Les épreuves seront au rendez-vous. Mais ceux qui les endureront au nom du Christ seront sauvés. C’est là que le Christ nous attend pour témoigner de l’espérance qui nous anime. Inutile de chercher les mots : Le Seigneur lui-même s’en charge. Et là, nous en avons de nombreux exemples : Bernadette de Lourdes qui était la plus ignorante de sa ville a eu des réponses extraordinaires devant les policiers qui l’interrogeaient. Si Jésus nous envoie son Esprit Saint, c’est pour que nous puissions témoigner de la foi et de l’espérance qui nous animent.

En ce dimanche, nous sommes venus vers le Seigneur. Nous voulons l’accueillir et lui donner la première place dans notre vie. C’est avec lui que nous pourrons travailler à la construction d’un monde plus humain. Oui, Seigneur, tu es là au cœur de nos vies. Pour toi, nous restons en éveil car « c’est un bonheur durable de servir constamment le créateur de tout bien ». Élargis nos cœurs aux dimensions du tien. Que par notre prière, nos paroles et notre solidarité, nous soyons de vrais témoins de l’espérance qui nous anime. Amen

Télécharger : 33ème dimanche du temps ordinaire

Sources : Revue Feu Nouveau, Cahier Prions en Église – Pour la célébration de l’Eucharistie (Feder et Gorius), Lectures bibliques des dimanches C (A. Vanhoye), L’intelligence des Écritures (Marie Noëlle Thabut) – dossier du Secours Catholique

 

Dieu des vivants

Textes bibliques : Lire

Il est heureux que les textes bibliques de ce dimanche nous parlent de la résurrection. Ces jours-ci, nous nous sommes rendus au cimetière pour un temps de recueillement et de prière. Beaucoup ont demandé que des messes soient célébrées pour ceux et celles qui nous ont précédés. Nous les confions tous à la miséricorde du Seigneur. Et bien sûr, nous n’oublions pas les victimes des guerres, de la violence et des catastrophes. Ce qui motive notre prière, c’est notre foi en la résurrection. C’est précisément cette bonne nouvelle que nous trouvons dans les textes bibliques de ce jour.

La première lecture nous donne un témoignage extraordinaire : cela se passe à une époque dramatique de l’histoire d’Israël ; les empereurs grecs veulent imposer leur civilisation, leur culture et leur religion ; ils rencontrent une farouche résistance en Israël. Aujourd’hui, nous entendons l’histoire de cette mère et de ses sept fils qui sont torturés et mis à mort de la manière la plus cruelle. En acceptant cette mort, ils témoignent de leur foi en la résurrection. Ils comprennent que Dieu ne peut pas abandonner les justes qui lui sont fidèles.

En écoutant ce récit, nous pensons à tous les chrétiens d’aujourd’hui qui sont persécutés à cause de leur foi. Nous en avons de nombreux témoignages dans le monde entier mais aussi chez nous jusque dans nos églises. Leur fidélité nous interpelle : qu’avons-nous fait de notre baptême ? Arrêtons de nous installer dans l’indifférence. Nous vivons dans un monde qui veut ignorer la foi des chrétiens ou qui la tourne en dérision. C’est là que nous sommes envoyés pour être les messagers de la bonne nouvelle du Christ.

L’apôtre Paul a lui aussi été confronté à des « gens pervers » qui ne partageaient pas sa foi. Son message d’aujourd’hui est écrit pour des chrétiens persécutés. Il les invite à se laisser réconforter par le Seigneur Jésus lui-même. Ce réconfort est source de joie et d’espérance. C’est auprès du Seigneur que les chrétiens persécutés trouvent la force et l’espérance dont ils ont besoin pour rester fermes dans la foi.

