« Retire-toi… ferme ta porte… »

Textes bibliques : Lire

Chaque année, le mercredi des Cendres marque le début du Carême. Pour les plus anciens, cette période évoque le temps des légumes à l’eau. Ils gardent le souvenir des liturgies quelque peu austères et des homélies parfois moroses. Pour les générations actuelles, le Carême évoque le bol de riz, l’action de solidarité, le souci du Tiers-monde. Il est heureux que nos paroisses s’engagent dans cette voie.

Oui, bien sûr, tout cela fait partie du Carême. Mais ce ne sont que des moyens. Le but du Carême est à chercher ailleurs. Le but de ces quarante jours c’est de nous débarrasser de tout ce qui nous encombre, à l’extérieur comme à l’intérieur de nous. Nous nous en libérons pour n’avoir plus dans le cœur que l’essentiel : Jésus mort et ressuscité.

Parmi les moyens qui conduisent à ce but, l’Évangile nous en donne un qui est décisif. Tout d’abord celui de l’isolement : « Retire-toi… ferme ta porte… » Pour se rendre plus proche de Dieu, il faut s’éloigner de bruits extérieurs. Nous ne pourrons vraiment rencontrer et contempler Dieu que dans l’intimité. C’est ce qui se passe dans un couple : pour se retrouver en vérité, il a parfois besoin de s’isoler de ses enfants et de ses amis.

Pendant ce Carême et tout au long de notre vie, c’est le Seigneur lui-même qui nous appelle : « Revenez à moi de tout votre cœur… » Il voit bien que trop souvent, nous sommes loin de lui. C’est ce qui se passe quand nous organisons notre vie en dehors de lui, sans tenir compte de lui. Dieu voit tout cela et il en souffre. Il souffre de nous voir nous engager sur des chemins de perdition. Il ne pense qu’à chercher et sauver ceux qui vont à leur perte.

« Revenez à moi de tout votre cœur… » C’est une supplication pressante de Dieu. Il est encore temps de nous engager, de faire un retournement à 180 degrés. Nous prenons conscience de notre péché et de nos responsabilités. Il ne s’agit pas de nous y complaire ni de nous enfoncer dans la culpabilité. L’essentiel c’est de poser notre regard sur Dieu « car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment ». Dieu n’est pas là pour nous punir mais pour nous sauver et nous combler de ses bienfaits.

Le Carême n’est donc pas le temps du manque. C’est au contraire celui des retrouvailles ; on s’écarte du superflu qui encombre ; on délaisse les bagages qui embarrassent ; on se retrouve tel qu’on est devant le Christ tel qu’il est. Il est là pour nous combler de son amour. Ce temps du Carême nous est donné pour redécouvrir cette tendresse et cette miséricorde de Dieu. « Là où le péché a abondé, la grâce (l’amour a surabondé… »(Rm 5, 20)

Plusieurs moyens nous sont proposés pour nous aider à revenir vers Dieu : Tout d’abord revenir à la Parole de Dieu ; nous découvrirons des textes d’Évangile, les tentations de Jésus au désert, la Transfigurations. Le Carême est là pour nous rappeler que « l’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». N’oublions jamais que les paroles du Christ sont celles « de la vie éternelle ».

Le Carême est un temps pour ensoleiller notre relation à notre Père et à nos frères. Concrètement, si nous jeûnons, si nous prions, si nous faisons l’aumône, ce n’est pas pour être vus des hommes ; c’est parce que nous avons découvert un trésor bien plus grand. Ce trésor, c’est Dieu lui-même, c’est son amour gratuit. Ce qui fait la valeur de la prière, de l’aumône et du jeûne, c’est l’amour que nous y mettons. « L’aumône ouvre le cœur et les mains vers l’autre ; la prière dirige le cœur et les mains vers Dieu ; le jeûne nous aide à ne penser qu’à Dieu et à tendre nos mains vers nos frères. » (Extrait de Prions en Eglise) L’idéal serait que, durant ce carême, nous posions chaque jour un acte que seul notre Père du ciel connaîtra.

Vivons ce carême comme une marche joyeuse vers la vie et vers Pâques. Car c’est vrai, il s’agit véritablement d’un temps de joie. Seul le péché est triste. Mais ces quarante jours nous sont offerts pour nous bruler au feu de l’amour de Dieu. Nous t’en prions Seigneur : que ce temps de conversion nous tourne d’avantage vers toi et vers le service des hommes. Amen

Télécharger : Mercredi des Cendres

Sources : Brèves homélies et prières d’Évangile (Michel Wackenheim) – Cinq minutes pour Dieu Carême 2020 – Dossiers personnels.

 

Être comme Dieu

Textes bibliques : Lire

Quand nous lisons la Bible, l’Ancien et le Nouveau Testament, nous découvrons un Dieu qui a vu la misère de son peuple et qui veut le sauver. Il fait sans cesse le premier pas vers nous. Dans les lectures bibliques de ce jour, il nous montre la réponse qu’il attend de nous : « Soyez saints car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. » C’est un ordre que Dieu nous donne ; nous sommes tous appelés à la sainteté. Cela signifie que nous devons rejeter toute pensée d’orgueil et de haine. En Dieu, il n’y a pas de place pour la vengeance ni pour la rancune. Notre Dieu est amour. C’est à cela que nous sommes tous appelés.

En ce qui nous concerne, nous voyons bien que nous sommes loin du compte. Nous retombons souvent dans les mêmes péchés ; nous avons du mal à faire la paix avec celui qui nous a blessés. Mais le Seigneur est là pour nous relever et nous aider à avancer. Le pape François nous dit que Dieu ne se lasse jamais de nous pardonner. Il nous appelle tous à la sainteté qui n’est qu’amour et douceur. Cela nous paraît sans doute bien difficile. Le problème c’est que nous sommes souvent des hommes de peu de foi. Mais avec des moyens très pauvres, le Seigneur est capable de réaliser des merveilles.

Dans la seconde lecture, saint Paul s’adresse à des chrétiens qui n’avaient pas compris. Si nous regardons de près, nous constatons que sa lettre est très polémique : il y avait beaucoup de divisions dans la communauté des corinthiens. C’est pour répondre à ces problèmes qu’il leur écrit cette lettre. Il leur rappelle (et nous rappelle) que nous sommes « le temple de Dieu ». Et puisque Dieu est amour, on peut dire que nous sommes le « temple de l’amour ». Si nous sommes habités par cette présence de Dieu, cela change tout dans notre vie. Cet amour que nous recevons de lui va nous rendre de plus en plus semblables à lui. Il va chasser la haine, la rancune, la violence et toutes les formes de méchanceté ; c’est un amour qui ira jusqu’au pardon. C’est à cela que nous serons reconnus comme disciples du Christ.

