Jésus sauveur

Textes Bibliques : Lire

La liturgie de ce dimanche s’ouvre par une lecture du livre de Job. C’est l’histoire d’un homme riche et distingué qui prenait soin d’offrir des sacrifices à Dieu et qui pensait être à l’abri des malheurs de la vie. Or voilà que tout bascule : en très peu de temps, il perd ses biens, ses enfants et sa santé. Les paroles qui nous sont rapportées en ce jour sont un cri de souffrance. Tout est désordre et contradiction : il désespère et il espère ; il blasphème et il adore ; il est pécheur et il est innocent.

En commentant ce texte, le pape François nous rappelle la situation dramatique de millions d’hommes, de femmes et d’enfants obligés de travailler dans des conditions indignes. Nous pensons aussi à la souffrance et parfois à la révolte de grands malades. Le pape nous recommande de devenir « des artisans de la mondialisation de la solidarité et de la fraternité. » Comme Job, nous nous tournons vers notre Dieu. C’est leur prière et leur révolte que nous faisons monter vers lui. Tout l’Évangile nous dit que Jésus est saisi de pitié devant toute cette souffrance. Et il compte sur nous pour être les témoins passionnés de son amour qui veut sauver tous les hommes.

C’est précisément ce que nous rappelle l’apôtre Paul dans la deuxième lecture. Nous ne pouvons pas nous contenter de bénéficier passivement de cet amour de Jésus. Comme lui, nous sommes envoyés vers ceux qui souffrent. Paul était un passionné de l’annonce de l’Évangile. Son seul but était de gagner les plus grand nombre au Christ. Lui-même disait : « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile. »

L’Évangile de saint Marc nous plonge en plein dans le ministère de Jésus : ministère de guérison, lutte spirituelle contre les forces du mal qui paralysent l’humanité, ministère de la prière, ministère de la prédication…

Tout commence par le ministère de guérison. Jésus est accueilli dans la maison de Simon et André. Or voilà que la belle-mère de Simon est malade. Jésus la prend par la main et la fait lever. En nous racontant cet événement, Marc veut rendre hommage à cette femme du peuple qui fut la première à offrir l’hospitalité à Jésus et à ses apôtres durant sa vie publique. Cette belle-mère deviendra le modèle de ces femmes de l’Église primitive qui accueilleront les missionnaires sous leur toit. Et bien-sûr, nous n’oublions pas toutes celles qui s’engagent dans un service d’Église.

Voilà donc cette belle-mère guérie et relevée. C’est l’image de ce que Dieu veut faire pour nous lorsque nous sommes paralysés par la fièvre du péché. Il continue à nous prendre par la main. Il veut nous remettre debout pour que, nous aussi, nous puissions servir. C’est cela qu’il réalise par le ministère de son Église; Jésus veut le salut de tous les hommes. Il manifeste une prédilection particulière pour ceux qui sont blessés dans leur corps et leur esprit : les pauvres, les pécheurs, les malades, les marginalisés. Il est celui qui sauve, qui soigne et qui guérit.

Tout l’Évangile nous dit que Jésus est venu « chercher et sauver ceux qui étaient perdus ». Cette mission se continue à travers l’Église, sacrement de l’amour et de la tendresse de Dieu pour les hommes. Les disciples sont envoyés en mission pour « annoncer l’Évangile du salut et guérir les infirmes ». Fidèle à cet enseignement, l’Église à toujours considéré l’assistance aux infirmes comme une partie intégrante de sa mission. Et nous pensons également à tous ceux et celles qui se mettent au service des malades au cours de leur pèlerinage à Lourdes. Les pauvres et les souffrants sont toujours présents sur notre route. À travers eux, c’est le Christ qui est là. Quand nous rendons visite à un malade, c’est le christ que nous servons.

Ce ministère de guérison ne va pas sans celui de la prière. Dès le matin, très tôt, Jésus s’en va dans un lieu désert et là, il priait. Il ne cherche pas à tirer profit de sa popularité. Bien au contraire, il se retire loin de la foule. Il choisit d’aller ailleurs, dans les villages voisins. La bonne nouvelle doit être annoncée partout et jusque dans le monde entier. Le pape François nous parle d’une « Église en sortie ». Tous ont besoin d’entendre la bonne nouvelle pour leur délivrance. Jésus se présente à nous comme le sauveur qui vient délivrer l’homme de ses démons et de ses maladies. Il veut que nous ayons la vie en abondance.

Prions ensemble afin qu’il nous aide à changer le regard sur les petits, les pauvres, les malades et les exclus. C’est vers eux que nous sommes envoyés. Qu’il nous donne force et courage pour témoigner de son amour tous les jours de notre vie.

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Sources : Feu Nouveau, Fiches dominicales, les cahiers prions en Église, Commentaire de l’Évangile selon Saint Marc (Olivier de Baranger), Découvrons Jésus en lisant saint Marc (Cardinal Vingt Trois), François Selon Saint Marc, Homélies pour l’Année B (Amédée Brunot)

Une Parole qui libère

Textes bibliques : Lire

Les textes bibliques de ce dimanche nous adressent un message d’espérance. Dans ce monde qui est le nôtre, nous en avons bien besoin. La première lecture nous invite à méditer sur les paroles adressées à Moïse, porte-parole de Dieu : « Je ferai se lever au milieu de leurs frères, un prophète comme toi. Il leur dira tout ce que je lui prescris. » Le rôle du prophète c’est précisément d’écouter et d’expliquer que Dieu n’abandonne pas son peuple. Il est toujours là pour nous guider et nous enseigner. Ce qu’il attend de nous, c’est que nous l’écoutions.

Plus tard, les chrétiens qui reliront ce passage l’appliqueront à Jésus. L’apôtre Pierre comprendra que lui seul a « les paroles de la Vie éternelle ». Lui seul peut libérer l’humanité et reconstituer son peuple. Alors, « aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur. » Cet appel est important pour notre monde d’aujourd’hui. Ils sont nombreux ceux et celles qui ont abandonné toute pratique religieuse. Pour eux, la foi est devenue quelque chose de secondaire.