L’Évangile de ce dimanche nous montre Jésus face à des sadducéens qui ne croient pas en la résurrection des morts. Ils la refusent parce qu’elle n’est pas inscrite dans la loi de Moïse. Ils vont même jusqu’à la tourner en dérision. Pour mettre Jésus dans l’embarras, ils lui soumettent un cas absurde : une femme a eu sept maris, tous frères entre eux et qui sont morts l’un après l’autre. Et voici la question : « À la résurrection, cette femme, de qui sera-t-elle l’épouse ? »

La réponse de Jésus est double ; tout d’abord, il leur dit que dans l’au-delà, les relations conjugales et la génération humaine sont dépassées. Il n’est plus question de concevoir la vie future de manière terrestre et matérielle ; c’est ce que nous lisons dans l’évangile de ce jour : « Les enfants de ce monde se marient. Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne se marient pas, car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont fils de Dieu, en étant héritiers de la résurrection. »

Puis vient l’argument en faveur de la résurrection. Pour cela Jésus s’appuie sur la révélation de Dieu à Moïse : « Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob n’est pas le Dieu des morts mais des vivants. » À la suite de ces patriarches et de bien d’autres croyants, nous sommes tous appelés à une vie nouvelle que Jésus appelle le Royaume de Dieu. Ce monde nouveau n’est pas la continuation de celui dans lequel nous vivons actuellement. Il est tout autre. C’est de cela que nous devons nous rappeler chaque fois que nous nous rassemblons à l’église pour des funérailles et aussi chaque fois que nous évoquons le souvenir de nos défunts.

Ce trésor de la résurrection, nous ne pouvons pas (nous ne devons pas) le garder pour nous. Il nous faut le transmettre, le crier au monde entier. Au-delà de la mort, nous serons vivants en Dieu. Cette espérance doit nourrir notre prière, surtout en ce mois qui est consacré aux défunts. N’oublions jamais le Dieu des vivants. Il nous appelle tous à partager sa vie dès maintenant.

Que la Vierge Marie, reine du ciel et de la terre, nous confirme dans l’espérance de la résurrection. Qu’elle nous aide à faire fructifier par de bonnes œuvres la Parole de son Fils semée en nos cœurs.

Télécharger : 32ème dimanche du Temps ordinaire

Sources : Revues Feu Nouveau, Cahier prions en Église – Homélies pour l’année C (le Chemin d’Emmaüs A. Brunot) – Missel des dimanches et fêtes – François selon saint Luc

Scandale à Jéricho…

Textes bibliques : Lire

Les lectures de ce jour nous invitent à tourner notre regard vers l’infinie miséricorde de Dieu envers les pécheurs que nous sommes. Il veut nous aider à sortir de cette situation de péché dans laquelle nous nous enfonçons. Nous sommes tous appelés à nous convertir. Cette bonne nouvelle est pour nous le point de départ d’une grande espérance.

L’auteur du livre de la Sagesse (1ère lecture) nous parle précisément de l’infinie miséricorde de Dieu pour chacune de ses créatures. Il ne cesse de manifester sa patience envers les pécheurs. Il apprécie nos petits progrès quand nous nous engageons sur la bonne voie. Ce texte mérite qu’on s’y arrête car il nous pousse à changer notre regard sur notre prochain, sur nos ennemis et sur ceux qui nous laissent indifférents. Dieu aime tout ce qui existe ; il n’a aucune répulsion envers ses œuvres. La vraie conversion doit nous amener à regarder l’autre avec le regard même de Dieu, un regard plein d’amour.

Malheureusement, nous vivons dans un monde où beaucoup n’ont rien compris. Toutes ces violences et ces massacres commis au nom d’une religion ne sont pas voulus par Dieu. Le vrai Dieu est amour, compréhension et miséricorde. Il est du côté des petits, des pauvres, des exclus et de tous ceux que l’on fait souffrir. Il envoie son Fils Jésus pour chercher et sauver ceux qui vont à leur perte. Il donne à chacun la possibilité de se convertir et de se reprendre lorsqu’ils tombent. C’est de cela que nous avons à témoigner par nos paroles et toute notre vie.

Dans sa lettre aux Thessaloniciens (2ème lecture), l’apôtre Paul nous invite à centrer toute notre vie sur le Christ. C’est par lui et avec lui que nous pouvons progresser sur le chemin de la sainteté. Quand on l’a vraiment accueilli, notre rencontre avec lui ne peut que transformer notre vie. Il est là, « au cœur de nos vies » et il nous recommande de veiller dans l’attente de son retour. Mais en même temps, il nous met en garde contre de prétendues révélations au sujet de la fin du monde. C’est sûr, le Seigneur reviendra, mais personne ne sait ni le jour ni l’heure. L’important c’est de rester fermes dans la foi et fidèles à notre baptême.