Dans l’Évangile, nous entendons Jésus s’adresser à des disciples rassemblés autour de lui sur la montagne. Il leur rappelle le commandement de l’ancienne alliance : « vous avez appris qu’il a été dit : Œil pour œil, dent pour dent… » À l’époque c’était déjà un progrès considérable par rapport à la vengeance sans mesure. Dieu voulait apprendre à son peuple à limiter la vengeance : une seule dent et pas toute la mâchoire. Nous vivons dans un monde qui souffre de l’escalade de la violence et de la haine. Tous les jours, on nous parle de guerres et d’attentats terroristes. Comment aimer ceux qui nous persécutent et nous font souffrir ?

Et pourtant, si nous voulons ressembler à Dieu, il y a une nouvelle étape à franchir : limiter la vengeance, c’est un progrès. Mais dans son discours sur la montagne, Jésus nous invite à faire un pas de plus : si nous voulons vraiment ressembler à notre Père des cieux, nous devons nous interdire toute riposte, toute vengeance et toute haine. E n’est pas une morale que Jésus nous enseigne, ni une leçon de savoir vivre. Le plus important c’est de découvrir qui est Dieu et de nous laisser transformer par son amour.

En fait, nous avons souvent la tête dure ; nous nous faisons des fausses images de Dieu ; nous avons du mal à croire qu’il n’est qu’amour. Et pourtant, Jésus nous le dit d’une manière très claire : « Dieu fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants et tomber sa pluie sur les justes et sur les injustes. » À l’époque, le soleil et la pluie étaient considérés comme des bénédictions de Dieu. Être comme Dieu c’est accueillir cet amour universel qui est en lui pour le rayonner et le communiquer autour de nous.

Cet Évangile nous rejoint dans un monde difficile : aimer nos ennemis, prier pour ceux qui nous persécutent, c’est bien ce qui nous est demandé; c’est sur ce chemin que le Christ s’est engagé ; ils sont nombreux ceux et celles qui l’ont suivi jusqu’au bout : ils ont pardonné, ils ont prié pour ceux qui les persécutaient ; ils ont été des artisans de paix et de réconciliation. En ce jour, nous prenons le temps de la prière pour puiser à la source de Celui qui est l’Amour.

Nous chantons quelquefois : « Qu’il est formidable d’aimer ! » Mais par expérience nous savons que nous pourrions tout aussi bien chanter : « Qu’il est difficile d’aimer », surtout aimer à la façon de l’Évangile. Cette Eucharistie que nous allons célébrer vient nous redire tout l’amour du Christ pour nous. Qu’elle nous aide à demeurer dans cet amour et à en vivre chaque jour. Oui, Seigneur, « fais de nous des artisans de paix, des bâtisseurs d’amour ».

Télécharger : 7ème dimanche du Temps ordinaire

Sources : Revue Feu Nouveau, Homélies de l’année A (Simon Faivre), François selon Saint Matthieu, C’est dimanche (Emmanuel Oré), Missel du dimanche, les Cahiers Prions en Église.

« Un cœur pur… »

Textes bibliques : Lire

Les textes bibliques de ce dimanche nous parlent d’un Dieu qui a vu la misère de son peuple. Cette misère c’est celle qui vient du péché, de l’égoïsme et des divisions. Le grand projet de Dieu c’est de nous en libérer. Toute la Bible nous dit qu’il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus.

Pour accomplir cette œuvre de salut, il nous propose plusieurs étapes. Dans un premier temps, il nous donne des règles, des commandements qui nous aideront à vivre en harmonie. Quand on vit en société, il est important de se respecter les uns les autres. On ne peut pas faire n’importe quoi. La première lecture nous dit que nous avons à choisir : d’un côté, la vie qui résulte de l’observation des commandements ; de l’autre, la mort qui est la sanction de l’orgueil. Le Seigneur veut nous libérer de tout ce qui détruit notre vie. Il nous invite à accueillir ses paroles qui sont celles « de la vie éternelle ».

Dans la seconde lecture, saint Paul s’adresse à des chrétiens venus du monde païen. Ils ont accueilli le message de l’Évangile. Mais aujourd’hui, il les invite à vraiment faire « le choix de Dieu ». Pour nous en parler, il n’utilise pas la prétendue « sagesse de ceux qui dirigent le monde », ceux-là même qui ont commis l’infâme injustice de crucifier « le Seigneur de gloire ». « Ce qui est folie aux yeux des hommes est sagesse aux yeux de Dieu ». C’est dans cette sagesse de Dieu que nous trouvons la vraie vie. L’Esprit Saint fait de nous des adultes dans la foi. Il nous aide à aller à contre-courant de la mentalité du monde et à vraiment entrer dans le projet de Dieu.

Dans l’Évangile, Jésus revient sur la loi qui a été transmise par Dieu aux anciens. C’était un minimum indispensable à la vie en société : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas tromper… Pour Jésus, il est hors de question de supprimer ces acquis ; bien au contraire, il invite ses disciples et chacun de nous à aller encore plus loin. C’est comme dans une famille, la pratique scrupuleuse d’un règlement interne ne suffit pas à la rendre heureuse : il lui faut de la solidarité, de l’accueil, du partage et surtout de l’amour.

Pour se faire comprendre, Jésus entre dans le concret de la vie des gens : « Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre… Eh bien, moi je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal ». Jésus nous rappelle ainsi que des paroles peuvent tuer : les calomnies, le harcèlement, les propos racistes sont un poison qui cause des dégâts importants. De même les médisances qui tuent la renommée des personnes. Aujourd’hui, Jésus nous propose la perfection de l’amour. Si nous refusons de faire la paix avec notre prochain, nous ne pouvons pas dire que nous aimons Dieu. Avant de manifester notre dévotion dans la prière, nous sommes invités à nous réconcilier avec lui.