Mais un autre constat s’impose : Quand on chasse le côté religieux de notre vie, il revient sous sa forme la plus perverse. Les superstitions occupent un terrain de plus en plus important. On court après ceux qui ont des pouvoirs, ceux qui prédisent l’avenir, les voyants, les gourous en tous genres. C’est de ce danger que le Seigneur veut nous prévenir. Et il s’arrange pour mettre sur notre route des hommes et des femmes qui portent son enseignement.

Dans la seconde lecture, saint Paul nous recommande de rester attachés à Dieu sans partage. Cet appel s’adresse à tous. Il rejoint ceux qui sont mariés et ceux qui ne le sont pas. Il faut savoir que beaucoup vivaient dans le luxe et la luxure. Mais quand on a rencontré le Christ et qu’on l’a accueilli, c’est toute la vie qui est changée. Nous en avons de nombreux témoignages. L’important c’est de rester unis au Seigneur, chacun selon sa propre vocation. Célibataires et mariés doivent s’aider à vivre un amour vrai.

Dans l’Évangile, nous voyons Jésus entrer à Capharnaüm avec sa petite communauté de disciples. Le jour du Sabbat (samedi), il entre dans la synagogue et se met à enseigner. Cela nous rappelle que la Parole de Dieu est une priorité absolue ; c’est une parole à écouter, à accueillir et à annoncer. La principale préoccupation de Jésus c’est précisément de communiquer la parole de Dieu avec la force de l’Esprit Saint.

Les gens qui sont là sont frappés car « il enseignait avec autorité, et non pas comme les pharisiens ». Ces derniers ainsi que les docteurs de la loi ne faisaient qu’imposer des lois, mais ils n’entraient pas dans le cœur du peuple. Dans les paroles humaines de Jésus, on sentait l’autorité même de Dieu. Une des caractéristiques de la parole de Dieu c’est qu’elle fait ce qu’elle dit. C’est une parole qui libère.

Après avoir prêché, Jésus démontre son autorité en libérant un homme possédé par un démon. C’est précisément l’autorité divine qui avait suscité la réaction de Satan. Jésus le reconnaît et l’interpelle vivement : « Silence, sors de cet homme ! » Par la seule force de sa Parole, Jésus libère les personnes du malin. Ceux qui sont présents s’émerveillent.

L’Évangile est Parole de vie. Il libère ceux qui sont esclaves de tant d’esprits mauvais de ce monde, l’esprit de vanité, l’attachement à l’argent, l’orgueil, la sensualité. L’Évangile change le cœur, il transforme les inclinations au mal en intentions de bien. C’est de cela que nous avons à témoigner en devenant missionnaires et messagers de la Parole de Dieu

Cet Évangile a été écrit pour nous. Il est la bonne nouvelle qui nous transforme quand nous nous laissons transformer par elle. Le pape François nous recommande d’avoir un contact quotidien avec l’Évangile : « Il faut se nourrir chaque jour de cette source intarissable de salut. » La Parole de Dieu manifestée en Jésus est bien plus forte que tous les démons et tous les esprits mauvais. Avec lui, le mal n’aura pas le dernier mot.

Comme autrefois dans la synagogue, le même Jésus rejoint les communautés réunies en son nom dans toutes les églises du monde. Il nous fait entendre sa Parole. Il vient nous libérer de toutes nos possessions. Ouvrons-nous à cette Parole qui guérit d’elle-même. Avec lui, nos actes et toute notre vie deviendront conformes à cette parole. En accueillant le Christ libérateur, nous pourrons chanter avec plus de force : « Ta Parole, Seigneur est vérité, et ta loi délivrance. » Amen

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Sources : revues Feu Nouveau, homélies du dimanche (Mgr Léon Soulier), lectures bibliques des dimanches B (Albert Vanhoye), commentaire de Claire Patier, Fiches Dominicales, Pensées sur l’Évangile de Marc (Christoph Schönborn), François selon saint Marc.

La Bonne Nouvelle pour tous

Textes bibliques : Lire

Le livre de Jonas nous introduit dans la liturgie de ce 3ème dimanche du Temps ordinaire. Il nous raconte l’histoire de cet homme envoyé à Ninive pour lui annoncer que son péché entraînera sa destruction. Ninive est en Irak. Ce pays est déjà le pire ennemi d’Israël ; il l’avait écrasé d’une manière implacable. Après bien des aventures, Jonas va s’acquitter de cette mission que Dieu lui a confiée. Il y va avec la peur au ventre car il craint de se faire massacrer. Mais les choses ne se passent pas comme il l’avait prévu.

Jonas croyait assister à la destruction de cette ville. Mais les gens se sont convertis et la ville n’a pas été détruite. Le seul qui n’est pas converti, c’est Jonas lui-même. Il n’avait pas compris que Dieu aime tous les hommes. Il est le Dieu de l’univers, y compris des étrangers. Sa présence n’est pas limitée à un lieu, un pays ni à une religion. Elle est universelle. Ceux que nous considérons comme des païens sont parfois plus prêts que nous à écouter la Parole de Dieu. Aujourd’hui encore, des gens qui sont très loin de l’Église décident de se convertir à Jésus Christ. Pendant ce temps, d’autres qui sont imbus de leurs connaissances et de leurs certitudes refusent de bouger.

L’apôtre Paul a vécu cette conversion. Au départ, il était un persécuteur acharné des chrétiens. Mais sa rencontre avec le Christ l’a complètement transformé. Aujourd’hui, il vient nous rappeler que l’avenir tout proche de l’homme est dans le Christ ressuscité. Il nous recommande de prendre nos distances par rapport aux biens qui passent. C’est important car nous risquons d’être prisonniers de ce que nous vivons actuellement. Avec le Christ, le Royaume de Dieu est déjà inauguré. Il n’est pas encore pleinement accompli, mais il est déjà là. La vraie priorité c’est d’être entièrement tourné vers la rencontre définitive avec le Christ.

L’Évangile nous montre Jésus qui prêche la bonne nouvelle du Royaume de Dieu. Tout commence en Galilée. Cette région dont on disait qu’il ne pouvait sortir rien de bon est devenue un carrefour des païens, une terre de ténèbres et de débauche. Tout comme Jonas, Jésus se rend vers ce lieu de perdition. Mais au lieu d’annoncer la catastrophe, il lance un appel pressant : « Convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle. Le Royaume de Dieu est tout proche. » En Jésus, c’est Dieu qui vient à notre rencontre pour nous sauver. Il veut nous communiquer son amour ; il nous demande d’éliminer tous les obstacles qui nous détournent de lui.