L’événement qui nous est rapporté dans l’Évangile de ce jour est bien connu de tous, y compris dans les groupes d’enfants du catéchisme. Cela se passe à Jéricho, une ville païenne, une ville de pécheurs. Chaque fois que Jésus y entre, c’est pour en faire sortir quelqu’un, pour le sortir du péché et le ramener à Dieu. Jésus n’est pas celui qui accuse le pécheur, bien au contraire, il vient l’éclairer pour qu’il voie son péché et qu’il en sorte.

C’est ce qui va se passer avec le publicain Zachée. Il ne pouvait qu’être détesté par tous ces pauvres gens accablés par les impôts qu’il fallait payer à l’occupant romain. Il avait la réputation d’être intraitable et de profiter de sa position dominante. De plus en tant que chef des publicains, il était tenu pour responsable du comportement et des violences de ses collaborateurs. Sa position le rangeait dans la catégorie des pécheurs infréquentables.

Or voilà que cet homme a un ardent désir de voir Jésus. Il court devant, il monte sur un sycomore pour voir Jésus qui devait passer par là. À partir de ce moment, tout va se passer bien au-delà de ce qu’il avait prévu : Jésus s’invite dans la maison de Zachée ; cette décision provoque des remous. Les « bien-pensants » estiment que Jésus aurait mieux fait d’aller dans une bonne famille. Au lieu de cela, il va chez un voleur infréquentable. Pour eux, c’est un scandale. En ne voyant que le passé de Zachée, ils ne lui laissent aucune chance.

Nous aussi, nous pouvons être comme cette foule. Nous vivons dans une société qui n’a que mépris pour les gens de mauvaise réputation. Mais le Seigneur nous dit qu’il est venu pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Le salut de Dieu est offert à tous, y compris dans les prisons. Chaque personne est très importante aux yeux de Dieu. Cela doit changer notre regard sur elles. Le chemin pour parvenir à ce changement de regard c’est la prière. À Lourdes, Marie dit à Bernadette et à chacun de nous : « Priez pour les pécheurs ».

Le même Christ s’invite aujourd’hui chez nous ; il vient nous apporter le salut de Dieu. En venant chez nous, il nous fait confiance bien au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer. Il rejoint notre assemblée pour nous dire tout l’amour de Dieu pour nous pauvres pécheurs. Avec lui, c’est le salut de Dieu qui entre dans nos maisons. Il suffit que nous nous empressions d’accueillir le Christ qui frappe à notre porte. Que notre rendez-vous à la messe et à l’adoration nous transforme comme il a transformé le publicain de Jéricho.

Télécharger : 31ème dimanche du temps ordinaire

Sources : Revue Feu Nouveau, Cahier Prions en Église, Commentaire de Sœur Claire Patier, Pour la célébration de l’Eucharistie (Feder et Gorius), Lectures bibliques des dimanches C (A. Vahoye)

 

Journée de prière pour les défunts

2 Novembre 2019

« Restez en tenue de service »

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (12, 35-40)

Jésus disait à ses disciples: «Restez en tenue de service, et gardez vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller.
« Amen, je vous le dis: il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour. S’il revient vers minuit, ou plus tard encore, et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils! Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »

Homélie

Cet Évangile est souvent choisi pour les célébrations de sépultures. En l’écoutant, nous pensons à ce que nos défunts ont vécu. Nous les avons connus « en tenue de service » à l’intérieur de leur famille, sur leur lieu de travail, dans les associations et leurs divers lieux de vie. En nous rassemblant à l’église, nous voulons nous tourner vers le Seigneur. Nous lui demandons d’accueillir tout ce qu’il y a eu de grand et de beau dans leur vie.

Nous chrétiens, nous croyons que tous ces services qu’ils ont rendus prennent valeur d’éternité. L’Évangile que nous venons d’écouter nous parle précisément de la récompense promise au serviteur fidèle. Le Seigneur nous dit qu’il est présent chaque fois que nous faisons quelque chose pour celui qui est dans le besoin. Un jour il a dit : « chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25, 40)

« Restez en tenue de service » nous dit Jésus. Ces paroles sont aussi pour nous qui sommes en chemin. Être en tenue de service c’est nous mettre humblement au service les uns des autres dans nos familles, nos villages, nos quartiers et nos divers lieux de vie. Beaucoup le font en s’engageant dans une association pour aider les plus pauvres à sortir de leur précarité. Ce qui fait la valeur d’une vie c’est notre amour de tous les jours pour tous ceux et celles qui nous entourent. C’est à cela que nous serons jugés.