Ce que Jésus attend de nous, c’est une vie remplie d’amour : « Soyez parfaits comme votre Père est parfait ». C’est ce que Jésus a vécu jusqu’au bout : il a pardonné à Zachée ; il n’a pas jeté la pierre à la femme adultère, mais il lui a donné la force de poursuivre sa route ; il a pardonné à Pierre qui venait de le renier. De nombreuses paraboles nous disent encore ce qu’est le véritable amour : nous connaissons celle de la brebis perdue et celle du fils prodigue. C’est cet amour qui doit transparaître dans nos vies.

Voilà ce chemin de conversion que Jésus nous propose. Le pape François nous dit qu’on ne doit pas louer Dieu avec la même langue qui insulte notre frère. Cela ne se fait pas. Si nous voulons louer Dieu, nous devons tout faire pour nous mettre d’accord entre nous. Nous demandons au Seigneur qu’il nous aide à sortir de nos rancunes et de notre rigidité. Nous ne pouvons pas vivre en enfants de Dieu sans vivre ensemble comme des frères. Ce qui fera la valeur de notre vie c’est la qualité de notre amour pour tous ceux et celles qui nous entourent. C’est à cela que nous serons jugés.

En lisant cet Évangile, nous reconnaissons que nous sommes tous plus ou moins coupables. Or pour entrer dans le Royaume de Dieu, il faut avoir un cœur parfaitement pur. Rien d’impur ne peut vivre en présence de Dieu. Nous ne pouvons pas parvenir à cette pureté avec nos pauvres moyens humains. Mais avec Dieu, tout est possible : Nous sommes invités à nous ouvrir à lui en priant souvent, en aimant beaucoup, en recevant le sacrement du pardon et en participant à l’Eucharistie. Si nous nous engageons sur ce chemin de conversion, Dieu nous purifiera ; alors nous serons ces cœurs purs qui voient Dieu. Dieu sera en nous et nous en lui.

Télécharger : 6ème dimanche du temps ordinaire

Sources : Revues Feu Nouveau, Fiches dominicales, Cahier Prions en Église, Parole pour chaque jour – Guide Emmaüs des dimanches et Fêtes (JP. Bagot) – Pape François – dossiers personnels

 

Dimanche de la santé

Textes bibliques : Lire

Les textes bibliques de ce dimanche nous parlent d’un Dieu qui nous guide vers la vraie lumière. Le prophète Isaïe s’adresse à des gens de bonne foi qui cherchaient à plaire à Dieu. On pensait que Dieu attend de somptueuses cérémonies et les meilleurs fruits de la terre.

Mais le vrai Dieu n’est pas ainsi. Son bonheur c’est de voir que le droit et la justice animent les relations entre nous. Sa grande joie c’est que nous vivions ensemble comme des frères. Notre attention doit se porter vers les plus faibles et les plus pauvres : « Partage ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi les pauvres sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable. » Notre Dieu nous envoie vers les autres, vers les personnes malades, celles qui vivent et meurent dans la solitude. Nous ne pouvons pas aimer Dieu sans aimer notre prochain.

C’est de cet amour passionné que témoigne l’apôtre saint Paul. Son message n’a rien à voir avec la sagesse des hommes. Il n’a rien d’un tribun éloquent. Il n’a aucun don pour manier les foules. Mais si son ministère porte du fruit, c’est grâce à l’action du Christ. C’est lui qui agit dans le cœur de ceux et celles qui entendent sa parole. Ce qui nous est demandé comme à Paul, c’est de nous effacer devant celui que nous annonçons.

Dans l’Évangile, nous voyons des disciples rassemblés autour de Jésus sur la montagne. Il leur annonce qu’ils sont « le sel de la terre… la lumière du monde ». Cela nous surprend quand nous pensons à ces pauvres gens qu’il avait devant lui quand il prononçait ces paroles. C’étaient des pécheurs, des gens simples qui ne connaissaient pas les Écritures. Mais Jésus les regarde avec les yeux de Dieu. Il vient de proclamer les béatitudes : « Heureux les pauvres en esprit… Heureux les doux… Heureux les cœurs purs… les miséricordieux… » Ils sont heureux parce qu’ils sont entièrement réceptifs au don de Dieu. C’est en nous ajustant à ces béatitudes que nous deviendrons « le sel de la terre » et « la lumière du monde ».

Comprenons bien : le sel et la lumière n’existent pas pour eux-mêmes : ils sont des révélateurs. Par sa saveur, le sel sert à donner du goût aux aliments. La lumière met en valeur les choses et les êtres. À l’image du sel et de la lumière, la vocation chrétienne consiste à révéler aux hommes la beauté et la saveur de leur vie. Il ne s’agit pas d’en mettre plein la vue. Le plus important, ce n’est pas nous mais celui que nous voulons révéler.

Pour nous, disciples du Christ, être le sel de la terre et la lumière du monde, c’est de mettre en pratique l’Évangile des béatitudes, c’est de vivre selon l’esprit des béatitudes, c’est d’accepter de vivre selon des valeurs d’humilité, de douceur, de pureté et de justice, c’est être artisan de paix dans le monde qui nous entoure, en famille, au travail et dans la société, c’est vivre en Église comme dans une communauté d’accueil et de partage.

Nous chrétiens baptisés, nous sommes engagés pour être disciples et missionnaires. Nous suivons le Christ pour nous imprégner de son amour et de sa Parole. C’est avec lui (et seulement avec lui) que nous pourrons être le sel de la terre et la lumière du monde. En donnant de la saveur aux différents milieux, nous serons comme le sel qui les défend contre la corruption, nous apporterons la Lumière du Christ par le témoignage d’une charité authentique. En ce dimanche de la santé, nous pensons à tous les soignants qui se dévouent auprès des malades et à ceux qui vont les visiter. Les aumôneries ont le souci d’assurer cette présence d’Église dans les hôpitaux et les maisons de retraite.

Notre mission à tous, c’est d’accueillir cette lumière qui est un cadeau de Dieu et de la communiquer à tous ceux et celles qui nous entourent. C’est toute la communauté qui est appelée par Jésus à devenir « Lumière des peuples ». Être le sel de la terre c’est un don de Dieu qui rend le disciple capable de redonner de la saveur à ceux et celles qui ont faim de bonheur, faim d’être aimés. Nous sommes appelés à nous engager activement dans des actions de salut, de libération et de défense des pauvres.

Tout cela ne sera possible que si nous sommes « avec » Jésus. Dans l’Évangile de ce jour, il s’adresse à des disciples rassemblés autour de lui. Et quand il appelle les Douze, c’est pour qu’ils soient avec lui. En dehors de lui, rien n’est possible. En venant à l’Eucharistie, nous sommes accueillis par Celui qui est « La Lumière du monde ».