Pour embraser le monde, Jésus fait appel à des hommes et des femmes. L’Évangile nous raconte la vocation des premiers apôtres. Il ne les choisit pas parmi les notables du temple mais parmi de simples pécheurs. Ces hommes surpris dans leur travail laissent tout tomber ; ils se mettent à suivre Jésus. Pour André, Simon, Jacques et Jean, c’est le début d’un grand amour. Ils vont accueillir la bonne nouvelle et toute leur vie en sera transformée.

Comme ces apôtres, comme Paul et comme Jonas, nous sommes tous appelés par le Seigneur. En tant que chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes envoyés pour être témoins et messagers de l’Évangile. Tout commence par une conversion de chaque jour. Tout au long des siècles, les grands témoins de la foi ont été des pécheurs pardonnés. Pensons à Pierre qui a renié le Christ, Paul qui a persécuté les chrétiens, Saint Augustin qui a vécu une partie de sa vie dans le désordre et bien d’autres. Étant libérés de toute entrave, ils ont proclamé la joyeuse nouvelle. Ils l’ont annoncée à l’humanité captive du péché et de la mort. Ils ont compris que notre Dieu est un Dieu libérateur et sauveur. C’est de cela qu’ils ont témoigné.

Cette mission comporte des risques. Nous vivons dans une société qui n’aime pas entendre parler de Dieu ni de Jésus. Mais la bonne nouvelle doit être annoncée à tous car Dieu veut le salut de tous les hommes. Face à l’incroyance, la mal-croyance ou l’indifférence, nous ne pouvons pas rester passifs. Notre pape François nous recommande de sortir vers les « périphéries » pour y annoncer le message du Christ. L’Église ne peut vivre qu’en partant pour la « Galilée ». C’est là que vivent ceux qui paraissent les plus éloignés de Dieu. Le Christ compte sur nous pour être témoins et messagers du Royaume de Dieu.

Nous sommes envoyés ensemble, en communion les uns avec les autres et avec le Christ. Ce rappel nous est rappelé en pleine semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Cette unité est absolument indispensable au témoignage que nous avons à donner. Si nous sommes divisés, c’est impossible. Depuis des années, des initiatives sont prises pour aider les chrétiens de différentes confessions à se rencontrer, à prier ensemble et à se rapprocher du Christ. C’est autour de lui que se construira l’unité de ses disciples.

Prions ensemble, les uns avec les autres. Que le Seigneur nous rende attentifs à ses appels. Qu’il nous donne plus de générosité pour y répondre. Et qu’il fasse de nous des artisans d’unité, de paix et de réconciliation partout où nous vivons.

Télécharger pour imprimer : 3ème dimanche du Temps ordinaire

Sources : Revue Feu Nouveau – Lectures Bibliques des Dimanches (Albert Vanhoye) – Missel Communautaire (Michonneau) – Ta Parole est ma joie (Joseph Proux) – Homélies pour l’année liturgique B (Simon Faivre)

Quand Dieu nous appelle

Textes bibliques : Lire

Depuis lundi dernier, nous sommes entrés dans la période du Temps ordinaire. C’est une période moins festive mais elle reste très importante. C’est là que nous avons à grandir dans la fidélité et l’écoute de la Parole de Dieu. Mais la liturgie de ce dimanche reste dans l’atmosphère de l’Épiphanie. Nous nous rappelons que cette fête évoque la manifestation de Dieu aux mages. Aujourd’hui, il se manifeste en revêtant la forme de l’appel.

Dans la première lecture, nous avons entendu le récit de la vocation du jeune Samuel. Le mot important c’est le verbe « appeler » qui revient onze fois. Deux points importants doivent être soulignés : le triple appel et la promptitude de la réponse. Cette réponse repose sur un acte de foi : « Parle Seigneur, ton serviteur écoute. » Et le texte ajoute : « L’enfant grandit. Le Seigneur était avec lui et aucune de ses paroles ne demeura sans effet ». Comme pour le jeune Samuel, il y a de nombreux appels dans notre vie ; nous ne les entendons pas toujours ; il nous faut l’aide et le discernement d’autres personnes.

Quand on a rencontré le Seigneur et entendu son appel, plus rien ne peut être comme avant. C’est ce que rappelle l’apôtre Paul aux chrétiens de Corinthe. Il dénonce les divisions et les abus qui existent dans la communauté : les divisions entre fidèles, les atteintes à la chasteté chrétienne, les recours aux tribunaux païens, tout cela n’est pas tolérable. Notre rencontre avec le Christ doit être le point de départ d’une vie entièrement nouvelle. Nous chrétiens, nous pouvons être soumis à toutes sortes de tentations. Mais le Seigneur est là ; il ne cesse de nous appeler. Comme Samuel, nous sommes invités à écouter sa parole et à nous laisser guider par lui.

L’Évangile nous rapporte la vocation des premiers disciples. Ces hommes avaient commencé par suivre Jean Baptiste. Sur la parole de leur maître qui désigne Jésus comme « l’Agneau de Dieu », ils s’empressent de le suivre. Jésus s’en rend compte et il leur pose la question : « Que cherchez-vous ? » C’est une manière de les inviter à creuser leur désir. Cette quête d’absolu qu’ils n’ont pas assouvie chez Jean, ils doivent la comprendre de l’intérieur.

La même question nous est posée à tous aujourd’hui : que cherchons-nous ? C’est vrai que, bien souvent, nous ne cherchons pas du bon côté. Beaucoup s’engagent sur des chemins de perdition. Mais le Seigneur est toujours là pour nous dire : « Venez et vous verrez ! » Ce que vous verrez dépasse tout ce que vous pouvez imaginer. Comme les premiers disciples, nous sommes invités à entendre cet appel de Jésus et à demeurer avec lui. En l’écoutant, nous découvrirons que ses paroles sont celles de la Vie éternelle.

L’Évangile insiste donc sur l’importance de la rencontre avec le Christ. Mais pour que cette rencontre soit rendue possible, il a fallu des intermédiaires. C’est d’abord Jean Baptiste qui désigne Jésus. Puis c’est André qui lui amène son frère. Philippe qui a été personnellement appelé par Jésus lui amènera Nathanaël. Les chemins des uns et des autres sont différents, mais tous sont appelés à une même vocation : « disciples-missionnaires » comme dit le pape François.