Mais quand le Seigneur demande aux siens de rester « en tenue de service », cela concerne aussi la mission qu’il se prépare à leur confier. C’est toute l’Église qui est appelée au service de l’annonce de l’Évangile. Bien sûr, nous pensons tous à ces missionnaires qui ont quitté leur famille et leur pays pour porter l’Évangile sur d’autres continents. Et actuellement, nos diocèses accueillent des prêtres venus d’ailleurs pour nous évangéliser. Mais ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que la mission nous concerne tous. En tant que chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes tous envoyés pour témoigner de l’espérance qui nous anime.

« Gardez vos lampes allumées », nous dit encore Jésus. Cette lampe c’est celle de notre conscience. Le pape Jean-Paul II nous rappelait que c’est « celle de la foi, celle de l’espérance, celle de la prière ». Cette lampe c’est celle de l’amour que nous recevons de Dieu. C’est chaque jour que nous sommes appelés à nous ouvrir au Christ qui ne cesse de frapper à la porte de notre cœur. Il veut entrer dans notre vie et y faire sa demeure. C’est avec lui que nous pourrons rester en tenue de service et rayonner l’amour qu’il met en nous.

Il peut arriver qu’à l’occasion des tempêtes de la vie, cette lampe s’éteigne. Mais le Seigneur s’arrange toujours pour mettre sur notre route les personnes qu’il faut pour raviver en nous cette lumière qui vient de lui. Et nous-mêmes, nous pouvons la communiquer à ceux qui la cherchent. C’est ensemble, les uns avec les autres que le Seigneur nous appelle et nous envoie.

« Veillez » nous dit encore le Seigneur. Cette vigilance c’est celle de l’amour qui cherche toujours à grandir et qui s’ouvre davantage aux autres. Cet amour nous empêche de nous replier sur nous-mêmes et de nous endormir sur nos soucis, grands ou petits. Être vigilants c’est creuser toujours plus en nous le désir de la présence de l’Esprit de Jésus, c’est rester attentifs à sa Parole, c’est apprendre à aimer toujours mieux parce que nous sommes infiniment aimés.

Pour mieux comprendre cet Évangile, c’est vers le Christ qu’il nous faut regarder. Au soir du jeudi saint, il s’est agenouillé devant ses disciples. Lui, le « Maître et Seigneur » s’est fait le serviteur de ceux qui étaient sous ses ordres. Demandons au Seigneur de nous ajuster à cet amour qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Qu’il nous donne la grâce d’être prêts lorsqu’il reviendra.

L’Eucharistie est vraiment le moment où Dieu est là pour nous servir, pour nous faire « passer à table ». C’est l’heure où le Fils de l’Homme est glorifié. Seigneur Jésus, tu nous promets un avenir de joie et de lumière auprès de toi. Garde-nous vigilants dans l’espérance, ouverts et accueillants aux signes de l’Esprit Saint. Alors ta venue, loin de nous surprendre, sera notre bonheur pour les siècles des siècles. Amen.

Télécharger : Journée de prière pour les défunts

 

Une foule immense…

Fête de tous le saints

 

Textes bibliques : Lire

En ce jour de Toussaint, comme le jour de Pâques, nos églises accueillent plus de gens que les autres dimanches. Ils sont nombreux ceux et celles qui ont choisi de revenir sur leur paroisse d’origine. Ce qui nous motive tous, c’est le souvenir de nos défunts. Mais en cette fête de tous les saints, nous devons réentendre cette parole de l’Évangile : « Ne cherchez pas parmi les morts celui qui est vivant. » Et nous n’oublions pas cette réponse du Christ : « Dieu n’est pas le Dieu des morts mais des vivants ».