C’est en nous laissant transformer par lui que nous pourrons être lumières auprès de ceux et celles qu’il met sur notre route. Il nous envoie pour apporter le réconfort de notre présence aimante auprès de ceux qui ont mal. Alors en ce dimanche de la santé, nous lui redisons : Ouvre nos yeux et nos cœurs, libère-nous de nos égoïsmes car c’est en aimant comme toi et avec toi que nous pourrons être fidèles à ta parole. Amen.

Télécharger : 5ème dimanche du Temps ordinaire

Sources : revue Feu Nouveau – l’intelligence des Écritures (Marie Noëlle Thabut), François selon Saint Matthieu, plaquette du dimanche de la santé

2 février : Fête de la Présentation du Seigneur

Textes bibliques : Lire

Le 2 février, les chrétiens célèbrent la fête de la Présentation de Jésus au Temple. Tous les parents qui faisaient cet acte d’offrande de leur fils premier né. Ils montraient que leur enfant appartenait à Dieu seul. Mais cette fête d’aujourd’hui nous apporte une grande révélation sur le mystère de Jésus. En effet, elle nous montre le vieillard Siméon annonçant que Jésus sera la Lumière des Nations.

Ainsi donc, quarante jours après Noël, Jésus est présenté au temple. Nous pouvons imaginer la joie et la fierté de Marie et Joseph qui viennent faire cette démarche. Imaginons aussi la joie de Marie quand elle entend : « Mes yeux ont vu le salut que tu as préparé à la face des peuples. » C’est ainsi que Jésus est présenté comme la Lumière qui vient éclairer les nations païennes. Avec lui, c’est la bonne nouvelle qui est annoncée aux pauvres, aux exclus et à tous ceux qui ne comptent pas aux yeux du monde. C’est cette joyeuse nouvelle que nous découvrons tout au long des Évangiles. Et au moment de quitter les apôtres, le Christ ressuscité leur a confié la mission de la transmettre au monde entier pour qu’elle illumine toute l’humanité.

Dès le départ, le vieillard Siméon est émerveillé de découvrir cet avenir nouveau qui se présente. Lui qui est l’homme de l’ancienne alliance devient le témoin privilégié de cette espérance qui est en train de naître pour l’humanité. Et pour lui, le simple fait de voir ce petit enfant, cela lui suffit. Il comprend que c’est lui qui vient apporter le salut à l’humanité.

Dans les communautés orientales, cette fête d’aujourd’hui est appelée la « fête de la rencontre ». En effet, dans l’Évangile de ce jour, nous voyons diverses rencontres. Dans le temple, Jésus vient à notre rencontre et nous allons à se rencontre à lui. Nous contemplons la rencontre avec le vieillard Siméon et la prophétesse Anne. Siméon et Anne étaient dans l’attente. Pour eux, c’est la promesse de l’Ancien Testament qui se réalise.

Cette bonne nouvelle avait été annoncée par le prophète Malachie. Il attendait que le Seigneur vienne dans son temple et qu’il le purifie tout en purifiant son peuple. Mais le Seigneur préfèrera la faiblesse à la puissance et c’est un petit enfant fragile qui accomplira l’espérance d’Israël. La lettre aux Hébreux va dans le même sens : Ce n’est qu’en devenant vraiment homme que le Bien-aimé de Dieu pouvait enlever les péchés des homes. C’est ainsi qu’il s’est fait l’intermédiaire entre Dieu et les hommes.

Cette fête d’aujourd’hui, c’est d’abord celle du Christ. Il nous est présenté aujourd’hui comme la gloire d’Israël. Et ce qui est extraordinaire, c’est que ce sont des pauvres qui sont les premiers à faire cette merveilleuse découverte. Cela n’a été possible que parce que ces gens tout simples attendaient la venue du Messie. Siméon était persuadé qu’il allait venir très prochainement. Siméon et Anne n’ont pu avoir cette merveilleuse intuition que parce qu’ils étaient des priants. Anne passait la majeure partie de son temps à jeûner et à prier. Tous deux étaient vraiment à l’écoute de l’Esprit Saint.

Nous célébrons le Christ Lumière. Oui, mais la lumière ça peut aveugler. La lumière éclaire, mais parfois elle dérange. Elle montre ce qui n’est pas beau dans nos vies. Et lorsque cela arrive, elle est parfois rejetée. C’est ainsi que Siméon annonce que cet enfant sera un signe de contradiction, qu’il sera rejeté et que les hommes auront à prendre parti pour ou contre lui. Tout cela nous renvoie à la manière dont nous accueillons cette bonne nouvelle qui vient de Dieu. Le Christ est-il vraiment notre lumière ?

Aujourd’hui, nous sommes provoqués à revenir à l’essentiel : accueillir cette lumière qui vient de Dieu et devenir lumières pour tous nos frères. Quand nous allons à Lourdes, nous voyons tous ces cierges qui brûlent. Ils voudraient être le symbole de tant de vies humaines qui se consument d’amour pour Dieu et pour leurs frères. Les cierges de la Chandeleur voudraient reprendre cette symbolique.

En venant à l’Eucharistie chaque dimanche, nous sommes invités à accueillir cette lumière qui transforme notre vie. La fête de la Présentation, c’est celle de la rencontre avec Jésus. Par Marie, il fait la démarche de venir vers nous. L’Esprit Saint nous pousse sans cesse à aller vers lui. Il nous permet de le voir et de le reconnaître comme Sauveur. Cette fête de la Présentation nous met devant Jésus Lumière des nations. Si nous prenons le temps de vraiment rencontrer le Seigneur, nous serons comme Siméon et Anne qui parlaient de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance d’Israël.

Cette Fête de la Présentation, c’est une fête missionnaire. Nous y découvrons que l’Esprit Saint fait de nous des témoins de la Lumière, des apôtres de Jésus auprès de tous ceux qui attendent leur délivrance. Oui, n’ayons pas peur de rendre compte de l’espérance qui est en nous.

Télécharger : Fête de la Présentation du Seigneur

Sources : François selon saint Luc – Vivre la messe du dimanche 2020 – dossiers personnels.

Une grande lumière

Textes bibliques : Lire

« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. » Pour nous chrétiens d’aujourd’hui, cette lumière c’est le Christ et sa Parole. C’est ce que vient nous rappeler le pape François en instituant cette journée de la Parole de Dieu. Il nous invite à remettre le Christ au centre de nos vies ; lui seul a les paroles de la Vie éternelle. Elles sont lumière et nourriture pour notre vie de tous les jours.