C’est également vrai pour nous : si nous avons rencontré le Christ et si nous avons répondu à son appel, c’est grâce à des médiateurs. Il y a eu sur notre route des prêtres, des religieux et religieuses et des laïcs qui nous ont fait partager leur expérience de foi. C’est ensemble, les uns avec les autres que nous marchons à la suite du Christ. Il n’a pas besoin des hommes mais il veut nous associer tous à son œuvre. Il compte sur chacun de nous pour être les « médiateurs » et les « messagers » dont le monde a besoin.

La bonne nouvelle de l’Évangile doit être annoncée à tous, enfants, jeunes et adultes. Il ne s’agit pas de convertir ni de convaincre mais de témoigner et de favoriser la rencontre personnelle avec le Christ. Relayé par les uns et par les autres, l’appel du Seigneur se fait entendre de génération en génération. C’est par nos réponses personnelles et collectives que s’édifie le Corps du Christ, Sanctuaire de l’Esprit Saint. Comme André, nous pourrons dire : « Nous avons trouvé celui que nous cherchions ».

2ème dimanche du Temps ordinaire

Sources : Revues Feu Nouveau, Fiches dominicales, Cahiers Prions en Église – Homélies des dimanches (Mgr Soulier) – L’année chrétienne 2017-2018 – Ta Parole est ma joie (Joseph Proux) – Homélies de l’année liturgique (Simon Faivre)

Aller vers la Lumière

Textes bibliques : Lire

La première lecture nous rapporte la joie du prophète : « Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. » Cette parole adressée à la ville sainte nous appelle, nous aussi, à nous lever. Aujourd’hui comme autrefois, le prophète nous recommande de sortir de nos enfermements. Il nous montre la lumière qui vient illuminer notre existence. Cette lumière c’est la gloire du Seigneur.

L’Église ne doit pas croire qu’elle brille de sa propre lumière. C’est ce qu’écrivait saint Ambroise : « L’Église est véritablement comme la lune : elle ne brille pas de sa propre lumière mais de celle du Christ. Elle tire sa propre splendeur du Soleil de justice. » L’Église ne peut éclairer le monde que si elle est éclairée par le Christ. C’est lui-même qui nous le dit : « Je suis la Lumière du monde : Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres ». (Jean 12, 8)

Nous avons tous besoin de cette lumière qui vient d’en haut. Elle nous est nécessaire pour répondre de manière cohérente à l’appel que nous avons reçu : nous sommes tous appelés et envoyés pour annoncer l’Évangile du Christ. Il ne s’agit pas de faire du prosélytisme en obligeant les gens à se convertir. Être missionnaire c’est d’abord être illuminés par Dieu et réfléchir sa lumière. Notre mission c’est de faire resplendir la Lumière du Christ. Le monde attend de nous cet engagement missionnaire. Il l’attend parce qu’il a besoin de connaître le Christ ; il a besoin de connaître le visage du Père.

C’est cette lumière qui a complètement bouleversé la vie de Paul sur le chemin de Damas. Il a compris que « toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile. » Le salut est offert à tous. C’est cette lumière qu’il faut transmettre à toutes les nations. Paul était imprégné de la présence et de l’amour du Christ ; il en a témoigné dans ses lettres, ses discours et ses voyages. Un jour, il a même pu dire : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. »

La prophétie d’Isaïe nous parlait d’une grande procession vers la Lumière. Les mages venus d’Orient sont les premiers de cette procession qui ne s’interrompt plus. À toutes les époques, des hommes, des femmes et des enfants ont suivi l’étoile ; ils ont trouvé l’enfant qui indique la tendresse de Dieu. Les mages représentent des hommes et des femmes de toutes les religions du monde entier. Les uns et les autres sont en recherche.

Ces mages nous indiquent la route sur laquelle nous sommes tous invités à marcher. Ils ont longtemps cherché la lumière véritable. Après avoir vu le signe de l’étoile, ils se sont mis en marche, ils ont fait un long voyage. C’est l’Esprit Saint qui les a appelés et qui les a poussés à se mettre en chemin. Et c’est sur ce chemin qu’aura lieu la rencontre avec le vrai Dieu.

Sur leur route, les mages ont dû faire face à de nombreuses difficultés. Arrivés à Jérusalem, ils se rendent au palais du roi Hérode. Pour eux, il était évident que le nouveau roi devait naître dans un palais royal. Or c’est là qu’ils ont perdu de vue l’étoile. Ce qu’ils ont vu, c’est un roi orgueilleux, avide de pouvoir qui ne pense qu’à éliminer tous ceux qu’il considère comme des rivaux. Dans ce palais, les mages ont traversé un moment d’obscurité et de désolation. Dans un tel milieu, l’étoile ne peut pas briller. Il leur a fallu l’éclairage des prophètes pour se remettre en route vers la Lumière.

Arrivés à Bethléem, ils trouvent « l’enfant avec Marie sa mère ». Ils auraient pu sombrer dans la tentation de refuser la petitesse de ce roi. Or c’est le contraire qui arrive : tombant à ses pieds, ils se prosternent devant lui. C’est l’Esprit Saint qui les a aidés. C’est lui qui les a fait entrer dans ce grand mystère. Guidés par l’Esprit Saint, ils arrivent à reconnaître que Dieu ne se manifeste pas par la puissance de ce monde. Il vient à nous dans l’humilité de son amour. Cet amour de Dieu est grand et puissant mais il est humble.

Cette bonne nouvelle nous rejoint dans notre monde : nous voyons autour de nous des guerres, des injustices, des tortures, des trafics d’armes, la traite des personnes… Ce sont les petits et les faibles qui sont les premières victimes. Si nous cherchons Jésus, c’est vers eux qu’il nous faut nous tourner. La crèche nous présente un chemin différent de celui dont rêve la mentalité mondaine : c’est le chemin de l’abaissement de Dieu.