C’est cette bonne nouvelle que nous trouvons dans le livre de l’Apocalypse (1ère lecture). Il nous parle d’une foule immense que nul ne peut dénombrer. Tous ces gens viennent de divers horizons, du monde juif mais aussi du monde païen. Au-delà des épreuves et des persécutions qu’ils ont subies, ils découvrent le Christ, l’Agneau de Dieu, « qui enlève le péché du monde ». Il est celui qui nous recrée à son image et à sa ressemblance. C’est une manière de rappeler aux chrétiens persécutés que le mal n’aura pas le dernier mot. L’amour est plus fort que tout. Nous attendons le triomphe définitif du Christ sur le mal.

Dans la seconde lecture, saint Jean vient renforcer ce message. Il nous rappelle que nous sommes « les enfants bien-aimés de Dieu ». Nous sommes tous appelés à partager sa gloire. Cette sainteté n’est pas quelque chose que nous pouvons acquérir par nos seules forces ni en accomplissant des performances spirituelles ; c’est Dieu qui nous la communique, même à nous, pauvres pécheurs. Ce qui nous est demandé, c’est d’avoir le cœur et les mains ouverts pour accueillir ce don qui est en Dieu. Nous vivons des situations difficiles mais si nous nous attachons au Christ, rien ne peut nous séparer de son amour.

Dans l’Évangile, nous entendons le Christ qui nous appelle tous au vrai bonheur. Il nous montre la route à atteindre, la vraie béatitude, la route qui conduit au ciel. C’est un chemin difficile à comprendre parce qu’il va à contre-courant de celui que propose le monde. Pour beaucoup, le vrai bonheur c’est d’être riche et en bonne santé plutôt que pauvre et malade. Et pourtant, nous voyons bien que les richesses du monde ne suffisent pas à nous combler. Le seul qui peut vraiment nous combler et nous rendre heureux, c’est le Seigneur. En allant à lui et en le suivant, nous choisissons la meilleure part. Mais ce ne sera possible que si nous ne sommes pas accaparés par nos richesses.

Aujourd’hui, Jésus nous parle du bonheur de ceux qui sont « pauvres de cœur… ceux qui sont persécutés pour la justice… ceux qui ont un cœur pur et qui sont miséricordieux ». Ces béatitudes sont la charte du Royaume. Elles nous montrent que le Christ est venu nous ouvrir un chemin. Ce passage est rude et étroit. Mais nous ne sommes pas seuls ; le Seigneur est là pour nous guider. Il nous conduit vers la Lumière de la Vie. Ses paroles sont celles de la Vie éternelle.

Chacune de ces béatitudes est comme une lumière sur notre chemin. Elle nous garantit que nous ne nous trompons pas, que nous sommes en marche vers la sainteté. C’est ce chemin qui a été suivi par les saints que nous fêtons en ce jour. L’Église est fière de nous montrer ceux et celles qui ont vécu au mieux les béatitudes. Nous pensons à tous ceux et celles qui ont marqué l’histoire humaine et chrétienne, les apôtres, les martyrs, ceux d’hier et ceux d’aujourd’hui. Mais la sainteté n’est pas offerte à quelques élites : elle est pour tous. Pour y parvenir, il suffit de laisser le Seigneur agir en nous. Il est « le Chemin, la Vérité et la Vie » ; c’est par lui que nous allons au Père.

La fête de Toussaint, tout comme celle de Pâques, nous appelle à la joie et à l’espérance. Le mal qui accable notre vie et notre monde n’aura pas le dernier mot. Le Christ ressuscité veut nous associer tous à sa victoire sur la mort et le péché. Cette bonne nouvelle est pour tous, même pour les plus grands pécheurs. Pensons à Pierre qui avait renié le Christ, Paul qui avait persécuté les chrétiens, saint Augustin qui avait passé toute une partie de sa vie dans la débauche… Leur rencontre avec le Christ a complètement bouleversé leur vie. C’est ce qu’il veut aussi pour chacun de nous : il est capable de venir nous chercher très loin et très bas.

En communion avec tous les chrétiens du monde et avec tous les saints, nous rendons grâce au Seigneur pour cet amour qu’il nous donne sans compter. Et nous lui demandons qu’il fasse de toute notre vie une marche vers ce Royaume auquel nous sommes tous appelés.

Télécharger : Fête de tous les saints

Sources : Revue Feu Nouveau – Fiches dominicales – Commentaires de Marie-Noëlle Thabut et de Claire Patier…