Cette bonne nouvelle était annoncée par le prophète Isaïe bien avant la venue de Jésus. Son message s’adresse aux Galiléens qui ont subi la déportation en terre étrangère et hostile. Pour eux c’est une période de ténèbres et de désespoir. Mais voilà qu’Isaïe leur annonce le surgissement d’une « grande lumière ». Le mal, la violence et l’humiliation ne peuvent avoir le dernier mot. Le prophète annonce l’arrivée de la lumière, de la joie. Désormais le peuple va être libéré de toute servitude.

Nous sommes ce peuple qui marche souvent dans les ténèbres. Ces ténèbres, nous les connaissons bien : ce sont celles du péché, de la haine et de la violence. Pour beaucoup, c’est la perte des repères. Dans la deuxième lecture, saint Paul dénonce les divisions entre chrétiens. Chez les Corinthiens, il y avait des oppositions et des disputes. Certains prétendaient se rattacher à Apollos, d’autres à Pierre, d’autres encore au Christ. Paul les invite à prendre de la hauteur. Le fait d’avoir été baptisé par tel ou tel n’apporte rien de plus. C’est autour du Christ crucifié et ressuscité que les disciples doivent se rassembler. Il est lui seul la vraie lumière qui nous permettra de sortir de nos ténèbres.

L’Évangile nous montre précisément l’arrivée de Jésus. Ce qui est extraordinaire c’est qu’il commence par ceux qui en ont le plus besoin : la Galilée carrefour des païens, les pays de Zabulon et de Nephtali. Il faut savoir que c’est un lieu de passage, proche des régions païennes. On y trouvait beaucoup d’immigrés qui venaient du monde païen. Les Juifs qui étaient restés dans la stricte observance les considéraient avec mépris. Or c’est précisément là que Jésus va annoncer la bonne nouvelle et choisir ses premiers disciples. Comme notre pape François nous le rappelle souvent, la première urgence c’est les périphéries.

Cet appel de l’Évangile nous interpelle. Vingt siècles plus tard, ce sont toujours les ténèbres qui dominent le monde. Nous assistons à une dictature de l’argent roi… On en veut toujours plus. La haine, la violence, les injustices sont un grand malheur qui enfonce notre monde dans les ténèbres. Et puis, il y a la nuit de ceux et celles qui sont douloureusement frappés par la maladie et le handicap. Beaucoup se demandent pourquoi c’est tombé sur eux. Pourquoi je me retrouve seul alors que les autres ont leur travail et leur vie de famille.

Mais c’est précisément là, dans ce monde tel qu’il est et dans la situation qui est la nôtre, que le Christ nous rejoint. Il est bien présent, mais trop souvent, nous ne savons pas le reconnaître. Nos yeux sont aveuglés par la tristesse et le découragement. L’Évangile nous dit qu’il vient habiter à Capharnaüm. Sa mission commence par un lieu mal famé. Il va en priorité vers ceux qui sont en difficulté et qui vivent dans le désespoir. Contrairement aux bien-pensants qui enfoncent les pécheurs dans leur mauvaise réputation, il vient les aider à se relever et à se remettre en route. Son message est porteur d’espérance car il leur ouvre une porte, celle qui permet de passer des ténèbres à la Lumière.

Cette lumière, Il nous appartient de vraiment l’accueillir dans notre vie et de la communiquer à tous ceux et celles qui nous entourent. Des prêtres, des catéchistes, des équipes d’aumôneries, des responsables pastoraux s’y emploient. Mais cette mission n’est pas seulement l’affaire de quelques-uns. Le Christ nous appelle tous pour aller avec lui vers les autres jusqu’aux périphéries. Quand Jésus appelle ses disciples, il ne choisit pas les plus intelligents ni les plus capables. La seule chose qu’il leur demande, c’est de l’accompagner et d’aller avec lui à la rencontre de gens de toutes sortes. Ils se retrouveront face à des personnes qui souffrent de toutes sortes de misères. Quand les disciples se mettent ensemble sous la conduite de Jésus, c’est le Royaume de Dieu qui se construit.

En nous rassemblant à l’église en ce dimanche, nous venons puiser à la source de l’Amour qui est en Dieu. Nous nous nourrissons de sa Parole et de son Eucharistie. « Laissons-nous rejoindre par son regard, par sa voix, et suivons-le ! Afin que la joie de l’Évangile parvienne jusqu’aux extrémités de la terre et qu’aucune périphérie ne soit privée de sa lumière » (Pape François).

Télécharger : 3ème dimanche du Temps ordinaire

Sources : revues « Prions en Église », Feu Nouveau, Pape François, dossiers personnels

 

 

Voici l’Agneau de Dieu

Lectures bibliques : Lire

Depuis dimanche dernier, nous sommes entrés dans la période liturgique du Temps ordinaire. Cette appellation est trompeuse. Elle pourrait laisser entendre qu’il existe des temps essentiels comme Noël et Pâques et un temps de moindre importance qu’on pourrait faire passer au second plan. Or ce qui a été premier, dans le développement de l’année liturgique, ce n’est ni Noël ni Pâques, c’est le dimanche, jour du Seigneur ; c’est le jour où l’on célèbre le Christ ressuscité vainqueur de la mort et du péché.

Ce Jésus dont nous venons de fêter la naissance a une bonne nouvelle pour toute l’humanité. Cette bonne nouvelle a été annoncée aux bergers, et, à travers eux, aux petits, aux pauvres et aux exclus. Puis elle a été annoncée aux mages venus du monde païen. Ils ont été les premiers d’une très longue procession à se mettre en route vers les Christ Sauveur. Tout au long de l’année, nous sommes invités à découvrir les merveilles que le Seigneur a accomplies pour le salut du monde.

Cette libération était annoncée depuis plusieurs siècles par le prophète Isaïe. Nous nous rappelons que le peuple d’Israël avait été déporté en terre d’exil. Il y a beaucoup souffert de toutes sortes de brimades. Mais Dieu voit la souffrance des siens et il leur envoie son prophète pour leur annoncer la libération. Et surtout, il leur confie une mission : ils sont appelés « serviteur » de Dieu ; ils sont choisis pour manifester l’amour que Dieu porte à ses propres fils et aux nations païennes. Ce serviteur doit être la lumière des nations.