Les mages sont entrés dans ce mystère. Ils sont passés des calculs hautains à l’humilité de la crèche. Nous pouvons demander au Seigneur qu’il nous guide sur ce chemin de conversion, qu’il nous libère des tentations qui cachent l’étoile. Il peut arriver qu’au milieu des tromperies mondaines, nous la perdions de vue. Mais comme les mages, n’hésitons pas à poser la question : « Où est l’étoile ? » En la cherchant et en la suivant, nous trouverons le « nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ».

Marie, notre Mère est toujours là pour nous montrer Celui qui est la Lumière du monde. Comme aux noces de Cana, elle nous redit : « Faites tout ce qu’il vous dira. »

Télécharger en PDF : Épiphanie

Sources : Revue Feu Nouveau – Guide Emmaüs des dimanches et Fêtes – Pape François : Joyeux Noël

Fête de la Sainte Famille

Textes bibliques : Lire

En ce dimanche après Noël, nous fêtons la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. Cette famille nous est présentée comme modèle pour toutes les familles. Chaque année, nous entendons des lectures qui mettent l’accent sur les vertus familiales. Les textes bibliques de ce dimanche mettent en valeur la foi. Ils nous rappellent que la foi est une valeur essentielle de la vie familiale. Elle tisse des liens très forts entre des personnes que tant de choses séparent.

La première lecture et la lettre aux Hébreux nous parlent de la foi d’Abraham. Voilà un homme qui s’est mis en route pour aller vers le pays que Dieu lui destinait. Il est parti sans savoir où il allait. Il a cru à la Parole de Dieu qui lui promettait une descendance issue de son sang. Nous comprenons que la foi ce n’est pas seulement adhérer à des idées, des croyances ; c’est d’abord se mettre en route, c’est s’engager sur le chemin que Dieu nous montre.

Il faut le dire : la foi façonne des existences solides. Elle nous aide à faire face aux problèmes de la vie. La lettre aux Hébreux a été écrite pour des chrétiens persécutés. L’auteur de cette lettre a voulu les édifier et les encourager à tenir bon. Il leur montre Abraham comme modèle de la foi en Dieu. « Grâce à la foi », le projet de Dieu a pu s’accomplir. La lettre aux Hébreux nous invite à une relecture des événements anciens. L’aventure d’Abraham s’accomplit en Jésus ; il est le meilleur témoin de la foi. Il en est l’initiateur et l’aboutissement.

C’est vrai, tout l’Évangile nous présente Jésus qui vient éclairer notre vie. Cela change tout dans notre façon de regarder et d’écouter les autres. Nous vivons dans un monde qui accuse et qui condamne. Le regard de la foi nous invite à regarder le meilleur en eux. Il les aide à grandir et à s’assumer. Avec lui, les familles deviennent des lieux d’éducation et d’amour véritable ; elles trouvent la joie de prier et de louer Dieu. En ce jour, nous n’oublions pas toutes celles qui sont douloureusement éprouvées par le deuil, la maladie d’un proche, la mésentente. Nous demandons au Seigneur qu’elles rencontrent des témoins de l’amour qui est en Dieu.

L’Évangile nous donne le témoignage de Marie et Joseph. Quarante jours après la naissance de Jésus, ils se rendent au temple de Jérusalem. Ils obéissent à la loi de Moïse qui prescrit d’offrir au Seigneur tout fils premier né. Nous pouvons imaginer cette humble famille que rien ne distingue des autres. Et pourtant, elle ne passe pas inaperçue : Siméon et Anne s’approchent de l’enfant. Animés par l’Esprit Saint, ils se mettent à louer Dieu. Ils reconnaissent « la Lumière des nations et le Salut d’Israël. Encore une fois ce qui a été caché « aux sages et aux savants » a été « révélé aux tout-petits ».

Voilà cette rencontre extraordinaire entre deux jeunes époux et deux personnes âgées. Ils sont remplis de joie et d’action de grâce. C’est Jésus qui les fait se rencontrer. Et c’est toujours vrai dans notre monde d’aujourd’hui : c’est Jésus qui rapproche les générations. Il est la source de cet amour qui unit les familles. En lisant cet Évangile d’aujourd’hui, notre pape François nous invite à penser aux grands-parents. Leur rôle est absolument précieux pour la transmission de la foi aux jeunes générations.

Le message qui provient de la Sainte Famille est d’abord un message de foi. Dans la vie familiale de Marie et Joseph, Dieu est au centre ; il l’est en la personne de Jésus. La famille de Nazareth est sainte parce qu’elle est centrée sur la personne de Jésus. Voilà cet idéal qui est proposé aujourd’hui à toutes nos familles, parents et enfants.

Les textes bibliques de ce dimanche nous adressent une invitation à approfondir notre foi pour qu’elle soit plus vivante et plus forte. Jésus nous est présenté comme la Lumière des nations. Vivre Noël, c’est accueillir cette lumière dans nos vies, dans nos familles. C’est avec lui que nous pourrons grandir dans la foi. Elle va nous pousser au témoignage joyeux, serein et convaincu. La foi est une amitié avec le Christ, le Fils de Dieu et unique sauveur du monde.

Confions à Marie, Reine et Mère de la famille, toutes les familles du monde. Qu’elles puissent vivre dans la foi, dans la concorde, dans l’aide réciproque. Que Marie nous aide à accueillir la Parole de son Fils et à faire « tout ce qu’il nous dira ». Qu’elle soit toujours avec nous pour nous garder fidèles à son amour.

Télécharger :  Fête de la Sainte Famille

Sources : Revues Feu Nouveau, Lectures bibliques des Dimanches (B), Commentaire ADAP (Nouvelle Calédonie), « Joyeux Noël » (Pape François)

 

 

Notre Sauveur est né

Textes bibliques :  Lire

En cette fête de Noël, nos églises accueillent des personnes d’origines différentes, de milieux différents, l’âge et même des gens qui ne partagent pas la même foi. Certains fréquentent nos églises régulièrement, d’autres de façon épisodique, d’autres très rarement ; que personne ici ne se sente étranger. Qu’aucun d’entre nous ne se sente jugé pour son passé ou son présent. Le message de Noël c’est justement cela: Dieu nous aime tous qui que nous soyons.

Tout au long de sa vie terrestre, celui que nous fêtons aujourd’hui montrera qu’il accueille tous ceux qui viennent à lui, ceux qui prient beaucoup, tous les jours, comme ceux qui se tournent vers lui au dernier moment. L’enfant que nous fêtons aujourd’hui est né dans une étable. Les premiers qui l’ont vu étaient des bergers. Au temps de Jésus les bergers n’étaient pas bien considérés. En effet, à cause de leur métier, ils ne fréquentaient guère les offices religieux. Ce sont eux, pourtant, les premiers cités dans l’évangile pour s’être mis en marche vers Jésus.

Celui que nous fêtons aujourd’hui comme notre Dieu a pris la condition humaine. Il a vécu la plus grande partie de sa vie non pas comme un prince mais comme l’humble artisan d’un petit village. Il a travaillé de ses mains. Sa naissance sera celle d’un pauvre. Comme tous les gens de leur temps, ses parents se sont déplacés pour obéir aux ordres de l’empereur. Tout au long de sa vie publique, on verra Jésus accueillir les enfants, les méprisés, les malheureux. On causera même sur lui.. On lui reprochera de manger avec les publicains, des gens qui ne mettent pas en pratique la loi dans toute sa rigueur.

Mais celui que nous fêtons aujourd’hui n’est pas un enfant comme les autres. Bien sûr, il a réalisé des choses extraordinaires. Mais surtout, il est le seul dont les disciples disent qu’après être mort volontairement pour nous, il est redevenu vivant. Fêtant la naissance du Christ aujourd’hui, c’est notre naissance à la vie que nous fêtons aussi. Nous chrétiens, nous croyons que Jésus est toujours vivant, d’une vie qui ne finit pas et qui dure même après notre mort.

Aujourd’hui, nous fêtons la naissance du Christ, de celui qui a dit : « Je suis la résurrection et la vie, celui qui croit en moi fut-il mort, vivra ». Le sauveur que les hommes attendaient, nous apprend par sa naissance que la condition humaine est respectable: Dieu en effet, n’a pas rougi de prendre notre condition humaine. Mais le sauveur nous apprend aussi que nous sommes appelés à vivre avec lui pour toujours. La Bonne nouvelle que nous célébrons aujourd’hui est une nouvelle actuelle, une nouvelle pour nous.

Fêter Noël, c’est accepter d’entrer dans ce mouvement de paix, de joie, de réconciliation : « Gloire à Dieu et paix sur terre aux hommes de bonne volonté ». Dire cela nous est facile mais peut-être pourrions-nous essayer de le vivre. Fêter Noël aujourd’hui, c’est aussi faire des cadeaux. Mais qu’importeraient les cadeaux s’ils n’étaient pas signe d’amour fraternel, d’amour conjugal ? Un cadeau n’a de sens que parce qu’il représente l’amour. Fêter Noël aujourd’hui, c’est donc accepter d’essayer tous les jours d’aimer ceux et celles qui nous entourent, au travail et en famille. C’est vouloir être instrument de justice, c’est accepter d’avoir moins pour que les autres aient plus. C’est vouloir être instrument de paix et de réconciliation : Au lieu de mettre la discorde dans le village ou le quartier, c’est vouloir mettre un peu de paix.
Bon Noël à tous. Gardons le cœur ouvert et faisons en sorte que personne ne reste seul en ce jour de Noël. À l’écoute de ce que dit Jésus, sachons vivre l’amour, le véritable amour qui est don de soi. Nous nous disons catholiques, ce qui veut dire « universel ». Pensons aussi aux différents points du monde où sévit toujours la guerre. Demandons à Dieu la paix et qu’il nous aide à être, là où nous vivons des artisans de paix.

En cette fête de Noël, nous nous tournons vers ce petit enfant de la crèche. En lui, c’est Dieu qui fait le premier pas vers nous. Il fait de nous des messagers de sa paix et de son amour. Nous le supplions : « Toi qui es Lumière, toi qui es l’Amour, mets en nos ténèbres ton Esprit d’Amour. Amen

Dieu avec nous

Textes bibliques : Lire

Nous célébrons ce matin la messe du 4ème dimanche de l’Avent. Tout au long de cette période, nous avons entendu un mot important : c’est le verbe « VENIR« . Le temps de l’Avent nous rappelle que Jésus est venu lors du premier Noël. Ce même Jésus est celui qui vient dans notre vie de tous les jours. Lui-même nous l’a promis : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». Il est également celui qui reviendra ; nous attendons son grand retour à la fin des temps.

Cette venue du Seigneur était déjà annoncée dans le 2ème livre de Samuel (1ère lecture). À l’époque, l’Arche de l’Alliance était le symbole de la présence de Dieu au milieu de son peuple. Alors le roi David vient trouver le prophète Nathan : « Regarde ! J’habite dans une maison de cèdre, et l’arche de Dieu habite sous un abri de toile ! » Pour lui, ce n’est pas normal ; il voudrait pour son Dieu un temple grandiose. Mais par l’intermédiaire du prophète, Dieu lui fait comprendre qu’il n’a pas besoin d’un temple de pierres. À la lumière des Évangiles, les chrétiens comprendront que le seul vrai temple c’est Jésus. En lui, c’est Dieu qui se rend présent au monde.

Dans la seconde lecture, l’apôtre Paul rend grâce à Dieu qui a enfin révélé son secret. Cette venue du Sauveur était prévue depuis toujours. Les croyants ont dû apprendre à faire confiance. C’est ainsi qu’il les a fait pénétrer dans le cœur de son secret : Dieu lui-même s’est fait homme. Cette bonne nouvelle a été « portée à la connaissance des peuples païens pour les conduire à l’obéissance de la foi ». En Jésus, c’est Dieu qui vient à eux pour les sortir de la vie sans but qui était la leur jusque-là. À la suite de Paul et de toute l’Église, nous rendons grâce à Dieu pour cette merveille.

Dans l’Évangile de ce jour, nous avons entendu le récit de l’Annonciation ou plutôt celui de la vocation de Marie. L’ange Gabriel se rend chez elle pour lui annoncer qu’elle a été choisie par Dieu pour être la mère de son Fils. Et Marie répond librement : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ». Cet Évangile est une réponse à la première lecture. Dieu ne veut pas habiter une maison grandiose. Son grand désir c’est d’habiter le cœur des hommes. Il est « Emmanuel », Dieu avec nous. Il veut que nous devenions familiers de sa présence et que nous cheminions ensemble vers son Royaume d’éternité.