Le même Dieu compte sur chacun de nous malgré nos faiblesses. Il a envoyé son Fils Jésus pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Tous ont du prix à ses yeux, y compris ceux que le monde rejette. Il ne veut pas qu’un seul se perde. Et il compte sur nous, pauvres pécheurs, pour être porteurs d’espérance et de lumière pour toute l’humanité.

C’est aussi ce message que nous trouvons dans la seconde lecture : personne n’aurait imaginé que Saul le persécuteur des chrétiens deviendrait un grand apôtre de Jésus Christ. Sa rencontre avec lui sur le chemin de Damas a provoqué en lui un véritable retournement. Et tout au long des années qui ont suivi, il n’a cessé de témoigner de cette miséricorde du Seigneur. Son message d’aujourd’hui s’adresse à des nouveaux convertis. Ils sont amenés à découvrir que le Christ est venu pour tous. Les uns et les autres sont invités à devenir disciples et missionnaires. Jésus les appelle tous à la sainteté, y compris ceux qui sont tombés très bas. Tous ont du prix aux yeux de Dieu.

L’Évangile nous présente la rencontre entre Jésus et Jean Baptiste près du fleuve Jourdain ; Jean Baptiste voit Jésus qui s’avance au milieu de la foule des pécheurs. Inspiré d’en haut, il voit en lui « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». En fait, la traduction de ce verbe est trop faible ; il faut le comprendre au sens de « soulever », « prendre sur soi ». Jésus est venu dans le monde pour nous libérer de l’esclavage du péché, en se chargeant des fautes de l’humanité. Tout cela, il l’a fait en aimant. Il n’y a pas d’autre façon de vaincre le mal, sinon l’amour qui pousse à donner sa vie pour les autres.

C’est ainsi que Jésus nous est présenté sous les traits du « serviteur » qui porte nos souffrances, « qui s’est chargé de nos douleurs », jusqu’à mourir sur une croix. C’est la promesse d’Isaïe qui se réalise bien au-delà de toutes nos espérances. Il est le véritable « Agneau pascal » qui s’immerge dans le fleuve de notre péché pour nous purifier. Dieu ne nous abandonne pas. Il nous a aimés le premier « comme on n’a jamais aimé ». Nous venons de fêter à Noël la naissance du Christ sauveur. C’est l’irruption de Dieu chez les hommes pour leur apporter le salut.

Jean Baptiste voit en Jésus un homme qui se met dans la file des pécheurs pour se faire baptiser alors qu’il n’en a pas besoin. Il reconnaît en lui « l’Agneau de Dieu ». Un agneau, c’est faible et fragile ; c’est un symbole d’obéissance, de docilité et d’amour sans défense. Jésus nous est présenté comme cet agneau venu nous libérer de la masse énorme du mal qui nous accable. Malgré les attaques qu’il doit affronter, il supporte tout ; il reste soumis ; Jésus est ainsi ! Il est comme un agneau.

Nous, chrétiens d’aujourd’hui, nous sommes disciples de Jésus « Agneau de Dieu ». Cela signifie que nous devons mettre l’innocence à la place de la méchanceté, l’amour à la place de la force, l’humilité à la place de l’orgueil, le service à la place du prestige. C’est une conversion de tous les jours. Mais nous ne sommes pas seuls dans ce combat. « Comme Jean, laissons faire Jésus ; laissons-le nous sauver ; laissons-le nous aimer en lui ouvrant notre cœur. Avec lui, nous entrerons dans la vie de Dieu Père, Fils et Saint Esprit ». (Pape François)

Nous te prions Seigneur, fais grandir en nous la foi pour que nous puissions, comme Jean Baptiste, te montrer aux hommes d’aujourd’hui et les conduire vers toi. Amen

Télécharger : 2ème dimanche du Temps ordinaire

Sources : Revues Feu Nouveau – Fiches Dominicales – Elle est vivante la Parole de Dieu Homélies dominicales Année À (R. Houlliot) – François Selon saint Jean

« Celui-ci est mon Fils Bien-aimé »

Textes bibliques : Lire

Dimanche dernier, nous étions encore à Bethléem en compagnie des mages. À travers eux, c’était la manifestation de Jésus au monde païen et à tous les chercheurs de Dieu. Aujourd’hui, nous sommes renvoyés à trente ans plus tard pour fêter une autre Épiphanie, celle qui a eu lieu au cours de son baptême par Jean. Aujourd’hui, il est révélé à Jean Baptiste et à ses disciples ainsi qu’à la foule. C’est le début de son ministère public.

Cet événement était annoncé au sixième siècle avant Jésus Christ. À cette époque, le peuple d’Israël se trouve en exil à Babylone ; le prophète Isaïe s’efforce de lui redonner du courage : il annonce le « serviteur » qui aura pour mission d’accomplir l’œuvre de salut de Dieu. La volonté de Dieu c’est de sauver toute l’humanité. Il est celui qui ouvre les yeux des aveugles et qui rend la liberté aux opprimés. Il est surtout celui qui fait alliance avec son peuple.

C’est de cette espérance que doit témoigner le peuple que Dieu s’est choisi. Même s’il est ballotté par les grands empires du moment, rien ne doit l’arrêter. Il a pour mission de faire connaître le vrai Dieu aux païens. Il doit annoncer le message de Dieu «  »avec fermeté et douceur ». Aux yeux des hommes, cela peut paraître dérisoire. Mais Dieu est là. Il fait reposer son Esprit sur son serviteur. Ce dernier doit témoigner que Dieu est lumière et libération pour tous les hommes.

Le Nouveau Testament applique ce poème d’Isaïe à Jésus. C’est cette bonne nouvelle que proclame la voix venue du ciel. Jésus est vraiment ce serviteur non violent, plein de douceur et de discrétion. C’est lui que nous sommes invités à écouter et à suivre. Il se présente à nous comme la « lumière des nations ». Nous, chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes envoyés pour porter cette lumière au monde d’aujourd’hui. Nous vivons dans une société qui veut mettre à distance la bonne nouvelle de l’Évangile. De nombreux pays sont guettés par la déchristianisation. Mais rien ne peut arrêter la réalisation du plan de Dieu.