Noël c’est d’abord Jésus qui vient : il frappe discrètement à notre porte et il attend notre réponse. Il faut le dire et le redire à ceux qui ne le savent pas : le plus beau cadeau de Noël c’est Jésus qui vient habiter en nous. Accueillir Dieu et le donner au monde c’est quelque chose d’extraordinaire. Nous y trouvons une joie que personne ne peut nous enlever.

Ce cadeau que Dieu nous fait, nous ne pouvons pas le garder pour nous. À la suite de Marie, nous sommes choisis et appelés par Dieu pour incarner sa bonté, sa tendresse et sa justice. Il a besoin de nos mains pour continuer les siennes. Il a besoin de nos yeux pour voir la souffrance humaine et la soulager. Quelle que soit la question qu’il nous pose, il nous invite à lui dire OUI.

Comme la Vierge Marie, Dieu nous confie une mission. Le synode de notre diocèse nous l’a rappelé : « Que chaque personne, quel que soit son âge, puisse se poser la question de son devenir devant Dieu… et de son rôle au service de la communauté paroissiale. » Le Seigneur compte sur nous tous pour témoigner de sa présence et de son amour auprès de tous ceux et celles qui ne le connaissent pas.

En nous rassemblant à l’église, nous avons répondu à l’appel du Seigneur. Chaque dimanche, il rejoint les communautés réunies en son nom. En nous nourrissant de sa Parole et de son Corps, il vient habiter en nous. Il veut être avec nous et en nous pour nous conduire vers le Royaume qu’il est venu annoncer. En ce jour, nous pouvons lui adresser cette prière : « Dieu qui veux habiter les cœurs droits et sincères, donne-nous de vivre selon ta grâce. Alors, tu pourras venir en nous pour y faire ta demeure. Amen

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Sources : Revue Feu Nouveau, Guide Emmaüs des dimanches et Fêtes (JP Bagot), Homélies pour l’année B (Amédée Brunot), Missel Communautaire (Michonneau)

Réjouissez-vous

Textes bibliques : Lire

En ce 3ème dimanche de l’Avent, nous sommes invités à nous réjouir. C’est l’appel que nous adresse Isaïe dans la première lecture : « Je tressaille de joie et mon âme exulte en mon Dieu ». Ces paroles concernent un peuple qui vient de vivre environ 50 ans en terre d’exil. Revenu dans son pays d’origine, il se trouve en situation de détresse. C’est là que le prophète intervient ; il se présente comme le messager du Seigneur : non Dieu n’abandonne pas son peuple ; la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres ; les cœurs brisés sont réconfortés ; c’est vraiment un temps de grâce pour tous ceux qui mettent leur foi dans le Seigneur.

Cette bonne nouvelle est toujours d’actualité dans le monde tourmenté qui est le nôtre : le Seigneur est là, au cœur de nos vies. Il est la bonne nouvelle annoncée aux pauvres, aux exclus et à tous ceux et celles qui souffrent. Il est venu rendre à tous les hommes leur liberté et leur dignité d’enfants de Dieu. Comme disait le pape Jean-Paul II, « il est celui qui a donné Dieu aux hommes et les hommes à Dieu ». C’est un don que lui seul peut nous faire.

Le cantique de Marie (qui suit la première lecture) va dans le même sens. C’est la même bonne nouvelle : Dieu est sauveur. Il comble de biens les affamés. Il relève Israël son serviteur. D’ailleurs, le nom donné à Jésus signifie « Le Seigneur sauve ». Sa venue est une bonne nouvelle pour le monde de son époque mais aussi pour nous aujourd’hui. C’est pour cela qu’en ce temps de l’Avent, il est si important de se mettre dans une attitude d’accueil et de joie. Marie est là pour nous y aider. Avec elle, nous chantons les louanges du Seigneur qui continue à faire des merveilles.

« Soyez dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance… » Ces paroles sont de saint Paul (2ème lecture). Il invite les chrétiens de son temps et ceux d’aujourd’hui à puiser aux sources de la joie qui est en Dieu, Père Fils et Saint Esprit. Pour l’obtenir, il faut prier sans cesse car elle est un don de Dieu. En ce temps de l’Avent, nous célébrons Celui qui vient à nous. Mais pour que cette rencontre soit possible, il importe que nous allions à lui. C’est dans ce contact régulier avec lui que nous trouverons la vraie joie.

Dans l’Évangile, c’est Jean Baptiste qui intervient, le dernier prophète de l’Ancien Testament ; à la suite d’Isaïe, il se présente comme « la voix qui crie dans la désert ». Il déçoit les chefs religieux qui viennent l’interroger : Non, il n’est pas le Messie, ni Élie, ni le prophète annoncé ; il n’est que le témoin de Celui qui est la Lumière du monde. Sa mission c’est de la montrer à tous : « Au milieu de vous, se tient Celui que vous ne connaissez pas. » C’est toujours vrai dans notre monde d’aujourd’hui. Jésus est toujours là au milieu de nous et beaucoup ne le savent pas. Notre synode diocésain nous a rappelé qu’il est venu parmi nous « pour que les hommes aient la vie. »

Mais pour que le Seigneur puisse venir chez nous, il nous faut redresser son chemin, éliminer tout ce qui est tordu en nous. Nous avons tous à nous convertir, éradiquer de notre vie tout ce qui est orgueil, paroles blessantes, accusations injustes. Nous vivons dans un monde qui souffre de la violence, de l’injustice, de l’égoïsme. Dans ce cas, il n’y a pas de place pour Dieu dans notre vie. Le pape François nous dit que « même les croyants courent ce risque… Beaucoup succombent et se transforment en personnes vexées, mécontentes et sans vie. »

Nous sommes à une semaine de Noël. Tout est prévu pour un Noël de fête, les cadeaux bien colorés et bien enrubannés, le réveillon, les illuminations dans nos rues et nos maisons. Mais le risque est grand d’oublier Celui qui est à la source de cette fête. Les crèches sont là pour nous le rappeler, mais en de nombreux endroits, on n’en veut plus : « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu. »

La question nous est posée : Sommes-nous disposés à accueillir Celui qui vient nous sauver ? C’est le moment de redonner toute sa place à la prière et à tout ce qui peut nous aider à réorienter toute notre vie vers le Seigneur ; par le sacrement du pardon, nous pourrons redresser tout ce qui est tortueux en nous. Le Christ ne demande qu’à nous combler de son amour. Ses paroles sont celles de la Vie Éternelle.

Nous allons célébrer l’Eucharistie : nous chanterons « Béni-soit Celui qui vient au nom du Seigneur ». Oui, l’Avent c’est Jésus qui vient et nous ne pouvons que le chanter et lui rendre grâce. Les plus beaux cadeaux, les réveillons les plus fastueux ne sont rien auprès de ce petit enfant né dans des conditions misérables. C’est auprès de lui que nous trouvons la vraie joie. Lui seul peut nous aider à évangéliser Noël car il en est le principal acteur. Il nous invite et nous attend tous à la crèche. Qu’il nous donne de répondre joyeusement à son appel.

Sources : « La joie de l’Évangile (Pape François), Revues Feu Nouveau, Fiches dominicales, Lectures bibliques des dimanches (Albert Vanhoye) – Commentaires de Claire Patier, Guide Emmaüs des dimanches et fêtes (JP Bagot), Homélies pour l’année B (Amédée Brunot), Homélies du dimanche année B (Mgr Léon Soulier)

Le Seigneur vient

Textes bibliques : Lire

Sur notre route vers Noël, nous trouvons le prophète Isaïe. Aujourd’hui, nous le voyons s’adresser aux Juifs déportés à Babylone. Depuis des années, ils sont prisonniers, écrasés, en terre d’exil. Isaïe leur annonce le retour en Terre sainte. Le message est clair : « Voici votre Dieu qui doit venir… Préparez-vous… Redressez les passages tortueux… comblez les ravins… » Cela signifie : « Que votre cœur se purifie, soyez droits et juste, n’ayez pas des attitudes tortueuses ».

En ce temps de l’Avent, chacun est invité à se redresser et à se reprendre vigoureusement en main. Il s’agit de collaborer ensemble au projet de Dieu qui veut sauver son peuple et lui manifester sa gloire. L’Église reprend avec force le cri des prophètes : « Voici votre Dieu qui ne cesse de vous aimer. »

Dans sa lettre, l’apôtre Pierre nous parle précisément de cette venue du Seigneur. Il s’adresse à des chrétiens qui l’attendent avec impatience. Mais ces derniers finissent par se poser des questions : Ils constatent que rien ne semble bouger. Alors l’apôtre leur explique que Dieu ne mesure pas le temps comme nous : il est éternel ; pour lui, il n’y a pas d’avant ni d’après. De plus, il donne à chacun le temps qu’il faut pour se convertir. Un jour, la fin du monde viendra : il y aura des cieux nouveaux et une terre nouvelle. L’important c’est que nous soyons tendus vers la pleine réalisation de ce grand projet de Dieu.

Sur notre route de l’Avent, nous trouvons également Jean Baptiste, le dernier prophète de l’Ancien Testament ; ce qui frappe, c’est son humilité, son effacement. Il avait tout pour réussir, pour jouer au Messie dont les foules rêvaient. Il s’est obstiné à rester dans l’ombre, dans l’oubli de soi. Il vient accomplir ce qui avait été annoncé par le prophète Isaïe. Il est la voix qui crie dans le désert : « Préparez les chemins du Seigneur, aplanissez sa route. »

« Tout ravin sera comblé… » Ces ravins, ce sont nos vides, nos manquements devant Dieu, nos péchés, nos omissions. Un des grands vides de notre vie, c’est que nous ne prions pas ou que nous prions trop peu. Il nous faut réparer une telle omission. C’est maintenant le moment de prier avec intensité. Il est urgent de réserver à notre vie spirituelle la place qu’elle mérite. Un des grands vides c’est aussi le fossé que nous creusons entre nous et les autres. Nous ne pourrons le combler qu’en nous montrant attentifs et généreux.

« Toute montagne et toute colline seront abaissées… »  À travers cette parole, Jean Baptiste désigne notre orgueil, notre superbe. C’est ce qui se passe quand notre vie reste centrée sur nous-mêmes. Tous ces obstacles qui nous éloignent de Dieu doivent être éliminés : avec lui, « les passages tortueux deviendront droits, les escarpements seront changés en plaine. Alors la gloire de Dieu se révèlera à tous.

La consigne est claire : il ne s’agit pas de dérouler « le tapis rouge » sous les pas du Christ. Ce qu’il nous faut construire, c’est une gigantesque autoroute (sans péage) pour que tous les hommes puissent bondir à la rencontre du Bien-aimé. Et pour cela, il nous faut raboter certains préjugés que nous avons contre les autres, contre l’Église, les évêques, les prêtres, contre les chrétiens qui ne pensent pas comme nous et même contre Dieu. Le désert de nos vies c’est celui de tous les combats. Notre vie chrétienne est un combat de tous les jours, une lutte contre les forces du mal. Mais n’oublions jamais qu’avec le Christ ressuscité, c’est l’amour qui triomphera.

C’est de cette espérance que nous avons à témoigner dans notre monde d’aujourd’hui. Cela commence en donnant la première place au Christ dans notre vie. Noël c’est Jésus qui vient ; il est là présent au cœur de nos vies. Il n’est pas possible de l’annoncer si nous ne l’accueillons pas en nous. Aujourd’hui, Jean Baptiste nous apprend à nous effacer devant lui pour lui donner toute sa place. Le temps de l’Avent est un temps de préparation. Il s’agit d’ouvrir la voie pour que Dieu puisse passer.

Cette voie d’accès à Dieu n’est pas réservée aux seuls chrétiens. Nous ne devons pas oublier que Jésus a livré son Corps et versé son sang pour nous et pour la multitude. C’est donc pour toute l’humanité que nous sommes mobilisés quand nous « préparons le chemin du Seigneur. » Le synode de notre diocèse nous l’a rappelé : Pour que les hommes aient la vie, tout baptisé doit devenir « disciple-missionnaire ». N’en doutons pas : avec le Christ présent au cœur de nos vies, le désert refleurira. » (Is. 32, 15)

Sources : Homélies du Dimanche (Mgr Léon Soulier) – Ta Parole est ma joie (Joseph Proux) – L’Évangile au présent (Denis Sonet) – Homélie pour l’année B (Amédée Brunot).