Mais la deuxième lecture est là pour nous parler de l’Évangile « pour tous ». Il n’est pas seulement réservé à une élite de fervents. Il doit atteindre le monde entier. Il n’y a pas de borne au message de paix et de liberté que Dieu annonce par don Fils. Jésus Christ s’est fait le Seigneur de tous, y compris des païens. L’Esprit de Dieu nous précède dans leur cœur. C’est lui qui fait que la Parole de ses messagers porte du fruit. La Pentecôte en milieu païen continue tous les jours. Dieu ne cesse d’agir au-delà des frontières visibles de son Église.

L’Évangile de ce dimanche nous parle du baptême de Jésus près du fleuve Jourdain. Jésus se mêle à la foule des pécheurs pour recevoir ce baptême de pénitence donné par Jean. Pourtant, il n’a pas de péché à se faire pardonner. Il n’a donc pas besoin de repentir. Ce baptême de Jésus n’était pas nécessaire pour lui. Jean, lui-même le reconnaît : « C’est moi (pauvre pécheur) qui ai besoin d’être baptisé par toi… »

Mais ce geste de Jésus était nécessaire pour nous. Il est précisément venu pour combler cette distance entre l’homme et Dieu. Il est entièrement du côté de Dieu mais aussi entièrement du côté de l’homme. Il a voulu être immergé dans notre condition humaine très concrète. Il est entré dans l’eau du Jourdain pur de tout péché. Il en est ressorti porteur de tout le péché du monde. Ce mal qui nous accable, il le prend sur lui pour nous en libérer. Il veut nous en libérer car il veut que nous soyons heureux.

Cette fête du Seigneur nous annonce un autre baptême bien plus grand, celui que reçoivent les chrétiens. Avec ce baptême, nous sommes plongés dans cet océan d’amour qui est en Dieu Père, Fils et Saint Esprit. Nous sommes envoyés dans ce monde tel qu’il est pour lui dire et lui montrer par toute notre vie que Dieu l’aime. Avec Jésus, plus rien ne peut être comme avant. Il est celui qui a donné Dieu aux hommes et les hommes à Dieu.

Cet Évangile se termine par la Parole du Père : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis tout mon amour. » C’est lui que nous sommes invités à suivre et à écouter. Et c’est de son amour que nous avons à témoigner dans ce monde qui en a bien besoin.

C’est en vue de cette mission que nous venons nous ressourcer à la table eucharistique. Le Christ est là pour nous communiquer sa vie. Il est le pain vivant sur nos chemins humains. Nous te prions, Seigneur, aide-nous à vraiment redécouvrir la force et la grandeur ce don que tu nous fais. Donne-nous de nous plonger chaque jour dans cet océan d’amour qui est en Dieu, Père, Fils et Saint Esprit. Amen

Télécharger : Baptême du Seigneur

Sources : Revue Feu Nouveau, L’Intelligence des Écritures (Marie Noëlle Thabut), Lectures bibliques des dimanches (A Vanhoye), Ta Parole est ma joie (Joseph Proux). François selon Isaïe

 

Le salut offert à tous

Textes bibliques : Lire

Dans la première lecture, nous avons entendu les paroles d’Isaïe adressées à la ville sainte de Jérusalem. Elles nous appellent à nous lever, à sortir de nos fermetures, sortir de nous-mêmes et à reconnaitre la splendeur de la lumière qui illumine notre existence : « Debout, Jérusalem, resplendis ! Car elle est venue ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi » (60, 1). Cette lumière, c’est la gloire du Seigneur.

C’est important pour nous aujourd’hui : l’Église ne doit pas croire qu’elle brille de sa propre lumière. Saint Ambroise nous le rappelle à sa manière : Il nous dit que si la lune brille, c’est parce qu’elle reçoit la lumière du soleil ; de même, l’Église ne brille pas par sa propre lumière mais par celle du Christ. Il est la vraie lumière qui éclaire toute notre vie dans la mesure où nous nous laissons éclairer par lui.

C’est cette lumière qui a complètement bouleversé la vie de Paul sur le chemin de Damas. Il a compris que « toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile. » Le salut est offert à tous. C’est cette lumière qu’il faut transmettre à toutes les nations. Paul était imprégné de la présence et de l’amour du Christ ; il en a témoigné dans ses lettres, ses discours et ses voyages. Un jour, il a même pu dire : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. »

La prophétie d’Isaïe nous parlait d’une grande procession vers la Lumière. Les mages venus d’Orient sont les premiers de cette procession qui ne s’interrompt plus. À toutes les époques, des hommes, des femmes et des enfants ont suivi l’étoile ; ils ont trouvé l’enfant qui indique la tendresse de Dieu. Les mages représentent des hommes et des femmes de toutes les religions du monde entier. Les uns et les autres sont en recherche.

Ces mages nous indiquent la route sur laquelle nous sommes tous invités à marcher. Ils ont longtemps cherché la lumière véritable. Après avoir vu le signe de l’étoile, ils se sont mis en marche, ils ont fait un long voyage. C’est l’Esprit Saint qui les a appelés et qui les a poussés à se mettre en chemin. Et c’est sur ce chemin qu’aura lieu la rencontre avec le vrai Dieu.

Sur leur route, les mages ont dû faire face à de nombreuses difficultés. Arrivés à Jérusalem, ils se rendent au palais du roi Hérode. Pour eux, il était évident que le nouveau roi devait naître dans un palais royal. Or c’est là qu’ils ont perdu de vue l’étoile. Ce qu’ils ont vu, c’est un roi orgueilleux, avide de pouvoir qui ne pense qu’à éliminer tous ceux qu’il considère comme des rivaux. Dans ce palais, les mages ont traversé un moment d’obscurité et de désolation. Dans un tel milieu, l’étoile ne peut pas briller. Il leur a fallu l’éclairage des prophètes pour se remettre en route vers la Lumière.

Arrivés à Bethléem, ils trouvent « l’enfant avec Marie sa mère ». Ils auraient pu sombrer dans la tentation de refuser la petitesse de ce roi. Or c’est le contraire qui arrive : tombant à ses pieds, ils se prosternent devant lui. C’est l’Esprit Saint qui les a aidés. C’est lui qui les a fait entrer dans ce grand mystère. Guidés par l’Esprit Saint, ils arrivent à reconnaître que Dieu ne se manifeste pas par la puissance de ce monde. Il vient à nous dans l’humilité de son amour. Cet amour de Dieu est grand et puissant mais il est humble.

Cette bonne nouvelle nous rejoint dans notre monde : nous voyons autour de nous des guerres, des injustices, des tortures, des trafics d’armes, la traite des personnes… Ce sont les petits et les faibles qui sont les premières victimes. Si nous cherchons Jésus, c’est vers eux qu’il nous faut nous tourner. La crèche nous présente un chemin différent de celui dont rêve la mentalité mondaine : c’est le chemin de l’abaissement de Dieu.

Les mages sont entrés dans ce mystère. Ils sont passés des calculs hautains à l’humilité de la crèche. Nous pouvons demander au Seigneur qu’il nous guide sur ce chemin de conversion, qu’il nous libère des tentations qui cachent l’étoile. Il peut arriver qu’au milieu des tromperies mondaines, nous la perdions de vue. Mais comme les mages, n’hésitons pas à poser la question : « Où est l’étoile ? » En la cherchant et en la suivant, nous trouverons le « nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ».

Marie, notre Mère est toujours là pour nous montrer Celui qui est la Lumière du monde. Comme aux noces de Cana, elle nous redit : « Faites tout ce qu’il vous dira. »

Télécharger : Épiphanie du Seigneur

Sources : Revue Feu Nouveau – Guide Emmaüs des dimanches et Fêtes – Pape François : Joyeux Noël – François selon saint Matthieu

 

Dieu dans nos familles

Textes bibliques : Lire

En ce premier dimanche après Noël, l’Église nous invite à fêter la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. Elle nous est présentée comme le modèle de toutes les familles. Cette fête a été instaurée vers les années 1920 ; à l’époque, on s’inquiétait déjà de l’évolution de la famille. Avec les années, la situation est devenue de plus en plus cruciale : des couples qui se séparent, des enfants livrés à eux-mêmes qui sombrent dans la délinquance, des familles qui vivent dans la misère. Et bien sûr, nous n’oublions pas les nombreuses victimes de la violence et de la haine des hommes.

Bien avant la venue de Jésus, Ben Sirac nous ramène à l’essentiel. Son discours peut paraître moralisant. Mais quand nous l’écoutons, c’est Dieu qui nous parle. Il veut que chaque famille soit heureuse. Et il lui montre le chemin qui lui permettra de parvenir à une véritable harmonie : « La réussite d’une authentique vie familiale ne s’obtient que par une lutte incessante contre l’égoïsme » (A. Brunot). Au nom même de leur foi, les enfants ont le devoir d’honorer leurs parents, même quand ils sont très diminués. Plus tard, les chrétiens comprendront qu’à travers eux, c’est Dieu qui est là.

Dans sa lettre aux Colossiens (2ème lecture), saint Paul nous appelle à « vivre ensemble dans le Christ ». Il nous expose les vertus qui favorisent une belle vie de famille, la tendresse, la bonté, l’humilité, la douceur, la patience, le pardon. Et « par-dessus tout, qu’il y ait l’amour ». Tout cela ne sera vraiment possible que si nous laissons le Christ habiter en nous. En ce temps de Noël, nous fêtons la naissance de Jésus : il veut naître aussi en nous pour transformer notre vie et la rendre de plus en plus conforme à son amour. Vivre Noël, c’est d’abord accueillir le Christ dans notre vie.

L’Évangile nous montre une famille unie et solidaire autour de l’enfant qu’il faut protéger à tout prix. En cette nuit de Bethléem, elle dort du repos des justes. Mais à Jérusalem, Hérode ne dort pas. Il cherche à faire périr l’enfant car il ne veut pas de rival. Face au danger, Marie et Joseph font ce que l’ange du Seigneur leur demande : ils partent le plus loin possible pour protéger l’enfant.

Ce qui est frappant, c’est que cette famille est toujours en chemin : avant la naissance de Jésus, Marie fait un long trajet pour se rendre chez sa cousine Élisabeth. Puis c’est le voyage de Nazareth vers Bethléem pour le recensement ; et aujourd’hui, l’évangile nous dit qu’ils doivent fuir en Égypte pour échapper à la colère d’Hérode. Tout au long de sa vie, Jésus passera de village en village pour annoncer la bonne nouvelle. Voilà la Sainte Famille : c’est dans sa capacité de se mettre en route qu’elle nous est présentée comme un modèle. Elle accepte de se laisser interpeller par les événements. Malgré les contrariétés et les épreuves, elle fait confiance à Dieu.

C’est très important pour nos familles de la terre. Elles aussi sont secouées et bousculées. Parents, grands-parents et enfants ne sont pas épargnés par les aléas de la vie. Chacun pense à tant d’événements qui lui font prendre des chemins inattendus. Comment ne pas penser à tous ces enfants dont la vie est menacée par les guerres, la famine ? D’autres sont victimes de la violence et de la maltraitance. Et bien sûr, nous n’oublions pas tous ceux et celles qui souffrent à cause de l’indifférence, du manque de soins, du manque d’amour et d’affection. À travers tous ceux et celle qui subissent ces douloureuses épreuves, c’est le Christ qui est là et qui attend notre amour. Le pape François ne cesse de nous rappeler qu’il est toujours du côté des plus petits et des plus pauvres.

C’est ainsi qu’en venant dans notre monde, Jésus a voulu faire partie d’une famille humaine. Il y a connu des joies, des souffrances et des épreuves comme dans toutes les familles de la terre. Mais plus tard, il nous dira qu’il fait partie de la grande famille de Dieu qui est Père, Fils et Saint Esprit. Et ce qui est encore plus extraordinaire, c’est qu’il est venu pour nous y faire entrer. Comme le disait le pape Jean-Paul II, « il a donné Dieu aux hommes et les hommes à Dieu ». Au jour de notre baptême, nous sommes devenus enfants de Dieu. Nous avons été immergés dans cet océan d’amour qui est en lui. Et nous avons été appelés à nous mettre en marche vers ce monde nouveau que Jésus appelle le Royaume de Dieu.

En ce dimanche, nous rendons grâce au Seigneur pour l’exemple que nous donne sa famille terrestre. Nous lui confions toutes nos familles de la terre, en particulier celles qui connaissent de douloureuses épreuves. Il est là, « au cœur de nos vies », mais souvent, c’est nous qui sommes ailleurs. Nous t’en prions, Seigneur, que toute notre vie soit imprégnée de ta parole et de ton amour pour que nous puissions en témoigner auprès de tous ceux et celles que nous croiserons sur notre route. Amen.

Télécharger : La Sainte Famille

Sources : Revues Feu Nouveau, Lectures bibliques des dimanches (A Vanhoye)